Les scientifiques japonais étudient la faune et la flore des forêts contaminées.

Source : http://www.vivre-apres-fukushima.fr/les-scientifiques-japonais-etudient-la-faune-et-la-flore-des-forets-contaminees/

10 Janv 2016

Mais ils se refusent à conclure avant encore 5 ou 6 ans.

Traduction (par vivre-après-fukushima) d’un article de l’Asahi Shimbun daté du 22 Décembre 2015.

Plus de 90% des sapins proches du site de la catastrophe nucléaire de 2011 présentent des anomalies; et des spéciments de pucerons collectés dans une ville distante de plus de 30 km de la centrale détruite ont des pattes tordues ou absentes.

Mais il reste difficile de savoir si les mutations des plantes et animaux sont effectivement en relation avec la catastrophe de la centrale nucléaire Fukushima N°1.

Tout ce que les scientifiques japonais acceptent de dire c’est qu’ils essaient de comprendre les effets du césium radioactif libéré avec d’énormes quantités de matières radioactives par la triple fusion à la centrale de Fukushima, déclenchée par le tremblement de terre et le tsunami du grand Est japonais.

Ils cherchent à savoir comment le césium radioactif s’est diffusé dans les forêts et le sol des zones proches de la centrale accidentée, accompagné de signes de mutations chez les plantes et les animaux.
Comprendre comment le césium et d’autres particules radioactives se sont propagés après la catastrophe est une clef pour comprendre les conséquences du pire accident nucléaire survenu au Japon.

Ces recherches concernent fortement ce à quoi les autorités et les habitants peuvent s’attendre en cas de nouvel accident.
Elles fournissent également des informations précieuses aux évacués lorsqu’ils pèsent le choix de refaire leur vie près de la centrale détruite.

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À Taiwan, une victoire pour les victimes de l’électronique globalisée

Source : http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=5482

21 Dec 2015

Le 17 avril 2015, le tribunal de Taipei a rendu le premier verdict de culpabilité dans une action collective (class action) autour d’une question de santé au travail. C’est une première dans l’histoire de Taiwan au regard du nombre de plaignants (plus de 500), et sans doute même au niveau mondial compte tenu du nombre de produits toxiques en jeu et de la nature internationale de la plainte, qui concerne notamment un grand groupe américain (General Electric) et une entreprise française (Thomson puis Technicolor S.A.). Les juges ont reconnu que les maladies et décès de plusieurs centaines d’anciens employés—surtout des femmes—de l’usine électronique RCA de Taoyuan ont été causées par leurs mauvaises conditions de travail, et notamment leur exposition massive à des solvants cancérigènes. Cette affaire éclaire de manière exemplaire combien, à Taiwan comme ailleurs, il est toujours difficile pour les travailleurs d’obtenir justice dans un contexte où les archives du travail disparaissent, où les propriétaires des usines dissimulent leur identité et où règnent des conceptions étroites de la causalité.

Au début des années 1970, à l’invitation du gouvernement autoritaire de Chiang Kai-chek puis de son fils Chiang Ching-kuo, la firme américaine Radio Corporation of America (RCA) transfert une partie de sa production à Taiwan (alias République de Chine). Pour la firme qui a déjà investi au Mexique, il s’agit de réduire les coûts de production et profiter d’une main d’œuvre jeune, docile et bien formée. Quant au régime en place à Taiwan, il compte sur des transferts de technologie pour une montée en gamme industrielle. Vingt ans plus tard, le pari a payé pour les deux parties ; les usines implantées sur l’île ont rapporté les bénéfices escomptés et jeté les bases d’une industrie électronique qui aujourd’hui encore continue de faire la fortune de l’île, comme en témoignent par exemple les marques Acer ou HTC.

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Fukushima, bilan d’une situation sanitaire inquiétante

Tant est grand l’irrationnel en cet affaire, et par-delà les contradictions qui dépassent l’entendement, simultanément à l’annonce des résultats du groupe de recherche INWORKS (Ionising radiation and risk of death from leukemia and lymphoma in radiation-monitored workers) selon lesquels le risque de mortalité par leucémie ou myélome multiple des travailleurs de centrales nucléaires après exposition à des faibles doses est désormais avéré[1], le gouvernement japonais, avec l’aval de l’AIEA[2], a relevé les doses acceptables pour les travailleurs du nucléaire de 100msv/an à 250 msv/an en cas d’urgence[3].

Pour rappel, cette même norme qui était à 20 msv/an avant l’explosion de la centrale de Tepco – Fukushima Dai ichi a été réhaussée à 100 msv/an après l’accident (pour les travailleurs du nucléaire) et à 20 msv/an pour la population civile.
Suite au réhaussement de la norme, lors du seul mois d’août 2015, on compte trois décès parmi les travailleurs de la centrale nucléaire de Fukushima Dai ichi, ce qui porte à 64, selon les chiffres officiels[4], le nombre de travailleurs décédés des conséquences de leur travail.

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17 DEC 2015 , SOURCE

Fukushima est un problème mondial de sécurité

Par Matsuhei Murata, ancien ambassadeur du Japon en Suisse

Le 1 Novembre 2015

Source : http://www.vivre-apres-fukushima.fr

Préface

L’absence de signification donnée à la crise de Fukushima forme un contraste frappant avec la gravité de cette crise.
Indéniablement, Fukushima est maintenant un problème mondial de sécurité.

La contamination de l’océan pacifique et de l’atmosphère par les rayonnements ionisants issus des réacteurs nucléaires détruits de Fukushima reste imparable; elle menace la côte Ouest des États Unis. Le Japon devrait faire le maximum d’efforts pour faire face à la crise de Fukushima en se retirant des jeux olympiques de Tokyo qui disséminent la fausse impression que Fukushima est sous contrôle.

La détérioration de la situation à Fukushima

Le Japon est confronté aux conséquences d’un accident encore jamais vécu par l’humanité: la destruction et la fusion simultanée de 3 réacteurs nucléaires commerciaux.
Quatre ans et demi après la catastrophe du 11.3, il est démontré qu’un acccident nucléaire grave ne peut pas être contrôlé par un seul état. Le gouvernement japonais est déterminé à redémarrer ses réacteurs et à exporter la technologie nucléaire sans avoir élucidé pleinement les causes de l’accident.

La majorité des japonais critique sévèrement cette conduite, la jugeant immorale et irresponsable. La question est posée de savoir si le Japon a l’aptitude à la gestion et les capacités nécessaires pour faire face à cette crise qui couve.

Les coeurs fondus des réacteurs des unités 1,2 et 3 restent inaccessibles à cause des niveaux de radiations mortels qu’ils émettent; elles détruisent même les robots qui sont envoyés pour les localiser et les inspecter. Leurs cuves de confinement nécessitent un constant flux d’azote de façon à maintenir de faibles concentrations en Oxygène pour prévenir des explosions d’Hydrogène.

Le territoire japonais pourrait devenir inhabitable sur une grande étendue si les barres fondues de combustible nucléaire se trouvaient exposées à l’atmosphère à travers de fissures dues à un énorme tremblement de terre ou à cause de la liquéfaction des sols du site qui provoqueraient l’effondrement et des brèches dans les piscines de combustible usé.

Le problème des travailleurs sur le site est très grave. Le nombre moyen de travailleurs chaque jour est maintenant de plus de 7.000. Mathématiquement cela nécessite plus de 2,5 millions de travailleurs chaque année. Le démantèlement des réacteurs sur le site prendra polusieurs dizaines d’années. Cela fait frémir.

Le premier redémarrage a eu lieu sans que la sécurité soit pleinement assurée et sans que des systèmes fiables d’évacuation des résidents soient établis.

L’ensemble du Japon est menacé par une dégradation de la situation des barres de combustible fondues; celles-ci continuent de diffuser largement de grandes quantités de dangereux radionucléides dans la mer et dans l’atmosphère. L’émission continue de vapeur évoque la possibilité du retour d’une situation de criticité sur le site.La nécessité d’une expertise internationale concernant la suspicion d’un retour de criticité sur le site est indéniable; cela devrait mener à une coopération internationale, indispensable pour pour faire face efficacement à l’accident.

La contamination continue de la mer sans aucune perspective de solution déshonore le Japon, ce qui fait qu’il est critiqué car il nuit à l’environnement mondial. En dépit de tout cela, on tente honteusement de cacher Fukushima.

Les jeux olympiques de Tokyo ont été décidés avec la fausse assurance que Fukushima avait été mis sous contrôle.

Le monde est menacé par la dissémination de la contamination

Récemment, un fort typhon a touché l’Est du Japon, provoquant des innondations telles qu’on n’en avait pas vues depuis 50 ans.Vous pouvez imaginer l’extraordinaire quantité de Césium, de strontium et autres isotopes à nettoyer, disséminés à des centaines de miles du site de la catastrophe et maintenant déplacés par les innondations dans des villages nouvellement contaminés.

Des quantités croissantes d’eau contaminée ont été stockées dans près de 1.000 réservoirs fabriqués à la hâte qui souvent fuient. Leur volume total dépasse largement les 600.000 tonnes et se rapproche de ses limites; il est possible qu’elles soient finalement toutes rejetées à la mer.

Les conséquences de la contamination radioactive de l’Océan Pacifique, du Japon à la côte ouest des États Unis, nécessitent une attention accrue. Certains experts estiment maintenant que la vague de radiations venant de Fukushima sera dix fois plus grande que l’addition des radiations de tous les essais nucléaires réalisés dans l’histoire. Certains rapports indiquent que des niveaux dangereux de radiations ont été relevés dans les neiges du Texas, du Colorado et du Missouri; ils annoncent que les États Unis vont devoir affronter les conséquences les plus graves de ce désastre historique et apparemment imparable.

Les jeux Olympiques de Tokyo font minimiser la crise de Fukushima.

Il est indéniable que les jeux olympiques de Tokyo constituent un sérieux obstacle pour faire face aux conséquences de désastre du 11 mars, en faisant augmenter les prix des matériaux de construction et en aggravant la forte pénurie de main d’oeuvre dans la région.

Le magazine « Monthly Japan» a publié mon article en septembre 2015. Il est intitulé «Un retrait honorable des jeux olympiques de Tokyo»; il a été publié à une place centrale. Les réactions sont notables et s’accroissent.

Dans mon récent message au premier ministre Shinzo Abe, je lui ai proposé d’annuler les jeux olympiques de Tokyo et d’annoncer em même temps la candidature du Japon pour les jeux de 2028 ou 2032. L’estimation du coût total, 3 milliards de Yens selon le gouverneur de Tokyo, a choqué le public. Près de 90 fois moins ( 34,5 milliards de Yens ) a été dépensé par le gouvernement pour faire face au problème de l’eau contaminée de Fukushima Dai ichi. Les jeux olympiques de Tokyo détournent l’attention de Fukushima et donnent au monde la fausse impression que Fukushima ne représente plus une menace. La promotion des jeux olympiques de Tokyo se fait au détriment des fonds nécessaires pour répondre à la multitude de catastrophes environnementales créées par les réacteurs détruits de Fukushima.

Les engagements initiaux des jeux olympiques de Tokyo ont maintenant tous été brisés. Le plan original de stade national a été annulé. L’emblème des jeux olympiques, suspecté de plagiat a été abandonné. Un éditorial du journal Asahi daté du 25 septembre 2015 a exprimé son étonnement devant l’irresponsabilité et l’incurie du comité d’organisation. Le CIO pourrait disqualifier Tokyo. Le Japon est maintenant obligé de choisir entre un retrait honorable et une disqualification honteuse.

L’avenir des jeux olympiques est en jeu. C’est en croyant en l’esprit des jeux olympiques, au mouvement olympique, que je plaide pour une retraite honorable; de façon que le Japon puisse consacrer le maximum d’efforts pour contrôler la crise de Fukushima.

Matsuhei Murata

L’article en anglais sur le site global Ethics. (traduction «vivre après Fukushima»)

Un résumé de l’article sur Enenews en anglais


Mitsuhei Murata est né à Tokyo en 1938. Diplomate de carrière, il est entré au ministère des Affaires étrangères en 1960 après avoir été diplômé en droit de l’Université de Tokyo. Il a servi en tant que Directeur Général Adjoint du Bureau des Nations Unies au Ministère des affaires étrangères; Vice-Secrétaire Général, Commission du Commerce Équitable; ancien ambassadeur du Japon au Sénégal ainsi qu’en Suisse avant de prendre le poste de Professeur Honoraire à l’Université de la Science et de la Technologie de Tianjin (Chine) et professeur de civilisations comparées à l’Université Tokai Gakuin de Nagoya au Japon. Il est actuellement directeur exécutif de la Japan Society for Global System and Ethics, et conseiller auprès de la Peace Research Foundation, USA.

