OGM , état des lieux // OGM , déja dans l’U.E

Source : http://ddc.arte.tv/nos-cartes/les-ogm-etat-des-lieux-1-2

Source : http://ddc.arte.tv/nos-cartes/les-ogm-deja-dans-l-ue-2-2

09/2014

 

VIDEO : OGM , état des lieux       VIDEO : OGM , déja dans l’U.E

Depuis la naissance de l’agriculture, l’Homme cherche à modifier son environnement. Aujourd’hui, trente ans après la création de la première plante génétiquement modifiée, le débat sur les OGM reste ouvert et controversé. Le Dessous des Cartes consacre deux numéros à cette question et tente de comprendre les enjeux du débat.

Dans ce second numéro consacré aux OGM, le Dessous des Cartes se penche sur le cas spécifique de l’Union européenne, et de sa relation complexe et paradoxale avec les plantes génétiquement modifiées.

Les principales terres cultivées dans le monde

Voici une carte montrant où se trouvent les principales terres cultivées dans le monde. Aujourd’hui, les OGM ou plantes génétiquement modifiées représentent, 20 ans après leur première commercialisation, 11 % des surfaces cultivées dans le monde.

La transgénèse

Chez tous les êtres vivants – plante, bactérie ou tout autre organisme – l’information génétique est contenue dans les gènes, qui sont inscrits dans l’ADN. La transgénèse est une méthode permettant d’introduire, dans une cellule vivante, un gène qui provient d’un autre organisme, et que la plante ne possède pas elle-même dans son patrimoine génétique. Ce gène étranger est alors transmissible à la descendance.

Quel est le but des OGM ?

Cette introduction a pour but de donner à la plante un caractère qu’elle ne possède pas naturellement. Par exemple, celui de pouvoir tolérer certains herbicides, résister aux insectes, améliorer les rendements, résister à la sécheresse ou à la salinisation d’un sol. Plusieurs de ces caractéristiques peuvent même être associées.

Évolution de la surface mondiale des cultures OGM

 

La surface mondiale des cultures génétiquement modifiées a été multipliée par 100 ces 17 dernières années, ce qui est rapide. Ces données viennent de l’ISAAA (Service international pour l’acquisition d’applications biotechnologiques), un organisme de promotion des plantes génétiquement modifiées dans les pays du Sud, dont les calculs s’appuient sur les estimations de ventes des semenciers.

Les 27 pays qui cultivent des OGM

Au total, les OGM sont cultivés dans les 27 pays qui figurent sur cette carte. Et 10 de ces 27 pays (en rouge sur la carte) représentent, à eux seuls, 98 % de la superficie mondiale des cultures transgéniques. La carte fait donc clairement apparaître que la géographie des OGM est dominée par le continent américain, le sous-continent indien et la Chine.

Le Brésil, un leader mondial sur le marché des OGM

Le Brésil abrite 23 % de la superficie mondiale des OGM. On y trouve du soja, du maïs et du coton transgénique. Aujourd’hui, le pays émerge comme un leader mondial sur le marché des OGM. En 2013, il a planté, pour la première fois à grande échelle, un nouveau soja transgénique de la compagnie Monsanto, l’INTACTA RR2 PRO. Cette plante génétiquement modifiée a un fort potentiel de rendement, une tolérance à l’herbicide et offre une protection contre les principaux insectes ravageurs du soja.

L’exemple du Burkina Faso

 

Le Burkina Faso fait partie des pays les moins avancés, essentiellement agricole, où le coton constitue la principale source de devises. Le secteur cotonnier est très structuré dans le pays, et ce sont les sociétés cotonnières qui, à partir de 2008, y ont introduit des semences transgéniques. Aujourd’hui, 500 000 hectares de coton génétiquement modifié seraient cultivés dans le pays, toujours selon l’ISAAA.

Le marché des OGM

Le marché mondial est tenu par très peu de firmes agrochimiques. Il y a donc une très forte concentration. On trouve d’abord l’américain Monsanto, également leader pour la production d’un désherbant commercialisé sous le nom de Roundup. On peut citer aussi Pioneer Hi-Bred, qui est une filiale de DuPont de Nemours aux États-Unis ; le suisse Syngenta et les allemands BASF et Bayer Crop Science, en Europe.

La question des brevets

Pour créer une semence génétiquement modifiée, il faut plusieurs années de recherche. Donc pour protéger leurs innovations, ces multinationales font breveter les gènes qu’elles ont décodés ou modifiés. Le vivant peut désormais être breveté, appartenir à une personne ou à une entreprise, tout comme les inventions industrielles. Aujourd’hui, dans le monde, à l’exception de la Chine où la recherche est publique, la totalité des OGM commercialisés sont détenus par des firmes privées. Et Monsanto détient 90% de ces brevets.

La menace sur la biodiversité

Au Bangladesh, la culture d’une aubergine transgénique a été autorisée pour la première fois en janvier 2014. L’aubergine est une plante à pollinisation libre et croisée, c’est-à-dire que le pollen de la fleur d’aubergine, contenu dans ses étamines, l’organe mâle, est transporté par un insecte pollinisateur, par exemple une mouche ou une abeille, vers le stigmate, l’organe femelle, d’une autre fleur. Donc, le risque de contamination transgénique par la dissémination des cultures OGM existe plus encore pour l’aubergine que pour d’autres plantes, ce qui met en danger sa biodiversité.

