Mali : faut-il crier victoire ?

Source : http://oeil-sur-la-planete.france2.fr
22/04/2013

Si les succès militaires de l’opération Serval sont indéniables, notamment avec la destruction de sanctuaires d’Aqmi, et si le président de la République annonce un retrait progressif de nos troupes, ce pays est loin d’être pacifié et nos otages n’ont pas été libérés. Pire, en Afrique, la France est devenue l’ennemi numéro 1 des groupes islamistes.
Alors, attention au triomphalisme. La victoire militaire sur le terrain peut être un leurre. Il n’y aura pas de paix durable au Mali tant que l’on ne prendra pas en compte les questions de pauvreté, les revendications des Touaregs, l’islamisation de la société ou les problèmes de gouvernance locale.

Repères

  • Les reportages

Les cinq reportages réalisés par les équipes de la rédaction du magazine permettent de mettre en lumière la complexité de la reconstruction du Mali après guerre.

Chroniques de Gao. (Loïc de la Mornais et Nicolas Bertrand

La bataille des Ifoghas. (Franck Genauzeau)

La question Touareg (Laurent Hamida et Olivier Joulie)

La malédiction de l’or. (Anne Poiret et Thierry Breton)

Quel Islam pour le Mali ? (Sophie Claudet et Régis Mathé)

En savoir plus…

Avertissement du Ministère des Affaires étrangères Le tourisme au Mali reste formellement déconseillé
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  • Le développement économique

Économie du Mali Wikipédia
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La coopération décentralisée pour relancer l’économie malienne RFI 19 mars 2013
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L’économie malienne est résiliente face à la crise La Banque Mondiale 14 mars 2013
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Mali : le contexte économique Champagne-Ardenne-Export 3 mars 2013
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  • Les Touaregs

Mali : les Touaregs noirs pour une loi criminalisant l’esclavage l’Hebdo 22 mars 2013
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Guerre au Nord-Mali : Question touarègue et pauvreté aux racines de la colère Le Huffington Post 25 mars 2013
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Coulibaly : « Les touaregs ne seront jamais le problème du Mali » TV5Monde 13 mars 2013
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Mohamed ag Ossade : les touaregs du Mali ne doivent pas s’isoler alQarraTV le 25 janvier 2013 repris sur YouTube le 9 mars 2013
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Comment un ingénieur polyglotte devient un combattant touareg Rue89 12 mars 2013
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  • Les visages de l’Islam

Les problèmes de l’islam au Mali bamada.net 17 janvier 2013
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Pasteur Nouh Ag Infa réagit à la plateforme Politique d’Ansar Dine : « Ansar Dine veut l’autonomie du nord du Mali et y appliquer la loi islamique » maliweb.net 25 mars 2013
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  • Gao

L’historique de la ville article Wikipédia
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Au Mali, le parcours étonnant de Sadou Diallo, maire de Gao et businessman franceinfo 28 mars 2013
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Ces drones qui vont changer nos vies

Source : http://www.rts.ch
17/03/2013

Ils ont été au coeur de l’élection présidentielle américaine pour leur utilisation militaire. Mais les drones sont de plus en plus utilisés dans le civil. Sauveteurs, paparazzis, ou policiers : tous y ont recours. Mais des atteintes à la vie privée aux détournements terroristes, il y a des risques.

Le Désert De Tous Les Dangers

DL 

Des couples non mariés flagellés en public, des voleurs amputés de la main ou du pied : de Gao à Tombouctou, le Nord du Mali est dominé depuis six mois par des milices islamistes qui imposent leur loi. Une zone dans la tourmente où sont toujours détenus 6 otages français. C’est aussi une zone stratégique pour la France puisqu’une partie de l’uranium qui permet à nos centrales nucléaires de produire de l’électricité provient des mines d’Arlit, situées à 300 km de là, côté Niger.

C’est dans cette région, aujourd’hui interdite à tout occidental, qu’une équipe d’Enquête Exclusive a pu pénétrer pour réaliser un document exceptionnel. Qui sont les nouveaux maîtres du Nord Mali ? Certains, formés dans les lycées francophones de la région, ont versé dans le trafic de cocaïne avant de prendre les armes et de rallier AQMI, Al Qaeda au Maghreb Islamique. Nous avons pu suivre leur conquête du pouvoir et leur application parfois sanglante de la Charia.

Alors que les négociations se poursuivent pour libérer les otages français, 4 salariés d´Areva qui travaillaient sur les mines d’uranium à Arlit au Niger, nous avons pu filmer pour la première fois depuis leur enlèvement la vie sous tension des expatriés français qui continuent à exploiter ces sites miniers. Sécurité maximum pour une zone à haut risque. Les otages occidentaux sont aujourd’hui un moyen de pression mais aussi une source de revenus pour les factions qui se disputent le contrôle de la région. Nous avons pu suivre heure par heure la libération d’une otage suisse.

Bernard de La Villardière a rencontré Cheick Modibo Diarra, l’actuel Premier ministre malien, qui délivre des informations sur les six otages français…

Enquête au coeur de la poudrière du Sahel : un nouvel Afghanistan aux portes de l’Europe.

Un document de Stéphane Rodriguez et Hervé Bouchaud, production Sable Rouge.

