CHÈRES TERRES RARES

Source : http://ddc.arte.tv

03/2015

Vidéo

Les terres rares, qu’est-ce que c’est ?

Les terres rares, qu’est-ce que c’est ?

Vous voyez ici le tableau périodique des éléments. En rouge, ce sont ce qu’on appelle les « terres rares ». En réalité, ces minéraux ne sont pas rares mais sont très dispersés dans l’écorce terrestre, géographiquement et géologiquement. Ils sont donc difficiles d’accès. Les terres rares ont tout d’abord été utilisées dans l’armement, par exemple pour les pièces d’artillerie ou le guidage balistique. Et depuis quelques années, elles participent au développement des nouvelles technologies et particulièrement des technologies vertes.
Les terres rares, une ressource stratégique

Les terres rares, une ressource stratégique

Les terres rares sont devenues indispensables à la fabrication d’objets du quotidien. On trouve par exemple des terres rares comme le lanthane dans les batteries des voitures électriques, ou bien comme l’yttrium dans les télévisions à écran plat et les pots catalytiques.
Les réserves de terres rares dans le monde, selon l’USGS

Les réserves de terres rares dans le monde, selon l’USGS

Selon le United States Geological Survey (USGS), les pays qui disposent des plus grandes réserves de terres rares aujourd’hui sont, dans l’ordre, la Chine, le Brésil et les États-Unis devant l’Inde, l’Australie, la Malaisie, la Russie et le Vietnam. Mais il existe une grande incertitude autour des estimations des réserves de terres rares dans le monde, car tous les gisements n’ont pas été forcément découverts à ce jour mais aussi parce qu’il s’agit de ressources stratégiques, autour desquelles les États entretiennent une certaine opacité.
Aux États-Unis, les troisièmes réserves mondiales de terres rares

Aux États-Unis, les troisièmes réserves mondiales de terres rares

Selon l’USGS, les États-Unis disposent aujourd’hui des troisièmes réserves mondiales de terres rares. Ils en ont été le premier producteur mondial jusque dans le milieu des années 1980. On voit ici la mine de terres rares de Mountain Pass, située en Californie, à la frontière du Nevada. Elle a été fermée en 2002 du fait des dégradations environnementales que provoque ce type de mine, mais surtout du fait de la perte de compétitivité de la production américaine par rapport à la production chinoise, moins chère.
La découverte des terres rares en Chine

La découverte des terres rares en Chine

En 1927, les Chinois découvrent les immenses gisements de terres rares situés en Mongolie intérieure, à Bayan Obo. Ces gisements ne connaissent un début d’extraction significative que dans les années 1980 avec les réformes économiques de Deng Xiaoping. À partir de 1986, la Chine place l’extraction de ces gisements dans une stratégie de long terme, en trois phases. Pour commencer, la Chine exploite et vend ses minerais à très bas prix, ce qu’elle peut se permettre car elle bénéficie d’une main-d’œuvre bon marché et qu’elle est indifférente aux conditions de travail et aux dégâts environnementaux.
La Chine devient le premier producteur de terres rares

La Chine devient le premier producteur de terres rares

Le pays met ensuite en place une stratégie de remontée de filière, c’est-à-dire une stratégie qui vise à développer en Chine les industries qui utilisent ces mêmes terres rares. Enfin, la dépendance et la demande étant plus grandes encore, Pékin impose des quotas et des taxes sur les exportations de terres rares, dans le but de préserver ses ressources à long terme, de faire monter les prix et de lutter contre la pollution extrême générée par l’activité. Voilà comment la Chine a supplanté les États-Unis au rang de premier producteur de terres rares.
Les terres rares, un enjeu économique et politique

Les terres rares, un enjeu économique et politique

Compte tenu de leur importance économique, les terres rares peuvent être utilisées à des fins politiques. Prenons un exemple, en mer de Chine. L’archipel que vous voyez sur la carte est revendiqué à la fois par la Chine, qui nomme ces îles Diaoyu, et par le Japon, qui les appelle les îles Senkaku. En 2010, un incident au large de ces îles déclenche une crise diplomatique entre la Chine et le Japon. Selon le Japon, la Chine aurait stoppé l’exportation de terres rares vers le Japon en guise de représailles. Ce que les autorités chinoises ont naturellement démenti.
À la recherche de nouveaux approvisionnements

