Le Cachemire connaît les “pires violences de la décennie” entre l’Inde et le Pakistan

Par Nikhil Dhingra Traduit par Erin Khan

21/10/2014

Source : http://fr.globalvoicesonline.org

Indian villagers carry the dead bodies of Akram Hussain who was killed in alleged Pakistan mortar firing at Jeora village of R.S Pura border sector about 32 km from Jammu, India. Image by Amarjeet Singh. Copyright Demotix (23/8/2014)

Tous les liens associés à ce billet renvoient à des pages en anglais, sauf mention contraire.

Les tensions atteignent de nouveau des sommets dans le Cachemire, cette fois le long de la Ligne de Contrôle (ou LOC pour Line of Control), entre l’Inde et le Pakistan. Ces derniers jours, les deux voisins ont échangé des coups de feu à la frontière, causant la mort de 17 civils et la fuite de milliers d’autres.

Ces nouvelles hostilités ont débuté il y a près de deux semaines, le 7 octobre, quand des soldats indiens et pakistanais ont tué neuf passants spectateurs, alors qu’ils échangeaient des coups de feu. Après la confrontation, chaque camp a rejeté sur le camp adverse la responsabilité d’incitation à la violence. Le calme était fragile les jours suivant, l’Inde et le Pakistan ayant poursuivi leurs échanges de tirs de mortier et de balles de mitrailleuses, conduisant au décès de 6 personnes dont trois enfants.

Pour tenter de calmer les tensions, les commandements militaires de l’Inde et du Pakistan ont mis en place un numéro de téléphone spécial (hotline) pour préserver une communication régulière entre les forces armées des deux nations. Mais jusqu’à maintenant, cette initiative n’a pas été d’une grande utilité.

L’inde et le Pakistan ont créé la Ligne de Contrôle (LOC) en 1972, après des affrontements violents au Cachemire. Cette délimitation géographique n’a pas réussi à apporter la paix. Mais en 2003, les deux pays ont signé un accord officiel de cessez-le-feu, après  une longue période de 14 années de batailles armées le long de la frontière.

La dernière période de troubles sur la Ligne de Contrôle (LOC) a été qualifiée comme étant “la pire de cette décennie dans la région“, et beaucoup craignent qu’elle puisse aussi réduire à néant le cessez-le-feu de 2003. Très peu a été fait pour renouer les liens. L’Inde a refusé de participer avec le Pakistan à des réunions avec les séparatistes du Cachemire, et le Premier Ministre indien Narendra Modi a annulé de manière inquiétante l’entretien avec son homologue pakistanais au mois d’août de cette année.

Selon les officiels pakistanais, Islamabad n’a rien fait pouvant provoquer des attaques indiennes. “Nous ne comprenons pas pourquoi les indiens ciblent la population civile pakistanaise”, a déclaré un major pakistanais à la presse le 8 octobre.

Les forces indiennes racontent une histoire similaire, avec des rôles qui sont inversés.

La couverture des affrontements par les médias a été manipulée. Par exemple, le Times of India a publié des articles comme “Le Pakistan pourrait continuer ses tirs à la frontière jusqu’à Diwali“, dans lequel le journal accuse Islamabad d’avoir “de nouveau violé le cessez-le-feu”. A l’opposé, le journal Express Tribune, est apparu plutôt pro-pakistanais, publiant des articles comme “Des tensions grandissantes: l’Inde reprend ses bombardements, le Pakistan menace d’une réplique“, sous-entendant que l’Inde serait l’instigateur des récentes violences. Le journal ultra libéral Karachi Post a aussi blâmé les troupes indiennes pour avoir tiré en premier.

Sur Twitter, nombreux sont ceux qui ont commenté la couverture disparate par les média. Un certain cynisme colore certaines réponses. Omar Waraich, par exemple, écrit sur la crise à la frontière, sur la Ligne de Contrôle :

L’inconsistance des média a aussi rendu furieux les internautes. Salman Akram Raja soutient que la guerre d’informations dans la presse aggrave la guerre armée dans les rues.

Depuis le début du mois d’octobre, le cessez-le-feu sur la Ligne de Contrôle (LOC) a été violé 11 fois, et ni l’Inde ni le Pakistan n’a reconnu officiellement la responsabilité d’avoir initié le conflit. Aucune issue n’étant pour envisageable pour le conflit, la région ne peut que croiser les bras et espérer qu’il n’y ait plus d’escalades de violences entre ces pays rivaux qui possèdent tous deux l’arme nucléaire.

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