Reportage : Nigéria , Etats-Unis/Mexique , Pennsylvanie

Source : http://videos.arte.tv

DL

Nigéria : l’éternelle marée noire

Pour la première fois aux Pays-Bas, une multinationale est assignée devant les tribunaux pour répondre de dommages créés par une de ses filiales à l’étranger.
Le géant pétrolier Shell comparaît devant un tribunal néerlandais pour des accusations de pollution dans le Delta du Niger.

C’est l’une des plus grandes catastrophes écologiques au monde.

Depuis plus d’un demi-siècle, une marée noire perpétuelle souille le delta du Niger. Une histoire qui a commencé en 1956 quand Shell, la compagnie historique, ouvrait son premier puits à Oloibiri.

Depuis, chaque année, l’équivalent d’un Exxon-Valdez, ce tanker de 180.000 tonnes échoué sur les côtes d’Alaska en 1989, se déverserait dans la mangrove. Résultat : un environnement dévasté, des populations locales incapables d’assurer leur subsistance et une rébellion qui menace la stabilité de la région.

A qui la faute ? Les écologistes dénoncent le laxisme des compagnies pétrolières et les avaries à répétition. Shell, Total, Agip, Chevron et les autres estiment que l’immense majorité des marées noires est due à des actes de sabotage sur les pipelines qui traversent le delta. Dans ce débat, le gouvernement ferme les yeux et se contente de toucher sa rente pétrolière qui assure 80% des revenus du pays.

La situation est telle que des groupes armés se sont formés pour réclamer une meilleure répartition des richesses. Kidnappings à la chaîne, sabotages à grande échelle, conflit ouvert avec l’armée…

Les habitants du delta sont pris entre deux feux et ne reçoivent de l’or noir que les fuites et les pollutions. Des villages entiers voient leur terre et leur mode de vie dévastés. Ils attendent souvent en vain des compensations que les compagnies pétrolières ne versent pas ou si peu.

Quel contraste avec le Golfe du Mexique où l’administration Obama et la pression internationale ont obligé BP à verser 20 milliards de dollars aux sinistrés ! Mais le delta du Niger n’est pas la Louisiane, l’Afrique n’est pas l’Amérique…

Le pétrole était une chance pour le Nigéria, il est devenu au fil des ans une véritable malédiction.

Etats-Unis/Mexique : la frontière familiale

Quand le policier l’a arrêtée, Juanita n’avait pas payé son ticket de parking, elle n’avait pas de titre de séjour non plus, mais elle avait sept enfants qui l’attendaient à la maison.

Juanita a été arrêtée et expulsée des Etats-Unis comme le sont 400 000 travailleurs mexicains chaque année.
Chaque matin, l’autobus qui arrive de Tucson en Arizona à Nogales au Mexique débarque son lot d’ « indocumentados », les sans-papiers expulsés. Des hommes, des femmes qui ont tout perdu, leur maison, leur travail, leur rêve et parfois même leurs enfants…

C’est une histoire de fou. Ces hommes, ces femmes sont Mexicains. Ils vivaient clandestinement aux Etats-Unis, parfois depuis des années. Leurs enfants, eux, sont nés aux Etats-Unis. Ils sont donc citoyens américains. Alors, quand les parents « sans-papiers » se font arrêter pour une simple infraction au code de la route, la police les expulse et leurs enfants « américains » sont confiés à l’administration américaine.

La plupart d’entre eux ne reverront plus jamais leurs parents. Certains seront déclarés « adoptables » par des familles américaines. Et c’est ainsi qu’aujourd’hui le mur qui sépare le Mexique des Etats-Unis déchire plus d’un millier de familles mexicaines.

A Tucson, où la lutte contre l’immigration sauvage est un bon thème de campagne électorale, les femmes mexicaines s’organisent pour lutter contre la peur et résister à la pression psychologique de l’administration américaine.

Selon les statistiques, d’ici 2017, 15 000 enfants mexicains nés aux Etats-Unis pourraient ainsi être séparés de leurs parents. Simple monstruosité administrative ou effet pervers d’une mondialisation qui garantit la libre circulation des marchandises, mais pas celle des familles.

Pennsylvanie : plein gaz sur la présidentielle

En Pennsylvanie, comme dans tous les Etats-Unis, à quelques jours de l’élection présidentielle, le 6 novembre prochain, l’économie est la préoccupation numéro un des électeurs. Qu’elle est loin, l’élection de 2008, où Barack Obama s’était distingué de son adversaire en promettant beaucoup pour défendre l’environnement.

Depuis la découverte du premier puits de pétrole en 1859, la Pennsylvanie est un haut-lieu de l’énergie aux Etats-Unis. Aujourd’hui, l’exploitation du gaz de schiste y est en pleine expansion. Dans une Amérique en crise, qui ne pense qu’à sauver des emplois, l’état de la planète ne semble plus vraiment à l’ordre du jour. Oubliés, Al Gore et son constant alarmant.

Découvert il y a moins de 10 ans en Pennsylvanie, le gisement de Marcellus constitue l’une des plus grandes réserves de gaz souterraine. Une alternative au pétrole qui permet aux Américains de continuer à consommer toujours autant, en toute indépendance énergétique.