À la recherche de nouveaux approvisionnements

Face à ce quasi-monopole de la Chine sur la production de terres rares, les pays occidentaux cherchent tous depuis quelques années à réduire leur dépendance à l’égard de ce pays en trouvant d’autres sources d’approvisionnement. C’est le cas des États-Unis, avec la reprise de l’exploitation de Moutain Pass, de l’Australie où la mine de Mount Weld est en fort développement de production, et de l’Afrique. Par ailleurs, deux nouveaux acteurs ont fait leur entrée dans le secteur : le Groenland et la Corée du Nord.
Les terres rares au Groenland

Les terres rares au Groenland

Certaines sources estiment que le Groenland renferme les deuxièmes réserves de terres rares au monde, à Kvanefjeld. C’est pourquoi ce territoire, sous souveraineté danoise, intéresse particulièrement les Européens. Mais encore faut-il que ces affirmations soient avérées. Par ailleurs, depuis 2009, la gestion des ressources minières de ce territoire est du ressort du gouvernement autonome du Groenland, qui est en conflit avec l’Union européenne en ce qui concerne la chasse au phoque, recherché pour sa fourrure. Enfin, les conditions climatiques pourraient rendre l’exploitation des gisements très difficile.
L’enjeu nord-coréen

L’enjeu nord-coréen

Plusieurs sources estiment que la Corée du Nord disposerait des plus importantes réserves mondiales de terres rares. Le site de Jongju, que vous voyez la sur la carte, abriterait 216 millions de tonnes d’oxydes de terres rares, soit le double des réserves mondiales connues, selon les chiffres de l’USGS. Si cette estimation est exacte, cela vient bouleverser les équilibres géopolitiques régionaux.

Lectures

L’atlas globalGilles Fumey, Patrick Boucheron, Christian Grataloup
Les Arènes01/11/2014Présentation de l’ouvrage
L’Atlas global est un essai en images, conçu par une équipe de vingt-six historiens et géographes de renom. Une présentation plus détaillée de l’ouvrage, des auteurs et des cartographes sont disponibles sur le site de Sciences Po. À lire également, la critique de Claude Vincent pour Les Échos.

Les terres rares : minéralogie, propriétés, analysePierre Truchot
Hachette / BNF – édition 189801/09/2014Présentation de l’ouvrage
L’éditeur Hachette s’est associé à la BNF pour rééditer des œuvres anciennes conservées par Gallica. Ce livre, édité originellement pour le Bureau des longitudes de l’École polytechnique, est un ouvrage de science générale : les composés et les purifications, les sites d’extraction de l’époque, les propriétés reconnues et les premiers usages… La découverte des éléments chimiques et de l’industrie extractive ont aussi une histoire, et cet ouvrage fait le point des connaissances en 1898.

Un dossier consacré aux terres rares, préparé avec le magazine Carto, est consultable sur le blog « Globe » de Sylvain Kahn. Il recevait en février 2012, pour son émission Planète terre sur France Culture, Christian Hocquard, économiste au Bureau de recherches géologiques et minière (BRGM) et spécialiste des terres rares.

Pour une approche plus graphique et ludique de l’histoire des terres rares, Arte Future propose une page pédagogique.

Atlas mondial des matières premières – Des ressources stratégiquesBernadette Mérenne-Schoumaker avec la cartographie de Claire Levasseur et une préface de Philippe Chalmin
Autrement01/09/2013Présentation de l’éditeur
Assurer son approvisionnement en matières premières ou mieux valoriser ses ressources naturelles deviennent de grands enjeux géostratégiques. Cent cartes et infographies pour mieux appréhender la question des matières premières et expliquer en quoi leur gestion est l’un des principaux défis du XXIe siècle.

À propos de l’auteure
Bernadette Mérenne-Schoumaker est professeure de géographie économique à l’Université de Liège et responsable pédagogique au Centre de didactique supérieur de l’académie Wallonie-Europe.

Terres rares : enjeu géopolitique du XXIe siècle – Chine, Etats-Unis, Europe, Japon, GroenlandDamien Degeorges avec une préface de Per Stig Moller, ancien ministre danois des Affaires étrangères (2001-2010), et une postface de Palle Christiansen, ministre groenlandais de l’Éducation, de la Recherche et de la Coopération nordique
L’Harmattan01/11/2012Présentation de l’éditeur
L’enjeu des terres rares, au cœur de l’économie du XXIe siècle, a pris une dimension géopolitique majeure depuis que la demande croissante s’est heurtée à des restrictions d’exportations de la Chine, dans un secteur où la puissance asiatique contrôlait en 2012 plus de 97 % de la production mondiale. États-Unis, Europe et économies de l’Asie-Pacifique se tournent désormais vers l’un des principaux eldorados en devenir clans le secteur des terres rares : le Groenland.