Le 8 Décembre 2015

Terres nucléaires : Une histoire du plutonium

Réalisation : Kenichi Watanabe

 

  • Origine : ARTE F
  • Pays : France
  • Année : 2015

Source : http://www.arte.tv

À travers trois lieux dominés par des sites nucléaires, Hanford aux États-Unis, La Hague en France et Rokkasho au Japon, une histoire édifiante du plutonium et de ses usages, à la croisée d’intérêts économiques et militaires.


ALTERNATIVE PLAYER

Fukushima : Risques d’explosion dans les conteneurs contenant les boues radioactives stockées

By HIROMI KUMAI , Traduction Par

23/05/2015

Source : http://ajw.asahi.com

Fukushima Governor Masao Uchibori, right, is briefed on the ALPS system that removes radioactive substances from contaminated water at the Fukushima No. 1 nuclear power plant in November. (Pool)

Fukushima Governor Masao Uchibori, right, is briefed on the ALPS system that removes radioactive substances from contaminated water at the Fukushima No. 1 nuclear power plant in November. (Pool)

Les 1300 citernes en polyéthylène de 1,80m de haut sur 1,50m de diamètre où sont stockées les boues contaminées résiduelles après filtrage de l’eau (par le système ALPS) posent un risque d’EXPLOSION d’hydrogène. En effet, des gaz, dont de l’hydrogène, se forment au fond de ces citernes sous l’action des radionucléides ; le volume augmente et des fuites se produisent, au niveau des couvercles ou par des fissures. Les couvercles devaient être prévus pour laisser échapper les gaz, mais TEPCO vient de se rendre compte que ça n’était pas le cas pour toutes les citernes.


TEPCO a initialement trouvé des fuites sur 26 citernes puis sur 278, enfin sur 333, soit environ 1/4 ou un peu plus de l’ensemble des conteneurs. L’électricité statique pourrait suffire à provoquer une explosion. Ces boues résiduelles sont extrêmement radioactives.
 

 

Risk of hydrogen explosion from leaking containers at Fukushima plant

By HIROMI KUMAI/ Staff Writer

Inspections of containers holding contaminated water at the Fukushima No. 1 nuclear power plant found that at least 10 percent have leaks, which could trigger a hydrogen explosion.

Tokyo Electric Power Co., the plant’s operator, reported its findings at a meeting with a study group from the Nuclear Regulation Authority on May 22. It said no radioactive water was found to have escaped outside the concrete structures that encase the containers.

According to TEPCO, there were about 1,300 such containers at the plant as of May 20.

They store waste water from the ALPS (advanced liquid processing system) equipment that removes radioactive substances from contaminated water.

The containers, which are made of polyethylene, are 1.8 meters high and have diameters of 1.5 meters.

The first leak was discovered in a lid on April 2.

TEPCO began inspecting others to see if they had similar problems. Of the 278 it had examined by May 20, it found 26 had some sort of leak or were bleeding from their lids.

The operator said the leaks and bleeding were likely caused by hydrogen and other types of gases that resulted from the water’s exposure to high levels of radiation.

Such gases appear to have accumulated in sediment at the bottom of the containers, expanding the volume of the liquid.

An NRA official said the accumulating hydrogen poses a potential danger.

“If the concentration level is high, a spark caused by static electricity could cause a container to explode,” the official said.

Although all the lids of the containers were supposed to be fitted with pressure-release valves to allow gasses to escape, TEPCO’s survey found that one did not have the mechanism.

Further review of the delivery records for the containers showed there may be as many as 333 that are also defective, a TEPCO official said.

By HIROMI KUMAI/ Staff Writer

LES CHINOIS ÉTOUFFENT

Source : http://ddc.arte.tv

05/2015

VIDEO

EN BREF

Puissance économique de premier plan, la Chine a connu un rythme de croissance exceptionnel, que nul autre pays n’avait expérimenté auparavant. Et s’il a permis de sortir une partie de la population de la pauvreté, le développement du pays a aussi provoqué une crise écologique majeure. Le Dessous des Cartes se penche aujourd’hui sur les conséquences environnementales du développement de la Chine.

L’évolution du PIB de la Chine

L’évolution du PIB de la Chine

Voici la courbe de progression du PIB de la Chine depuis le lancement de la réforme économique, au début des années 1980, calculé en dollars constants. En 30 ans, ce PIB a été multiplié par 20, et il est, en 2013, de près de 5 000 milliards de dollars, ce qui place désormais la Chine au deuxième rang mondial, derrière les États-Unis.
L’évolution des émissions de CO2 en Chine

L’évolution des émissions de CO2 en Chine

Voici maintenant la courbe de progression des émissions de CO2 de la Chine, en millions de tonnes, pour les mêmes dates. On voit qu’il y a une corrélation avec la courbe du PIB. Et si on compare avec l’évolution des émissions de CO2 des États-Unis, on observe que la Chine les a dépassés à partir de 2007. Elle est donc devenue la première puissance émettrice de CO2 au monde. Cela s’explique notamment par le fait que la croissance économique entraîne une demande accrue en énergie et donc une pollution de plus en plus importante. Et cette pollution dépend du type d’énergie utilisée.
La répartition des types d’énergie utilisée en Chine

La répartition des types d’énergie utilisée en Chine

Sur ce graphique, on peut voir la part des énergies utilisées en Chine : nucléaire, renouvelable (solaire et éolien), gaz naturel, hydroélectricité, pétrole et charbon. Ainsi, 77 % de l’énergie primaire utilisée en Chine vient du seul charbon, ce qui est considérable. Après les États-Unis et la Russie, la Chine dispose des troisièmes réserves de charbon au monde.
Les gisements de charbon en Chine

Les gisements de charbon en Chine

Vous voyez, en noir sur cette carte, la localisation des gisements de charbon en Chine, dont les plus grandes réserves se trouvent au Nord du pays. Les points rouges représentent les sites d’usines, aciéries et sites industriels, qui utilisent cette ressource. Une grande partie de ces usines est éloignée des principaux gisements de charbon. On estime que le pays met en service deux usines à combustion de charbon chaque mois, pour augmenter sa capacité de production, améliorer la propreté du parc existant, mais aussi pour rapprocher les usines des gisements.
Les régions touchées par le smog en 2013

Les régions touchées par le smog en 2013

Or, la combustion du charbon est très émettrice de CO2 et donc très polluante. Cette carte nous donne justement une idée des régions les plus polluées de Chine. Les zones marron indiquent les régions qui ont connu le plus de jours de smog en 2013, c’est-à-dire de nuages dus à la pollution. Elles correspondent aux régions où se trouvent de nombreuses usines utilisant le charbon mais aussi à la localisation des grandes villes. Ce type de smog peut toucher jusqu’à 17 provinces sur 28, ce qui ferait environ 600 millions de personnes, soit près de la moitié de la population de la Chine !
La pollution automobile

La pollution automobile

L’autre facteur de la pollution de l’air, c’est l’explosion du parc automobile : depuis 2010, la Chine est le premier marché de véhicule particulier au monde. Elle immatricule une voiture toutes les 4 secondes. Il y a 75 millions de véhicules particuliers en 2015, et ce chiffre pourrait tourner autour de 230 millions en 2020. Pékin, la capitale, compte 250 000 voitures de plus chaque année, alors que ce nombre est limité par la réglementation. On estime qu’à Pékin, la circulation est responsable de 58 % des émissions de monoxyde d’azote et de 25 % des émissions de particules fines.
Les particules fines

Les particules fines

Vous voyez sur cette carte les régions (en rouge) les plus touchées par la présence de particules fines dans l’air. Les particules fines proviennent des fumées issues de la combustion du charbon et des vapeurs d’automobiles. La concentration de particules fines dans l’Est de la Chine est l’une des plus élevées au monde, justement dans les régions où il y a un grand nombre d’usines utilisant le charbon.
La mortalité respiratoire prématurée en Chine

La mortalité respiratoire prématurée en Chine

Or, les particules fines pénètrent dans les voies respiratoires. Il a été d’ailleurs constaté que les fréquents pics de pollution entraînaient une augmentation immédiate de 20 à 30 % des consultations respiratoires dans les hôpitaux. Et si on regarde une carte de la mortalité respiratoire prématurée en Chine, on constate que les régions les plus touchées se trouvent à l’Est du pays.
Les régions touchées par les pluies acides en Chine

Les régions touchées par les pluies acides en Chine

Mais il n’y a pas que la pollution atmosphérique, il y a aussi la pollution de l’eau. Vous voyez sur cette carte en rouge les régions les plus touchées par les pluies acides. Elles correspondent là encore aux régions où se trouvent de nombreuses usines et grandes villes.
La pollution de l’eau

La pollution de l’eau

Alors comment marche ce phénomène ? Relâchées dans l’atmosphère, les particules polluantes retombent sur le sol mais contaminent aussi l’atmosphère et augmentent l’acidité des pluies. Tout cela a bien sûr des conséquences sur l’eau, c’est-à-dire sur les nappes souterraines, sur la fourniture d’eau potable, sur les réseaux d’irrigation, donc l’agriculture et les écosystèmes, et enfin sur la pêche côtière ou les fermes aquacoles, entraînant une pollution de la chaîne alimentaire.
Les manifestations contre la pollution

Les manifestations contre la pollution

Or, c’est la pollution de l’eau, plus encore que celle de l’air, qui est aujourd’hui en Chine la première cause des mécontentements et des manifestations. Vous voyez sur cette carte quelques unes des nombreuses manifestations qui illustrent le mécontentement de la population à l’égard des dégradations environnementales du pays. Ce mécontentement s’exprime aussi par des dépôts de plainte aux centres locaux de protection environnementaux. Ces plaintes sont passées de 300.000 en l’an 2000, à plus de 700.000 en 2010.

Lectures

Chine brune ou Chine verte ? – Les dilemmes de l’État-parti (Broché)Benoît Vermander
Les Presses de Sciences Po2007Présentation de l’ouvrage

De par son poids économique et stratégique, les défis que doit relever la Chine sont aussi des enjeux planétaires.

Le site des Presses de Sciences Po offre un résumé, le sommaire et une interview de l’auteur de l’ouvrage.

À propos de l’auteur

Le jésuite Benoit Vermander, docteur en sciences politiques, est directeur de l’Institut Ricci de Taipei et de la revue de l’Institut : Renlai.

Les publications de Benoit Vermander sont disponibles sur Cairn, dont le récent article « Développement durable et responsabilité sociale des entreprises en Chine contemporaine » pour Hérodote.

Histoire de la pensée chinoise (Broché)Anne Cheng
Points Essais/Le Seuil01/10/2014Présentation de l’ouvrage

La réédition en format poche de l’ouvrage de référence d’Anne Cheng, titulaire de la chaire “Histoire intellectuelle de la Chine” au Collège de France, est présentée en détails sur le site de l’éditeur.

Un compte-rendu en est proposé par Jacques Ghiloni pour Lecture Revues.

À propos de l’auteure

On peut découvrir Anne Cheng lors d’un entretien avec Laure Adler en début d’été 2014 pour son émission Hors Champs.

Fayard a publié la leçon inaugurale intitulée « La Chine pense-t-elle ? » que l’auteure prononça fin 2008 au Collège de France.

Elle présente pour l’année 2014/2015 un cycle de cours intitulé « Humanisme et ritualisme en Chine ancienne et contemporaine« .

De l’Être au Vivre – Lexique euro-chinois de la penséeFrançois Jullien
Gallimard01/03/2015Présentation de l’ouvrage

François Jullien présente ainsi son ouvrage : « Dans quels termes penser quand le monde est en voie de penser dans les mêmes ? … Au lieu donc de prétendre identifier des « différences » qui caractériseraient les cultures, je cherche à y détecter des écarts qui fassent reparaître du choix et remettent en tension la pensée. C’est seulement à partir d’eux, en effet, qu’on pourra promouvoir un commun de l’intelligible qui ne soit pas fait de slogans planétarisés. … Et voici que, en dessinant une sortie de la « question de l’Être », c’est du même coup une nouvelle pensée du vivre que capte, dans ses mailles, ce filet. »

La natureYue Dai Yun et Anne Sauvagnargues
Desclée de Brouwer1999Présentation de l’ouvrage

Si, dans la civilisation chinoise, la nature précède la pensée, si la présence de la rivière, de la montagne, de la brume (paysage se nomme « montagne(s)-eau(x) ») tiennent autant de place dans le quotidien, l’Europe, elle, rêve plutôt de pierres, et cherche à contrôler et à domestiquer la nature.

Yue Dai Yun, professeur de lettres chinoises à l’université de Pékin, et Anne Sauvagnargues, philosophe, confrontent leur expérience de la nature et nous invitent à considérer autrement le monde qui nous entoure.

Le livre, encore disponible chez l’éditeur, est aussi accessible sur le site VertigO, la revue électronique des sciences de l’environnement.

