Pétrole. De bien étranges ballets sur l’Atlantique

Source : http://www.ouest-france.fr/economie/energie/petrole/petrole-de-bien-etranges-ballets-sur-latlantique-3945996

29 Dec 2015

Des pétroliers qui font demi-tour alors qu’ils arrivent à destination. D’autres qui restent au mouillage sans rien livrer. La cause ? L’effondrement des cours du pétrole.

En cette fin d’année 2015, près de 100 millions de barils de pétrole se baladent en mer. Ils sillonnent les océans ou attendent au mouillage. Prisonniers des cuves de centaines de super-pétroliers – et du bon vouloir de leurs armateurs.

Ainsi, une cinquantaine de pétroliers, ayant une capacité de stockage de 30 millions de barils, ont mouillé l’ancre depuis quinze jours devant le port de Galveston (Houston), au Texas, États-Unis.

Une énorme quantité de pétrole actuellement en mer

Et, mi-décembre, trois pétroliers transportant du gasoil – le Vendome Street, l’Atlantic Star et l’Atlantic Titan – ont fait demi-tour alors qu’ils naviguaient depuis le golfe du Mexique vers l’Europe. Le Vendome Street n’était plus qu’à 1 300 kilomètres du Portugal – et avait donc accompli les trois quarts de son parcours – lorsqu’il est revenu vers son point de départ (voir illustration ci-dessous).

Fin décembre, le Vendome Street est finalement venu mouiller… devant le port équatorien de La Libertad (Guayaquil), après avoir franchi le canal de Panama.

Au total, selon le Financial Times, la quantité de pétrole actuellement en mer représente le double de celle qui s’y trouvait en moyenne dans le courant de l’année – et correspond à environ une journée de la production mondiale.

LIRE LA SUITE

Terres nucléaires : Une histoire du plutonium

Réalisation : Kenichi Watanabe

 

  • Origine : ARTE F
  • Pays : France
  • Année : 2015

Source : http://www.arte.tv

À travers trois lieux dominés par des sites nucléaires, Hanford aux États-Unis, La Hague en France et Rokkasho au Japon, une histoire édifiante du plutonium et de ses usages, à la croisée d’intérêts économiques et militaires.


ALTERNATIVE PLAYER

Plus de gaz pour sauver le climat ? La grande offensive de greenwashing des majors pétrolières

Par Olivier Petitjean

04/06/2015

Source : http://multinationales.org

Le 26e Congrès mondial de l’industrie gazière mondiale vient de se tenir à Paris. L’occasion pour les grandes majors des hydrocarbures comme Total, Engie (GDF Suez) Chevron, ExxonMobil ou Shell de mettre en avant leur vision de la lutte contre le changement climatique et de la transition énergétique : développer le gaz, présenté comme la « moins sale » des énergies fossiles. Sauf que le gaz reste bien une énergie sale, particulièrement lorsqu’il s’agit de gaz non conventionnel, et que son développement ne peut que se faire au détriment des énergies renouvelables et d’une véritable transition énergétique.

Dans les colonnes de Libération, Coralie Schaub explique de manière très claire les « raccourcis » auxquels se livrent les majors pour présenter le gaz comme une énergie propre.

L’exemple de l’exploitation gazière de Total au Nigeria, sur le territoire du peuple Egi, suffit à montrer qu’il n’en est rien (lire notre enquête). Les problèmes sanitaires et environnementaux occasionnés par le gaz sont même potentiellement plus graves que ceux occasionnés par le pétrole, parce qu’il se diffuse plus rapidement et largement. Au Nigeria Total recourt aussi encore à la pratique controversée du torchage du gaz, source de pollution de l’air et de pluies acides (en plus de constituer un gâchis économique).

En outre, le gaz est en fait aussi polluant que le charbon lorsqu’il provient de sources non conventionnelles :

Certes, le gaz fossile « conventionnel » est moins nocif pour le climat que le charbon. Ce dernier émet « plus du double » de gaz à effet de serre, rappelle Alain Grandjean, du cabinet Carbone 4. « Le gaz est aussi préférable au fioul comme combustible dans les camions et les voitures. » Mais, précise-t-il, cela n’est valable que si celui-ci est « produit et transporté sans fuite, ce qui n’est pas le cas du gaz de schiste ». Car la fracturation hydraulique, seule technique permettant aujourd’hui d’extraire les gaz et pétroles de schiste, entraîne d’importantes fuites de méthane, qui s’ajoutent à celles qui ont lieu lors du transport, du traitement et de la distribution du gaz. Or le méthane est un gaz très réchauffant, 25 fois plus que le dioxyde de carbone (CO2). Selon des études de la National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) et de l’université de Cornell, il y a de 6 à 12% de fuites de méthane lors de la production de gaz et huiles de schiste. Or, au-delà de 3% de fuites, il est considéré que le gaz de schiste contribue autant au réchauffement climatique que le charbon…

Gaz contre charbon

L’offensive publicitaire des majors du gaz – y compris leur plaidoyer pour la fixation d’un prix du carbone – vise surtout à promouvoir leur source d’énergie aux dépens, d’une part, de la concurrence du charbon, mais aussi et surtout d’une véritable transition énergétique. Déjà, au niveau européen, sur fond de crise diplomatique avec la Russie, principal fournisseur de gaz de l’Union, on assiste à des pressions pour diriger les investissements dans le secteur de l’énergie vers les grandes infrastructures gazières plutôt que vers l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

La promotion du gaz passe donc, pour les majors, par le sacrifice apparent du charbon. C’est ainsi qu’Engie (ex GDF Suez) a fini par annoncer qu’elle ne s’engagerait pas dans un projet de nouvelle centrale au charbon de Thabametsi, en Afrique du Sud, que dénonçait depuis plusieurs mois une coalition d’ONG françaises et sud-africaines (lire le communiqué de presse des Amis de la terre). Un geste positif, mais l’entreprise énergétique possède encore les centrales électriques au charbon parmi les plus polluantes au monde (lire ici et ici) et continue à construire de nouvelles centrales au charbon géantes ailleurs, comme celle de Safi au Maroc.