La part des OGM dans l’agriculture mondiale

Le planisphère que vous voyez nous montre les surfaces cultivées dans le monde. Aujourd’hui, sans que l’on ne le sache toujours clairement : 24 % des hectares de colza, 32 % des hectares de maïs, 70 % des hectares de coton et 79 % des hectares de soja sont plantés avec des semences génétiquement modifiées.

La diffusion des OGM dans l’Union européenne

Dans l’Union européenne, en 2013, les surfaces céréalières s’élevaient au total à 57 millions d’hectares. Et les surfaces plantées avec du maïs génétiquement modifié atteignaient environ 150 000 hectares, soit 0,26 % de la superficie céréalière totale de l’Union européenne. Ce maïs aux gènes modifiés, le MON 810, de la compagnie américaine Monsanto, a le grand avantage d’être résistant aux chenilles de pyrale, un des principaux ravageurs du maïs sur pied.

Des OGM concentrés dans la péninsule Ibérique

En 2013, l’Espagne représente à elle seule 92 % du total des superficies plantées de maïs génétiquement modifié dans l’Union européenne. Les champs se trouvent notamment dans la communauté autonome de l’Aragon. Derrière l’Espagne, il y a le Portugal, qui représente 5,5 % du total. Entre 2012 et 2013, les surfaces en Espagne ont augmenté, tandis que celles au Portugal ont baissé. 

Qui cultive des OGM dans l’UE ?

On trouve également des OGM en République tchèque, avec 1,72 % du total des superficies plantées de maïs génétiquement modifié dans l’Union européenne, en Roumanie, avec 0,6 % du total, en Slovaquie, en quantité insignifiante. À l’inverse, plusieurs pays ont interdit la culture du maïs MON 810 sur leur territoire : la Grèce, la Bulgarie, l’Italie, l’Autriche, la Hongrie, la Pologne, le Luxembourg mais aussi la France et l’Allemagne

Le cas français

La France, en 2008 et 2012, a imposé deux interdictions sur la culture du maïs MON 810 sur le sol français. Mais les deux arrêtés ministériels ont été ensuite annulés par le Conseil d’État, parce que le maïs MON 810 est autorisé par Bruxelles. Au printemps 2014, c’est l’Assemblée nationale et le Sénat qui ont voté une troisième mesure d’interdiction.

Un projet de nouveau règlement

La législation européenne date de 2001, mais elle est difficile à appliquer. Donc, depuis 2010, la Commission défend un projet de nouveau règlement : si une plante génétiquement modifiée n’est pas autorisée à la culture par l’Union européenne, ce sera “non” pour l’ensemble des États membres. Mais si une plante génétiquement modifiée est autorisée à la culture, cela ne devient pas mécaniquement “oui” pour tout le monde. Chaque État conserve sa liberté d’interdire, pour des raisons liées à l’environnement et à la santé, comme c’est le cas aujourd’hui, mais également pour des motifs socio-économiques ou éthiques. Le 12 juin 2014, le Conseil européen des ministres de l’environnement a donné son feu vert pour ce nouveau règlement.

Le maïs TC 1507

Il est question d’introduire un autre maïs transgénique sur le territoire européen. Il s’agit du maïs TC 1507, du semencier américain Pioneer Hi-Bred, qui a été génétiquement modifié pour lutter contre la pyrale du maïs (comme le maïs MON 810), mais aussi pour résister aux traitements d’herbicides à base de phosphinothricine. Dans le monde, il est déjà cultivé dans plusieurs pays. Et dans l’Union européenne, il est déjà autorisé à l’importation pour l’alimentation animale et pour l’alimentation humaine, mais pas pour la culture dans les champs.

Le vote du Conseil des ministres à propos du maïs TC 1507

Le 11 février 2014, lors du Conseil des ministres européens, à Bruxelles, 19 pays se sont opposés à la culture du maïs génétiquement modifié TC 1507 sur le territoire de l’Union, 5 pays se sont dits favorables, et 4 pays se sont abstenus, dont d’ailleurs l’Allemagne, car c’est la procédure suivie par Berlin lorsque les avis sont divergents au sein de la coalition gouvernementale à Berlin. Il y a donc une majorité simple de pays contre. Mais le cumul de leurs voix au sein du Conseil des ministres européens ne représente que 210 voix sur 352, donc la majorité qualifiée n’est pas atteinte, puisqu’elle est à 260 voix sur 352.

Les importations dans l’UE

Il y a un paradoxe, car si les OGM sont peu cultivés en Europe, ils sont pourtant autorisés à l’importation, à la mise sur le marché dans l’Union européenne. Cela concerne principalement du soja génétiquement modifié, dont la quasi-totalité provient d’Amérique du Sud, c’est-à-dire du Brésil, de l’Argentine, et du Paraguay. L’Union importerait chaque année près de 40 millions de tonnes de soja génétiquement modifié.

Des OGM destinés à l’alimentation animale

Au total, aujourd’hui, plus d’une cinquantaine de variétés de plantes génétiquement modifiées sont autorisées à l’importation. Elles sont principalement destinées à l’alimentation animale. Par exemple, 80 % du soja importé dans l’Union serait transformé en nourriture d’élevage. Le reste allant aux biocarburants, aux huiles, et à des additifs alimentaires. De fait, les États membres ne sont pas autonomes en protéines végétales pour nourrir leur bétail : l’Union européenne à 28 membres compte 88 millions de bovins.

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