MSF DES ACTES À LA PAROLE

DL : DF , WU , MF

À l’occasion du 40e anniversaire de Médecins sans frontières, le Dessous des Cartes revient sur l’histoire de l’organisation humanitaire depuis les années 1970. Tandis que la médecine d’urgence et les médias deviennent les outils de l’organisation, le conflit Est-Ouest en révèle à la fois les principes et la vocation, entre secours et témoignage, et lui impose aussi ses premiers dilemmes.

Lectures

Le Photographe – L’Intégrale
Photographies Didier Lefèvre, dessins d’Emmanuel Guibert et Frédéric Lemercier. Dupuis
« Quand un reporter photographe rentre de mission dans un pays en guerre, il ramène des centaines de photos et autant d’anecdotes. Sur ces centaines de photos, quelques dizaines sont tirées, quatre ou cinq sont vendues à la presse, et le reste, sous forme de planches-contact, échoue dans des boîtes. Le photographe, s’il aime raconter, raconte les anecdotes à ses proches. Puis le temps passe, d’autres missions, d’autres photos et d’autres anecdotes chassent les premières, et la mémoire, elle aussi, les met en boîte. Voilà comment s’endorment les histoires. Le nombre de belles histoires au bois dormant est infini. La bande dessinée est un des moyens de les réveiller. J’ai cent raisons d’aimer Didier Lefèvre. L’une d’elles, c’est qu’il est bon photographe. Une autre, c’est qu’il raconte bien les histoires. Dès les premières fois où je l’ai entendu, planches-contact à l’appui, me raconter un de ses reportages, j’ai voulu qu’on fasse un livre tous les deux. La bande dessinée intervient pour faire entendre la voix de Didier, combler les vides entre les photos et raconter ce qui se passe quand Didier, pour une raison ou une autre, n’a pas pu photographier. » Emmanuel Guibert De nombreuses fois primé, « Le Photographe » – la trilogie d’Emmanuel Guibert, Didier Lefèvre et Frédéric Lemercier – a remporté, en juillet 2010, la plus haute distinction étatsunienne en tant que meilleure édition américaine d’une œuvre internationale (Eisner Awards 2010).
Médecins sans frontières – La biographie
Anne Vallaeys Fayard
Voici la première « biographie » de Médecins sans frontières, la plus célèbre des ONG françaises, couronnée par le prix Nobel de la paix en 1999. Trois ans durant, Anne Vallaeys s’est plongée dans les archives de cette association iconoclaste. Du Biafra à l’Afghanistan, du Cambodge au Rwanda, de l’Ethiopie à la Bosnie, l’auteur nous fait revivre les aventures de ces femmes et de ces hommes d’exception – infirmières, logisticiens et médecins volontaires –, à travers des centaines de récits, de reportages, de portraits et d’entretiens. Révoltés par l’inertie des institutions internationales dans les années 1970, une poignée de médecins et de journalistes du magazine médical Tonus décident d’intervenir dans les drames de la guerre froide. Se moquant des considérations politiques, ils partent soigner les victimes des combats sans distinction. Leur implication ne se limite pas aux strictes actions médicales, bien au contraire, elle va de pair avec leur rôle de témoins engagés face aux atrocités auxquelles ils sont confrontés sur le terrain. C’est l’une des singularités des MSF : témoigner est un acte politique. Mais comment utiliser les médias sans verser dans l’étalage égotiste et le politiquement correct ? L’opinion publique les suivra : MSF réunit aujourd’hui un million de donateurs privés. Contre les risques de bureaucratisation, MSF privilégie l’action et ne craint pas de se remettre en question. Souvent le débat interne fait rage. Comme leurs leaders successifs, Bernard Kouchner, Francis Charhon, Xavier Emmanuelli, Claude Malhuret, Rony Brauman, Philippe Biberson et l’actuel président, Jean-Hervé Bradol, les générations MSF ne se sont jamais rendues aux arguments et au cynisme de la politique internationale. Anne Vallaeys expose ce qu’est la médecine d’urgence, dévoilant les trésors d’inventivité que les praticiens sanitaires de l’extrême développent dans des situations que l’université ne leur a guère permis d’appréhender. Dans des contextes toujours critiques, contre le mépris des pouvoirs et des intérêts en place, il n’est pas rare que le doute assaille ces acteurs anonymes. Ce document est aussi un vibrant hommage rendu à ceux qui, jour après jour, le plus souvent dans l’horreur, construisent MSF, la grande histoire humaine du siècle.
L’aventure humanitaire
Jean-Christophe Rufin Gallimard
À l’histoire du malheur des hommes – guerres, catastrophes, épidémies, famines – répond la longue aventure de ceux qui tentent de les secourir : Vincent de Paul et ses œuvres de charité, Henri Dunant et la Croix-Rouge, Albert Schweitzer et la médecine coloniale, l’Organisation des Nations unies, les Médecins sans frontières… À chaque époque, de nouveaux drames, mais aussi des formes spécifiques de l’action humanitaire : secours d’urgence, aide au développement, assistance aux réfugiés. En restituant à l’aventure humanitaire sa perspective historique et politique, Jean-Christophe Rufin nous donne la meilleure clef de compréhension d’un univers à la fois très médiatique et très mal connu.
Dans l’œil des autres – Perception de l’action humaine et de MSF
Caroline Abu-Sada et autres auteurs Antipodes
Médecins sans frontières ? Un organisme basé en Arabie saoudite et financé par une œuvre de charité musulmane ? Une compagnie privée chinoise ? Une organisation exigeant le port d’une arme pour pénétrer dans ses structures médicales ? Telles sont certaines des réponses recueillies lors d’une étude lancée par Médecins sans frontières Suisse pour mieux comprendre la manière dont son travail et ses principes – neutralité, impartialité, indépendance – sont perçus par les travailleurs humanitaires ainsi que par les populations fréquentant de près ou de loin ses projets. Dans un monde « post-Septembre 2001 », qui voit une redéfinition des rapports de force dans le monde ainsi que l’émergence de nouveaux acteurs contestant les fondements de l’action humanitaire ou son utilisation à des fins militaires, il a semblé important pour l’organisation, forte de quarante ans d’expérience, de mener une recherche d’envergure sur la perception qu’en a le public et de partager ces résultats, afin d’offrir quelques clés de compréhension, autant pour les travailleurs humanitaires que pour des personnes désireuses de saisir les enjeux cruciaux en cette première partie du XXIe siècle. Aux résultats de cette recherche s’ajoutent des articles écrits par des chercheurs, étudiants, humanitaires, qui explorent les diverses facettes de l’action humanitaire d’aujourd’hui. Caroline Abu-Sada est coordinatrice de l’Unité de recherche de MSF Suisse.