Hypocrisie

Quant à l’annonce par Total, le 1er juin 2015, de son « retrait » du charbon, difficile d’y voir autre chose que du cynisme. Il s’agit en effet d’une activité très marginale au sein de Total (quelques mines en Afrique du Sud), et cela fait plus de six mois que le groupe avait déjà indiqué vouloir les céder à l’entreprise sud-africain Exxaro, dans le cadre de son plan d’économies et non pour des raisons environnementales ! L’entreprise pétrolière n’a ressorti de son chapeau cette transaction – qui doit encore être validée par le gouvernement sud-africain – qu’à des fins purement publicitaires.

La direction de Total fait valoir, en cette année de Conférence climat à Paris, que le groupe produit désormais davantage de gaz que de pétrole. Mais cela s’explique surtout par le fait que la production pétrolière de Total est en chute continue depuis dix ans, malgré des investissements sans précédents pour trouver de nouveaux gisements de pétrole. Total n’hésite pas non plus à poursuivre le développement des ressources fossiles parmi les plus polluantes et les plus émettrices de gaz à effet de serre, comme le pétrole issu des sables bitumineux. (Sur toutes ces questions, voir notre « bilan annuel » de Total.)

Olivier Petitjean

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Photo : Ken Doer CC

Nucléaire : la politique du mensonge ?

Une enquête de Lamia Belhacène
Production : TAC Presse – Avec la participation de CANAL+

2015

Source : http://www.canalplus.fr

Affaire Le Paon, scandales du comité d’entreprise de Disney, d’EDF ou de la RATP… L’argent est une question sensible quand elle touche aux syndicats. Gestion dispendieuse ou opaque, manque de contrôles, financements complexes, les députés ont tenté d’y voir plus clair, il y a quatre ans, mais leur rapport a été enterré avant même d’être publié, une première sous la Vème république. L’argent des syndicats est une question taboue, la face cachée du dialogue social.

Ces organisations gèrent aujourd’hui un pactole annuel d’environ 4 milliards d’euros: adhésions de militants, financements publics et contributions des entreprises. En ces temps de moralisation de la vie publique, elles n’échapperont pas à plus de transparence. Le prix à payer pour éviter de nouveaux scandales, qui nuisent à leur image et à leur crédibilité, dans un pays où le taux de syndicalisation est déjà très faible (8%).

Pour SPECIAL INVESTIGATION Lamia Belhacène a enquêté sur les finances du syndicat numéro 1, la CGT. Elle a interviewé des militants et des responsables de l’organisation, dont certains témoignent pour la première fois. Elle s’est procuré des documents internes, a retrouvé trace de paiements secrets et a fait réagir Philippe Martinez, le nouveau secrétaire général de l’organisation.

LES CHINOIS ÉTOUFFENT

Source : http://ddc.arte.tv

05/2015

VIDEO

EN BREF

Puissance économique de premier plan, la Chine a connu un rythme de croissance exceptionnel, que nul autre pays n’avait expérimenté auparavant. Et s’il a permis de sortir une partie de la population de la pauvreté, le développement du pays a aussi provoqué une crise écologique majeure. Le Dessous des Cartes se penche aujourd’hui sur les conséquences environnementales du développement de la Chine.

L’évolution du PIB de la Chine

L’évolution du PIB de la Chine

Voici la courbe de progression du PIB de la Chine depuis le lancement de la réforme économique, au début des années 1980, calculé en dollars constants. En 30 ans, ce PIB a été multiplié par 20, et il est, en 2013, de près de 5 000 milliards de dollars, ce qui place désormais la Chine au deuxième rang mondial, derrière les États-Unis.
L’évolution des émissions de CO2 en Chine

L’évolution des émissions de CO2 en Chine

Voici maintenant la courbe de progression des émissions de CO2 de la Chine, en millions de tonnes, pour les mêmes dates. On voit qu’il y a une corrélation avec la courbe du PIB. Et si on compare avec l’évolution des émissions de CO2 des États-Unis, on observe que la Chine les a dépassés à partir de 2007. Elle est donc devenue la première puissance émettrice de CO2 au monde. Cela s’explique notamment par le fait que la croissance économique entraîne une demande accrue en énergie et donc une pollution de plus en plus importante. Et cette pollution dépend du type d’énergie utilisée.
La répartition des types d’énergie utilisée en Chine

La répartition des types d’énergie utilisée en Chine

Sur ce graphique, on peut voir la part des énergies utilisées en Chine : nucléaire, renouvelable (solaire et éolien), gaz naturel, hydroélectricité, pétrole et charbon. Ainsi, 77 % de l’énergie primaire utilisée en Chine vient du seul charbon, ce qui est considérable. Après les États-Unis et la Russie, la Chine dispose des troisièmes réserves de charbon au monde.
Les gisements de charbon en Chine

Les gisements de charbon en Chine

Vous voyez, en noir sur cette carte, la localisation des gisements de charbon en Chine, dont les plus grandes réserves se trouvent au Nord du pays. Les points rouges représentent les sites d’usines, aciéries et sites industriels, qui utilisent cette ressource. Une grande partie de ces usines est éloignée des principaux gisements de charbon. On estime que le pays met en service deux usines à combustion de charbon chaque mois, pour augmenter sa capacité de production, améliorer la propreté du parc existant, mais aussi pour rapprocher les usines des gisements.
Les régions touchées par le smog en 2013