Le phénomène a pris une ampleur spectaculaire. Des millions de dollars ont été investis dans des coins perdus. 4500 puits ont déjà été forés. Un énorme business qui a offert à une population, fermiers depuis plusieurs générations, l’opportunité de louer leurs terres pour l’exploitation du pétrole de schiste.
Pourtant, la nouvelle technique de fracturation hydraulique de la roche qui permet de forer à 2300 mètres de profondeur comporte bien des risques : des sols transformés en gruyère, des eaux polluées et la menace de tremblements de terre.

Malgré cela, la Pennsylvanie se prend à rêver d’une folle prospérité. Les opposants au « fracking » ne pèseront pas lourd face à la promesse d’un nouvel eldorado.

(France, 2012, 52mn)
ARTE

Hotel Sahara (Reportage)

http://www.hotelsahara.de
(Allemagne, 2008, 52mn)
ZDF

Direct Link : DP , FSO , WP

Bettina Haasen (*1969) a étudié les langues africaines et les sciences politiques à l’université de Hambourg et à Paris. Entre 1997 et 2001 elle a travaillé en tant que productrice pour la boîte de production EGOLI Films à Berlin. 

Ses premières réalisations de films documentaires sont récompensées en 1999 avec le Prix FIPRESCI (du meilleur premier film à IDFA) pour son film «Entre 2 mondes». Entre 2001 et 2004 elle a travaillé pour la coopération allemande au Niger. A son retour en Allemagne, elle a réalisé «La tente de l’inconnu» (IDFA, Lussas, Thessalonique), puis «Shadows of the Desert» (43’ & 52’ pour SWR/Arte), «Irene Dische–Ma Vie» (43’, ZDF/Arte). HOTEL SAHARA est son premier documentaire long-métrage. Actuellement Bettina Haasen vie en tant qu’auteure indépendante à Berlin.



La liberté de circulation n’est pas un droit universel, mais est réservé à un petit cercle de privilégiés. Parce que l’univers de la migration me préoccupe depuis bien longtemps, il me tenait à cœur de montrer son développement par le prisme du film documentaire. Dans ce monde des migrants tel que je l’ai découvert, les personnages déchirés sont sur le qui-vive en permanence ou emprisonnés dans une immobilité non désirée. C’est un espace irréel, de transit qui accueille des personnes d’issues du Ghana, du Cameroun, du Togo, du Nigeria et autres pays d’Afrique. «Nouadhibou» en Mauritanie est la dernière escale avant la destination, tant rêvée, tant prisée: l’Europe. Un dernier obstacle les sépare de leur rêve, ce petit bout d’océan atlantique à traverser. Au début, cette obsession du départ à n’importe quel prix me fascinait. Cependant, pourquoi tant d’hommes et de femmes risquent tous les jours cette traversée dont  l’issue est entièrement aléatoire au péril leur vie ? «Le grand gendarme européen» FRONTEX (Agence Européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle) vient d’avouer son échec dans la lutte contre l’immigration clandestine. Le flux s’avère non seulement incontrôlable, mais de plus les efforts des aventuriers pour éviter les brigades de FRONTEX au cours de la traversée rend le périple encore plus dangereux. Seule une minorité arrive sur les îles Canaries, à peine 1000 km de distance des côtes mauritaniennes.

Quatre années de recherche ont précédé les premiers tournages. J’ai tenté de comprendre, de découvrir les nuances du monde du transit, en rencontrant les migrants et tous les acteurs. Quels sont les visages derrière les stéréotypes, les statistiques et les images de naufragés qu’on voit sans cesse, depuis 2001 dans les médias ? Que veut dire être déjà en route mais pas encore arrivé ? Comment définir cette vie «entre deux» ? Une vie en attente. En stand-by. J’avais l’intention de trouver un langage au niveau de l’image mais aussi sonore qui pourrait traduire cet état de transit, de capter cette ambiance morbide que j’ai pu observer lors de mes repérages. Nous connaissons tous le besoin plus ou moins fort de pouvoir se réinventer autrement, ailleurs, en mouvement, afin de satisfaire nos rêves.
Pendant les années de repérages dans des lieux de transit j’ai pu rencontrer des destins et biographies multiples. Ces rencontres m’ont confrontée avec ma propre définition de la liberté de mouvement. Les personnes que j’ai pu rencontrer ont toutes un point commun: une sensation d’invulnérabilité et la conviction qu’il n’y a plus rien à perdre.

HOTEL SAHARA est synonyme d’un lieu qui héberge des existences disloquées, entre le désert et l’Atlantique, des vies qui se sont installées dans une sorte de faille temporelle et qui ne s’attachent à rien, sauf à leur rêve.

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Le club des incorruptibles (Reportage)

Par http://videos.arte.tv
(France, Norvege, 2010, 53mn)
ARTE F

Direct Link : DP , WP

Nuhu Ribadu au Nigéria, Fabio de Pasquale en Italie, Helen Garlic en Grande-Bretagne et Juan Carlos Cubillo au Costa-Rica sont des magistrats spécialisés dans la lutte anti-corruption. Leurs enquêtes longues, difficiles, voire périlleuses (corruptions liées à l’exploitation pétrolière, affaires Berlusconi, scandale de British Aerospace…), demandent ténacité et sang froid. Ils font partie du Network, ce réseau international d’entraide crée par Eva Joly en 2005, réunissant une vingtaine d’entre eux à travers le monde. Filmés au plus près, ils témoignent ici de leur métier, des dossiers dont ils ont la charge, de leur sentiment de solitude, des pressions et des menaces dont ils peuvent faire l’objet. Leurs paroles, placées sous le signe de la justice et de l’éthique, éclairent d’une franche lumière le sens du mot « corruption » à l’échelle des puissants.