Anne Sauvagnargues a publié ouvrages et articles dont la liste et les textes sont consultables sur le site Cairn.

Discovering Nature: Globalization and Environmental Culture in China and TaiwanRobert P. Weller
Cambridge University Press01/02/2006Présentation de l’ouvrage

Le livre, très documenté, décrit les transformations extraordinaires qui ont eu lieu dans les réponses chinoises et taïwanaises aux problèmes environnementaux du XXe siècle et au-delà. Il montre aussi comment la circulation mondiale des idées occidentales sur la nature a interagi avec les traditions chinoises.

Un ouvrage qu’a lu et commenté, pour le site Non-fiction, Frédéric Keck, chargé de recherches au CNRS.

À propos de l’auteur

Robert P. Weller est professeur d’anthropologie et chercheur associé de l’Institut de la culture, de la religion et des affaires mondiales à l’Université de Boston.

qióngdǐng zhī xià (Sous le dôme – enquête sur le brouillard chinois)Chai Jing
Production personnelle0/2015Présentation de l’ouvrage

Documentaire chinois sur la pollution atmosphérique des grandes agglomérations chinoises, réalisé par Chai Jing, ancienne présentatrice vedette de CCTV2, réseau télévisuel d’État.

Si Harold Thibault, correspondant du journal Le Monde, rappelait début mars que « le nouveau ministre de l’environnement, Chen Jining, un universitaire spécialiste des questions d’écologie, s’est félicité, après avoir vu le film, que Mme Chai attire l’attention de la population sur l’environnement sous l’angle de la santé publique », il n’a pas fallu longtemps aux autorités chinoises pour faire disparaître le film du web chinois comme l’explique la page du site de la Fédération internationale des journalistes.

Toujours visible par ailleurs, le documentaire en chinois a vu ses traductions s’améliorer. Il a été récemment traduit en français par Frédéric Dalléas et Jef Jaquier sur YouTube.

Le twitter chinois de Chai Jing est toujours accessible sur Weibo ainsi que son blog sur Sina.

« À Fukushima, la population est dans une situation inextricable »

Par Louise Lis

11/03/2015

Source : https://lejournal.cnrs.fr

Logements provisoires pour personnes déplacées à Minamisoma, Japon.

Quatre ans après l’explosion d’une centrale nucléaire à Fukushima, le sort des populations concernées est loin d’être réglé. La chercheuse Cécile Asanuma-Brice décrypte la politique qui vise à inciter ces personnes à réintégrer les zones encore contaminées.

Résidente au Japon depuis près de quinze ans, Cécile Asanuma-Brice travaille au bureau du CNRS à Tokyo et est chercheuse associée au centre de recherche de la Maison franco-japonaise de Tokyo et au Laboratoire international associé « Protection humaine et réponse au désastre » (HPDR) créé par le CNRS et d’autres institutions françaises et japonaises, à la suite de la catastrophe de Fukushima. Le 11 mars 2011, un tremblement de terre suivi d’un tsunami avait provoqué l’explosion, le lendemain, d’une centrale nucléaire dans cette région.

Combien de personnes restent déplacées ? Dans quelles conditions vivent-elles ?
Cécile Asanuma-Brice :
Le gouvernement japonais fait état de 118 812 personnes déplacées1, dont 73 077 à l’intérieur du département de Fukushima et 45 735 à l’extérieur, ce qui représente une baisse puisque les mêmes statistiques officielles affichaient 160 000 personnes déplacées en 2011, quelques mois après la catastrophe. En réalité, le nombre de personnes déplacées est bien plus élevé que cela. Car le système d’enregistrement mis en place par l’Administration est extrêmement contraignant et une partie non négligeable des habitants n’a pas voulu s’y plier. J’ai personnellement interviewé plusieurs familles regroupées au sein d’associations qui ont refusé cet enregistrement, car cela aboutissait à leur faire perdre des droits, notamment quant à la gratuité de leur suivi médical.

Dans un premier temps, le gouvernement japonais a ouvert à la gratuité le parc des logements publics vacants sur l’ensemble du territoire aux personnes qui souhaitaient s’installer ailleurs. Cette mesure était positive, même si elle ne s’est pas accompagnée de politiques d’aide à l’emploi qui auraient permis une intégration durable des nouveaux migrants dans les territoires d’accueil. En outre, cette directive a pris fin en décembre 2012. Simultanément, des logements provisoires ont été construits mais en partie sur des zones contaminées selon la carte de répartition de la contamination produite par le ministère de la Recherche du gouvernement japonais.

Dans la loi, la vie dans ces logements est limitée à deux ans en raison de l’inconfort des lieux. Mais le provisoire est en train de durer. Les réfugiés qui vivent sur ces terrains vacants aux marges des villes ont à leur charge la consommation d’électricité, de gaz et d’eau, et sont également contraints d’acheter les aliments qu’ils produisaient autrefois, la plupart d’entre eux étant fermiers. Le revenu de compensation de 100 000 yens (environ 750 euros, NDLR) par mois qui leur est versé par Tepco, l’entreprise de gestion de la centrale, est insuffisant pour couvrir ces frais. Enfin, des logiques de discrimination commencent à apparaître, pointant les réfugiés comme des « assistés », ce qui est extrêmement mal considéré dans un pays qui place très haut la valeur du travail.

A Futaba, photo d'un couple

Les populations expriment-elles le souhait de rentrer chez elles ? Quel est l’état d’esprit dominant ?
C. A.-B. : Beaucoup de familles sont installées loin de leur village d’origine tandis que les pères continuent de travailler dans le département où elles vivaient. Une majorité d’entre elles sont propriétaires de leur maison ou appartement ; elles ont emprunté pour cela et il leur est par conséquent très difficile de tout abandonner sans l’application d’un droit au refuge, soit l’assurance d’une compensation financière et d’une aide à la recherche d’emploi dans la région d’accueil. Cela serait envisageable si l’on considère les sommes faramineuses consacrées à la décontamination inefficace des territoires. Ces habitants sont mis dans une situation inextricable et cela se traduit par un taux de divorce élevé, de même que celui des suicides et des dépressions nerveuses…

Néanmoins, le gouvernement entretient soigneusement l’idée d’un retour possible et tend à rouvrir progressivement les zones qui étaient interdites à l’habitation. Ainsi, la zone de réglementation spéciale qui recouvrait les neuf collectivités locales autour de la centrale a été totalement supprimée, ce qui recouvre une population de 76 420 personnes. Un peu moins de deux tiers d’entre elles – 51 360 personnes exactement – se trouvent dans la zone de « préparation à l’annulation de la directive d’évacuation » – dont le taux de contamination est en deça de 20 millisieverts (mSv) –, ce qui signifie qu’elles peuvent se déplacer librement dans cette zone durant la journée afin d’entretenir leur habitat ou d’y travailler. L’annulation de la directive a été effective en partie en 2014. Dans la zone de restriction de résidence, qui concerne 25 % des habitants (19 230 personnes), il est permis d’entrer et de sortir librement pendant la journée mais pas de travailler.

Vous dénoncez l’abus du concept de résilience, utilisé pour, dites-vous, « assigner la population à demeure ».
C. A.-B. : Pour convaincre les gens de revenir, les pouvoirs publics s’appuient sur le concept de résilience qui fait, en l’espèce, l’objet d’un abus épistémologique : des approches concernant la résilience psychologique, écologique et urbaine sont mélangées afin de suggérer l’abandon de la fuite à ceux qui obéiraient encore à leur instinct primaire d’angoisse face aux dangers ! La communication sur le risque joue un rôle important pour faire passer ce concept de résilience. Il faut faire admettre que nous vivons désormais dans « la société du risque » pour reprendre le titre d’un ouvrage d’Ulrich Beck qui a théorisé cette idée. La société du risque, selon lui, c’est une société où l’état d’exception menace d’y devenir un état normal. Dans le cas présent, les normes de protection sont bouleversées pour limiter la surface de la zone d’évacuation et permettre l’illusion d’un retour à la normal.

Ainsi, le taux de radioactivité dans l’air comme au sol excède par endroits dix à vingt fois le taux de contamination internationalement admis comme acceptable pour la population civile, soit 1 mSv/an. Dès avril 2011, les autorités ont relevé cette norme à 20 mSv/an dans la région la plus polluée, et il est actuellement question de la relever à 100 mSv/an ! Même chose dans l’alimentation, où le taux d’acceptabilité maximal de la radioactivité a varié. Cette stratégie de communication a disposé en 2014 d’un budget de plus 2 millions d’euros qui ont permis, si j’ose dire, « d’éduquer » aux risques sanitaires pour mieux rassurer, par le biais, par exemple, de l’organisation d’ateliers sur la radioactivité et le cancer destinés aux écoliers de classes primaires de la région de Fukushima, de la distribution de manuels scolaires apprenant à gérer la vie dans un environnement contaminé, ou encore de campagnes télévisuelles pour des produits frais en provenance de la zone contaminée vantant l’efficacité de la décontamination, qui n’a toujours pas été prouvée.

Fruits et légumes en provenance de la région de Fukushima et mis en vente

Cette stratégie repose sur un programme déjà appliqué à Tchernobyl.
C. A.-B. : Les acteurs impliqués dans la gestion du désastre japonais sont en partie les mêmes que ceux qui ont « géré » la crise nucléaire de Tchernobyl. C’est le cas notamment de Jacques Lochard, directeur du CEPN (Centre d’étude sur l’évaluation de la protection dans le domaine nucléaire), ainsi que du docteur Yamashita Shunichi, membre de la commission d’enquête sanitaire, l’un des premiers à avoir prôné le relèvement de la norme de sécurité à 100 mSv/an, ou encore du professeur Niwa de l’université médicale de Fukushima. Ce psychiatre argumente en faveur d’un retour des habitants en réponse aux taux de dépression et de suicide croissants liés à la douleur de l’éloignement de leur pays natal. De fait, les réfugiés sont privés de liberté de décision sur leur propre sort puisqu’on ne leur donne ni les moyens de pouvoir partir ni ceux de se réintégrer totalement. Autrement dit, on les contraint à devoir gérer leur quotidien dans un environnement contaminé. C’est justement l’objet du programme Ethos Fukushima, qui fait suite au programme Ethos Tchernobyl, l’un comme l’autre dirigés par Jacques Lochard et dans lesquels les docteurs Yamashita et Niwa jouent un rôle fondamental. Ce programme est basé sur le calcul du coût/bénéfice en matière de radioprotection et vise à apprendre aux habitants à gérer leur quotidien dans un environnement contaminé, la migration étant jugée trop coûteuse.

Ville de Tomioka, à quelques km de la centrale nucléaire.

Ce programme a également pour but de relancer l’économie dans les régions touchées par la catastrophe, en incitant à la consommation de produits alimentaires issus des zones contaminées. Des accords sont ainsi passés avec des chaînes de supermarchés présentes sur l’ensemble du territoire et qui orientent leur distribution vers la vente d’articles quasi exclusivement en provenance des territoires touchés.

Comment réagissent les populations concernées ?
C. A.-B. : Ce lavage de cerveau fonctionne en partie, même si la résistance est de taille compte tenu de l’enjeu sanitaire. Il est vrai que cette politique de communication va très loin dans la manipulation des esprits. C’est ainsi que sont organisés des ateliers qui consistent à faire redécouvrir aux enfants qui sont partis la culture du terroir de leur origine. Du personnel administratif de la préfecture de Fukushima, entre autres des psychologues, prend donc contact avec des familles sur leur lieu de refuge, leur expliquant qu’ils souhaitent organiser des rencontres entre les enfants du même âge des anciennes classes dissolues de la région afin qu’ils ne perdent pas contact. Là, ils les font cuisiner ensemble en leur expliquant, notamment, la provenance de chaque ingrédient (par exemple le terroir des grands-parents). Ainsi, on crée la nostalgie chez l’enfant que l’on culpabilise d’avoir abandonné ses amis et son pays natal. Tout cela est créé de toutes pièces mais fonctionne malheureusement. L’enfant, alors qu’il commençait enfin à recréer de nouveaux repères dans sa ville d’accueil, rentre dans sa famille en demandant la date à laquelle ils retourneront chez eux, à Fukushima… Certaines familles ne sont pas dupes et luttent pour l’organisation de réseaux d’accueil des réfugiés qui visent à les aider à mieux s’insérer et organisent des séances durant lesquelles on explique les pièges dans lesquels il ne faut pas tomber.

Notes

  • 1. Résultats de l’enquête de la préfecture de Fukushima au 30 janvier 2015.

 

Fukushima fête son 4ème anniversaire

Source : http://www.2000watts.org

11/03/2015

Aujourd’hui, une 4ème bougie a été ajoutée sur le gâteau d’anniversaire de la Centrale nucléaire de Fukushima. La tragédie débutée le 11 mars 2011 voit une légère amélioration, mais le plus gros reste à faire pour les 6’000 employés qui s’acharnent à maintenir la situation sous contrôle.