Les régions touchées par le smog en 2013

Or, la combustion du charbon est très émettrice de CO2 et donc très polluante. Cette carte nous donne justement une idée des régions les plus polluées de Chine. Les zones marron indiquent les régions qui ont connu le plus de jours de smog en 2013, c’est-à-dire de nuages dus à la pollution. Elles correspondent aux régions où se trouvent de nombreuses usines utilisant le charbon mais aussi à la localisation des grandes villes. Ce type de smog peut toucher jusqu’à 17 provinces sur 28, ce qui ferait environ 600 millions de personnes, soit près de la moitié de la population de la Chine !
La pollution automobile

La pollution automobile

L’autre facteur de la pollution de l’air, c’est l’explosion du parc automobile : depuis 2010, la Chine est le premier marché de véhicule particulier au monde. Elle immatricule une voiture toutes les 4 secondes. Il y a 75 millions de véhicules particuliers en 2015, et ce chiffre pourrait tourner autour de 230 millions en 2020. Pékin, la capitale, compte 250 000 voitures de plus chaque année, alors que ce nombre est limité par la réglementation. On estime qu’à Pékin, la circulation est responsable de 58 % des émissions de monoxyde d’azote et de 25 % des émissions de particules fines.
Les particules fines

Les particules fines

Vous voyez sur cette carte les régions (en rouge) les plus touchées par la présence de particules fines dans l’air. Les particules fines proviennent des fumées issues de la combustion du charbon et des vapeurs d’automobiles. La concentration de particules fines dans l’Est de la Chine est l’une des plus élevées au monde, justement dans les régions où il y a un grand nombre d’usines utilisant le charbon.
La mortalité respiratoire prématurée en Chine

La mortalité respiratoire prématurée en Chine

Or, les particules fines pénètrent dans les voies respiratoires. Il a été d’ailleurs constaté que les fréquents pics de pollution entraînaient une augmentation immédiate de 20 à 30 % des consultations respiratoires dans les hôpitaux. Et si on regarde une carte de la mortalité respiratoire prématurée en Chine, on constate que les régions les plus touchées se trouvent à l’Est du pays.
Les régions touchées par les pluies acides en Chine

Les régions touchées par les pluies acides en Chine

Mais il n’y a pas que la pollution atmosphérique, il y a aussi la pollution de l’eau. Vous voyez sur cette carte en rouge les régions les plus touchées par les pluies acides. Elles correspondent là encore aux régions où se trouvent de nombreuses usines et grandes villes.
La pollution de l’eau

La pollution de l’eau

Alors comment marche ce phénomène ? Relâchées dans l’atmosphère, les particules polluantes retombent sur le sol mais contaminent aussi l’atmosphère et augmentent l’acidité des pluies. Tout cela a bien sûr des conséquences sur l’eau, c’est-à-dire sur les nappes souterraines, sur la fourniture d’eau potable, sur les réseaux d’irrigation, donc l’agriculture et les écosystèmes, et enfin sur la pêche côtière ou les fermes aquacoles, entraînant une pollution de la chaîne alimentaire.
Les manifestations contre la pollution

Les manifestations contre la pollution

Or, c’est la pollution de l’eau, plus encore que celle de l’air, qui est aujourd’hui en Chine la première cause des mécontentements et des manifestations. Vous voyez sur cette carte quelques unes des nombreuses manifestations qui illustrent le mécontentement de la population à l’égard des dégradations environnementales du pays. Ce mécontentement s’exprime aussi par des dépôts de plainte aux centres locaux de protection environnementaux. Ces plaintes sont passées de 300.000 en l’an 2000, à plus de 700.000 en 2010.

Lectures

Chine brune ou Chine verte ? – Les dilemmes de l’État-parti (Broché)Benoît Vermander
Les Presses de Sciences Po2007Présentation de l’ouvrage

De par son poids économique et stratégique, les défis que doit relever la Chine sont aussi des enjeux planétaires.

Le site des Presses de Sciences Po offre un résumé, le sommaire et une interview de l’auteur de l’ouvrage.

À propos de l’auteur

Le jésuite Benoit Vermander, docteur en sciences politiques, est directeur de l’Institut Ricci de Taipei et de la revue de l’Institut : Renlai.

Les publications de Benoit Vermander sont disponibles sur Cairn, dont le récent article « Développement durable et responsabilité sociale des entreprises en Chine contemporaine » pour Hérodote.

Histoire de la pensée chinoise (Broché)Anne Cheng
Points Essais/Le Seuil01/10/2014Présentation de l’ouvrage

La réédition en format poche de l’ouvrage de référence d’Anne Cheng, titulaire de la chaire “Histoire intellectuelle de la Chine” au Collège de France, est présentée en détails sur le site de l’éditeur.

Un compte-rendu en est proposé par Jacques Ghiloni pour Lecture Revues.

À propos de l’auteure

On peut découvrir Anne Cheng lors d’un entretien avec Laure Adler en début d’été 2014 pour son émission Hors Champs.

Fayard a publié la leçon inaugurale intitulée « La Chine pense-t-elle ? » que l’auteure prononça fin 2008 au Collège de France.

Elle présente pour l’année 2014/2015 un cycle de cours intitulé « Humanisme et ritualisme en Chine ancienne et contemporaine« .