Un Etat palestinien est-il encore possible ?

DL : MC , DP , ES , FSO

Un Etat en marche ?

Un reportage de Martine Laroche-Joubert et Thierry Breton

En Palestine, il y a déjà pourtant une administration qui marche. La gestion des affaires courantes est saluée par les instances internationales. Lutte contre la corruption, sécurité renforcée, relance de l’économie, les résultats sont spectaculaires. La Cisjordanie est beaucoup plus moderne que le Sud-Soudan, dernier accueilli comme membre de l’ONU…

Les 1000 visages de Gaza.

Un reportage de Katia Clarens et Valérie Lucas
A côté de la Cisjordanie, il y a la bande de Gaza, dirigée par les islamistes du Hamas, tristement célèbres pour des attentats-suicides sanglants en Israël. En représailles, le territoire est soumis à un blocus. En rétorsion, le Hamas envoie des roquettes sur Israël, qui riposte… Une violence qui pénalise durement les civils. Une majorité n’a rien à voir avec le Hamas et souhaite son départ. Mais il y a aussi des groupes salafistes qui le trouvent trop modéré… Gaza a 1000 visages. Un reportage exclusif.

Les frontières de la discorde

Un reportage de Alexis Monchovet et Sophie Claudet
Il y a d’autres obstacles à la création d’un Etat palestinien. D’abord, celui de ses frontières. Les Israéliens ne veulent plus entendre parler du tracé qui existait avant la guerre des Six jours. Pour des raisons stratégiques ou religieuses, leurs colonies se multiplient en Cisjordanie, accaparant l’eau et les meilleures terres. Et les colons juifs s’implantent aussi dans et autour de Jérusalem-Est. Comment créer un État viable dans ces conditions ?

Et le droit au retour ?

Un reportage de Negar Zoka et Malek Sahraoui
Autre souci, la question des réfugiés palestiniens. Il y en a près de cinq millions
recensés hors des territoires. Plus qu’en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Le
droit au retour se transmet de génération en génération. Au Liban, certains
croupissent depuis plus de 60 ans dans des camps insalubres. Seule, une minorité
pourra revenir en Israël ou en Palestine.

Le lobby pro-israélien aux Etats-Unis

Un reportage d’Estelle Youssouffa et Christophe Obert
Quelles que soient les résolutions de l’ONU, Israël a longtemps pu compter sur le soutien sans faille de la première puissance mondiale. Car le lobby pro-israélien est très influent aux États-Unis, mêlant organisations juives et chrétiens conservateurs. Ses pressions pèsent de tout leur poids sur la politique étrangère américaine. Mais le printemps arabe a redistribué les cartes.

Entretien avec Avraham Burg

ARTE Reportage – Fukushima / Gaza / Somalie

Par http://www.arte.tv
(France, 2011, 42mn)
ARTE

Direct Link

Fukushima : les révoltés du nucléaire

De David Zavaglia, Pierre Grillot, Roger Walch et Valérie Mérie – Scientifilms – ARTE GEIE – France 2011

Alors que la France prononce vingt cinq ans plus tard un non lieu général sur Tchernobyl – et les supposés mensonges sur le nuage radioactif – les Japonais décident de prendre leur destin en main. Malgré une discrétion et un fatalisme farouches, ils n’acceptent plus les mensonges d’Etat.

Tandis que les autorités nippones bloquent l’importation de tous les outils de détection de la radioactivité pour empêcher que la population s’en équipe, une poignée de Japonais se rebelle et passe à l’action.
Parmi eux, Wataru Iwata, musicien. Il n’a aucune compétence scientifique. Cet été, il est pourtant venu en France et en Allemagne se former en urgence pour apprendre à mesurer la radioactivité. Il est reparti avec plusieurs détecteurs.
Notre équipe l’a suivi dans son pays alors qu’il mène avec de nombreux autres Japonais, une campagne inédite de mesure réelle de la radioactivité tout autour de la zone d’exclusion de la centrale de Fukushima. Les résultats sont édifiants : la radioactivité est bien plus élevée que ce qu’affirment les autorités.
Les Japonais se mobilisent, interpellent le gouvernement, se rassemblent, multiplient les campagnes de mesure, et décident de dénoncer les mensonges de leurs gouvernants.
Ce reportage, aux allures de road movie dans des zones dévastées, montre que des milliers de Japonais sont exposés chaque jour à des doses radioactives très nocives. 

Par ailleurs, la France, avec ses organismes indépendants comme la CRIIRAD et l’ACRO, est l’un des premiers pays à venir en aide à ces « Erin Brokovitch » du nucléaire, et réalise pour eux des analyses à distance.

