CHÈRES TERRES RARES

Source : http://ddc.arte.tv

03/2015

Vidéo

Les terres rares, qu’est-ce que c’est ?

Les terres rares, qu’est-ce que c’est ?

Vous voyez ici le tableau périodique des éléments. En rouge, ce sont ce qu’on appelle les « terres rares ». En réalité, ces minéraux ne sont pas rares mais sont très dispersés dans l’écorce terrestre, géographiquement et géologiquement. Ils sont donc difficiles d’accès. Les terres rares ont tout d’abord été utilisées dans l’armement, par exemple pour les pièces d’artillerie ou le guidage balistique. Et depuis quelques années, elles participent au développement des nouvelles technologies et particulièrement des technologies vertes.
Les terres rares, une ressource stratégique

Les terres rares, une ressource stratégique

Les terres rares sont devenues indispensables à la fabrication d’objets du quotidien. On trouve par exemple des terres rares comme le lanthane dans les batteries des voitures électriques, ou bien comme l’yttrium dans les télévisions à écran plat et les pots catalytiques.
Les réserves de terres rares dans le monde, selon l’USGS

Les réserves de terres rares dans le monde, selon l’USGS

Selon le United States Geological Survey (USGS), les pays qui disposent des plus grandes réserves de terres rares aujourd’hui sont, dans l’ordre, la Chine, le Brésil et les États-Unis devant l’Inde, l’Australie, la Malaisie, la Russie et le Vietnam. Mais il existe une grande incertitude autour des estimations des réserves de terres rares dans le monde, car tous les gisements n’ont pas été forcément découverts à ce jour mais aussi parce qu’il s’agit de ressources stratégiques, autour desquelles les États entretiennent une certaine opacité.
Aux États-Unis, les troisièmes réserves mondiales de terres rares

Aux États-Unis, les troisièmes réserves mondiales de terres rares

Selon l’USGS, les États-Unis disposent aujourd’hui des troisièmes réserves mondiales de terres rares. Ils en ont été le premier producteur mondial jusque dans le milieu des années 1980. On voit ici la mine de terres rares de Mountain Pass, située en Californie, à la frontière du Nevada. Elle a été fermée en 2002 du fait des dégradations environnementales que provoque ce type de mine, mais surtout du fait de la perte de compétitivité de la production américaine par rapport à la production chinoise, moins chère.
La découverte des terres rares en Chine

La découverte des terres rares en Chine

En 1927, les Chinois découvrent les immenses gisements de terres rares situés en Mongolie intérieure, à Bayan Obo. Ces gisements ne connaissent un début d’extraction significative que dans les années 1980 avec les réformes économiques de Deng Xiaoping. À partir de 1986, la Chine place l’extraction de ces gisements dans une stratégie de long terme, en trois phases. Pour commencer, la Chine exploite et vend ses minerais à très bas prix, ce qu’elle peut se permettre car elle bénéficie d’une main-d’œuvre bon marché et qu’elle est indifférente aux conditions de travail et aux dégâts environnementaux.
La Chine devient le premier producteur de terres rares

La Chine devient le premier producteur de terres rares

Le pays met ensuite en place une stratégie de remontée de filière, c’est-à-dire une stratégie qui vise à développer en Chine les industries qui utilisent ces mêmes terres rares. Enfin, la dépendance et la demande étant plus grandes encore, Pékin impose des quotas et des taxes sur les exportations de terres rares, dans le but de préserver ses ressources à long terme, de faire monter les prix et de lutter contre la pollution extrême générée par l’activité. Voilà comment la Chine a supplanté les États-Unis au rang de premier producteur de terres rares.
Les terres rares, un enjeu économique et politique

Les terres rares, un enjeu économique et politique

Compte tenu de leur importance économique, les terres rares peuvent être utilisées à des fins politiques. Prenons un exemple, en mer de Chine. L’archipel que vous voyez sur la carte est revendiqué à la fois par la Chine, qui nomme ces îles Diaoyu, et par le Japon, qui les appelle les îles Senkaku. En 2010, un incident au large de ces îles déclenche une crise diplomatique entre la Chine et le Japon. Selon le Japon, la Chine aurait stoppé l’exportation de terres rares vers le Japon en guise de représailles. Ce que les autorités chinoises ont naturellement démenti.
À la recherche de nouveaux approvisionnements