De l’Être au Vivre – Lexique euro-chinois de la penséeFrançois Jullien
Gallimard01/03/2015Présentation de l’ouvrage

François Jullien présente ainsi son ouvrage : « Dans quels termes penser quand le monde est en voie de penser dans les mêmes ? … Au lieu donc de prétendre identifier des « différences » qui caractériseraient les cultures, je cherche à y détecter des écarts qui fassent reparaître du choix et remettent en tension la pensée. C’est seulement à partir d’eux, en effet, qu’on pourra promouvoir un commun de l’intelligible qui ne soit pas fait de slogans planétarisés. … Et voici que, en dessinant une sortie de la « question de l’Être », c’est du même coup une nouvelle pensée du vivre que capte, dans ses mailles, ce filet. »

La natureYue Dai Yun et Anne Sauvagnargues
Desclée de Brouwer1999Présentation de l’ouvrage

Si, dans la civilisation chinoise, la nature précède la pensée, si la présence de la rivière, de la montagne, de la brume (paysage se nomme « montagne(s)-eau(x) ») tiennent autant de place dans le quotidien, l’Europe, elle, rêve plutôt de pierres, et cherche à contrôler et à domestiquer la nature.

Yue Dai Yun, professeur de lettres chinoises à l’université de Pékin, et Anne Sauvagnargues, philosophe, confrontent leur expérience de la nature et nous invitent à considérer autrement le monde qui nous entoure.

Le livre, encore disponible chez l’éditeur, est aussi accessible sur le site VertigO, la revue électronique des sciences de l’environnement.

Anne Sauvagnargues a publié ouvrages et articles dont la liste et les textes sont consultables sur le site Cairn.

Discovering Nature: Globalization and Environmental Culture in China and TaiwanRobert P. Weller
Cambridge University Press01/02/2006Présentation de l’ouvrage

Le livre, très documenté, décrit les transformations extraordinaires qui ont eu lieu dans les réponses chinoises et taïwanaises aux problèmes environnementaux du XXe siècle et au-delà. Il montre aussi comment la circulation mondiale des idées occidentales sur la nature a interagi avec les traditions chinoises.

Un ouvrage qu’a lu et commenté, pour le site Non-fiction, Frédéric Keck, chargé de recherches au CNRS.

À propos de l’auteur

Robert P. Weller est professeur d’anthropologie et chercheur associé de l’Institut de la culture, de la religion et des affaires mondiales à l’Université de Boston.

qióngdǐng zhī xià (Sous le dôme – enquête sur le brouillard chinois)Chai Jing
Production personnelle0/2015Présentation de l’ouvrage

Documentaire chinois sur la pollution atmosphérique des grandes agglomérations chinoises, réalisé par Chai Jing, ancienne présentatrice vedette de CCTV2, réseau télévisuel d’État.

Si Harold Thibault, correspondant du journal Le Monde, rappelait début mars que « le nouveau ministre de l’environnement, Chen Jining, un universitaire spécialiste des questions d’écologie, s’est félicité, après avoir vu le film, que Mme Chai attire l’attention de la population sur l’environnement sous l’angle de la santé publique », il n’a pas fallu longtemps aux autorités chinoises pour faire disparaître le film du web chinois comme l’explique la page du site de la Fédération internationale des journalistes.

Toujours visible par ailleurs, le documentaire en chinois a vu ses traductions s’améliorer. Il a été récemment traduit en français par Frédéric Dalléas et Jef Jaquier sur YouTube.

Le twitter chinois de Chai Jing est toujours accessible sur Weibo ainsi que son blog sur Sina.

Arctique, la conquête glaciale

Réalisé par Tania Rakhmanova

Source : http://www.arte.tv

Documentaire (France, 84 min.) (2013)

VIDEOS : 1/2 , 2/2

L’Arctique sera-t-il la dernière grande réserve d’hydrocarbures mondiale ? La région attise les convoitises territoriales des grandes compagnies et des États. Ce documentaire édifiant recense tous les dangers qui menacent le pôle Nord.

Pétrole: l’Arabie saoudite contre le Texas et le Dakota du Nord

Par François d’Alançon

22/12/2014

Source : http://monde.blogs.la-croix.com

Les cheikhs contre le schiste, titrait début décembre l’hebdomadaire The Economist. Le bras de fer entre les monarchies pétrolières du Golfe et les pétroliers américains continue.

Lors d’un forum sur l’énergie à Abou Dhabi, dimanche 21 décembre, plusieurs intervenants ont accusé des pays non-membres de l’Opep d’avoir provoqué, par un excès de production, l’effondrement des cours du brut mais se disent confiantes que les prix vont rebondir. Les cours de l’or noir ont perdu environ 50% de leur valeur depuis la mi-juin, grevés par l’abondance de l’offre, le renforcement du dollar et la faiblesse de la demande dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale.

« Une des principales raisons (de la chute des prix) est la production irresponsable de certains producteurs hors de l’organisation (de l’Opep), dont certains sont de nouveaux venus » sur le marché, a accusé le ministre émirati l’Energie, Suhail al-Mazrouei, à l’ouverture à Abou Dhabi d’un forum sur l’énergie.

Le ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Nouaïmi s’en est pris lui aussi aux pays non-membres de l’Opep. La chute des prix est due en partie à « un manque de coopération de la part des principaux producteurs hors Opep, à des informations erronées et à la cupidité des spéculateurs« , a-t-il martelé devant les participants en ajoutant que ces producteurs hors Opep finiraient par « réaliser l’importance de la coopération pour assurer des nouveaux prix équitables. »  Le ministre saoudien a prédit que « les producteurs à coûts élevés ne vont pas continuer à augmenter leurs extractions », dans une claire allusion au pétrole de schiste en Amérique du nord et s’est dit confiant dans un rebond des prix.

