LA CARTOGRAPHIE DES ABYSSES : L’EXPLOITATION


LA CARTOGRAPHIE DES ABYSSES : L’EXPLOITATION

DL : DF

Les grands fonds marins recèlent une grande richesse biologique et minière, que les progrès techniques mettent désormais à la portée de l’exploitation humaine. Pollution, surpêche… Comment concilier les intérêts économiques stratégiques avec la protection d’un milieu fragile peu connu ?

Lectures

Les trésors des abysses
Daniel Desbruyères avec une préface de Gilles Boeuf QUAE éditions / Collection Carnets de sciences
Le domaine profond est un monde sans soleil et sans vie végétale. C’est l’immense majorité des eaux océaniques et plus de 90 % de notre biosphère, un vaste « continent » sombre où, selon Monod, « tout communique ». Débutée dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’étude de ce milieu a progressé au rythme des innovations technologiques puis du développement des engins submersibles, habités, télé-opérés ou autonomes, à partir de la moitié du XXe siècle. Durant les trente dernières années, une petite communauté de scientifiques a montré que ce milieu, loin d’être un immense désert hostile, peuplé de rares organismes, peut parfois se révéler riche de vie et receler d’importantes ressources minérales et énergétiques. Les limites de la vie ont été bousculées, de nouvelles théories sur son origine ont été proposées et des voies biologiques originales ont été décrites. Ce livre invite le lecteur à plonger parmi ces « peuples de la nuit » : les très étranges organismes luminescents qui migrent dans la colonne d’eau, les peuplements luxuriants des sources hydrothermales et des sources froides, les jardins d’éponges et les récifs de coraux profonds, les cadavres de grands cétacés qui, en se décomposant, attirent une vie exubérante. Bonne exploration ! Daniel Desbruyères a été, durant plus de trois décennies, chercheur à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), dont il a longtemps dirigé le département « Étude des écosystèmes profonds ». Auteur de plus de quatre-vingt-dix articles et ouvrages scientifiques, il a été l’un des acteurs d’une des découvertes majeures de l’océanographie du XXe siècle : les sources hydrothermales profondes et les peuplements d’organismes qui y sont associés.
À la conquête des grands fonds – Techniques d’étude de la géologie marine
Christine Laverne, Jacques Kornprobst avec une préface de Jean-François Minster QUAE Éditions
Une odyssée dans les grandes profondeurs… À quoi ressemble le sous-sol des abysses ? Quelles sont la nature et la structure des matériaux qui le composent ? Quels engins ont été inventés pour observer cet immense territoire longtemps inaccessible aux géologues et aux géographes ? Cette Terra incognita sous-marine recouvre les deux tiers de la surface de la Terre. Il y a de quoi stimuler l’inventivité et l’ingéniosité des scientifiques ! L’étude de la croûte océanique est essentielle pour comprendre la dynamique de la planète et pour exploiter les ressources encore cachées sous la mer. Alors, les ingénieurs et les chercheurs vont mettre au point des techniques et de drôles d’engins pour explorer ce qui était jusque-là « insondable ». Ce livre propose de découvrir les fonds marins d’une façon plutôt originale. C’est un voyage dans l’histoire des techniques qui ont permis l’observation du fond de la mer depuis la surface et avec les submersibles. Les auteurs exposent les principales méthodes et les résultats majeurs obtenus à chaque étape de cette exploration. Le lecteur est entraîné dans une aventure étonnante, illustrée par une centaine d’aquarelles qui mettent en scène les instruments de mesure, les navires anciens ou récents, les submersibles, les marins et les scientifiques au travail ainsi que des cartes bathymétriques et géologiques. Jacques Kornprobst est directeur honoraire de l’Observatoire de physique du globe de Clermont-Ferrand, ancien président de la Société française de minéralogie et cristallographie et de la Société géologique de France, officier de marine de réserve. Il est président du conseil scientifique de Vulcania depuis 1995. Christine Laverne est enseignant-chercheur à l’université Paul Cézanne Aix Marseille III. Depuis près de trente ans, elle consacre ses recherches aux conséquences de l’hydrothermalisme sur les roches de la croûte océanique. Elle a participé à de nombreuses campagnes océanographiques. Elle est l’auteur de divers livres d’aquarelles et la principale responsable des illustrations de cet ouvrage.
Les nodules polymétalliques – Une extraordinaire aventure minière et scientifique sous-marine
Michel Hoffert Vuibert / Ifremer
À plusieurs milliers de mètres de profondeur, certaines plaines abyssales sont abondamment recouvertes d’étranges corps géologiques : les nodules polymétalliques. Renfermant des métaux parmi les plus recherchés – manganèse, cuivre, nickel et cobalt – ces centaines de milliards de tonnes de minerai sont devenues, vers 1970, l’enjeu d’une intense compétition scientifique et économique internationale. Pour participer à ce nouvel Eldorado minier, plusieurs nations, dont la France, investirent alors des sommes colossales dans la prospection, la recherche scientifique et la conception d’engins de ramassage capables d’opérer à de grandes profondeurs tandis qu’une intense activité diplomatique se déroulait par ailleurs pour déterminer l’appartenance de ces richesses, presque toutes situées dans les eaux internationales. Michel Hoffert fait le récit d’une aventure passionnante dont certaines péripéties sont dignes des plus beaux films d’espionnage ! On verra par exemple comment Russes, Américains, Allemands, Japonais et Français adoptèrent des stratégies très différentes. Après 1980, une chute du cours des métaux ajoutée aux difficultés d’exploitation ont entraîné le retrait progressif des premiers investisseurs. Néanmoins les explorations n’ont jamais cessé : grâce au sous-marin Nautile, les chercheurs français réalisèrent, en décembre 1988, les premières observations directes des nodules dans le Pacifique Nord. Plus de trente ans après, l’exploitation des nodules est de nouveau d’actualité. La Convention internationale des droits de la mer de 1982 a fait des nodules un « patrimoine commun de l’humanité » ; des nations comme la Chine, l’Inde ou la Corée du Sud intensifient leurs recherches dans la perspective d’une éventuelle pénurie de certains métaux et, sous l’égide des Nations unies, une Autorité internationale des fonds marins vient d’être créée pour arbitrer la répartition de ces richesses sous-marines. Dans cet ouvrage de synthèse, Michel Hoffert fait aussi le point sur les connaissances scientifiques et propose une explication pour comprendre la formation des nodules et leur répartition. Professeur à l’École et observatoire des sciences de la terre et de l’université Louis Pasteur à Strasbourg, Michel Hoffert a participé dès 1972 aux recherches sur les nodules et, en particulier, à la première mission française de plongée. Il est aujourd’hui un des experts de l’Autorité internationale des fonds marins.
Les océans – Le nouveau monde de la chimie durable
Nombreuses contributions avec un éditorial de Loïc Mangin Pour la science / Collection Dossier pour la science – N°73
Pour explorer les fonds marins, la chimie est le guide indispensable : comprendre les langages chimiques qui régulent les écosystèmes ou la vie qui foisonne autour des sources hydrothermales des abysses ; exploiter la richesse des océans de façon raisonnée (biocarburants, ressources minérales, polysaccharides…) ; découvrir et produire des médicaments nouveaux ; protéger les mers contre les pollutions des marées noires ou des déchets plastiques… La chimie est désormais au centre d’une alliance durable entre les hommes et les océans.