À la recherche de nouveaux approvisionnements

Face à ce quasi-monopole de la Chine sur la production de terres rares, les pays occidentaux cherchent tous depuis quelques années à réduire leur dépendance à l’égard de ce pays en trouvant d’autres sources d’approvisionnement. C’est le cas des États-Unis, avec la reprise de l’exploitation de Moutain Pass, de l’Australie où la mine de Mount Weld est en fort développement de production, et de l’Afrique. Par ailleurs, deux nouveaux acteurs ont fait leur entrée dans le secteur : le Groenland et la Corée du Nord.
Les terres rares au Groenland

Les terres rares au Groenland

Certaines sources estiment que le Groenland renferme les deuxièmes réserves de terres rares au monde, à Kvanefjeld. C’est pourquoi ce territoire, sous souveraineté danoise, intéresse particulièrement les Européens. Mais encore faut-il que ces affirmations soient avérées. Par ailleurs, depuis 2009, la gestion des ressources minières de ce territoire est du ressort du gouvernement autonome du Groenland, qui est en conflit avec l’Union européenne en ce qui concerne la chasse au phoque, recherché pour sa fourrure. Enfin, les conditions climatiques pourraient rendre l’exploitation des gisements très difficile.
L’enjeu nord-coréen

L’enjeu nord-coréen

Plusieurs sources estiment que la Corée du Nord disposerait des plus importantes réserves mondiales de terres rares. Le site de Jongju, que vous voyez la sur la carte, abriterait 216 millions de tonnes d’oxydes de terres rares, soit le double des réserves mondiales connues, selon les chiffres de l’USGS. Si cette estimation est exacte, cela vient bouleverser les équilibres géopolitiques régionaux.

Lectures

L’atlas globalGilles Fumey, Patrick Boucheron, Christian Grataloup
Les Arènes01/11/2014Présentation de l’ouvrage
L’Atlas global est un essai en images, conçu par une équipe de vingt-six historiens et géographes de renom. Une présentation plus détaillée de l’ouvrage, des auteurs et des cartographes sont disponibles sur le site de Sciences Po. À lire également, la critique de Claude Vincent pour Les Échos.

Les terres rares : minéralogie, propriétés, analysePierre Truchot
Hachette / BNF – édition 189801/09/2014Présentation de l’ouvrage
L’éditeur Hachette s’est associé à la BNF pour rééditer des œuvres anciennes conservées par Gallica. Ce livre, édité originellement pour le Bureau des longitudes de l’École polytechnique, est un ouvrage de science générale : les composés et les purifications, les sites d’extraction de l’époque, les propriétés reconnues et les premiers usages… La découverte des éléments chimiques et de l’industrie extractive ont aussi une histoire, et cet ouvrage fait le point des connaissances en 1898.

Un dossier consacré aux terres rares, préparé avec le magazine Carto, est consultable sur le blog « Globe » de Sylvain Kahn. Il recevait en février 2012, pour son émission Planète terre sur France Culture, Christian Hocquard, économiste au Bureau de recherches géologiques et minière (BRGM) et spécialiste des terres rares.

Pour une approche plus graphique et ludique de l’histoire des terres rares, Arte Future propose une page pédagogique.

Atlas mondial des matières premières – Des ressources stratégiquesBernadette Mérenne-Schoumaker avec la cartographie de Claire Levasseur et une préface de Philippe Chalmin
Autrement01/09/2013Présentation de l’éditeur
Assurer son approvisionnement en matières premières ou mieux valoriser ses ressources naturelles deviennent de grands enjeux géostratégiques. Cent cartes et infographies pour mieux appréhender la question des matières premières et expliquer en quoi leur gestion est l’un des principaux défis du XXIe siècle.

À propos de l’auteure
Bernadette Mérenne-Schoumaker est professeure de géographie économique à l’Université de Liège et responsable pédagogique au Centre de didactique supérieur de l’académie Wallonie-Europe.