La radioactivité est toujours présente, 350m3 d’eau sont déversées quotidiennement sur les 3 réacteurs pour les maintenir entre 20 et 50 degrés. Les barres de combustible ont été retirées de la piscine no 4 et le sol va être congelé pour diminuer les fuites dans le Pacifique. Il reste les 160’000 personnes évacuées qui sont toujours logées dans des préfabriqués provisoire.

Naoto Matsumura : Le Dernier Homme de Fukushima

Il ne reste plus que des villages fantômes dans un cercle de 20 km autour de la Centrale ainsi que des montagnes d’énormes big bags remplis de terre radioactives dont personne ne veut.

Seul Naoto Matsumura vit encore à proximité. Sans aucune protection, cet homme s’occupe des chiens, des sangliers, des chats ou des vaches abandonnés à leur propre sort. Lire: Naoto Matsumura : Le Dernier Homme de Fukushima

Autours de la centrale la décontamination progresse mais elle est trop élevée pour y vivre de manière permanente pendant que le Gouvernement de Tokyo incite les habitants à retourner dans leurs villages et espère faire retomber la radioactivé à 1 millisievert/an. 1 mSv/a d’ici à quelques années.
Les 160’000 personnes évacuées sont toujours logées dans des préfabriqués provisoires et aucune solution durable est en vue.

Fukushima: 103 enfants atteints d’un cancer

Le gouvernement a « profité de l’occasion » de cette catastrophe nucléaire pour mener une campagne grandeur nature sur plus de 300’000 enfants habitant la Province dévastée.

En août 2014, 103 enfants âgés de moins de 18 ans au moment de l’accident ont développé un cancer de la thyroïde et le nombre de cancers confirmés après une intervention chirurgicale s’établit désormais à 57.  Lire Fukushima: 103 enfants atteints d’un cancer

 

L’eau: problème principal

Un travail considérable a déjà été réalisé avec d’énormes moyens techniques et financiers.  Ainsi le combustible de la piscine No4 a été entièrement enlevé, mais les 3 autres réacteurs restent une menace.

Pour cette année 2015, la gestion des eaux contaminées serait le principal défi. Quotidiennement, 350 m³ d’eau sont utilisés pour les maintenir à une température comprise entre 20 et 50 degrés.
Au contact des réacteurs, l’eau se charge en césium, strontium ou tritium. Elle s’écoule ensuite dans les sous-sols des réacteurs 1, 2, 3 et dans la nappe phréatique ainsi que dans le Pacifique.
Tepco pompe tous les jours 600 à 700 tonnes d’eau radioactive et tente d’éliminer les substances radioactives à par le tritium qui résiste. Une partie de cette eau est réintroduite dans le circuit de refroidissement et, pour le reste, elle est stockée dans plus de 1’000 réservoirs en attendant de pouvoir traiter ces 600’000 tonnes de liquide radioactif.

Plusieurs systèmes de décontamination ont dû être inventés. Les débuts chaotiques ont fait place à l’espoir et durant le milieu 2015, jusqu’à 2’000 m3 d’eau pourraient passer dans le système tous les jours. Seul le tritium passe entre les mailles du filet, mais c’est déjà ça.

Réduire la contamination du Pacifique

Evidemment que les fuites d’eau sont courantes et Tepco n’apporte pas toujours une réponse très rapide d’où le courroux du gouvernement Abe.

Pour diminuer l’impact sur l’océan Pacifique, Tepco espère geler le terrain autours de la centrale avec un mur de glace souterrain. Un liquide refroidissant canalisé dans 1’500 tuyaux pourrait être mis en service durant cette année.

L’entreprise est également en train de terminer une barrière d’étanchéité le long de l’Océan et de pomper l’eau de la nappe phréatique.

L’Agence Internationale de l’Energie Atomique suggère de rejeter dans l’océan l’eau qui est traitée. Le peu de radioactivité sera dissolu dans la masse et deviendra invisible.

 

Le meilleur pour la fin

Les opérations les plus dangereuses ont été conservées pour la fin. Il va falloir décontaminer les 3 réacteurs qui ont fondu et qui ont formé un magma de corium extrêmement radioactif. Celui-ci a perforé les réacteurs et se trouve dans le sous-sol des bâtiments tout en dégageant des émanations radioactives mortelles pour l’homme. Il faudra encore 10-15 ans avant d’y aller. Il faudra encore 30 à 40 ans pour rendre le chantier hors d’état de nuire.

Petits arrangements bruxellois entre amis du bisphénol A

Par Stéphane Horel

25/09/2014

Source : http://www.terraeco.net

 

Petits arrangements bruxellois entre amis du bisphénol A
(Crédit photo : stéphane horel)
Exclusif – Qui veut la peau des perturbateurs endocriniens ? Certainement pas le lobby de la chimie, qui tente par tous les moyens de ralentir les travaux de la Commission européenne, chargée de régler leur sort. Plongée dans les coulisses d’un thriller belge, où les héros portent un costume-cravate et une mallette en cuir.

Bye-bye, bisphénol A. D’abord interdit dans les biberons, bientôt retiré des contenants alimentaires, le produit chimique le plus célèbre des années 2000 semble en voie de disparition. Mais quid du bisphénol A dans les lunettes ou la coque des smartphones ? Et des phtalates, des PBDE et des PFOA, ces substances dont le nom fait postillonner ? Tapis dans les objets de consommation, embusqués dans votre goûter, aspergés sur les cultures, ils sont nombreux, dans la grande famille des perturbateurs endocriniens : environ 800. Sans doute plus. Aucune loi globale, pourtant, ne les encadre. Mais en 2009, les députés européens décident de combler ce vide. Ils donnent quatre ans à la Commission européenne pour s’équiper d’une réglementation spécifique et s’entendre sur les mots : qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ? Objectif : rédiger une définition. Deadline : décembre 2013. C’est le top départ d’une longue bataille d’influence dans les couloirs de la Commission.

Portrait-robot des suspects

A Bruxelles, où les ministères s’appellent « directions générales », la DG Environnement doit établir une liste de critères scientifiques qui permettront de dresser le portrait-robot des suspects. Pour Bjorn Hansen, chef de l’unité « produits chimiques, biocides et nanomatériaux », il s’agit « d’extraire des connaissances scientifiques les éléments nécessaires à la mise au point de ces critères ». En 2010, un rapport est commandée à une équipe de l’université anglaise de Brunel, dirigée par Andreas Kortenkamp, professeur de toxicologie, une sommité dans le domaine. Publié au début de l’année 2012, le rapport Kortenkamp explore les impacts démontrés sur les animaux sauvages et les effets soupçonnés chez l’homme.Parce que les perturbateurs endocriniens interagissent avec le système hormonal, les plus vulnérables sont les fœtus humains, façonnés par le jeu des hormones lors des neuf mois de grossesse. Des variations imprévues peuvent semer la mauvaise graine d’affections qui se manifesteront à la naissance – des malformations du pénis, par exemple – ou des décennies plus tard. Infertilité, cancer du sein ou de la prostate, obésité, diabète, troubles du développement : la liste est longue, très longue. « Il existe vraiment un très large consensus sur le fait que ces produits chimiques sont dangereux et nécessitent une approche spécifique en matière de réglementation », conclut Andreas Kortenkamp. Pour Bjorn Hansen, les bases scientifiques sont donc « suffisamment solides pour pouvoir élaborer des politiques publiques ». Mais elles ont le tort de menacer des intérêts colossaux.

Un vieux goût de tabac

Très vite, une première attaque paraît dans une revue scientifique. Elle reproche au rapport Kortenkamp son manque d’exhaustivité et des faiblesses méthodologiques. Elle est en fait financée par l’American Chemistry Council, le lobby américain de la chimie. L’industrie européenne a commandité une autre critique du rapport à Exponent, un cabinet de lobbying scientifique connu pour avoir défendu l’industrie du tabac contre les mesures de santé publique. Ce choix n’est pas un hasard. Créer une pseudo-controverse et attaquer la science indépendante quand elle risque de nuire au libre commerce, David Gee reconnaît ce script de très loin. « Des mémos explicites de l’industrie du tabac dans les années 1950 disaient : “ Si nous semons le doute dans l’esprit du public et des décideurs, nous pourrons protéger notre produit, la cigarette, pendant deux ou trois décennies ” », raconte cet ancien conseiller à l’Agence européenne pour l’environnement. Boîte à outils pour empêcher, retarder ou diluer la réglementation, cette stratégie de « manufacture du doute » est aujourd’hui bien documentée. Pourtant, elle fonctionne toujours. Ou presque.

Pressions et mauvais coups

Car la DG Environnement maintient son cap. Résolue à respecter le principe de précaution inscrit dans les textes européens, elle esquive les tentatives d’influence de l’industrie et les mauvais coups joués par ses collègues dans les autres services de la Commission. Sans parler de la pression de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne, qui défendent les mêmes critères que l’industrie.Les mois passent et elle ne plie toujours pas. L’industrie fulmine. La Commission l’a habituée à plus de complaisance. De rendez-vous formels en pince-fesses sponsorisés, entre 20 000 et 30 000 lobbyistes tissent leur influence dans la « bulle bruxelloise ». Avec sa petite armée de 150 employés, le Conseil européen de l’industrie chimique (Cefic) dépense près de 6 millions d’euros par an en lobbying. « L’industrie chimique a cette chance d’avoir suffisamment de moyens pour pouvoir démarcher absolument tout le monde : leurs ennemis, leurs alliés, et les indécis. Alors que les ONG, elles, n’ont les moyens que de se focaliser sur les indécis », décrypte Martin Pigeon, chercheur et militant à Corporate Europe Observatory (CEO), une association spécialisée dans l’influence des lobbys.

Le Cefic peut aussi compter sur ses camarades des pesticides – dont le lobby s’appelle l’Association européenne pour la protection des cultures (ECPA) –, qui seront particulièrement touchés par les critères. Côté ONG, une douzaine de personnes à tout casser suivent le dossier, selon Lisette van Vliet, conseillère en politiques publiques à l’ONG Health and Environment Alliance (Heal). « On est dans un rapport de forces où les intérêts publics et l’intérêt général sont en minorité. Et donc perdent, en général », précise Martin Pigeon.

A la fin du mois de mai 2013, la proposition de la DG Environnement est prête. Elle ne contient aucun des desiderata de l’industrie. Le 7 juin à 9 h 30, une matinée de réunion commence : toutes les DG de la Commission sont invitées à commenter le texte. A l’heure du déjeuner, la réunion se clôt sur un âpre désaccord. A 14 h 04, un e-mail fait tinter l’ordinateur de Marianne Klingbeil (ce courrier est reproduit pour la première fois à la fin de cet article). Cette fonctionnaire inconnue du grand public est l’une des secrétaires générales adjointes de la Commission. Or, le secrétariat général, c’est le sommet de la hiérarchie, celui qui détermine les priorités, qui tranche, qui décide de l’agenda. De tout. Ce message électronique est écrit par Bayer, multinationale allemande du médicament, des pesticides et des produits chimiques – dont le bisphénol A. 53 600 employés en Europe. Marianne Klingbeil est allemande. Bayer a écrit en allemand : « Nous vous demandons de vous prononcer en faveur de la mise en œuvre d’une étude d’impact. »

Déluge d’e-mails

D’une étude d’impact, il n’en a pourtant jamais été question. Ce type de travail consiste à évaluer les conséquences, positives ou négatives, d’une réglementation. Sauf qu’« il est beaucoup plus facile de chiffrer les coûts d’une réglementation que de chiffrer le bénéfice que cela représente pour la société de ne pas avoir de problèmes de fertilité pendant quarante ou cinquante ans », ironise David Gee. Pour Lisette van Vliet, « si on voulait retarder ou saboter l’impact des critères, ce serait une bonne manière de s’y prendre… ». Souvent favorables à l’économie, les études d’impact prennent un an. Au bas mot.Avec un déluge d’e-mails, l’industrie se déploie sur les fronts où les interlocuteurs sont plus attentifs à ses récriminations. En particulier à la DG Santé et Consommateurs, qui porte moins bien son nom que la DG Entreprises ou la DG Agriculture. Si la chimie joue dans le registre classique du chantage économique, l’industrie des pesticides agite, elle, la menace d’un effondrement des rendements agricoles. Partout, les deux chantent le couplet de l’étude d’impact. Car bien souvent, le lobbying consiste à asséner le même discours.