Gaza n’attend rien de l’ONU

De Michel Dumont, Eric Bergeron et Isabelle Nommay – ARTE GEIE – France 2011

Les Palestiniens de Gaza n’attendent rien de positif de l’Assemblée générale de l’ONU. A quoi bon la reconnaissance d’un Etat qui, pour l’heure se compose de deux bouts de terre qui s’ignorent et de deux gouvernements qui ne se parlent pas.

Depuis juin 2006, la bande de Gaza est aux mains des islamistes du Hamas. L’ordre règne mais le million et demi de Gazaouis supportent de plus en plus mal un régime qui fait des affaires avec le commerce des tunnels, qui s’enrichit mais sans que le quotidien du petit peuple s’améliore.

« Fuck Israel, fuck Fatah, fuck Hamas » ainsi commence le manifeste diffusé sur les réseaux sociaux par une petite bande d’internautes pour lesquels l’important aujourd’hui n’est pas la proclamation d’un Etat mais la réconciliation entre les différentes factions palestiniennes.

Somalie, août 2011 : un silence assourdissant 

Photos : Martina Bacigalupo / Agence Vu
Réalisation : Serge Challon / Vu de la Terre
Béatrice Augereau, Anne Mangin et Marc Gigoux – ARTE GEIE – France 2011

Chaque mois, retrouvez dans ARTE Reportage la rubrique « Temps de pose ». Une série de photos exclusives, sobrement commentées par l’auteur.

Martina Bacigalupo, jeune photographe italienne de 33 ans, primée par le Prix Canon de la Femme Photojournaliste en 2010, vit et travaille depuis 4 ans au Burundi dans la région des Grands Lacs.

Martina Bacigalupo collabore avec l’agence VU. Son travail s’inscrit dans la tradition des photographes engagés dans une relation de grande proximité avec ses sujets, à la recherche de la bonne distance, souvent face à des femmes rencontrées à tous les moments de leur vie dans une région du monde où se succèdent les tragédies, guerres, conflits ethniques, sécheresse, famine, épidémies.

Le 6 août 2011 à Mogadiscio, le groupe armé islamiste Al-Shabaab quitte la ville marquée par des décennies de guerre : d’un côté plusieurs quartiers désertiques où les gens ont encore trop peur des snipers pour aller retrouver leurs maisons et de l’autre, des camps de déplacés éparpillés partout où des centaines de personnes arrivent chaque jour pour fuir la famine qui dévaste le pays.

Les forces du Gouvernement Transitionnel (TFG), censées protéger la population, sont parfois responsables de graves violations à toutes les problématiques du pays. La population est prise entre un pouvoir incompétent et un groupe armé qui interdit aux ONG d’apporter l’aide nécessaire pour limiter les séquelles de la sécheresse. Ceux qui essaient de quitter le pays se retrouvent, après des journées de marche, dans le camp de réfugiés le plus grand du monde, Dadaab, au Kenya. Une catastrophe humanitaire, selon certains.

Lien

Le site web de Martina Bacigalupo

ARTE Reportage – Colombie / Inde / Mali

Pour http://www.arte.tv

(France, 2011, 42mn)
ARTE



Inde naissance d’un contre pouvoir
L’Inde est en plein boom économique. Les affaires fructifient, mais avec elles d’autres affaires. Pas un jour sans qu’éclate une nouvelle histoire de corruption, de prise d’intérêt illégal… Jeux du Commonwealth, marché de l’immobilier ou de la téléphonie, armement, les scandales s’enchainent à un rythme effréné.
Aujourd’hui, les Indiens en ont assez. De nouveaux protestataires se font les porte-paroles de cette colère. Soutenus par une nouvelle classe moyenne, par une jeunesse éprise de justice, ils élèvent la voix et s’en prennent de plus en plus vertement à l’Etat..
Arundathi Roy, Anna Hazare, Binayak Sen, trois noms, trois visages de la contestation made in India… Des hommes et des femmes qui sont en train de changer leur pays, des hommes et des femmes qui ont déjà fait plier les politiques…

Colombie : racaille cité, racaille ciné
A Cali, 3e ville de Colombie avec plus de 2 millions d’habitants, l’homicide représente la première cause de mortalité : 1.813 assassinats par an, soit près de cinq assassinats par jour.
A Pétécuy, un quartier violent et mal famé où les gangs font la loi, les règlements de compte par balles déciment des familles entières. Pourtant, depuis quelques mois, le nombre de blessés et de morts a considérablement chuté. Selon les récentes estimations de la police, le taux de criminalité aurait baissé de 80%.
L’initiative d’un jeune cinéaste, Oscar, a fortement contribué à cette accalmie. Organisateur d’ateliers vidéo dans cette banlieue défavorisée, Oscar a choisi de réaliser un film sur le quotidien de la cité coupe-gorge. Mais avec un traitement pour le moins original : de jeunes dealers, des tueurs à gages et autres membres de gangs en sont les héros. Tous réunis sur un plateau de tournage, autour d’un projet artistique qui les met en valeur. Loin d’être figurants, chacun joue son propre rôle, vêtu de son costume et paré de ses accessoires…
Persuadé que l’art peut dompter la violence, le projet d’Oscar est soutenu par les appels à candidature du Père Edilson Huerfano Ordonez lors du prêche du dimanche. Le prêtre, présent sur tous les tournages, encourage les bonnes volontés et finit par recruter de nouveaux acteurs. D’ailleurs, certains d’entre eux ont fini par s’imposer dans les « telenovelas » diffusés par la télévision colombienne…