À propos de l’auteur
Docteur en sciences politiques, spécialiste du Groenland et de l’Arctique, Damien Degeorges présente son ouvrage dans une vidéo des éditions l’Harmattan.

Terres rares – Avenir industriel et future richesse de l’Europe ?David Weber
Les éditions du Net01/02/2012Présentation de l’ouvrage
Les dix-sept éléments, qui forment le socle des futures industries du XXIe siècle, sont absents du territoire de l’Europe continentale.
Pour David Weber : « Loin de laisser le champ libre au monopole chinois et aux puissances minières existantes ou émergentes, l’Union européenne et tout particulièrement la France ont une chance historique de mettre à profit leurs possessions et leur savoir-faire afin de participer dans un projet d’envergure à ce qui formatera son destin industriel mais aussi son indépendance militaire et possiblement énergétique. »
Cet ouvrage est issu d’un travail pour l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN).
La Lettre et le site des matières premières et de l’énergie (MPE-Média) propose un entretien avec l’auteur.

Coup d’œil sur les produits de base : Édition spéciale sur les terres raresRapport de la CNUCED
Collection Coup d’œil sur les produits de base n°52014À propos de la CNUCED
Régie par ses 194 États membres, la CNUCED, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, est l’organe des Nations unies chargé des questions de développement et plus particulièrement du commerce international. Son action peut se résumer en trois mots : réfléchir, dialoguer, réaliser. La réflexion sur le développement est au cœur du travail de la CNUCED. Elle donne lieu à des analyses, souvent novatrices, qui permettent d’adresser des recommandations aux responsables des politiques économiques. C’est aussi un forum où les représentants de tous les pays peuvent dialoguer librement et débattre des voies et moyens d’instaurer un meilleur équilibre économique mondial. La CNUCED fournit aussi une assistance technique directe aux pays en développement et en transition.
Ses rapports, dont celui consacré aux terres rares, sont téléchargeables.

Quel futur pour les métaux ? – Raréfaction des métaux : un nouveau défi pour la sociétéBenoît de Guillebon et Philippe Bihouix, avec les préfaces de Marc Boissonnet, Michèle Pappalardo et Marc Ventre
EDP Sciences01/11/2010Présentation de l’éditeur
Les métaux, ressources minérales naturelles non renouvelables, sont à la base de notre civilisation industrielle. Moins médiatique que le changement climatique ou les enjeux énergétiques, leur raréfaction sera pourtant un des défis majeurs du XXIe siècle : notre modèle de développement, qui repose sur la croissance économique et un accroissement continu du prélèvement des ressources, se heurte à la finitude de la planète. C’est ce thème qu’a choisi de traiter un groupe d’ingénieurs de l’association des centraliens, sous la direction de Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon.
À l’issue d’une analyse approfondie et documentée, prenant en compte les enjeux techniques, économiques, sociaux et environnementaux de la raréfaction des métaux, les auteurs mettent à mal les mythes de l’abondance, de la croissance verte et d’une technologie forcément salvatrice. Ils posent aussi les limites d’une économie circulaire fondée sur le recyclage généralisé. Écrit dans un langage accessible à tous, composé d’un texte principal complété d’une trentaine d’études couvrant des secteurs d’activité, des métaux et des thèmes transversaux, cet ouvrage est conçu pour répondre aux questions de tous ceux qui veulent comprendre le futur des métaux.

Benoît de Guillebon a signé avec Patrick Nollet l’ouvrage En route vers l’éco-économie chez Armand Colin (2013). Ces deux ouvrages sont issus des réflexions des think tanks de l’Association des centraliens.

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La Corée du Nord, le nouvel Irak numérique de l’Oncle Sam ?

Par

21/12/2014

Source : http://www.zataz.com

Le 19 décembre dernier, le FBI diffusait sur son site Internet un communiqué de presse retraçant le piratage de Sony Pictures.Pour l’Oncle Sam, pas de doute, les pirates sont des marionnettes de la Corée du Nord. Mais qui tire vraiment les ficelles, le “Bureau 39″ Nord Coréen ou la Maison Blanche ?