Agenda

L’AUTRE, DE LA SCIENCE À LA FICTION
Musée du Quai Branly Jusqu’au 28 février 2012 et au-delà
« Les rendez-vous de l’hiver au salon de lecture du Musée du Quai Branly sont une invitation à exprimer perceptions et réactions suscitées par l’exposition actuelle : « Exhibitions, L’invention du sauvage. » Des visites-rencontres avec des personnalités, écrivains, historiens ou artistes permettent de découvrir l’exposition puis à débattre. Des tables rondes explorent la mise en scène de l’autre, depuis les cabinets de curiosité jusqu’aux représentations culturelles contemporaines, cinéma, bande dessinée, arts plastiques. De nombreuses questions sont en jeu dans ces manifestations : comment aiguiser notre regard face aux images ? De qui sommes-nous le « sauvage » ? Qui est l’autre aujourd’hui ? De qui sommes-nous l’autre ? » À venir : • Les frontières de l’humain au cinéma ; • Retours au pays, témoignages et récits dans la bande dessinée ; • Le sauvage et le préhistorique. Au printemps 2012, d’autres manifestations autour de l’exposition « Exhibitions » auront lieu sur les héritages, notamment dans la photographie et l’art contemporain. Soucieux de théoriser le mouvement animal, le physiologiste Etienne Jules Marey (1830-1904) s’empare, à mi chemin de sa vie, des outils photographiques ; il poursuit, à l’instar de Claude Bernard, le développement d’une rigoureuse méthode expérimentale. Celle-ci se révélera pleine de risques. Une question reste posée : la photographie fut-elle la conséquence ou la cause d’une logique d’éloignement du sujet, voire de sa négation, mise en œuvre par l’homme de science ? Une conférence en ligne de Monique Sicard, chercheur au CNRS, intitulée « ETIENNE JULES MAREY ET LE BESTIAIRE ENCHANTÉ » est proposée par le musée sur la même page : www.quaibranly.fr/fr/programmation/les-rendez-vous-du-salon-de-lecture/lautre-de-la-science-a-la-fiction-zoom-autour-de-lexposition-exhibitions-linvention-du-sauvage.htmlSignalons que le Dessous des Cartes diffusera prochainement deux sujets autour de l’exposition du Quai Branly.
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