Le 4 juillet, au beau milieu de cette offensive, une revue scientifique de toxicologie publie un éditorial qui attaque la DG Environnement et son approche de précaution, « sans base scientifique ». Il reflète une position proche de celle de l’industrie. En pièce jointe au texte, une lettre envoyée à Anne Glover, la conseillère scientifique principale du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Si l’article est signé par 18 scientifiques, la lettre, elle, a recueilli 56 signatures. Elle date du 17 juin. La coïncidence est trop grosse pour en être une. Anne Glover réagit au quart de tour. Elle écrit au directeur de la DG Environnement (ce courrier est reproduit pour la première fois à la fin de cet article). Réclame des explications. Insinue que le travail a été bâclé. Fait remonter l’information. La deadline de décembre 2013 n’est pas respectée.

Le b.a.-ba du lobbying, dit-on, c’est de s’adresser à la bonne personne, au bon moment et avec le bon message. « J’ignore si elle a été orchestrée par l’industrie, dit Axel Singhofen, conseiller santé et environnement pour le Groupe des Verts / Alliance Libre au Parlement européen, mais cette initiative est si inhabituelle qu’on ne peut que s’interroger sur la crédibilité de ces scientifiques. »

Festival de conflits d’intérêt

Personne ou presque, dans ce curieux bataillon, ne travaille sur les perturbateurs endocriniens. Sur les 18 éditorialistes, 17 sont liés à l’industrie par des contrats de consultant ou de financement de recherches. Chimie, pesticides, biotechnologies, cosmétiques : à l’exception, remarquable, d’une poignée de vétérans de l’industrie du tabac, des secteurs touchés par la future réglementation. Du côté des signataires de la lettre à Anne Glover, ce sont 33 des 56 scientifiques qui ont des liens avec l’industrie. Un joli festival de conflits d’intérêts révélé par une enquête du site Internet d’information américain Environmental Health News.« A ce que je sache, l’ECPA n’a rien à voir avec cet éditorial », jure Jean-Charles Bocquet, directeur général du lobby européen des pesticides. Téléguidée ou pas, l’opération « éditorial + lettre » pèse d’un poids certain dans la balance. Et fournit même une excuse en or à la Commission. Car sa numéro 2, la secrétaire générale Catherine Day, a déjà tranché en faveur d’une étude d’impact, d’après une note interne datée du 2 juillet (cette note est reproduite pour la première fois à la fin de cet article). Restait à légitimer auprès du Parlement ce revirement brutal. Ce sera chose faite au mois de mars 2014. Alors que le processus est ensablé depuis plus de neuf mois, les services de la Commission se servent du « vif débat » qui a « pris de l’ampleur l’été dernier au sein de la communauté scientifique » pour justifier le retard. Générations futures, merci de bien vouloir patienter. —


La Suède met la commission sous pression

Le 17 juin 2014, la Commission européenne a fini par publier sa « feuille de route » sur les perturbateurs endocriniens. Au programme : lancement d’une consultation publique, puis étude d’impact. Quelques jours auparavant, la France avait fait pression pour que la question soit inscrite à l’agenda. Elle a pu bénéficier du soutien du Danemark, de l’Autriche, de la Belgique et de la Pologne, mais aussi et surtout de la Suède. Très remonté sur la question, le pays a initié des poursuites contre la Commission pour son retard et son inaction. —


DOCUMENTS EXCLUSIFS

2013.06.20 Note Anne Glover to Karl Falkenberg by Terra_eco

2013.06.20 Note Anne Glover to Karl Falkenberg

https://www.scribd.com/embeds/240967528/content?start_page=1&view_mode=scroll&show_recommendations=true

Note de Anne Glover, conseillère scientifique principale du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à Karl Falkenberg, directeur de la DG Environnement.

Traduction des passages surlignés

« Sujet : Perturbateurs endocriniens »

« – Quelles données scientifiques ont été utilisées – ou pas – dans le processus en cours de réglementation des perturbateurs endocriniens ?

– Comment ces données ont-elles été obtenues et évaluées ?

– Est-il exact que l’avis reçu de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a été ignoré, et si c’est le cas, pourquoi ? »

« – L’impact de la réglementation à venir a-t-il été évalué et quel en a été le résultat ? »

« Je vous demande de bien vouloir impliquer la conseillère scientifique principale à un stade précoce dans des dossiers scientifiques d’une nature aussi sensible et controversée. »

« En copie Johannes LAITENBERGER – chef de cabinet du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Kurt VANDENBERGHE – chef de cabinet du commissaire pour l’Environnement, Janez Potocnik. John BELL – chef de cabinet de la commissaire pour la Recherche, l’Innovation et la Science, Máire Geoghegan-Quinn. Catherine DAY – Secrétaire générale de la Commission. Paola TESTORI- COGGI – Directrice de la Direction générale Santé et Consommateurs (DG SANCO) Daniel CALLEJA CRESPO – Directeur de la Direction générale Entreprise (DG Entreprise) Dominique RISTORI – Directeur de la Direction générale Centre commun de recherche (DG JRC)

Bayer by Terra_eco

Bayer

https://www.scribd.com/embeds/240837970/content?start_page=1&view_mode=scroll&show_recommendations=true

Mail de Bayer à Marianne Klingbeil, une des secrétaires générales adjointes de la Commission européenne, en charge des études d’impact

Traduction des passages surlignés

« Objet : Nécessité d’une étude d’impact – Proposition de la Commission sur les perturbateurs endocriniens »

« Une application de la proposition de la DG ENV[ironnement] dans sa forme actuelle aurait un impact énorme sur l’ensemble des firmes de l’industrie chimique basées dans l’UE et nuirait de façon significative à la compétitivité des entreprises. »

« Nous vous demandons de vous prononcer en faveur de la mise en œuvre d’une étude d’impact. »

Catherine Day by Terra_eco

Catherine Day

https://www.scribd.com/embeds/240871365/content?start_page=1&view_mode=scroll&show_recommendations=true

Note de Catherine Day, secrétaire générale de la Commission européenne, à Karl Falkenberg, directeur de la Direction générale Environnement et Paola Testori-Coggi, directrice de la Direction générale Santé et Consommateurs

Traduction des passages surlignés

« Sujet : Perturbateurs endocriniens – Prochaines étapes »« L’élaboration de ces critères est sensible en raison de la divergence de vues au sein de la communauté des parties prenantes et des impacts potentiels sur certains secteurs de l’industrie chimique et le commerce international. En conséquence, il est important que la Commission puisse démontrer qu’elle a suivi un processus solide […] »

« Les deux propositions devraient être soutenues par une étude d’impact incluant une consultation publique sur les différentes options pour les critères et leur impact dans le contexte des règlements biocides et protection des plantes. Nous suggérons que vous considériez, comme d’autres DG l’ont fait, de réaliser une étude d’impact conjointe et unique pour couvrir toutes les propositions. »

Sources de cet article

Fukushima : des chiffres qui parlent et Tepco abandonne le mur congelé

Source : http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html

09/2014

Lundi 22 septembre :

• Données de la contamination des poissons dans le port devant la centrale et dans un rayon de 20 km autour de la centrale : la situation s’améliore. Aucun poisson ne dépasse les 100 Bq/kg au-delà du port, mais le maximum est à 96 Bq/kg… Dans le port, cela monte jusqu’à 32 500 Bq/kg pour les deux césium.

• Record de la contamination radioactive de l’eau contaminée :
– c’est encore dans le puits de contrôle 1-17, que la contamination bêta totale bat un nouveau record, avec 790 000 Bq/L (prélèvement du 18 septembre 2014). TEPCo ne dit toujours rien.

• Le gouvernement japonais pourrait ratifier un des traités internationaux d’assistance en cas d’accident nucléaire (Convention on Supplementary Compensation for Nuclear Damage) d’ici la fin de l’année. Ce traité n’est signé que par 5 pays dont les Etats-Unis pour le moment. Cela devrait favoriser l’implication de sociétés américaines dans les travaux de démantèlement. Certains soupçonnent aussi que le gouvernement espère aussi favoriser l’exportation de ses réacteurs nucléaires.

• Il y a 104 communes non évacuées où des travaux de décontamination doivent être effectués car l’exposition externe peut y dépasser le millisievert par an. Selon le Maïnichi, sur ces 104 communes, 74 ont prévu de décontaminer des habitations. Sur ces 74 communes, à la fin juin 2014, 40 n’avaient pas terminé. Il resterait au moins 311 700 habitations à nettoyer.
Sur ces 40 communes, 29 sont à Fukushima où les habitations à décontaminer sont plus nombreuses : il en resterait 286 002. Les 11 autres communes sont à Tochigi (4), Miyagi (4), Ibaraki (2) et Gunma (1) avec un total de 25 719 habitations.
Les travaux n’ont pas encore commencé à Yamamoto (Miyagi), avec 1 495 habitations, ni à Shinchi (Fukushima) avec 600 habitations.
Il y aurait trois communes qui ne savent toujours combien d’habitation elles doivent décontaminer.
Pour justifier leur retard, les communes mentionnent le manque de zones de stockage des déchets.
Cinq communes ont terminé leurs travaux mais signalent qu’il faudra une deuxième décontamination par endroit, car il y a encore des débits de dose trop élevés, surtout sous les toits.
41 communes sur 70 n’ont pas terminé de décontaminer les rues et routes, ainsi que leurs abords. Il y a aussi des retards importants pour les terrains agricoles et les forêts.

Mardi 23 septembre :

• TEPCo ne devrait commencer les travaux de démantèlement du réacteur n°1 avant l’hiver 2015. La compagnie a promis qu’elle veillerait à ce qu’il n’y pas de rejets atmosphériques importants, comme lors des travaux sur le réacteur n°3.
Le chapiteau qui a été construit par dessus sera retiré avant, bien entendu.

• Nouveau record de la pollution radioactive dans le puits de contrôle 1-17. La contamination bêta total atteint désormais 840 000 Bq/L (prélèvement du 22 septembre 2014). Toujours pas d’explication de la compagnie concernant cette hausse continue.

Mercredi 24 septembre :

• La contamination en tritium de l’eau d’un puits situé en amont des réacteurs où l’eau est pompée pour être rejetée dans la mer, vient de battre son propre record avec 370 Bq/L (prélèvement du 22 septembre 2014). C’est moins que la limite de rejet qui est de 1 500 Bq/L.
• Ils étaient environ 16 000 à manifester la veille à Tôkyô contre le redémarrage des réacteurs nucléaires. Le 23, premier jour de l’automne, est férié au Japon. Il a juste promis de former des spécialistes du sujet dans le tiers-monde.

Jeudi 25 septembre :

• Selon, l’Asahi, il y a encore presque 130 000 personnes déplacées à Fukushima. Et il y a, officiellement, un total de 15 281 jeunes qui doivent être scolarisés dans un autre établissement. Parmi eux, il y en a 9 767 en dehors de la province de Fukushima.
De nombreuses familles envisagent de s’installer là où elles sont maintenant et de ne pas rentrer chez elles.
En revanche, moins de jeunes partent à la fin de leurs études car le marché de l’emploi est porteur à Fukushima. Et puis, ils veulent s’engager pour reconstruire leur province.
Vendredi 26 septembre :

• Le PDG de Tôhoku Electric a annoncé que la remise aux normes de ses centrales d’Onagawa et Higashidôri allait coûter plus de 300 milliards de yens (2,2 milliards d’euros) à la compagnie. Un tiers est destiné à renforcer la résistance aux séismes et tsunamis. Elle espère un redémarrage au printemps 2016, au plus tôt.

 

Tepco abandonne le mur congelé

Par    27/09/2014  Source : http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2014/09/tepco-abandonne-le-mur-congele.html

Tepco abandonne le mur congelé et, à la place, va combler les tranchées avec du ciment

Les travaux en juillet 2014

Tepco va abandonner le précédent projet de mur congelé et en revenir simplement au béton, ils l’ont annoncé à la conférence de presse du 22 septembre 2014.
Des eaux extrêmement radioactives sont “retenues” dans les tranchées souterraines qui sont reliées aux bâtiments de la centrale.
Bien que Tepco le nie, il est possible que ces tranchées soient aussi gravement endommagées par les interminables explosions et séismes, laissant ainsi fuir le liquide de refroidissement en continu dans le sous-sol puis la mer, directement depuis les bâtiments de la centrale.
Tepco était en train d’essayer d’isoler les bâtiments de la centrale et les tranchées avec des murs d’eau congelée pour pouvoir pomper les eaux extrêmement radioactives des tranchées.
Cependant, les murs congelés n’ont jamais été terminés.
Tepco a déclaré qu’au lieu du mur d’eau congelée, ils développaient un type particulier de ciment pour en combler totalement les tranchées.
En respectant les mathématiques les plus élémentaires, s’ils les remplissent de ciment, le même volume d’eau radioactive va être repoussé hors des tranchées. Néanmoins, Tepco affirme qu’il n’y aura pas de fuite parce qu’ils vont pomper l’eau au fur et à mesure qu’ils combleront avec le ciment.
Ils vont devoir pomper un volume d’eau au moins égal à la capacité totale des tranchées puisque les tranchées et les bâtiments sont reliés. Tepco n’a pas annoncé s’ils préparaient assez d’espace de stockage pour ces eaux extrêmement radioactives.