Nous ne reviendrons pas sur cette attaque ayant visait cette major hollywoodienne. Nous vous invitons plutôt à regarder notre émission de ce 21 décembre de zataz web tv pour découvrir que des attaques contre Sony (et les fuites de données qui vont avec, durent depuis des mois, ndr). Le FBI, donc, a diffusé une mise à jour de son enquête sur cette cyberattaque ciblant Sony Pictures Entertainment (SPE). Le groupe de pirates “Gardiens de la Paix“, inconnus, même dans les espaces deep web chinois, a revendiqué la responsabilité de l’attaque.

Le FBI a annoncé avoir déterminé que l’intrusion dans le réseau de SPE se composait du déploiement de logiciels malveillants destructeurs et de vol d’informations confidentielles. Le FBI a travaillé en étroite collaboration avec la société tout au long de l’enquête. Sony a signalé cet incident en quelques heures, ce qui aurait facilité la capacité des enquêteurs à faire leur travail, et, finalement, identifier la source de ces attaques. Pour rappel, Sony a confirmé avoir eu des “infiltrations” en 2013. Autant dire qu’ils ont mis du temps à alerter. Les fichiers diffusés auront été le déclencheur. Pathétique négligence !

SOny copie zataz

 

Le FBI aurait donc  désormais suffisamment d’informations pour conclure que le gouvernement nord-coréen est responsable de ces actions. “Bien que la nécessité de protéger les sources et les méthodes ne peuvent permettre de partager les preuves” indique le FBI. Les agents expliquent cependant que l’analyse des outils utilisés par les pirates a révélé des liens vers d’autres logiciels malveillants que le FBI sait être utilisés par des nord-coréens. Codes, chiffrements, méthodes de suppression des données et les réseaux compromis. Un détail étonnant tout de même, surtout quand on sait la facilité d’acheter des outils “pirates” dans le BlackMarket. Acquérir des outils malveillants Russes, Chinois, … est simple pour un Français, Belges ou Américains (Voir notre enquête sur les boutiques de Blackmarket, ndr).

Pirates de la Corée du Nord aussi discret que les pirates chinois ?

Le FBI a également observé un chevauchement important entre l’infrastructure utilisée dans cette attaque et d’autres activités de cyber malveillants qui seraient directement liés à la Corée du Nord. Par exemple, le FBI a découvert que plusieurs protocole Internet (IP) associées à l’infrastructure connue de la Corée du Nord a communiqué avec les adresses IP qui ont été codées en dur dans le logiciel malveillant de suppression de données utilisé dans cette attaque. Le FBI ne donne pas le nom de ce programme mais zataz.com a appris d’une source sûre qu’il s’agirait du code Jokra. Le malware efface les disques durs des terminaux infectés et les force à rebooter, les rendant inutilisables. Il tente de pratiquer la même action d’effacement sur tous les disques durs connectés ou en réseau avec le terminal infecté. Jokra et ses “copies” se vendent entre 50 et 200 $ dans le marché noir 2.0.

Par ailleurs, les outils utilisés dans l’attaque SPE ont des similitudes avec une cyberattaque lancée en mars de l’année dernière contre des banques sud-coréennes et des médias locaux. Attaques qui auraient été effectuées via la Corée du Nord. Le même logiciel aurait été exploité dans l’attaque informatique d’une centrale nucléaire sud-coréenne. Pyongyang est accusée d’avoir volé des plans et menacé de s’attaque, physiquement à la centrale. La source est américaine, bien entendu.

La Corée du Nord, l’autre Irak pour l’Oncle Sam ?

2008, un internaute de 34 ans était arrêté pour avoir orchestré un espionnage électronique très ciblé à l’encontre du Ministère de la Défense de la Corée du Sud. L’espion était un transfuge venu de Corée du Nord. Won Jung-hwa avait recueilli des adresses électroniques appartenant à des fonctionnaires militaires Sud-coréens et avait diffusé des courriels piégés. A l’époque, le porte-parole du Ministère de Défense, Tae-jae, indiquait que l’intranet du Ministère n’était pas raccordé à l’Internet. En 2004, un autre pirate (ciblé cette fois en Chine) avait réussi une visite poussée dans les réseaux informatiques utilisés par le secrétariat de l’Assemblée nationale du pays et par le Korea Institute for Defense Analysis.

