KURDISTAN, NOUVEL ÉTAT AU MOYEN-ORIENT ?

Source : http://ddc.arte.tv

Au cœur d’un Moyen-Orient qui semble enlisé dans un état de conflit permanent, les Kurdes d’Irak connaissent, au contraire, une émergence politique et économique continue depuis deux décennies. Le Dessous des Cartes revient sur l’histoire qui les a menés à l’autonomie, et expose les problématiques actuelles et à venir du Kurdistan irakien.

Lectures

Géopolitique des Kurdes
Philippe Boulanger
Ellipses Marketing
08/2006
Présentation de l’éditeur
Peuple indo-européen établi de longue date sur un territoire grand comme la France – le Kurdistan riche en eau et en pétrole – les trente cinq millions de Kurdes n’ont jamais pu obtenir leur indépendance, et restent aujourd’hui divisés entre quatre États du Moyen-Orient (Turquie, Irak, Syrie, Iran). Philippe Boulanger nous fait découvrir ici l’histoire géopolitique d’un peuple fracturé par de multiples frontières intérieures, territoriales, religieuses et linguistiques, et dont le destin tragique n’a cessé de torturer le Moyen-Orient. Les premières révoltes kurdes en Irak et en Turquie, l’établissement de communautés immigrées kurdes en Europe, « l’affaire Öcalan », l’intervention anglo-américaine en Irak, les relations tendues entre l’Union européenne et la Turquie, la création de la Région autonome du Kurdistan irakien, la guérilla du PKK… sont éclairés ici d’un jour nouveau. Une analyse géopolitique menée dans le temps long de l’histoire permettra au lecteur de rassembler les pièces d’un puzzle que l’actualité présente régulièrement dispersées.
Gaïdz Minassian, auteur, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique et chef d’édition au Monde.fr, livre une analyse du livre sur le site Droit et cultures.
Conflit kurde – Le brasier oublié du Moyen-Orient
Hamit Bozarslan
Editions Autrement / CERI
03/2009
Présentation de l’éditeur
Une décennie après la vague de violence amorcée par l’arrestation d’Abdullah Öcalan, chef du PKK (Parti du Kurdistan de Turquie), la question kurde fait de nouveau parler d’elle, dans un contexte régional particulièrement troublé. Le conflit ouvert entre les Kurdes irakiens et Bagdad autour du statut de la province de Kirkouk, riche en pétrole, les nouvelles contestations armées en Turquie et en Iran ainsi que les émeutes urbaines en Syrie attestent l’existence d’un « autre front » au Moyen-Orient. Toujours brûlant et inévitablement complexe, il maintient les 30 millions de Kurdes dans une lutte sans issue. Cet ouvrage présente des clés de lecture pour comprendre les dynamiques actuelles du problème kurde à la lumière de l’histoire, aussi bien en Irak, en Iran, en Turquie et en Syrie que dans l’espace transfrontalier très militarisé qu’ils partagent. L’auteur établit un lien entre l’instauration d’un ordre étatique post-impérial au lendemain de la Première Guerre mondiale et une dissidence minoritaire. La démarche de sociologie politique permet de saisir les cycles historiques successifs qu’a connus la contestation kurde, dont les derniers sont marqués par l’émergence de la ville comme lieu d’action et par l’affirmation de la jeunesse comme moteur de radicalisation.
À propos de l’auteur
Hamit Bozarslan est historien et politologue et enseigne à l’EHESS. Ses recherches portent sur la géopolitique du Moyen-Orient. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages tels que La question kurde : États et minorités au Moyen-Orient (Presses de Sciences-Po, 1997), Sociologie politique du Moyen-Orient (réédité par la Découverte en 2011) et Histoire de la Turquie – De l’empire à nos jours (Tallandier, février 2013).
En mai 2010, Philippe Boulanger, spécialiste de « la question kurde », proposait une lecture attentive du livre de Hamit Bozarslan sur le site de la revue Le Banquet.
La littérature kurde
Sous la responsabilité éditoriale de Joyce Blau
L’Harmattan / Institut kurde de Paris – Etudes kurdes N° 11
06/2012
Présentation de l’éditeur
Dans ce numéro de la revue Études kurdes sont retracés les origines, les développements et les aléas historiques des écritures kurdes savantes, poétiques, romanesques et journalistiques. Dès le XVIe siècle, et sans interruption depuis, il y eut toujours des auteurs au Kurdistan pour faire vivre une littérature qui répondait aux besoins de leurs lecteurs, et exprimait les espoirs comme les tristesses du peuple kurde. Cette littérature, fragmentée en plusieurs dialectes, plusieurs écritures, très souvent interdite à partir du XXe siècle, frappe par sa constante vitalité et par la volonté jamais défaillante des Kurdes d’élaborer leur propre corpus écrit et de faire vivre leur langue, dans leur pays ou en exil.