Les liens : la vidéo de la conférence
                 les photos     

Fukushima , quelles nouvelles du Japon ?

Source : http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html

(Infos du 05/09 au 12/09/2014)

dossier-fukushima

Centrales nucléaires au Japon

—  Une part significative du parc nucléaire japonais ne redémarrera jamais. Parmi ceux qui ne redémarreront pas, il y a les 10 réacteurs de Fukushima, dont 4 sont accidentés et deux arrêtés définitivement à daï-ichi. Les 4 autres, à daï-ni, n’obtiendront jamais l’accord des autorités locales.
Il y a aussi deux réacteurs de Tsuruga (Fukui) qui sont sur une faille active. L’exploitant tergiverse encore, mais il n’a pas le choix (cf 4 septembre).
Kansaï Electric envisagerait d’abandonner définitivement deux réacteurs de sa centrale de Mihama (Fukui) qui ont plus de 40 ans, mais de demander le redémarrage des réacteurs 3 et 4 de celle de Takahama (Fukui). Avant la catastrophe nucléaire, KEPCo voulait aller jusqu’à 50 ans pour sa centrale de Mihama. Les autorités locales étaient d’accord. Mais depuis, le coût de remise aux normes est devenu trop élevé et il y a une faille qui menace. Ces deux réacteurs ont une puissance cumulée de 840 MW, ce qui est faible par rapport aux autres plus récents. La décision sera prise avant la fin de l’année.
Kyûshû Electric pourrait aussi arrêter définitivement le réacteur n°1 de sa centrale de Genkaï, qui a 38 ans.
Le parc initial avait 54 réacteurs, moins 6 arrêtés définitivement, il en reste donc officiellement 48.
Le 15 septembre prochain, cela fera exactement un an que tout le parc est à l’arrêt. Le gouvernement tablerait sur l’arrêt définitif du quart du parc restant, considéré comme trop vieux ou nécessitant des investissements trop élevé. Il espère ainsi obtenir l’aval de la population pour redémarrer le reste. En effet, 12 réacteurs devraient dépasser les quarante ans dans les 5 ans à venir. Afin de faciliter leur arrêt définitif, les autorités veulent revoir les conditions financières.
Mais le gouvernement est encore bien optimiste ! Une demande d’autorisation de redémarrage n’a été déposée que pour 20 réacteurs et certains dossiers ne sont pas instruits par la NRA, qui doit d’abord statuer sur les failles sismiques. Il y a aussi la demande pour le réacteur de Tôkaï-mura qui ne devrait pas passer car il est trop vieux. Bref, le Japon ne devrait pas pouvoir redémarrer plus du quart de son parc à moyen terme. Reuters est en phase en estimant que les deux tiers du parc japonais pourraient ne pas redémarrer.
Les exploitants ont jusqu’à juillet 2015 pour décider s’ils sollicitent une demande de redémarrage ou un arrêt définitif. Ils vont devoir abattre leurs cartes bientôt.

 

Records de la contamination radioactive de l’eau :
–    il s’agit de données sur le strontium, qui est long à mesurer. Les prélèvements datent donc de mai 2014. Dans les puits de contrôle 1-14, 1-17 et 1-6, il y avait, respectivement, 2 200, 5 600 et 690 000 Bq/L. Pour l’eau de mer, il y a aussi de nombreux records compris entre 250 et 1 400 Bq/L (prélèvements des 12 et 15 mai 2014).
A titre de comparaison, TEPCo ne s’autorise pas à rejeter en mer une eau qui aurait plus de 5 Bq/l en bêta total. Et le strontium est un émetteur bêta.

 

Le témoignage de l’ancien directeur de la centrale de Fukushima daï-ichi devant la commission d’enquête mise en place par le gouvernement est maintenant en ligne, en japonais.
L’Asahi en avait publié des extraits en anglais et avait conclu que 90% des personnes présentes avaient désobéi aux ordres du directeur et avaient fui à Fukushima daï-ni dans la matinée du 15 mars 2011. Cette interprétation a fait débat. Le directeur a bien dit que les personnes étaient allées à daï-ni alors qu’il leur avait demandé de rester à proximité. Mais plus tard, il reconnaissait que c’était peut-être la meilleure option. D’autres témoignages de personnes présentes ont mis en avant la grande confusion qui régnait à ce moment là. Le quotidien vient de revenir sur son interprétation du témoignage, mais insiste sur son rôle qui a conduit à la publication du témoignage, qui était secret.
Le Yomiuri, journal conservateur qui s’est fait le porte-parole du village nucléaire, a publié d’autres extraits en anglais : un, deux et trois.
Dans la liste des 19 transcriptions mises en ligne, figurent notamment les déclarations de l’ex-Premier ministre Naoto Kan, de l’ancien ministre de l’Industrie Banri Kaieda, du porte-parole du gouvernement à l’époque, Yukio Edano.

 

Le gouvernement va lever l’ordre d’évacuer une partie de Kawauchi, à l’Est, qui est à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi, à partir du 1er octobre prochain. Il s’agit de la partie la moins contaminée. C’est la deuxième zone à moins de 20 km où cet ordre est levé.

Update (04/08/2014) Dossier Fukushima : mort , contamination et désinformations

Par

26/06/2014

Source : http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2014/06/tepco-admet-une-eventualite-de.html

Tepco admet une « Éventualité » de contamination en profondeur

Tepco admet « l’éventualité » que la contamination soit descendue dans les couches profondes du sol

 Tepco admet finalement la « possibilité » que la contamination soit descendue dans les couches profondes du sol. Tepco l’a annoncé au cours de la conférence de presse extraordinaire du 24 juin 2014. Le Fukushima Diary signale cette possibilité depuis des mois (cf. La radioactivité augmente toujours, voir l’article précédent)

Tepco affirmait que les eaux extrêmement radioactives étaient descendues jusqu’à 15 m en sous-sol mais qu’elles avaient été arrêtées par la couche imperméable juste en dessous.
Or, dans un échantillon du 10 juin 2014, on relevait à nouveau entre 120 et 140 000 Bq/m³ de tritium à 25 m de profondeur en sous-sol.

Tepco est toujours « en investigation » pour en trouver la cause et ils affirment que la construction du mur congelé a pu accidentellement répandre la radioactivité.

Il y a peu de solutions pour empêcher la diffusion des eaux extrêmement radioactives si elles pénètrent dans les couches profondes. Elles peuvent alors voyager en sous-sol sous l’océan et ressurgir en mer bien au large de la centrale de Fukushima.
Lien vers le rapport Tepco

Pendant ce temps, on a découvert de la contamination au sol, en césium, d’une école
Il s’agit de l’école primaire de Konan dans la commune de Fujisawa, dans Kanagawa. La distance à la centrale nucléaire de Fukushima est d’environ 300 km…

 

 

09/07/2014

Source : http://www.vivre-apres-fukushima.fr/du-cesium-134137-a-ete-trouve-dans-le-corps-de-20-habitants-de-kashiwa-dont-11-ont-moins-de-6-ans/

Du césium 134/137 a été trouvé dans le corps de 20 habitants de Kashiwa dont 11 ont moins de 6 ans

Le 3 juillet 2014, la municipalité de Kashiwa, préfecture de Chiba, a annoncé qu’ils avaient trouvé du césium 134/137 dans le corps de 20 habitants.

Carte kashiwa
Kashiwa est à 200km de la centrale accidentée, à 30 km du centre ville de Tokyo.

Pour les habitants de moins de 18 ans et les femmes enceintes, la municipalité de Kashiwa participe partiellement au coût des examens par le compteur corps entier. Cet examen donne une estimation de l’exposition interne aux polluants radioactifs.
Les examens se sont déroulés entre le 1er novembre 2012 et le 30 juin 2014.


Du Césium 134 a été trouvé chez 1 des 369 examinés; il s’agit d’un enfant entre 1 et 6 ans. (4,55 Bq/kg)
Du Césium 137 a été trouvé chez 20 des 369 examinés; 11 avaient entre 1 et 6 ans.
Le record relevé a été de 16,11 Bq/kg.

La municipalité de Kashiwa déclare que la radioactivité totale que ces 20 personnes vont en recevoir sur le reste de leur vie restera en-dessous de 0,1 mSv.
La radioactivité minimale détectable par cet examen n’a pas été communiquée.

J’ai repris ci dessus un post du Fukushima-Diary
Les originaux en japonais:
http://www.city.kashiwa.lg.jp/soshiki/061500/p014001.html
http://www7a.biglobe.ne.jp/~kiyokomiyata/touzai/diary1209html.html


Notes:

On est en grande banlieue de Tokyo.

– La teneur normale du corps humain en Césium est de ZÉRO.
La radioactivité décelée ici est celle du Césium fixé dans le corps; son origine est essentiellement l’alimentation.
On sait que le gouvernement japonais autorise et favorise la commercialisation d’aliments contaminés par le Césium jusqu’à 100 Bq/kg (50 pour les enfants).
L’Europe autorise l’importation d’aliments contaminés avec les mêmes limites.

    – Le chiffre de radioactivité qu’annonce la municipalité : 0,1 mSv sur le restant de leur vie est un calcul théorique qui suppose :

  • Que le césium se dilue de façon homogène dans le corps.
  • Que le niveau de contamination actuel du sujet va rester stable.

Or, en fait
– le césium se concentre dans les muscles dont le coeur
– le Césium circule: une partie va être éliminée (ce qui explique les bienfaits des séjours en zone non contaminée)
Il sera remplacé par de nouveaux atomes de Césium si l’alimentation reste contaminée.

A cette contamination interne par l’alimentation s’ajoute l’irradiation externe due au Césium (et autres contaminants)déposé dans l’environnement. Le gouvernement japonais veut que les gens retournent habiter dans des zones qui les irradient jusqu’à 20mSv/an; femmees enceintes et enfants inclus.

Le dr Bandajevski a déterminé à Tchernobyl que la présence de césium 137 dans le corps détermine des altérations de l’électro-cardiogramme à partir de 10 Bq/kg. La fréquence et la gravité des troubles cardiaques sont fonction de la concentration du Césium dans le corps.
Voir la publication du dr Bandajevski «Césium 137 et coeur».

On sait maintenant que même les faibles doses peuvent être nocives, à partir du premier Becquerel. Les enfants, nés et à naître sont les plus sensibles à la pollution radioactive. Des mouvements citoyens demandent au gouvernement de ne pas obliger les enfants à vivre en territoire radioactif et de leur fournir une alimentation saine.

Voir l’article concernant les faibles doses
la version imprimable de l’article

 

 

24/07/2014

Source http://www.vivre-apres-fukushima.fr/un-message-du-dr-mita-a-ses-confreres-medecins-de-koidarapourquoi-ai-je-quitte-tokyo/

Un message du Dr MITA à ses confrères médecins de Kodaira
Pourquoi ai-je quitté Tokyo ?

Il invite ses confrères à se préoccuper de la protection contre les radiations.

Dr Mita Le Docteur Shigeru MITA qui a récemment déménagé pour Okayama-ville (préfecture d’ Okayama) pour y ouvrir une nouvelle clinique, a écrit un court essai dans un bulletin de l’association des médecins de Kodaira (métropole de Tokyo).
Bien que cette essai ne s’adresse pas au grand public, il a été cité dans un magazine hebdomadaire par e-mail par le journaliste Kota Kinoshita, qui a organisé des actions pour inciter les gens à quitter les zones touchées par les radiations (y compris Tokyo) depuis le 11 mars 2011.
A de nombreuses reprises, lors de conférences et de réunions publiques, le Dr Mita et Mr Kinoshita ont signalé le danger des radiations et ont appelé à une action immédiate de radioprotection.


Pourquoi ai-je quitté Tokyo ?

Dr Shigeru MITA (Clinique Mita)
A mes confrères médecins,

J’ai fermé en Mars 2014 la clinique qui a servi la communauté de Kodaira depuis plus de 50 ans, depuis la génération de mon père; et j’ai ouvert une nouvelle clinique MITA à Okayama le 21 avril.

J’ai été membre du conseil d’administration de l’association médicale de Kodaira depuis 1990, lorsque j’ai commencé à pratiquer la médecine dans la clinique de mon père. Pendant les dix dernières années j’ai travaillé à préparer une réponse urgente en cas de catastrophe dans la ville.

A Tokyo, la première mission est de se préparer à gérer un tremblement de terre.

Dans le cas d’un tremblement de terre dans le Sud Est, hautement prévisible, il est raisonable d’envisager un scénario de fusion du coeur dans la centrale nucléaire de Hamaoka (préfecture de Shzuoka), suivie d’une contamination radioactive de Tokyo.