Fin novembre à Vienne, l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) avait décidé de maintenir à 30 millions de barils par jour (mbj) le plafond de production malgré les appels à une réduction de l’offre pour inverser la courbe baissière des prix. Le prix du baril de pétrole brut est passé de plus de 100 dollars l’été dernier à moins de 60 dollars aujourd’hui.

Pourquoi les Saoudiens laissent-il plonger le cours du pétrole?

Jusque là, la politique saoudienne avait toujours consisté à maintenir des prix élevés en limitant la production mondiale de pétrole.

Selon le Wall Street Journal, le changement de tactique saoudien se veut une réplique au boom de la production de pétrole et de gaz de schiste  aux Etats-Unis, perçu par les monarchies pétrolières comme une menace parce que contribuant à l’excédent de production.

Les États-Unis ont produit, en août, 8,6 millions de barils par jour. Du jamais vu depuis juillet 1986. L’Administration américaine d’information sur l’énergie (EIA) prévoit d’atteindre 9,5 millions de baril en 2015. Un record depuis le « peak oil » de 1970, année à partir de laquelle la production avait commencé à reculer. Le taux de dépendance américain au pétrole importé est tombé de 60 % en 2005 à 30 % aujourd’hui. Le marché mondial continue d’en être bouleversé, puisque le brut que les Américains n’importent plus, notamment des pays d’Afrique de l’Ouest (Nigeria, Angola), est réorienté vers l’Europe.

Faute d’un accord avec les pays producteurs hors OPEP comme la Russie et le Mexique pour réduire la production, les Saoudiens ont donc décidé de laisser plonger le prix du pétrole pour mettre en difficulté les pétroliers du Texas et du Dakota du Nord : combien de temps et jusqu’à quel niveau de prix ces derniers pourront-ils continuer à extraire leur pétrole de schiste sans faire faillite, ou, au minimum, réduire leurs investissements et donc, ralentir la croissance de la production. Plusieurs compagnies ont déjà coupé dans leurs budgets.

Selon le Wall Street Journal, en raison notamment des progrès de la technologie, l’extraction de pétrole de schiste continue à être  rentable, à un prix du pétrole aussi bas que 40 dollars le baril. D’autres experts situent ce seuil de rentabilité à 65/70 dollars le baril. Même dans l’hypothèse d’un crash, les innovations attendues dans la technique d’extraction pourraient susciter un rebond avec une nouvelle vague d’investisseurs.

 

Fukushima : des chiffres qui parlent et Tepco abandonne le mur congelé

Source : http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html

09/2014

Lundi 22 septembre :

• Données de la contamination des poissons dans le port devant la centrale et dans un rayon de 20 km autour de la centrale : la situation s’améliore. Aucun poisson ne dépasse les 100 Bq/kg au-delà du port, mais le maximum est à 96 Bq/kg… Dans le port, cela monte jusqu’à 32 500 Bq/kg pour les deux césium.

• Record de la contamination radioactive de l’eau contaminée :
– c’est encore dans le puits de contrôle 1-17, que la contamination bêta totale bat un nouveau record, avec 790 000 Bq/L (prélèvement du 18 septembre 2014). TEPCo ne dit toujours rien.

• Le gouvernement japonais pourrait ratifier un des traités internationaux d’assistance en cas d’accident nucléaire (Convention on Supplementary Compensation for Nuclear Damage) d’ici la fin de l’année. Ce traité n’est signé que par 5 pays dont les Etats-Unis pour le moment. Cela devrait favoriser l’implication de sociétés américaines dans les travaux de démantèlement. Certains soupçonnent aussi que le gouvernement espère aussi favoriser l’exportation de ses réacteurs nucléaires.

• Il y a 104 communes non évacuées où des travaux de décontamination doivent être effectués car l’exposition externe peut y dépasser le millisievert par an. Selon le Maïnichi, sur ces 104 communes, 74 ont prévu de décontaminer des habitations. Sur ces 74 communes, à la fin juin 2014, 40 n’avaient pas terminé. Il resterait au moins 311 700 habitations à nettoyer.
Sur ces 40 communes, 29 sont à Fukushima où les habitations à décontaminer sont plus nombreuses : il en resterait 286 002. Les 11 autres communes sont à Tochigi (4), Miyagi (4), Ibaraki (2) et Gunma (1) avec un total de 25 719 habitations.
Les travaux n’ont pas encore commencé à Yamamoto (Miyagi), avec 1 495 habitations, ni à Shinchi (Fukushima) avec 600 habitations.
Il y aurait trois communes qui ne savent toujours combien d’habitation elles doivent décontaminer.
Pour justifier leur retard, les communes mentionnent le manque de zones de stockage des déchets.
Cinq communes ont terminé leurs travaux mais signalent qu’il faudra une deuxième décontamination par endroit, car il y a encore des débits de dose trop élevés, surtout sous les toits.
41 communes sur 70 n’ont pas terminé de décontaminer les rues et routes, ainsi que leurs abords. Il y a aussi des retards importants pour les terrains agricoles et les forêts.

Mardi 23 septembre :

• TEPCo ne devrait commencer les travaux de démantèlement du réacteur n°1 avant l’hiver 2015. La compagnie a promis qu’elle veillerait à ce qu’il n’y pas de rejets atmosphériques importants, comme lors des travaux sur le réacteur n°3.
Le chapiteau qui a été construit par dessus sera retiré avant, bien entendu.

• Nouveau record de la pollution radioactive dans le puits de contrôle 1-17. La contamination bêta total atteint désormais 840 000 Bq/L (prélèvement du 22 septembre 2014). Toujours pas d’explication de la compagnie concernant cette hausse continue.

