Compétition pour les terres arables

Source : http://ddc.arte.tv

04/2014

L’acquisition de terres cultivables par des investisseurs étrangers est un phénomène qui connaît aujourd’hui une ampleur sans précédent. Le Dessous des Cartes consacre deux numéros au commerce des terres arables et s’intéresse, dans ce premier volet, aux facteurs qui ont relancé la quête mondiale de terres agricoles, ainsi qu’aux acteurs de ce marché.

La United Fruit Company en Amérique centrale, en 1930

En 1930, la United Fruit Company était implantée dans neuf pays d’Amérique centrale. La première compagnie bananière du monde, américaine, avait échangé la construction de lignes de chemin de fer contre l’obtention de centaines de milliers d’hectares de terres dans ces pays. Au Honduras, par exemple, près d’un quart des terres agricoles lui appartenait. Les investissements étrangers dans le domaine foncier agricole ne sont donc pas un phénomène récent.

Les données de Land Matrix

Entre 2000 et 2014, dans le monde, les acquisitions (pour l’achat ou la location) de foncier agricole à grande échelle ont concerné 36 millions d’hectares, soit à peu près la superficie de l’Allemagne. Au total, sur cette période, on compte près de mille transactions foncières signées, selon Land Matrix qui est la base de données la plus fiable sur cette question.

Pourquoi cette compétition croissante pour l’accès aux terres ?

 

D’autres contraintes viennent s’ajouter à cette hausse de la demande alimentaire mondiale. Tout d’abord, toutes les terres émergées ne sont pas cultivables : seul un tiers le sont. Et si l’on considère l’ensemble de ces terres cultivables, seulement 40 % sont cultivées. Donc plus de la moitié des terres cultivables de la planète ne sont pas cultivées !

Des terres cultivables non cultivées

D’autres contraintes viennent s’ajouter à cette hausse de la demande alimentaire mondiale. Tout d’abord, toutes les terres émergées ne sont pas cultivables : seul un tiers le sont. Et si l’on considère l’ensemble de ces terres cultivables, seulement 40 % sont cultivées. Donc plus de la moitié des terres cultivables de la planète ne sont pas cultivées !

Les terres arables destinées à la production d’agro-carburants

Par ailleurs, les acquisitions de terres arables ne concernent pas seulement les cultures alimentaires. Elles sont aussi destinées à la production d’agro-carburants. Sur 100 hectares ayant fait l’objet d’une transaction entre 2000 et 2014, 11 sont uniquement consacrés aux cultures vivrières, 31 aux agro-carburants et 23 aux cultures à double usage (c’est-à-dire vivrières et agro-carburants) comme le soja, le maïs, l’huile de palme ou la canne à sucre.

Les pays “cibles” qui vendent ou louent leurs terres

Depuis 2000 dans le monde, 74 pays cibles ont loué ou vendu des terres arables. Ce sont majoritairement des pays du Sud, où le climat, les coûts de la main d’œuvre et la fertilité des terres permettent de produire à des prix compétitifs. On peut repérer sur cette carte les dix principaux pays qui ont loué ou vendu des terres. La Papouasie Nouvelle-Guinée et l’Indonésie occupent les deux premières places, avec respectivement 3,8 et 3,6 millions d’hectares loués ou vendus depuis 2000.

Les pays “investisseurs” qui achètent ou louent les terres

Voici maintenant les 93 pays (ou territoires) investisseurs, c’est-à-dire les pays dont sont originaires ceux qui achètent ou louent des terres. On repère sur la carte les dix principaux pays investisseurs, notamment les États-Unis qui occupent la première place avec plus de 7 millions d’hectares achetés ou loués dans le monde depuis 2000.

Les investissements fonciers américains dans le monde

Regardez les destinations des investissements américains. L’Afrique centrale représente un tiers des hectares achetés ou loués, et ces investissements américains concernent la production agricole, la production d’agro-carburants, l’extraction de bois de construction et la préservation des espaces naturels avec le tourisme.

De qui viennent les investissements fonciers internationaux ?

Les investisseurs privés représentent environ 90 % des investissements fonciers étrangers. Il y a les firmes d’agrobusiness, évidemment, et de plus en plus d’acteurs financiers comme les fonds spéculatifs. Les investissements publics représentent quant à eux les 10 % restants. Les États – via des agences d’État ou des fonds souverains – louent ou achètent des terres pour renforcer leur sécurité alimentaire, c’est à dire pour sécuriser leurs approvisionnements et faire face à la hausse du prix des matières premières.

L’émergence d’un marché Sud-Sud

Pour finir, si on reprend notre carte des pays investisseurs, et que l’on y superpose celle des pays cibles, on voit que la géographie des investissements fonciers internationaux est dominée par les pays émergents. Donc, l’essor du marché international des terres arables correspond de plus en plus à l’émergence d’un marché Sud-Sud.

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