Les centres de recherche, universitaires ou non, des instituts culturels kurdes publient les travaux de chercheurs qui manifestent un intérêt grandissant pour les études kurdes. Ce qu’on pourrait appeler la « Bibliothèque kurde » s’enrichit d’année en année par des publications en langues occidentales et moyen-orientales.
La revue Études kurdes participe à cet élan.
Le numéro 10 (octobre 2009) de la revue, avec pour directeur éditorial Boris James, est intitulé Les kurdes. Ecrire l’histoire d’un peuple aux temps pré-modernes.
Kurdistan – La colère d’un peuple sans droits
Olivier Piot, Julien Goldstein avec une préface de Bernard Dorin
Les Petits Matins
01/2012
Présentation de l’éditeur
Promise en 1920 par les Alliés, la création d’un État kurde indépendant n’a jamais vu le jour au Moyen-Orient. Partagés depuis presque un siècle entre la Turquie, la Syrie, l’Iran et l’Irak, les Kurdes représentent aujourd’hui le plus grand peuple au monde sans État.
Entre 2007 et 2011, le photographe Julien Goldstein et le journaliste Olivier Piot ont ensemble parcouru à plusieurs reprises les territoires où vivent les Kurdes afin de mieux comprendre la réalité des régions de ce Kurdistan morcelé.
D’un pays à l’autre, ils se sont plongés dans le quotidien de ce peuple, témoignant de ses problèmes économiques et politiques, des multiples discriminations dont il est l’objet et du déni de son identité. À travers les nombreuses rencontres qu’ils ont faites et les témoignages qu’ils ont recueillis, les auteurs dressent un état géopolitique de la situation kurde aujourd’hui.
Le livre, bilingue français-kurde, contient aussi des cartes.
À propos des auteurs
• Olivier Piot est journaliste grand reporter. Il collabore notamment avec Le Monde diplomatique, « M » Le magazine du Monde, ou avec des magazines comme GEO, National Geographic. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont La Révolution tunisienne (Les petits matins, 2011).
• Julien Goldstein est photographe. Ses photos sont régulièrement publiées dans la presse française et internationale : GEO France, National Geographic France, Le Monde, « M » Le magazine du Monde, Courrier International, The New York Times, Newsweek.
Une Européenne au pays des Kurdes
Hélène Krulich, avec une préface de Juliette Minces et une postface de Marc Kravetz
Karthala
05/2011
Présentation de l’éditeur
Témoignage de vie. C’est au cours d’une fête à l’université, dans une Tchécoslovaquie alors sous régime communiste, qu’Hélène Krulich, surnommée ici Léna, fait la connaissance d’Abdol Rahman Ghassemlou. À son léger accent, elle le croit slovaque. Il est kurde, musulman, mais se revendique non-croyant. Pour pouvoir l’épouser à l’ambassade d’Iran à Prague, Léna se convertit à l’islam. En convolant, elle épouse avec lui la cause kurde : son mari deviendra en effet, au fil des ans, secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI) et le chef le plus respecté parmi les différents mouvements kurdes de son pays, et d’ailleurs.
Léna et Abdol Rahman partent s’installer à Téhéran. Ce qu’il y a d’exceptionnel chez Léna, c’est l’amour qu’elle porte désormais au Kurdistan, dont les paysages l’envahissent et ne la quitteront plus, et aux Kurdes qu’elle apprend progressivement à connaître et à aimer. Cette Occidentale deviendra kurde dans l’âme, sans se départir de la forte conscience qu’elle a de l’égalité nécessaire entre les hommes et les femmes.
Un jour, Léna s’est retrouvée seule avec ses filles. AR Ghassemlou a payé de sa vie son combat. À Vienne, en juillet 1989, il est abattu lors d’un guet-apens tendu par des émissaires du successeur de l’Ayatollah Khomeiny, avec lesquels il était censé entreprendre des pourparlers de paix. Léna se demande encore comment cet homme, si vif et si fin, a pu faire confiance aux promesses des dirigeants iraniens dont il connaissait pourtant la duplicité.
Une trajectoire politique que restitue Marc Kravetz dans la postface de cet ouvrage.
« La vie des combattants est composée de périodes de dangers, écrit Hélène Krulich, mais aussi de moments de bonheurs et d’autres de malheurs personnels. J’ai décidé de ne pas me plonger trop dans l’histoire de notre mouvement, mais plutôt de raconter ce que les jours nous apportaient. Beaucoup des histoires contenues dans ce récit auraient chacune pu faire l’objet d’un livre entier. J’ai voulu d’abord donner une image de ce qu’étaient nos vies de combattants et notre quotidien ».