J’étais préoccupé par la possibilité d’une contamination de Tokyo; j’avais demandé plusieurs fois à l’association médicale, au conseil municipal et au département local de santé publique de stocker de l’iode médical. A chaque fois ma demande a été rejetée, la raison invoquée était qu’on ne prévoyait pas la survenue d’un tel événement à Tokyo. Il n’y avait donc aucun plan pour se préparer à cet éventualité.

Au cours de l’après-midi du 11 mars 2011, Tokyo a subi de lentes mais grandes secousses du tremblement de terre. J’ai pensé «C’est ce qu’on appelle des mouvements sismiques de longue période. Le tremblement de terre de la mer du Sud et sa conséquence, l’accident de la centrale nucléaire d’Hamaoka, sont finalement arrivés». En fait l’origine du tremblement de terre était dans le Tohoku. La température des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima Dai Ichi s’est élevée, elle a causé de massives explosions suivies de fusions des coeurs et de perforation des cuves.

Il est certain que le Japon de l’Est et la métropole de Tokyo ont été contaminés.

La contamination du sol se mesure en Bq/kg.
Dans les 23 districts de la métropole de Tokyo, la contamination de la partie orientale est de 1000-4000 Bq/kg et celle de la partie occidentale est de 300-1000 Bq/kg (Césium 137 seul).
La contamination de Kiev, capitale de l’Ukraine est de 500 Bq/kg (Cs 137 seul).
En moyenne, après l’accident de Tchernobyl, l’Allemagne de l’Ouest était à 90 Bq/kg, l’Italie à 100, et la France à 30 Bq/kg.
De nombreux problèmes de santé on été signalés en Allemagne et en Italie.
A Shinjuku, site de la mairie de Tokyo, on mesurait 0,5 à 1,5 Bq/kg avant 2011, Actuellement, Kodaira est contaminée à 200-300 Bq/kg.

Je vous recommande à tous de regarder le programme de la NHK «ETV spécial: l’accident nucléaire de Tchernobyl: rapport sur un pays contaminé»; il est disponible sur internet. Je pense qu’il est important de savoir ce qu’ont vu et perçu ceux qui ont visité le Belarus et l’Ukraine et entendu les récits des habitants; et d’écouter ceux qui ont servi dans les opérations de secours à Tchernobyl il y a plus de 20 ans.

Leur expérience montre que que Tokyo ne devrait plus être habitée et que ceux qui insistent pour vivre à Tokyo doivent faire des pauses régulières dans des régions plus sûres.

Des problèmes tels que la dépopulation et le déclin de l’état continuent de peser actuellement sur la vie des 2° et 3° génération d’Ukrainiens et de Biélorusses; je crains que ce ne soit l’avenir de l’Est du Japon.

Depuis décembre 2011, j’ai réalisé des échographies thyroïdiennes, des tests fonctionnels de la thyroïde, des analyses sanguines générales et biochimiques chez environ 2.000 personnes. La plupart étaient des familles de la métropole de Tokyo préoccupées par les conséquences des radiations.

J’ai observé que les globules blancs, spécialement les neutrophiles, diminuaient chez les enfants de moins de 10 ans. Il y a des cas de diminution significative du nombre de neutrophiles chez des enfants nés après le tremblement de terre (<1000). Dans les deux cas la situation tend à s’améliorer en allant vivre dans l’Ouest du Japon (neutrophiles 0→4.500).
Les patients signalent des saignements de nez, une perte des cheveux, un manque d’énergie, des ecchymoses sous cutanées, des hémorragies urinaires visibles, des inflammations de peau, de la toux et d’autres symptomes divers non spécifiques.

Kodaira, dans l’Ouest de Tokyo est l’une des zones les moins contaminées du Kanto; cependant même dans cette zone nous avons commencé à constater des changements dans le sang des enfants vers le milieu de l’année 2013.

La contamination s’accroit à Tokyo, aggravée par la concentration urbaine des radiations, ou parce que les systèmes d’assainissement urbain, tels que le système des eaux usées, la collecte et l’incinération des ordures concentrent les radiations, car les déchets contaminés sont rassemblés et compressés. Les mesures effectuées par des groupes de citoyens ont montré que le niveau des rayonnements s’est fortement accru ces deux dernières années dans le lit des rivières Kawabori à Higashiyamato et Higashimurayama à Tokyo.

Parmi mes préoccupations, j’ai inclus des symptomes rapportés par des patients en général, tels que un asthme ou une sinusite persistants. Les patients montrent une amélioration notable lorsqu’ils quittent la région.

J’observe aussi de nombreux cas de «Polymyalgie Rhumatismale» caractérisés par des plaintes telles que «difficulté à se retourner», «incapacité à s’habiller et se déshabiller», «incapacité à se lever» chez mes patients d’âge moyen ou plus âgés. Seraient-ce les mêmes symptomes que ceux du rhumatisme musculaire notés à Tchernobyl ?

On peut également noter des modifications des symptômes de maladies contagieuses comme la grippe, le syndrome pied-main-bouche et le zona.

De nombreux patients signalent ressentir des symptômes non familliers ou percevoir des changements inhabituels dans leur corps. Peut-être se sentent-ils à l’aise pour m’en parler, sachant que la clinique a affiché, immédiatement après l’accident, une information sur les symptômes possibles liés aux radiations.
Beaucoup de jeunes couples avec de jeunes enfants et des femmes inquiètes au sujet de leurs petits-enfants viennent à la clinique et s’engagent résolument dans la discussion; aucun patient ne rejette mes opinions critiques sur les conséquences des radiations.

Depuis le 11 mars, chaque habitant de l’Est du Japon, y compris Tokyo, est une victime et chacun est concerné.

Nous avons découvert que nos connaissances dans la discipline de radiologie sont complètement inutiles dans le cas d’un désastre nucléaire. Le mot-clef est ici «irradiation interne de bas niveau au long cours». C’est très différent d’une irradiation médicale ou d’une simple exposition externe aux radiations.
Je ne veux pas m’impliquer dans les questions politiques; cependant je dois déclarer que les politiques de l’OMS, de l’AIEA ou du gouvernement japonais ne sont pas fiables. Elles sont simplement trop éloignées des dures réalités auxquelles les gens de Tchernobyl sont confrontées aujourd’hui.

Les patients de l’Est du Japon que je vois ici à Okayama ont confirmé les opinions que j’avais depuis longtemps, depuis que j’étais établi à Tokyo. Les gens souffrent vraiment de cette absence totale de soutien. Depuis le 11.3 les mères ont cherché désespérément l’information pour protéger leurs enfants. Elles ont cherché l’information au milieu de leur environnement hostile de Tokyo où elles ne peuvent plus faire confiance ni aux bureaux du gouvernement ni aux écoles de leurs enfants.
Les médecins de famille sont prêts à écouter à propos d’autres symptomes, mais à la plus petite mention des radiations leur visage s’empourpre et ils ignorent les questions des mères.
Les mères ne pourraient même pas en parler à leurs amis tant l’atmosphère est devenue de plus en plus étouffante à Tokyo.

Je crois qu’il est de notre devoir de médecins d’informer et d’augmenter la sensibilisation des japonais. C’est notre rôle d’experts dépositaires de connaissances sur le santé que le grand public ne possède pas. Trois années se sont rapidement écoulées depuis le désastre. Ni enseignements ni livres médicaux n’ont été réalisés au sujet des maladies dues aux rayons.

Néanmoins, si le pouvoir de sauver nos concitoyens et les générations futures existe quelque part, il ne se trouve pas au sein du gouvernement, ni d’aucune société académique, mais dans les mains de chaque médecin clinicien.

Les habitants de Tokyo ne sont malheureusement pas en situation de s’apitoyer sur le sort des régions du Tohoku affectées car ils sont eux mêmes victimes. Le temps presse. J’ai pris un temps d’avance et j’ai évacué vers l’ Ouest.

Mes confrères médecins, je vous attends ici.

Et aux gens du Japon de l’Est qui hésitez encore, tous mes efforts visent à faciliter et rendre possible votre évacuation, votre réinstallation, ou un temps de récupération dans l’Ouest du Japon.

Dr Shigeru MITA


En Novembre 2013, le WNSCR (World Net for Save the Children from Radiation/Réseau mondial pour sauver les enfants des radiations) a traduit un essai que le Dr MITA avait écrit pour les parents préoccupés par les radiations lire l’article en anglais icien français ici.
un autre article concernant le Dr Mita ici
Malgré l’intérêt manifesté par de nombreux parents au Japon, il y a vraiment peu de médecins sérieusement préoccupés par les problèmes de radiations; et ceux qui en parlent en public sont encore plus rares.
Le WNSCR pense que les opinions du Dr MITA sont d’un grand intérêt pour le grand public, en particulier pour ceux qui sont intéressés par les conséquences des radiations sur la population générale. Nous avons eu l’autorisation de traduire ce nouvel essai du Dr MITA par l’intermédiaire de Mr Kinoshita.

Traduit du Japonais vers l’anglais par l’équipe du WNSCR
Le texte anglais du WNSCR
Traduit de l’anglais vers le français par « vivre-apres-fukushima.fr»

NOTE: Le copyright de cette lettre appartient au Dr Shigeru MITA.
Si vous souhaitez insérer le texte anglais ou le traduire dans une autre langue, veuillez contacter KINOSHITA Kouta, le représentant du Dr. Mita au Japon, à l’adresse:
nagaikenji20070927@yahoo.co.jp
(Indiquez votre nom et votre URL dans le mail de contact).
Notez que les textes traduits peuvent être utilisés par le Dr. Mita et Mr. Kinoshita.
Le Website de KINOSHITA kouta : http://blog.goo.ne.jp/nagaikenji20070927

Le 24 Juillet 2014- mis à jour le 02 Août

 

 

Par

25/07/2014

Source : http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2014/07/quand-on-vous-dit-que-lon-se-moque-de.html

Quand on vous dit que l’on se moque de vous, vous ne me croyez pas

Encore un GAG japonais.

 Le très « sérieux » Ministère des Affaires Foncières récompense un fleuve de Fukushima en tant que fleuve le plus propre du Japon

Dans la commune de Fukushima, le fleuve Arakawa a reçu le prix du cours d’eau le plus propre du Japon de la part du Ministère des Affaires Foncières, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme.
Le ministère des Affaires Foncières, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme l’a annoncé le 22 juillet 2014. Le fleuve Arakawa est élu depuis 4 ans le plus propre sur 163 des  cours d’eau japonais.
Sa radioactivité n’a pas été prise en compte, uniquement sa DBO (demande biologique en oxygène) entre janvier et décembre2013. Le communiqué ne fait aucune allusion à la radioactivité.
Lien vers la page des analyses prisent en compte

Quand on sait que tout autour de Fukushima, des stockages sauvages de terre contaminée, dont les sacs commencent à se dégrader, sont exposés à la pluie, il y a vraiment à se demander s’ils nous prennent pour des demeurés.

Un japonais a publié cette photo pour couper court à une réalité invraisemblable de la préfecture de Fukushima le 17 juin 2014.
“La JR Joban line court entre les sacs de sol radioactifs raclés par la décontamination. Ce serait même trop invraisemblable pour un film de science-fiction.”
Cette voie de chemin de fer vient de la “gare de Nippori” de Taito dans Tokyo.

 

 

Par

01/08/2014

Source : http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2014/08/mieux-vaut-tard-que-jamais-dit-le.html

Mieux vaut tard que jamais dit le proverbe, mais en matière de nucléaire c’est un scandale de plus

Révélations : Dans un dépêche du 24 juillet de l’AFP, Tepco annonce que le 19 août 2013, des rejets massifs de césium ont eu lieu sur le chantier de l’unité 3.

TEPCO a récemment annoncé que ces travaux auraient conduit à un rejet de 280 milliards de becquerels de césium (Cs) 134/137 par heure le 19 août 2013, contre 10 millions de becquerels par heure habituellement, et ce durant quatre heures. Cette annonce fait suite à une interpellation de TEPCO par le Ministère de l’Industrie japonais afin d’identifier l’origine de la contamination des rizières de la région de Minamisoma, située à un peu plus de 20 kilomètres de la centrale.

Lien vers le rapport IRSN

L’IRSN minimise l’impact (comme d’habitude) mais publie toutefois l’information et c’est important.

 

Rejets en mer de l’eau souterraine pour désengorger le site de Fukushima

Par kap/jlh/glr  TEPCO – TOKYO ELECTRIC POWER
TOSHIBA
©AFP

21/05/2014

Source : http://www.romandie.com/news/479767.rom

Tokyo – La compagnie gérante de la centrale accidentée de Fukushima a commencé mercredi à déverser en mer des centaines de mètres cubes d’eau souterraine pompée en amont des réacteurs, une opération qui met en colère les organisations écologistes.