Mars 2013, nous apprenions que 600 pirates informatiques militaires de la Corée du Nord étaient en train de s’entrainer. A l’époque, l’Oncle Sam montrait du doigt des pirates chinois dans ses machines. Chez ZATAZ.COM, nous nous posions la question à savoir si ces “Chinois”, n’étaient pas plutôt Nord Coréens. Quoi de plus simple que de cacher des “méchants” dans un pays que personne ne peut visiter librement. Jang Se-yul, un ancien soldat nord-coréen, aujourd’hui vivant en pays libre, rappelait que le collège militaire de Pyongyang forme des  pirates informatiques. Il sait de quoi il parle, il faisait parti de ces “soldats” avant de faire défection en 2008. L’ancien militaire estimait alors que la Corée du Nord avait 3.000 soldats dédiés à l’Internet, dont 600 pirates “professionnels” actifs au sein de son unité cyber. D’un autre côté, voir des militaires Nord-Coréen afficher une page à la sauce Script-kiddies sur des cibles de la Corée du Sud nous semble, à la rédaction de zataz.com, bizarre. Le pays n’est pas connu pour son humour et la gaudriole.

Septembre 2013, le site DataSecurityBreach.fr revenait sur des attaques informatiques qui auraient été lancées par la Corée du Nord. C’est ce qu’affirmaient plusieurs sociétés de sécurité informatique Coréennes (du sud). Les sites de plusieurs ministères et agences gouvernementales de la Corée du Sud avaient été impactés. Mission des “visiteurs”, tenter d’obtenir des informations secrètes. Depuis 2011 ans, des activités d’espionnage informatique, qui seraient orchestrées par la Corée du Nord, ont tenté plusieurs méthodes d’attaques dont l’injection de logiciels espions ayant pour mission de récupérer des informations classées secrètes. En avril 2013, une attaque à partir d’un code espion baptisé Kim Suky avait été repéré dans plusieurs serveurs ministériels et de grandes entreprises locales.

École de pirates ou désinformation US ?

Alma mater Jang, de l’Université Mirim, qui est baptisé l’Université de l’automatisation (University of Automation) a été mis en place dans les années 1980 pour aider à l’automatisation militaire de la Corée du Nord. Une section est dédiée au piratage informatique. Des “hackers” qui profitent d’énormes avantages dans le pays. Il faut dire aussi que Puk Chosŏn a défini Internet comme un nouveau front dans sa «guerre» contre la Corée du Sud et les ennemis du pays. La grande force des “sbires” de  Kim Jong-un, le secret. Mais existent-ils vraiment ? Sont-ils une invention de l’Oncle Sam (Souvenez-vous des informations de la CIA au sujet des armes chimiques Irakiennes, ou encore des faux missiles Nord-Coréens lors d’un défilé militaire local, ndr) Les capacités du pays en ce qui concerne le “cyber”  sont difficiles à déterminer. La grande majorité des Nord-Coréens n’ont pas accès à Internet ou posséder un simple ordinateur. D’après les renseignements sud-coréens, la Coréen du Nord est soupçonnée d’être derrière la plupart des cyber-attaques (sur 70.000 institutions publiques du pays) au cours des cinq dernières années.

Alors, ces pirates ? Corée du Nord ? Chine ? Plaisantins ? Désinformation américaine à la sauce Guerre en Irak ? Hacktivistes nationalistes agissant de leur propre chef ? Étonnant que le gouvernement Nord Coréen, et ses soit disant pirates, ne connaissent ni les proxies, les VPN. Leurs méthodes s’apparentent à un voleur qui se sauve avec de gros sabot en bois et un gyrophare sur la tête !

L’avenir nous le dira… ou pas !

En novembre 2011, des pirates informatiques, ciblés en Corée du Nord, avaient été tracés en train de visiter le serveur de l’University Graduate School of Information Security, une faculté très spécialisée de Corée du sud. Le Service National de renseignement de la république sud coréenne, dirigée par Lee Myung-bak, examinait cette attaque qui avait visé les comptes de messagerie de 27 étudiants de l’Université. Pour réussir cette intrusion, la bonne vieille méthode du cheval de Troie envoyé par courriel. Les services secrets du pays indiquait déjà que le code de ce logiciel malveillant était identique aux codes malveillants propagés par la Corée du Nord. A première vue, comme a déjà pu vous l’expliquer zataz.com, le ministère de protection de la sécurité de l’État, la 35ème chambre ou encore le front uni du travail nord-coréen ont une paire d’espions dans la place. Les étudiants visés étaient tous de la même promotion. Il faut dire aussi qu’ils étaient promus à rejoindre des postes important dans des ministères, comme celui de la défense.