Mercredi 24 septembre :

• La contamination en tritium de l’eau d’un puits situé en amont des réacteurs où l’eau est pompée pour être rejetée dans la mer, vient de battre son propre record avec 370 Bq/L (prélèvement du 22 septembre 2014). C’est moins que la limite de rejet qui est de 1 500 Bq/L.
• Ils étaient environ 16 000 à manifester la veille à Tôkyô contre le redémarrage des réacteurs nucléaires. Le 23, premier jour de l’automne, est férié au Japon. Il a juste promis de former des spécialistes du sujet dans le tiers-monde.

Jeudi 25 septembre :

• Selon, l’Asahi, il y a encore presque 130 000 personnes déplacées à Fukushima. Et il y a, officiellement, un total de 15 281 jeunes qui doivent être scolarisés dans un autre établissement. Parmi eux, il y en a 9 767 en dehors de la province de Fukushima.
De nombreuses familles envisagent de s’installer là où elles sont maintenant et de ne pas rentrer chez elles.
En revanche, moins de jeunes partent à la fin de leurs études car le marché de l’emploi est porteur à Fukushima. Et puis, ils veulent s’engager pour reconstruire leur province.
Vendredi 26 septembre :

• Le PDG de Tôhoku Electric a annoncé que la remise aux normes de ses centrales d’Onagawa et Higashidôri allait coûter plus de 300 milliards de yens (2,2 milliards d’euros) à la compagnie. Un tiers est destiné à renforcer la résistance aux séismes et tsunamis. Elle espère un redémarrage au printemps 2016, au plus tôt.

 

Tepco abandonne le mur congelé

Par    27/09/2014  Source : http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2014/09/tepco-abandonne-le-mur-congele.html

Tepco abandonne le mur congelé et, à la place, va combler les tranchées avec du ciment

Les travaux en juillet 2014

Tepco va abandonner le précédent projet de mur congelé et en revenir simplement au béton, ils l’ont annoncé à la conférence de presse du 22 septembre 2014.
Des eaux extrêmement radioactives sont “retenues” dans les tranchées souterraines qui sont reliées aux bâtiments de la centrale.
Bien que Tepco le nie, il est possible que ces tranchées soient aussi gravement endommagées par les interminables explosions et séismes, laissant ainsi fuir le liquide de refroidissement en continu dans le sous-sol puis la mer, directement depuis les bâtiments de la centrale.
Tepco était en train d’essayer d’isoler les bâtiments de la centrale et les tranchées avec des murs d’eau congelée pour pouvoir pomper les eaux extrêmement radioactives des tranchées.
Cependant, les murs congelés n’ont jamais été terminés.
Tepco a déclaré qu’au lieu du mur d’eau congelée, ils développaient un type particulier de ciment pour en combler totalement les tranchées.
En respectant les mathématiques les plus élémentaires, s’ils les remplissent de ciment, le même volume d’eau radioactive va être repoussé hors des tranchées. Néanmoins, Tepco affirme qu’il n’y aura pas de fuite parce qu’ils vont pomper l’eau au fur et à mesure qu’ils combleront avec le ciment.
Ils vont devoir pomper un volume d’eau au moins égal à la capacité totale des tranchées puisque les tranchées et les bâtiments sont reliés. Tepco n’a pas annoncé s’ils préparaient assez d’espace de stockage pour ces eaux extrêmement radioactives.

Les liens : la vidéo de la conférence
                 les photos     

Effondrement de la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité

Par Stéphane Lhomme

26/08/2014

Source : http://www.passerelleco.info

 

Effondrement de la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité

On lit parfois ici où là que, malgré la catastrophe de Fukushima, l’industrie nucléaire repart du bon pied et se développe sur la planète. Cette allégations ne résistent pas à la consultation des données les plus officielles, comme par exemple la parution annuelle de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). : Key World Energy Statistics.

Le rapport le plus récent disponible est celui de 2013. Il est à noter que les chiffres sont ceux de 2011 car l’AIE met deux ans pour recueillir toutes les données précises, pays par pays. Or, c’est en mars 2011 qu’a débuté la catastrophe de Fukushima : depuis, les 54 réacteurs du Japon sont arrêtés, puis l’Allemagne a fermé 8 réacteurs, les USA 5 réacteurs [1], etc.

Aujourd’hui, la part du nucléaire est encore plus basse que ce que l’on peut voir dans ce document mais, d’ores et déjà, en page n°24, on constate que le nucléaire ne produisait en 2011 plus que 11,7% de l’électricité mondiale, les renouvelables étant déjà à plus de 20% (15,8% + 4,5%).

Depuis, la part du nucléaire est passée sous les 10% car la production nucléaire mondiale a chuté et, dans le même temps, toutes les autres énergie ont progressé : les renouvelables bien sûr, mais aussi le trio pétrole-gaz-charbon.

On peut certes le déplorer (pour ce trio) mais c’est l’implacable réalité : si toutes les autres énergies progressent sauf le nucléaire, c’est tout simplement parce que ce dernier est TROP CHER, contrairement à ce que les autorités françaises (politiques et industrielles) prétendent. Les multinationales de l’énergie n’ont que faire des risques sanitaires et environnementaux : si elles se détournent du nucléaire, c’est uniquement pour des raisons de business, et leur verdict est sans pitié pour l’atome.

Au fil des parutions des statistique annuelles, on constate de plus que la part du nucléaire dans l’électricité mondiale décline continuellement depuis 2001, bien avant Fukushima, et que cette part est passée de 17% en 2001 à 9% à ce jour. C’est donc un véritable effondrement, qui va implacablement se poursuivre au fil des fermetures de vieux réacteurs (plus de la moitié des 400 réacteurs sur Terre a dépassé 30 ans).