Mali : le téléphone guérisseur
Un téléphone portable peut-il faire baisser la mortalité infantile ?
Probablement si l’on en croit l’initiative lancée à Bamako par l’ONG Pesinet qui place les nouvelles technologies au service de la médecine préventive. Pour Pesinet, le constat est simple : en Afrique plus de la moitié des décès dus aux maladies infectieuses pourraient être évités si elles étaient détectées à temps. Le manque de structures de santé, la popularité de la médecine traditionnelle, le coût des soins, poussent très souvent les familles à retarder le plus possible l’échéance de la consultation.
L’ONG a donc mis en place un système de visite à domicile où les données sanitaires de base sont transmises au dispensaire par SMS.

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ARTE Reportage : Libye / Somalie (2011)

Par http://www.arte.tv

Tripoli : chronique d’une libération10 jours après l’entrée des rebelles à Tripoli, ARTE Reportage propose le carnet de route de son envoyé spécial, Gwenlaouen Le Gouil.Cette chronique quotidienne témoigne des scènes de liesse, d’espoir et d’exaltation suite à la prise de la capitale libyenne par les rebelles, des déceptions face aux dernières poches de résistance, des règlements de compte infligés par les nouveaux maîtres des lieux, des charniers découverts par les insurgés… Plongée dans la réalité quotidienne d’une capitale en cours de libération. Kenya : une note d’espoirLa situation dans la Corne de l’Afrique empire de jour en jour. Plus de 12 millions de personnes sont menacées par une redoutable sécheresse en Somalie, au Kenya, en Éthiopie, en Érythrée et à Djibouti. Dans le Nord-Est du Kenya, près de 4 millions de personnes, soit 10% de la population, ont un besoin urgent de nourriture, d’eau et d’abri. Pourtant, à quelques kilomètres des scènes de désolation et de mort, des semences d’espoir voient le jour. Les initiatives locales et la solidarité humaine tiennent tête à l’adversité. ARTE Reportage s’est rendu dans certains villages qui ont réussi à sauver leurs troupeaux et assurent leur subsistance par la production de fruits et de légumes…Somalie : le rap de la paix « Al Shabaab vous ment. Al Shabaab emmène les jeunes et les enfants vers la mort… » Ces paroles sans équivoque ont été écrites par les membres du groupe de rap somalien Waayaha Cusub. Depuis Nairobi, ces jeunes musiciens militent contre les insurgés islamistes d’Al-Shabaab qui contrôlent une grande partie de leur pays d’origine. Au péril de leur vie, ils multiplient les brûlots scandés sur fond de rap et de hip-hop. Il ya un an, un des chanteurs du groupe a échappé de justesse à une tentative d’assassinat dans les rues de la capitale kenyane. Blessé par balle à la hanche et à la jambe, il a survécu. Une des chanteuses a eu la joue lacérée d’un coup de couteau. Et tous les autres membres du groupe reçoivent régulièrement des menaces de mort sur leur téléphone portable. Ils se sont finalement résolus à fuir le quartier somalien de Nairobi, trop exposé. Et pourtant, il leur en faudrait plus pour les faire renoncer à la musique et à leur combat contre Al Shabaab. Leurs CD, produits en partie avec le soutien des Nations-Unies se vendent comme des petits pains dans les échoppes. Leurs chansons continuent d’appeler au dialogue et à lutter contre la haine. Un moyen imparable pour ces jeunes somaliens d’oeuvrer pour la paix dans leur pays. Un jour, ils en sont persuadés, ils pourront retourner en Somalie.


DIRECT LINK ou DIRECT LINK

Kazakhstan, naissance d’une nation

Réalisateur : Guillaume Reynard, Christian Barani
(France, 2008, 65mn)
ARTE F

par http://videos.arte.tv


En 1998, sept ans après l’indépendance du pays, le dictateur président kazakh Noursoultan Nazarbaiev décide de déplacer la capitale d’Almaty à Akmola, rebaptisée Astana, dans les steppes du Nord. De vertigineuses tours de verre sortent de terre, financées par les exportations de pétrole. Christian Barani et Guillaume Reynard y regardent vivre la nouvelle oligarchie, dans les oripeaux standardisés et clinquants de la richesse. Un discours présidentiel de 1997 sur l’avenir du Kazakhstan ouvre le film, vantant aux « trois couches sociales, les riches, les classes moyennes et les pauvres », les infinies promesses du marché.

