Les idées délirantes de la Géoingénierie pour sauver la Terre

Vous êtes peut-être comme moi, vous n’aviez jamais entendu parlé de cette science difficile à prononcer : la Géoingénierie (de Terre et Ingénieur). Et pourtant elle est enseignée dans diverses universités et écoles françaises, à l’école des Mines de Nancy par exemple ou à l’université de Toulouse qui semble en avoir fait une de ces spécialités, au Canada et ailleurs. Il en existe des diplômes et des diplômés, jusqu’au niveau DESS, ingénieurs ou chercheurs.

Vous en trouverez difficilement une définition car on ne trouve pas la « géoingénierie » dans les dictionnaires ni dans Wikipedia. De ce que j’en ai lu, il s’agit de l’étude des sciences de la terre qui se subdivise en celle des sols, de l’eau et de l’air. Et l’ingénierie est l’ensemble des techniques et dispositifs anciens ou nouveaux dans ce domaine pour contrôler, analyser, et maîtriser les phénomènes naturels à l’échelle du globe terrestre. Par exemple, dans le domaine de l’eau, l’étude de la qualité des eaux, de ses traitements, de son épuration, etc. Dans le domaine de l’air, l’étude de la gestion de sa qualité, de sa pollution etc.

Toutes ces techniques sont intéressantes et utiles pour maîtriser le fonctionnement de notre environnement. Mais elles prennent surtout un relief particulier en ce moment du fait de la constatation que certains phénomènes environnementaux dépassent largement les frontières des Etats et ne peuvent se résoudre qu’a l’échelle planétaire.

L’exemple le plus parlant d’application de géoingénierie est bien entendu le réchauffement climatique lié aux émissions de CO2 de tous les pays du monde. Force est de constater que compter sur le vertu individuelle de l’ensemble des habitants de la planète pour réduire ces émissions de manière considérable (75% !) paraît illusoire quand on connaît l’énormité des différences entre les situations économiques, géographiques, climatiques et ethnologiques des pays du monde. Comment comparer en effet l’intérêt sur ce sujet – et donc la motivation à le résoudre – de pays développés, gros pollueurs historiques, comme les Etats-Unis ou nous même, ceux de pays très peuplés en voie d’émergence comme la Chine ou l’Inde dans lesquels un pourcentage considérable des populations ne mange pas encore à sa faim, et ceux de pays pauvres sans aucune culture environnementale et de peu de ressources comme les pays d’Afrique ? Le pari serait peu être jouable si nous avions 100 ans devant nous. Mais les échéances sont beaucoup plus rapprochées que cela, 2050 au plus tard.

La Geoingénierie prend acte de ce constat d’impuissance et tente de se substituer aux efforts individuels en imaginant des solutions globales à l’échelle planétaire. En voici quelques exemples :

Puisque la terre se réchauffe inexorablement, essayons de la protéger des rayons du soleil ! En augmentant son albédo, c’est à dire le pouvoir réfléchissant de la Terre qui est de 30% de rayonnement solaire renvoyé. Si par un moyen quelconque on pourrait renvoyer 50% au lieu de 30 de l’énergie solaire reçue, nul doute que nous pourrions compenser le réchauffement climatique lié au CO2. L’idée est venue de la constatation que les éruptions volcaniques du Pinatubo en 1991 et du volcan El Chichon en 1982 s’étaient traduites par une réduction de température de la planète de 0.5°C pendant un an. Ces éruptions avaient été particulièrement riches en poussières (10 millions de tonnes estimées) qui avaient obscurci le ciel pendant des mois. De plus elles contenaient des particules de souffre et des gouttelettes d’eau riches en acide sulfurique qui ont un fort pouvoir réfléchissant.

C’est un prix Nobel de Chimie de l’université Max Planck de Mainz en Allemagne, Paul Crutzen, qui vient de lancer l’idée de disperser en haute stratosphère des millions de tonnes de particules souffrées pour essayer de mettre en place un voile autour de la terre pour nous protéger des ardeurs du soleil. Vous pouvez imaginer le pavé dans la mare que ce fût ! Avec des « violemment contre » pour cause de principe de précaution ou de complexe NIH (Not invented Here, pas inventé par moi), et des « pour » en considérant l’urgence du problème et l’irréalisme de la lutte planétaire de tous au coude à coude contre le monstre réchauffement climatique. D’autres ont fait ressortir le problème des pluies acides qui pourraient en résulter, d’autres enfin le coût de telles opérations (50millions de dollars minimum).

Bien entendu, évoquer l’idée ne veut pas dire qu’elle se révèle après étude réaliste ou faisable mais qu’il serait utile de l’étudier. C’est d’ailleurs ce qui est en cours dans différents laboratoires allemands et américains et les premiers résultats sont encourageants. Parions qu’en ce qui concerne les chercheurs français, le principe de précaution stérilise toutes recherches d’entrée.

Ceci n’est qu’un exemple qui projette cette science brutalement en pleine lumière. Mais avec un peu d’imagination, on peut inventer toutes sortes de dispositifs planétaires pour régler tel ou tel problème. Comme de provoquer le développement de phytoplancton dans les mers par injonction de fer pour absorber le CO2 (abandonné). Ou la mise en orbite de parasols géants. Ou de remplacer les transports aériens transatlantiques par des tubes sous marins au fond des mers avec des navettes (c’est de moi). Ou d’étendre des films réfléchissants sur les déserts, etc etc.

La difficulté restera de savoir quel sera l’organisme filtreur de telles idées, l’organisme décideur pour les financer et les mettre en œuvre finalement (l’ONU peut être ?).

A suivre.

Auteur de l’article

çaDérange

Une vaste expérience de l’entreprise et des hommes acquise en Europe et en Afrique dans des (…)

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