Ailleurs sur le web

La montagne magique
« Le grand roi Antiochos divin, juste, glorieux, ami des Grecs et des Romains, fils du roi Mithridate victorieux et de la reine Laodice divine, dévouée à son frère, fille du roi Antiochos glorieux, dévoué à sa mère, victorieux, grava avec des lettres éternelles le récit de ses hauts faits sur ces degrés consacrés.« 
Ce texte traduit par Geneviève Lambert pour la revue d’art FMR est celui de l’inscription gravée sur le soubassement d’une pierre autel sur le site du Nemrud Dagh, « la montagne magique », située en Anatolie dans le massif des monts Taurus, qui s’ouvre sur la vallée de l’Euphrate, aujourd’hui inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco.
Tout en images, le blog Zagros-Mesopotamia-Kurds-Anatolia-Kurdistan collectionne les images de la culture kurde depuis ses vestiges archéologiques les plus anciens à ses manifestations folkloriques et culturelles les plus récentes.
De Paris à Lausanne : l’indépendance perdue
Lors de conférence de paix de Paris, en 1919, les pays européens décidèrent de l’avenir des Kurdes et des Assyro-Chaldéens. En 1920, l’autonomie et la perspective d’un État indépendant étaient évoquées dans le traité de Sèvres.
Margaret MacMillan a publié chez Random House, en 2002, un livre intitulé Paris 1919 – Six months that changed the World que le site de l‘Institut kurde de Paris propose à la lecture.
Des pages 465 à 483, l’auteure évoque la question de cette autonomie et celle du refus par Mustafa Kemal de ce traité de Sèvres, des impératifs économiques et géopolitiques occidentaux, dont naîtra, en 1923, le traité de Lausanne qui n’accordera rien aux délégations venues plaider leurs causes.
L’Institut kurde de Paris abrite la plus importante bibliothèque kurde du monde occidental. Le site de l’Institut permet une appréhension très complète de la culture, de l’histoire de la population kurde, divisée sur quatre pays et de ses diasporas.
Newroz, Nûroj, Neweroc
Newroz est le nouvel an kurde célébré depuis 612 ans avant J.C. C’est une histoire de rébellion et de liberté : symbole du moment où les Kurdes se sont libérés du tyran Dehak, empereur assyrien. Depuis, cette date (le 21 mars) est devenue un jour sacré pour les Kurdes, les Persans, les Afghans et les autres peuples du Moyen-Orient.
En kurde, le nom est décliné selon les dialectes ou les translittérations sous diverses formes dont Newroz, Nûroj ou Neweroc. C’est aussi le jour d’un état d’alerte optimal en Turquie et un jour de répression là comme ailleurs.
La Maison populaire de Genève, créée le 27 novembre 1994, promeut l’intégration des communautés kurdes et turques en Suisse, et œuvre à la défense des droits de l’homme. Son site est aussi le lieu d’expression politique et culturel kurde. Le prisonnier politique Öcalan, Kurde de Turquie, y a livré son message de vœux pour le nouvel an, dans lequel il exprime l’espoir de la fin de la lutte armée et le début de la résolution politique.
Ce texte est traduit sur le site Jeunesse kurde en France.
Il y a aujourd’hui en Turquie plus de deux fois plus de prisonniers kurdes (120 000) qu’en 2002, lorsque l’AKP a pris les rênes du pouvoir. Source Alternatives internationales. Et l’aviation turque continue de survoler l’espace aérien irakien et de le bombarder. Source Libération
« Ceux qui font face à la mort »
« Ceux qui font face à la mort » : c’est ce que signifie Peshmergas, nom donné aux combattants kurdes depuis le temps des résistances jusqu’à l’actuelle formation militaire du Kurdistan irakien. Chris Kutschera est reporter et essayiste spécialiste de la question kurde, il a écrit de nombreux livres et articles notamment pour le Monde diplomatique, Confluences Méditerranée, Politique internationale, Les Cahiers de l’Orient
L’auteur reproduit sur son site un certain nombre de ses reportages qui portent notamment sur les difficultés de la gouvernance de la région autonome du Kurdistan d’Irak mais aussi sur les perspectives d’avenir de son peuple.
Mémoire longue
En 1997, la photographe Susan Meiselas publiait aux États-Unis « Kurdistan: In the Shadow of History », dans lequel elle fait un travail de reconstitution par l’image de l’histoire et de l’identité du peuple kurde, en associant des photos anciennes trouvées ou confiées et ses prises de vues.
Le site AkaKurdistan rend compte du travail de mémoire de Susan Meiselas, et  permet de le prolonger.
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