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Mogadiscio, capitale fantôme (Reportage)

Par http://videos.arte.tv
(France, 2010, 51mn)
ARTE F

Passage stratégique pour le commerce mondial, le golfe d’Aden est devenu le sanctuaire des pirates, qui réclament des rançons de plus en plus exorbitantes. À Mogadiscio, les Shebab contrôlent une grande partie de la capitale pendant que le gouvernement officiel vit replié sur un minuscule territoire. Attentats et fusillades s’ajoutent à la famine pour rendre le quotidien impossible : fuyant la guerre civile, les Somaliens se réfugient en masse au Kenya, ce qui fragilise encore davantage la région. Du côté des organisations humanitaires, on juge la Somalie « impraticable »…


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ARTE Reportage – Syrie-Liban , Géorgie , Rwanda

http://videos.arte.tv
(France, 2011, 42mn)
ARTE

Syrie-Liban, histoires de disparus
Depuis plus de deux mois, le régime syrien tente d’étouffer un mouvement de contestation sans précédent. Les disparitions se multiplient.
Plus de 8000 personnes auraient déjà été interpellées et jetées en prison. Une situation qui pousse les populations à venir se réfugier de l’autre côté de la frontière, au Liban.
Les témoignages sont inquiétants. Attaques à l’arme lourde, assassinats, enlèvements… Rien ne semble arrêter la répression. Or, ces pratiques sont bien connues au Liban, un pays sous contrôle militaire syrien pendant près de 30 ans.
A Beyrouth, des centaines de familles attendent toujours le retour de leurs proches, disparus sous la domination syrienne. Plus de 600 Libanais seraient ainsi détenus secrètement dans les geôles syriennes.
Installées sous une tente plantée en plein centre ville, ces familles mènent un combat pour la vérité. Elles exigent de Damas la libération d’un père, d’un mari ou d’un fils.

Géorgie : la terre promise des Boers
Tout commence en 2010, lors d’un voyage en Afrique du Sud du ministre géorgien de la Diaspora. La Géorgie peine à se nourrir et dépendrait, à plus de 80 % de denrées importées. Le gouvernement espère que les Boers contribueront à atténuer ce problème en investissant dans l’agriculture locale et en s’installant en Géorgie, riches d’un savoir-faire à transmettre.
Un projet qui paraît irréel et qui suscite beaucoup de scepticisme. Mais 90 fermiers boers ont visité les contreforts sud du Caucase ces 6 derniers mois. Les Boers, cette minorité blanche, commencent à se sentir à l’étroit en Afrique du Sud.
Le climat d’insécurité – 3.000 de ces fermiers auraient été tués depuis la fin de l’Apartheid, en 1994 – et la réforme agraire, qui a fait suite à la fin de l’Apartheid leur font craindre un scenario identique à celui du Zimbabwe voisin, où les fermiers blancs sont expropriés.
Pour François et Juanita Venter, Piet et Marty Kemp, la Géorgie est providentielle. Chacun paie son billet d’avion, coûteux, pour ce voyage entre la pointe sud de l’Afrique et Tbilissi. Une preuve de leur réel intérêt. Un grand pas qu’ils s’apprêtent à faire, un gouffre sépare ces Boers des paysans géorgiens, culturel, linguistique, technique, les climats et conditions de culture sont très différents. Mais le gouvernement géorgien leur offre des conditions très attrayantes : des conseils pour l’achat et le choix de leur future ferme, une fiscalité très faible, une terre vendue à prix cassé, à condition d’employer un certain nombre de Géorgiens sur leur exploitation…

Rwanda : le lac de l’espoir ?
Le lac Kivu, à l’ouest du Rwanda, présente une spécificité unique au monde : ses eaux profondes contiennent une énorme quantité de gaz dissout dans ses eaux profondes.
Ce phénomène de stockage des gaz a été découvert dans les années 40. Aujourd’hui, le gouvernement Rwandais a investi 20 millions de dollars dans l’exploitation de ces ressources naturelles. Grâce à l’extraction du méthane, le pays compte développer son économie en se plaçant au premier rang de producteur d’électricité de la région. L’objectif : devenir un pays émergent d’ici 2020. Si ces 300 km³ de dioxyde de carbone et ces 60 km³ de méthane comportent bien des dangers, ces ressources naturelles mais qui peuvent aussi être profitables…

ARTE Reportage – Brésil , Bangkok , Golfe du Mexique

http://videos.arte.tv
(France, 2011, 42mn)
ARTE

Enfants prêcheurs du Brésil
Adriana, 10 ans, prêche la bonne parole devant une assemblée de fidèles suspendus à ses lèvres. Le verbe facile, le geste sûr, elle harangue l’assistance, micro en main, pendant près d’une heure. Persuadée que la présence divine qui l’anime va transformer la vie de ceux qui l’écoutent.
A l’image du pays entier, Sumaré, une ville de 230 000 habitants dans l’Etat de São Paulo, possède de nombreuses églises évangéliques. Au Brésil, la religion évangélique monte en puissance. Le fer de lance de cette progression : les enfants, dont l’image de pureté attire des nouveaux fidèles. Ils prient avec ferveur, donnent de l’espoir à des gens désespérés, guérissent leurs maladies… Pour les fidèles en transe, ces enfants sont des icônes, des stars. Pour d’autres, ils ne sont que le fruit d’une épouvantable manipulation que personne n’ose dénoncer.
Il y a trois ans, l’Amérique latine comptait près de 6 000 enfants prêcheurs. Aujourd’hui, on ne connaît pas leur nombre, mais ils représentent un business florissant qui attire toujours plus de fidèles.