Agenda

Océan, climat et nous
Cité des sciences et de l’industrie (Paris), en partenariat avec Ifremer du 6 avril 2011 au 30 juin 2012
C’est un fait : un changement climatique dû aux activités humaines est en cours. Or ce changement affecte l’océan qui occupe 70 % de notre planète : un régulateur primordial du climat. Les effets s’observent déjà à l’échelle du monde : fonte des glaces continentales et océaniques, montée des eaux, acidification de l’océan… Des incertitudes demeurent sur l’ampleur de ces phénomènes mais une chose est sûre : leur impact sur les sociétés humaines s’accentuera dans le demi-siècle à venir. Il nous faut anticiper et, pour nous adapter, mieux connaître l’océan et son rôle dans le climat, trouver des solutions applicables et acceptables par les populations. C’est à cette relation étroite et fragile entre le climat, l’océan et nous que cette exposition s’intéresse à travers trois thèmes en trois parcours : – l’océan agit sur le climat ; – l’océan se modifie ; – l’adaptation de l’homme. 1. Comment L’océan agit-il sur le climat ? Vénéré pour sa beauté, craint pour ses tempêtes mais largement exploité, l’océan reste encore mal connu. Il joue pourtant un rôle primordial dans la régulation du climat. Il absorbe 1/3 du CO2 que nous rejetons, stocke et transporte d’énormes quantités de chaleur, réfléchit les rayons solaires grâce à la banquise. Mieux connaître les interactions entre l’océan et l’atmosphère est essentiel pour éviter l’emballement du changement climatique. Que savons-nous des mécanismes intimes de l’océan au sein de cette machinerie complexe qu’est le climat ? Que nous apprennent les climats du passé ? Que pouvons-nous savoir de l’avenir ? 2. Comment l’océan se modifie-t-il aujourd’hui ? Tous les océans communiquent pour former un seul océan mondial de 361 millions de km2, soit 97 % du volume d’eau de la Terre. Aujourd’hui encore, nous en savons moins sur lui que sur la Lune. Notre connaissance des reliefs océaniques n’a progressé que récemment, avec les observations des satellites qui complètent les mesures in situ. Ces observations montrent aussi que malgré son énorme inertie, l’océan est perturbé par les modifications du climat : les eaux se réchauffent, le niveau des mers monte, les eaux s’acidifient, la vie marine est affectée. Ces symptômes s’ajoutent aux effets déjà néfastes de la pollution et de la surpêche. Jusqu’où iront ces perturbations ? 3. Comment l’homme s’adapte-t-il à ces modifications ? Même si nous parvenons à limiter les émissions de gaz à effet de serre, le changement climatique est en cours. D’ici 2100, selon les scénarios, les eaux pourraient monter de 20 cm à 1 m, touchant les 40 % de la population mondiale qui vivent à moins de 60 km des côtes. Exposition au risque climatique et niveau de développement économique ne sont pas les seuls facteurs de vulnérabilité. Aucune région du monde n’est a priori à l’abri. Les États devront s’adapter et le monde se trouve devant la nécessité de mener conjointement deux stratégies complémentaires : réduire les émissions de gaz à effet de serre et s’adapter aux changements inévitables. Universcience, le nouvel établissement public associant la Cité des sciences et le Palais de la découverte nous propose le site de l’exposition : www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/expositions/ocean-climat-et-nous/
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