Il y a certes 72 réacteurs en construction dans le monde mais une bonne quinzaine sont en chantier depuis 20, 25, 30 ou même 40 ans comme à Watts Bar (USA). Pour les autres, sachant qu’il faut en moyenne 15 ans pour mettre un réacteur en service, on peut donc tabler sur 4 mises en service par an… ce qui ne compensera même pas les fermetures.

Cette chute est si prononcée que le lobby nucléaire mondial, la World Nuclear Association (WNA) a préféré censurer ses propres documents en faisant disparaître la courbe de la part du nucléaire dans l’électricité mondiale :

Notons enfin que le nucléaire représente moins de 10% l’électricité… qui représente elle-même moins de 18% de la consommation mondiale d’énergie, comme on peut le voir sur Key World Energy Statistics en page n°28. Le reste est majoritairement de la combustion de pétrole, gaz, charbon, biomasse, etc. Ce qui fait que, au final, le nucléaire couvre moins de 2% de la consommation mondiale d’énergie.

En résumé, le nucléaire impose des risques gigantesques, des problèmes dramatiques et insolubles (déchets radioactifs en particulier), des crises géopolitiques de plus en plus inquiétantes, et tout ça en échange d’une contribution dérisoire et déclinante à l’énergie mondiale. En clair : autant s’en passer au plus vite et se concentrer sur les vraies options d’avenir : économies d’énergie et énergies renouvelables.

L’Observatoire du nucléaire rétablit les données censurées par la World nuclear association

1) Diagramme « Nuclear electricity production and share of totale electricity production » (avec les chiffres de 2010, c’est à dire avant la prise en compte des conséquences de Fukushima) Mise à jour ordinaire de la WNA début 2011, avec les chiffres 2010

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2) Diagramme « Nuclear electricity production »… sans « Share of totale electricity production »- Mise à jour auto-censurée par la WNA, 20 juin 2013 Mise à jour de la WNA de juin 2013

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3) Diagramme « Nuclear electricity production and share of totale electricity production »- Mise à jour 2013 (avec les chiffres 2012) effectuée par l’Observatoire du nucléaire en réintégrant la courbe censurée par la WNA Mise à jour 2013, avec les chiffres 2012, par l’Observatoire du nucléaire.

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Notes

[1] Quatre réacteurs américains définitivement fermés en 2013 :

  • Crystal River 1 de Duke Energy,
  • San Onofre 1 et 2 de la Southern California Edison
  • Kewaunee 1 de Dominion malgré une autorisation de prolongation à 60 ans (2033). Le réacteur de Vermont Yankee sera pour sa part définitivement fermé fin 2014 malgré une autorisation de prolongation à 60 ans (2032).

L’énergie, enjeu caché du référendum écossais

Par Sylvain Lapoix (Reporterre)

18/09/2014

Source : http://www.reporterre.net

Le référendum sur l’indépendance de l’Écosse a lieu aujourd’hui. L’enjeu caché est celui de l’énergie : une Ecosse indépendante pourrait devenir le plus vert pays d’Europe… ou le plus polluant. Les énergies renouvelables seront-elles la priorité, ou l’Écosse basera-t-elle son avenir sur le pétrole ?


Tapis de montagnes battu par les vents et traversé d’eau, l’Écosse dispose du tiers des énergies renouvelables du Royaume-Uni, avec lesquelles celui-ci couvrait un tiers de ses besoins propres en 2013.

Mais, sous la houle de ses côtes orientales, les eaux territoriales du possible nouvel état écossais recouvrent plus des trois quarts des hydrocarbures offshore de l’île. Deux richesses exploitées jusqu’ici sous l’étroite administration de Londres, mais sur lesquelles les partis favorables à l’indépendance ne s’entendent guère.

« Oil is a bonus »

En apparence, le Scottish National Party (SNP, Parti national écossais) affiche son engagement dans les énergies renouvelables. Dans le clip de campagne qui accueille les visiteurs de son site, un joggeur sue au ralenti dans les vallées des Highlands, expirant au rythme des pales des éoliennes géantes. Après avoir énuméré le potentiel d’électricité « verte », le commentaire ajoute négligemment « oil is a bonus », autrement dit « le pétrole est juste un bonus ».

Mais dans la bouche du leader du SNP et Premier ministre écossais, Alex Salmond, le pétrole est bien plus que ça : « Je pense que nous devrions développer nos ressources naturelles à leur plein potentiel, déclarait-il lundi 15 dans le Scottish Herald. Et nous devrions aussi développer des méthodes pour capturer le dioxyde de carbone pour le stocker sous les aquifères marins. »


– Le Premier ministre écossais Alex Salmond et la vice-Première ministre Nicola Sturgeon, 14 août 2007 –

Ancien économiste pétrolier à la Royal Bank of Scotland, Salmond plaide pour la constitution d’un « fonds pétrolier » national à la manière de la Norvège qui, en plaçant les revenus des hydrocarbures, finance ses politiques sociales. « L’argument est historique, rappelle un membre des Verts écossais. Depuis la découverte des champs pétroliers de la mer du Nord dans les années 1970, le pétrole constitue le principal levier des indépendantistes face à Londres. »

Une grosse partie du débat qui oppose les membres du SNP aux ministres britanniques s’articule ainsi autour des réserves potentielles : tandis que les indépendantistes évoquent 24 milliards de barils équivalent pétrole d’hydrocarbures (gaz compris), les experts londoniens avancent seulement 10 milliards de barils.