Bangkok coule
Bienvenue à Samut Prakan, ou du moins ce qu’il en reste. Il y a dix ans, c’était un village de la banlieue de Bangkok, avec ses rues, ses voitures, ses habitations. Aujourd’hui, tout a disparu. Grignoté par les eaux, le littoral thaïlandais est totalement englouti.
Bangkok, l’ancienne Venise de l’Orient, s’est développée anarchiquement pendant des années. Aujourd’hui, c’est une mégapole trépidante de dix millions d’habitants, qui continue de déplier ses tentacules… Un processus naturel encore amplifié par le poids des gratte-ciel. Le béton recouvre tout : la plus grande partie de l’agglomération se trouve au-dessous du niveau de la mer. Et la ville toute entière s’enfonce de plusieurs centimètres par an. « Bangkok est condamnée ». Tous spécialistes confondus s’accordent à dépeindre des scénarios cauchemardesques. La Banque Mondiale estime que si rien n‘est fait rapidement, un million de personnes vivront dans des zone inondables. D’ici 2050, Bangkok sera sous les eaux.

Golfe du Mexique : pétrole en profondeur
Après l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon le 20 avril 2010, le géant pétrolier britannique BP a fait disperser des millions de litres de Corexite, un produit chimique toxique qui a empêché la marée noire de déferler sur les plages du Golfe du Mexique.
Aujourd’hui, d’importantes nappes de pétrole ont été découvertes par 1400 mètres de fond par des scientifiques de plusieurs universités américaines. Une découverte qui laisse à penser que l’estimation de la quantité de pétrole s’échappant de la plate-forme Deepwater a été largement sous-évaluée.
Ces nappes épaisses s’incrustent en grande quantité dans les profondeurs. Un dépôt toxique autrement plus dangereux que ce qui apparaît à la surface de l’eau. Les spécialistes s’accordent à dire que la quantité de pétrole se présente sur plusieurs couches, qui s’étagent sur trois, quatre ou cinq niveaux… Et ces nappes ont provoqué une baisse de 30% de la quantité d’oxygène dans la zone, menaçant de tuer la majorité de la faune marine

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ARTE Reportage – Brésil , Thaïlande , USA

Par http://videos.arte.tv
(France, 2011, 42mn)
ARTE

Enfants prêcheurs du Brésil :
Adriana, 10 ans, prêche la bonne parole devant une assemblée de fidèles suspendus à ses lèvres. Le verbe facile, le geste sûr, elle harangue l’assistance, micro en main, pendant près d’une heure. Persuadée que la présence divine qui l’anime va transformer la vie de ceux qui l’écoutent.
A l’image du pays entier, Sumaré, une ville de 230 000 habitants dans l’Etat de São Paulo, possède de nombreuses églises évangéliques. Au Brésil, la religion évangélique monte en puissance. Le fer de lance de cette progression : les enfants, dont l’image de pureté attire des nouveaux fidèles. Ils prient avec ferveur, donnent de l’espoir à des gens désespérés, guérissent leurs maladies… Pour les fidèles en transe, ces enfants sont des icônes, des stars. Pour d’autres, ils ne sont que le fruit d’une épouvantable manipulation que personne n’ose dénoncer.
Il y a trois ans, l’Amérique latine comptait près de 6 000 enfants prêcheurs. Aujourd’hui, on ne connaît pas leur nombre, mais ils représentent un business florissant qui attire toujours plus de fidèles.

Bangkok coule :
Bienvenue à Samut Prakan, ou du moins ce qu’il en reste. Il y a dix ans, c’était un village de la banlieue de Bangkok, avec ses rues, ses voitures, ses habitations. Aujourd’hui, tout a disparu. Grignoté par les eaux, le littoral thaïlandais est totalement englouti.
Bangkok, l’ancienne Venise de l’Orient, s’est développée anarchiquement pendant des années. Aujourd’hui, c’est une mégapole trépidante de dix millions d’habitants, qui continue de déplier ses tentacules… Un processus naturel encore amplifié par le poids des gratte-ciel. Le béton recouvre tout : la plus grande partie de l’agglomération se trouve au-dessous du niveau de la mer. Et la ville toute entière s’enfonce de plusieurs centimètres par an. « Bangkok est condamnée ». Tous spécialistes confondus s’accordent à dépeindre des scénarios cauchemardesques. La Banque Mondiale estime que si rien n‘est fait rapidement, un million de personnes vivront dans des zone inondables. D’ici 2050, Bangkok sera sous les eaux.

Golfe du Mexique : pétrole en profondeur :
Après l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon le 20 avril 2010, le géant pétrolier britannique BP a fait disperser des millions de litres de Corexite, un produit chimique toxique qui a empêché la marée noire de déferler sur les plages du Golfe du Mexique.
Aujourd’hui, d’importantes nappes de pétrole ont été découvertes par 1400 mètres de fond par des scientifiques de plusieurs universités américaines. Une découverte qui laisse à penser que l’estimation de la quantité de pétrole s’échappant de la plate-forme Deepwater a été largement sous-évaluée.
Ces nappes épaisses s’incrustent en grande quantité dans les profondeurs. Un dépôt toxique autrement plus dangereux que ce qui apparaît à la surface de l’eau. Les spécialistes s’accordent à dire que la quantité de pétrole se présente sur plusieurs couches, qui s’étagent sur trois, quatre ou cinq niveaux… Et ces nappes ont provoqué une baisse de 30% de la quantité d’oxygène dans la zone, menaçant de tuer la majorité de la faune marine