Terres rares : enjeu géopolitique du XXIe siècle – Chine, Etats-Unis, Europe, Japon, GroenlandDamien Degeorges avec une préface de Per Stig Moller, ancien ministre danois des Affaires étrangères (2001-2010), et une postface de Palle Christiansen, ministre groenlandais de l’Éducation, de la Recherche et de la Coopération nordique
L’Harmattan01/11/2012Présentation de l’éditeur
L’enjeu des terres rares, au cœur de l’économie du XXIe siècle, a pris une dimension géopolitique majeure depuis que la demande croissante s’est heurtée à des restrictions d’exportations de la Chine, dans un secteur où la puissance asiatique contrôlait en 2012 plus de 97 % de la production mondiale. États-Unis, Europe et économies de l’Asie-Pacifique se tournent désormais vers l’un des principaux eldorados en devenir clans le secteur des terres rares : le Groenland.

À propos de l’auteur
Docteur en sciences politiques, spécialiste du Groenland et de l’Arctique, Damien Degeorges présente son ouvrage dans une vidéo des éditions l’Harmattan.

Terres rares – Avenir industriel et future richesse de l’Europe ?David Weber
Les éditions du Net01/02/2012Présentation de l’ouvrage
Les dix-sept éléments, qui forment le socle des futures industries du XXIe siècle, sont absents du territoire de l’Europe continentale.
Pour David Weber : « Loin de laisser le champ libre au monopole chinois et aux puissances minières existantes ou émergentes, l’Union européenne et tout particulièrement la France ont une chance historique de mettre à profit leurs possessions et leur savoir-faire afin de participer dans un projet d’envergure à ce qui formatera son destin industriel mais aussi son indépendance militaire et possiblement énergétique. »
Cet ouvrage est issu d’un travail pour l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN).
La Lettre et le site des matières premières et de l’énergie (MPE-Média) propose un entretien avec l’auteur.

Coup d’œil sur les produits de base : Édition spéciale sur les terres raresRapport de la CNUCED
Collection Coup d’œil sur les produits de base n°52014À propos de la CNUCED
Régie par ses 194 États membres, la CNUCED, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, est l’organe des Nations unies chargé des questions de développement et plus particulièrement du commerce international. Son action peut se résumer en trois mots : réfléchir, dialoguer, réaliser. La réflexion sur le développement est au cœur du travail de la CNUCED. Elle donne lieu à des analyses, souvent novatrices, qui permettent d’adresser des recommandations aux responsables des politiques économiques. C’est aussi un forum où les représentants de tous les pays peuvent dialoguer librement et débattre des voies et moyens d’instaurer un meilleur équilibre économique mondial. La CNUCED fournit aussi une assistance technique directe aux pays en développement et en transition.
Ses rapports, dont celui consacré aux terres rares, sont téléchargeables.

Quel futur pour les métaux ? – Raréfaction des métaux : un nouveau défi pour la sociétéBenoît de Guillebon et Philippe Bihouix, avec les préfaces de Marc Boissonnet, Michèle Pappalardo et Marc Ventre
EDP Sciences01/11/2010Présentation de l’éditeur
Les métaux, ressources minérales naturelles non renouvelables, sont à la base de notre civilisation industrielle. Moins médiatique que le changement climatique ou les enjeux énergétiques, leur raréfaction sera pourtant un des défis majeurs du XXIe siècle : notre modèle de développement, qui repose sur la croissance économique et un accroissement continu du prélèvement des ressources, se heurte à la finitude de la planète. C’est ce thème qu’a choisi de traiter un groupe d’ingénieurs de l’association des centraliens, sous la direction de Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon.
À l’issue d’une analyse approfondie et documentée, prenant en compte les enjeux techniques, économiques, sociaux et environnementaux de la raréfaction des métaux, les auteurs mettent à mal les mythes de l’abondance, de la croissance verte et d’une technologie forcément salvatrice. Ils posent aussi les limites d’une économie circulaire fondée sur le recyclage généralisé. Écrit dans un langage accessible à tous, composé d’un texte principal complété d’une trentaine d’études couvrant des secteurs d’activité, des métaux et des thèmes transversaux, cet ouvrage est conçu pour répondre aux questions de tous ceux qui veulent comprendre le futur des métaux.

Benoît de Guillebon a signé avec Patrick Nollet l’ouvrage En route vers l’éco-économie chez Armand Colin (2013). Ces deux ouvrages sont issus des réflexions des think tanks de l’Association des centraliens.

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