En août 2011, ZATAZ.COM vous révélait comment des pirates Nord Coréens avaient mis à mal deux importants portails du frère ennemi ; et de l’arrestation de 15 autres pirates Nord Coréens arrêtés, cette fois, en Chine. En Août 2011, la police Coréenne mettait la main sur des “pirates” non militaires qui infiltraient tout ce qui bougeaient… un peu comme la majorité des pirates de la planète.

Et si les pirates Nord Coréens n’étaient que des … pirates

Une idée, comme ça ! Et si les pseudos pirates Nord Coréens de Sony Pictures n’étaient rien d’autres que des adeptes de piratages de film ou de jeux vidéos. Le warez est friand de nouveautés, de fuites de films. Taper à la source (voir les 5 films volés et diffusés, ndr), une idée comme une autre chez les pros de la copie de films. Et ce n’est pas les visiteurs du marché de SyongSan (en Corée du Sud, ndr) qui me contrediront.

Le marché et ses milliers de copies

Copies récentes, très récentes ou non !

Un marché noir de films contrefaits dont les sources sont très… troubles !

Autre questionnement, et si les pirates n’étaient rien d’autres que des petites mains du Gold Farming. En Août 2011, quinze pirates informatiques nord coréens étaient arrêtés… en Chine. Ils pirataient la planète afin de récupérer des “dollars” pour Kim Jong-Li. Parmi leurs actions, de la revente d´or créés dans World of Warcraft et autres jeux en ligne.

Nous vous relations le 4 août 2011, une opération policière en Corée de sud et en Chine visant une quinzaine de présumé pirates informatiques, auteurs d’actions malveillantes sur le web à l’encontre de portails communautaires et de sites gouvernementaux. Ils ont été accusés et condamnés pour le piratage de 35 millions de comptes appartenant aux utilisateurs de deux importants portails communautaires du pays. Il avait été découvert, qu’en plus de voler des données bancaires un peu partout sur le web, les “loulous” étaient des adeptes du Goldfarming, de la revente de pièces d’or et d’objets dans des jeux tels que World of Warcraft.

Parmi les pirates arrêtés, des “tenanciers” d’usine WoW. Les pirates arrêtés avaient créé des logiciels spécifiques pour agir sur des jeux en ligne MMORPG comme Lineage, extrêmement populaire en Asie, ou encore Dungeon Fighter. D’après les enquêteurs, les personnes arrêtées avaient fait leurs études dans des universités de Corée du Nord. Une grande partie des bénéfices, soit 6 millions de dollars américains en deux ans, avaient été envoyés à Pyongyang, et plus précisément au “Bureau 39″, le programme nucléaire du dictateur fou Kim Jong-Li.

Bref, voilà qui en fait des questions qui ne trouveront jamais de réponses. Et il y a de forte chance que l’unique vainqueur de cette saga soit le gouvernement américain qui peut dorénavant accentuer son besoin/envie de contrôler le réseau des réseaux.

Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt

Toute cette affaire permet de faire oublier l’espionnage de masse américain ; permet à Sony de faire oublier que sa sécurité était mauvaise ; que Sony gardait en mémoire le numéro de sécurité sociale d’anciens employés sur ses serveurs ; que Sony ne chiffraient aucunes de ses données ; que Sony sauvegardait ses futurs films comme de vulgaire contenus P2P. Que Sony participait avec d’autres majors à une guerre contre Google.

A quelques semaines de la sortie du film “Hacker” de Mickael Mann (Voir zataz web tv de ce 21 décembre), qui aura donc aussi pour mission de retourner la tête des spectateurs qui verront dans l’Internet un dangereux outil qu’il faut contrôler, on pourrait presque conclure que la Maison Blanche a réussi son coup de comm’ !

 

 

Au sujet de l’auteur

Journaliste – Spécialiste des sujets liés à la CyberSécurité / CyberCrime depuis plus de 20 ans. Écrit son premier article en 1989 dans le mensuel Amstar & CPC. Fondateur de zataz, zatazweb.tv & datasecuritybreach.fr. Il officie/a officié dans de nombreux journaux et magazines (Europe 2, 01net, La Voix du Nord, Tilt, Entrevue, l’Echo des Savanes, Le Canard Enchaîné, France 3…). Auteurs et coauteurs de 6 livres dont « Pirates & hackers sur Internet » (Ed. Desmart) ou encore « Hacker, le 5ème pouvoir » Maxima. Intervenant pour la Licence professionnelle Collaborateur pour la Défense et l’Anti-Intrusion des Systèmes Informatiques (CDAISI) de l’Université de Valenciennes.