Nous avons débuté le déversement (…) à 10H25 (01H25 GMT), a indiqué Tokyo Electric Power (Tepco) dans un courriel.

Une patrouille a fait une première ronde à 10H30, et aucune fuite n’a été constatée, a affirmé la compagnie qui prévoit de rejeter ce jour 560 mètres cubes d’eau dans l’océan Pacifique au bord duquel se trouve le site atomique.

C’est une étape importante pour la gestion du l’eau à la centrale Fukushima Daiichi, problème qui est notre plus grosse priorité actuelle, a déclaré le PDG de Tepco, Naomi Hirose, cité dans un communiqué, saluant les accords obtenus des autorités et des pêcheurs pour procéder à ces rejets.

Tepco avait commencé début avril à pomper de l’eau souterraine avec douze pompes, avant qu’elle ne soit contaminée sous les bâtiments du site mis en péril par le tsunami du 11 mars 2011.

Cette eau est provisoirement stockée dans un réservoir afin d’être analysée et de vérifier qu’elle n’est pas radioactive.

Elle ne sera rejetée dans l’océan que si elle est saine, promet Tepco qui a fixé des critères limites pour les césium 134 et 137, les radionucléides émettant des rayons bêta comme le strontium 90 et le tritium. Au-delà de ces plafonds, les opérations seront stoppées. Les contrôles sont aussi effectués par une tierce partie.

Quelque 400 tonnes d’eau souterraine entrent chaque jour dans les bâtiments du site atomique, augmentant ainsi la quantité d’eau contaminée au contact des équipements, eau qu’il faut ensuite stocker, puis assainir, une tâche d’autant plus insurmontable que s’y ajoutent les eaux de refroidissement des réacteurs qui fuient.

– l’océan, seul débouché possible –

La décision de rejeter l’eau souterraine en mer est basée sur le scénario +pas d’autre choix+ et non sur une solution de long terme pour les habitants de Fukushima et du Japon, a commenté une responsable de l’organisation Greenpeace au Japon, Kazue Susuki, qui souligne que de l’eau radioactive s’écoule en mer depuis l’accident de mars 2011.

Les pêcheurs de Fukushima ont certes donné leur assentiment pour ces opérations, mais il ont mis un an avant de dire oui à leur corps défendant.

Et Greenpeace de demander que Tepco améliore significativement la façon dont est rendu public le niveau de radioactivité de l’eau rejetée, jugeant que les tierces parties doivent pouvoir contrôler de façon indépendante non seulement au point de déversement, mais également tout au long du processus.

Même si Tepco présente cette déviation comme un élément crucial de sa stratégie d’assainissement du site, le problème majeur des volumes effarants d’eau radioactive accumulée à la centrale Fukushima Daiichi sera loin d’être réglé. Et pour cause, le système de traitement de l’eau, ALPS, est tout sauf fiable: il n’en finit pas de tomber en panne.

Il est de nouveau entièrement stoppé depuis mardi matin, après l’arrêt de la troisième ligne de traitement, a indiqué Tepco.

Le dispositif, qui sert à éliminer une soixantaine de radionucléides (laissant au moins le tritium), est constitué de trois lignes parallèles de décontamination. Une seule fonctionnait mardi, mais elle a finalement été arrêtée en début de matinée en raison de la dégradation de ses performances.

Actuellement, plus de 350.000 mètres cubes d’eau très contaminée patientent dans des centaines de réservoirs à la fiabilité douteuse.

Dans de telles conditions, il est bien possible qu’ALPS (pourtant censé traiter 750 mètres cubes par jour) ne puisse jamais fonctionner correctement, s’inquiète un travailleur de la centrale sous le surnom Happy.

Un deuxième dispositif de décontamination financé par le gouvernement doit être progressivement installé à partir du mois prochain, équipement dont tous espèrent qu’il donnera de meilleurs résultats. En attendant, Tepco prévoit une capacité de stockage de 800.000 tonnes d’eau sur le site, un risque énorme en cas de nouvelles catastrophe.

kap/jlh/glr
TEPCO – TOKYO ELECTRIC POWER
TOSHIBA

(©AFP / 21 mai 2014 05h45)

 

Encore 641 tonnes d’eau directement à la mer (2ème déversement)

Par

29/05/2014

Source : http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2014/05/encore-641-tonnes-deau-directement-la.html

 Le 27 mai 2014, Tepco a encore déversé en mer des eaux radioactives issues de la dérivation. Le volume en a été de 641 tonnes.
Tepco affirme que la radioactivité était inférieure à la limite de sécurité mais ils avaient relevé des concentrations excessives en tritium dans l’un des forages de la dérivation.
L’arnaque est qu’ils la mélangent avec les eaux des autres forages.
La concentration en Tritium en question était de 1 700 000 (1,7 millions de) Bq/m³. La limite de sécurité est fixée à 1 500 000 (un million et demi de) Bq/m³. Lorsque Tepco avait arrêté de pomper depuis ce forage, 8 heures s’étaient déjà écoulées depuis l’arrêt du déversement de ces eaux dans le Pacifique.

Les liens vers les rapports Tepco :  http://www.tepco.co.jp/cc/press/2014/1236708_5851.html
http://www.tepco.co.jp/cc/press/2014/1236713_5851.html
http://www.tepco.co.jp/cc/press/2014/1236733_5851.html

 

 

Des millions de moustiques OGM sur le point d’être commercialisés au Brésil

Par Sophie Chapelle

16/04/2014

Source : http://www.bastamag.net

English : Millions of GM mosquitoes about to be marketed in Brazil

Le moustique OX513A sera peut-être le premier animal – ou plutôt insecte – transgénique que vous rencontrerez dans la nature. Conçu par une entreprise britannique, ce moustique OGM doit servir à lutter contre la propagation de la dengue. Après des tests grandeur nature, le Brésil est sur le point de donner son feu vert à sa commercialisation. Problème : aucune étude indépendante n’a été réalisée pour mesurer les conséquences de la production massive de cet insecte transgénique. Et son efficacité contre la dengue est contestée.

Ce n’est malheureusement pas un scénario de série B. Pour la première fois, des animaux génétiquement modifiés vont être commercialisés en milieu ouvert. Le Brésil est sur le point d’autoriser l’usage de moustiques génétiquement modifiés. Le 10 avril, la Commission brésilienne en charge des OGM (CNTBio) a approuvé, à 16 voix contre une, la dissémination dans l’environnement du moustique transgénique Aedes aegypti commercialisé par l’entreprise britannique Oxitec [1]. Le nom de code de cette lignée de moustiques génétiquement modifiés est OX513A. Pour les autorités brésiliennes, l’enjeu est de lutter contre la dengue, une infection virale potentiellement mortelle transmise à l’être humain par la piqûre de moustiques femelles. En 2013, 2,35 millions de cas de dengue, dont plus de 37 000 étaient des cas d’infection sévère, ont été signalés sur le continent américain, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

D’après la société Oxitec, qui a déposé la demande de commercialisation en juillet 2013, ces moustiques transgéniques permettraient de « contrôler » la population des moustiques porteurs de dengue en les rendant stériles. Des essais ont eu lieu dans plusieurs villes du Brésil depuis 2011, notamment à Juazeiro dans l’État de Bahia (nord-est du pays). 17 millions de moustiques mâles y ont été relâchés en deux ans, selon un reportage vidéo de France 24. C’est dans cette même ville qu’a été inaugurée à l’été 2012 l’usine Moscamed, co-gérée par le ministère de l’Agriculture brésilien, qui multiplie les œufs de moustique conçus par Oxitec. Du ministère de la Santé aux sociétés Oxitec et Moscamed, les propos sont unanimes : les lâchers de moustiques mâles génétiquement modifiés réduisent drastiquement – de 79% à 90% – la population de moustiques sauvages au bout de six mois.

Aucune étude indépendante

La technique utilisée par Moscamed consiste à insérer un gène perturbateur dans des œufs de moustiques qui les rend dépendants à un antibiotique, la tétracycline. Ce médicament est indispensable pour leur croissance, explique Oxitec. L’usine Moscamed se charge de détruire les œufs femelles et assure ne relâcher que les mâles qui ne peuvent pas piquer, donc transmettre la dengue. Ces moustiques mâles génétiquement modifiés sont censés s’accoupler dans la nature avec des femelles « sauvages » et engendrer des descendants non viables, contribuant ainsi à leur extinction progressive. « Ces moustiques, lâchés dans la nature en quantité deux fois supérieure à celle des moustiques non transgéniques, attireront les femelles pour copuler mais leur progéniture n’atteindra pas l’âge adulte, ce qui devrait réduire la population de l’Aedes aegypti », avance le ministère de la Santé brésilien.

Or, aucune étude indépendante n’a validé les données avancées par Oxitec. Pour de nombreuses organisations écologistes, « le dossier est lacunaire. Aucun plan de suivi post-commercial n’est fourni par l’entreprise, et les soi-disant « résultats probants » des essais en champs (commencés en février 2011) n’ont pas été publiés », rappelle l’association Inf’OGM. Les essais réalisés avec ce même moustique génétiquement modifié, dans les îles Caïmans, ont également montré que la technologie n’était pas si efficace, et qu’il faudrait plus de sept millions de moustiques génétiquement modifiés stériles, par semaine, pour avoir une chance de supprimer une population sauvage de seulement 20 000 moustiques [2].

Reproduction incontrôlée d’insectes OGM ?

N’y a t-il par ailleurs aucune chance que ces OGM, présentés comme « stériles », se reproduisent ? Selon un document confidentiel rendu public par l’ONG anglaise GeneWatch – qu’elle a pu obtenir grâce aux lois britanniques sur la liberté d’information –, les moustiques génétiquement modifiés par Oxitec ne sont pas aussi stériles que prévu. La tétracycline, le fameux antibiotique dont dépendent ces insectes, est très largement présente dans les eaux usées et dans la viande issue d’élevage industriel. « Or, les moustiques qui transmettent la dengue se reproduisent dans des environnements largement pollués par les eaux usées, souligne Christophe Noisette, d’Inf’OGM. En présence de cet antibiotique, leurs progénitures ont un taux de survie de 15 % environ et leur descendance sont capables d’atteindre l’âge adulte ».

L’étude citée par GeneWatch mentionne aussi que les moustiques GM peuvent survivre, même sans la présence de tétracycline, à hauteur de 3 %, ce qui rend impossible le contrôle de millions de moustiques lâchés dans la nature. « C’est un défaut fondamental de la technologie d’Oxitec qui devrait donc arrêter ses expériences », réagit Helen Wallace, directrice de GeneWatch. Aux côtés d’autres organisations [3], GeneWatch exprime également sa crainte que le nombre de « moustiques-Tigre » (Aedes albopictus), originaires d’Asie et également vecteurs de la dengue, n’augmente. Cette espèce extrêmement invasive pourrait en effet occuper la niche écologique laissée par l’élimination des moutisques Aedes aegypti. C’est sur la base de cette absence d’étude d’impacts indépendante qu’une pétition a été lancée en Floride où la firme Oxitec avait prévu des essais à ciel ouvert. La pétition a recueilli près de 130 000 signatures et l’expérience dans cet Etat américain a été repoussée jusqu’à nouvel ordre.

Du coté d’Oxitec, on assure que cette technique serait « réversible ». « Les moustiques sauvages reviennent lorsque l’on arrête de traiter la zone ». Et c’est là une des clés financières pour Oxitec. Car les moustiques OGM fonctionnent comme des insecticides : pour qu’ils soient efficaces, il faut inonder les zones à traiter en permanence, ce qui implique une production continue de millions de moustiques transgéniques. En bout de course, des millions d’euros pour Oxitec qui a le monopole de cette « technologie ». Et qui a d’ores et déjà breveté l’idée dans la plupart des pays touchés par la dengue. Or, la moitié de la population mondiale environ est exposée au risque d’après l’OMS. Il ne reste plus à Oxitec qu’à attendre la confirmation de l’autorisation par l’Etat brésilien avant de commencer à percevoir ses royalties.

Le moustique OX513A deviendra alors le premier animal OGM librement commercialisé. D’autres animaux génétiquement modifiés ont déjà été autorisés, comme des poissons transgéniques fluo, nommés Glofish et Night Pear, destinés à un usage décoratif en aquarium. Mais ils sont censés demeurer en milieu confiné.

@Sophie_Chapelle

A lire, sur les animaux transgéniques : Ces animaux mutants que la cuisine génétique vous prépare

Notes

[1Voir le communiqué de la CNTBio.

[2Winskill P, Harris AF, Morgan SA, et al. (2014) Genetic control of Aedes aegypti : data-driven modelling to assess the effect of releasing different life stages and the potential for long-term suppression. Parasites & Vectors 7(1):68.

[3Third World Network, AS-PTA, Red América Latina Libre de Transgénicos, GeneWatch UK