Economiste à l’université d’Abderdeen, le professeur Alex Kemp table pour sa part sur 14 à 15 milliards de barils équivalent pétrole. « Nous pourrions avoir 1 à 1,5 milliards de barils en plus d’ici 2050 avec des taxes plus incitatives, explique-t-il à Reporterre. Mais, quoiqu’il arrive, l’Ecosse aura besoin de ces revenus pour équilibrer son budget. » Un point sur lequel les écologistes ne le contredisent pas.

Maximiser les profits plutôt que la production

« Soyons réalistes, nous ne pouvons pas couper le robinet du pétrole du jour au lendemain, reconnaît au téléphone Patrick Harvie, parlementaire écossais et membre du parti Vert. Mais Westminster, comme le SNP, veulent maximiser la production quitte à réduire les profits. Nous, nous proposons l’inverse : tirer le maximum de revenus du pétrole pour financer la transition énergétique et s’en passer le plus vite possible. »

Pour tirer le maximum de profit des permis d’extraction accordés sur des périodes de plusieurs décennies, les Scottish Greens proposent tout un plan de réappropriation : augmentation des taxes et prise de participation aux côtés des grands groupes dans les joint-ventures exploitant le pétrole (prenant là encore le modèle de la Norvège actionnaire de 121 permis offshore). Les revenus tirés de ces exploitations ont ensuite vocation à financer la transition énergétique du pays vers le 100 % renouvelable.

Une option évidemment contestée par les compagnies pétrolières, à commencer par British Petroleum dont le PDG assurait dans un communiqué de presse que « [ses] activités nécessitent un soutien fiscal pour rester rentables et les investissements à long terme demandent une stabilité et une fiabilité fiscale ».

Un chantage aux taxes pétrolières auquel s’associe la compagnie Shell, également présente en mer du Nord et auquel a régulièrement cédé le gouvernement britannique : rien que sur l’exercice 2013-2014, le chancelier de l’Echiquier Georges Osbone a accordé 2,69 milliards de réduction d’impôts à ces entreprises.

« Les compagnies pétrolières profitent de l’instabilité pour tirer leur épingle du jeu, s’amuse le docteur Gen Cannibal, membre du think tank Business for Scotland et consultant en développement durable. Ils ont fait le même cirque quand la Hollande a voulu augmenter les taxes à la fin des années 1980 et ils sont toujours là ! »

Autarcie contre interdépendance

Mais le débat entre Londres et Edimbourg n’est pas moins féroce sur les énergies renouvelables : au ministre de l’Energie anglais qui assurait que les Ecossais ne pourraient pas payer le vrai prix de l’électricité renouvelable sans les subventions de Londres, son homologue écossais répliquait que « l’Angleterre a besoin de l’électricité écossaise pour garder la lumière allumée ». « En fait, ils ont tous les deux raisons !, tranche Peter McColl, recteur à l’université d’Édimbourg et membre du parti écologiste. Les subventions anglaises sont nécessaires pour maintenir bas les prix des énergies renouvelables écossaises, mais Londres ne peut guère s’en passer à moins d’acheter de l’électricité nucléaire à la France – ce qui serait bien plus coûteux et bien plus compliqué à importer », dit-il à Reporterre.

Si le référendum porte bien sur une indépendance politique, le débat sous-jacent porte clairement sur un modèle énergétique : la défense du pétrole par le SNP est aussi une défense d’une énergie vendue sans interférence de Londres, là où les renouvelables seront massivement exportées vers l’Angleterre.

Le vote du 18 septembre n’est cependant qu’une première étape dans la recomposition politique écossaise. Si l’indépendance devait l’emporter, des élections générales auraient lieu en 2015 durant la période de transition de 18 à 24 mois, à l’occasion de laquelle une forte recomposition politique aurait lieu. « Une fois la cause de l’indépendance acquise, le SNP n’aura plus de ciment politique, avoue un membre du parti indépendantiste. Il y a là un large spectre, des ultra pro-pétrole aux écolos les plus ambitieux. »


– Parc éolien de Whitelee, en Écosse –

Contrairement à l’Angleterre majoritairement pro-gaz de schiste, de récents sondages ont révélé que les Ecossais soutenant ces énergies étaient minoritaires, la plupart plébiscitant les renouvelables. Après avoir recueilli leur meilleur score historique à l’occasion des européennes de 2014 (8,4 %), les Greens profitent de la campagne pour grossir leurs rangs.


Source : Sylvain Lapoix pour Reporterre

Photos :
. Chapô : Ecosse 2013
. Alex Salmond et Nicola Sturgeon : Wikipedia (CC BY 2.0)
. Parc éolien : Wikipedia (Bjmullan / CC BYSA 3.0)
. Plateforme pétrolière : Wikipedia (CC BYSA 3.0)

Lire aussi : En Ecosse, l’île d’Eigg est 100 % autosuffisante en énergie


Leucémies des enfants : leur augmentation autour des centrales nucléaires est confirmée

Source : http://www.vivre-apres-fukushima.fr

07/09/2014

Il s’agit des centrales nucléaires en fonctionnement normal.

Ian Fairlie, un biologiste anglais a rassemblé les résultats de plusieurs études internationales. Il nous fait ici un résumé de son étude.

(Traduction par «vivre après fukushima» avec l’aimable autorisation de l’auteur.)

Leucémies des enfants à proximité des centrales nucléaires:

Un article de Ian Fairlie publié le‭ ‬25‭ ‬Juillet‭ ‬2014.

En Mars‭ ‬2014,‭ ‬mon rapport sur l‭’‬augmentation des taux de leucémies infantiles à proximité des centrales nucléaires a été publié dans le‭ «‬Journal of Environmental Radioactivity‭»‬ (JENR‭)‬.‭ ‬Un précédent‭ ‬article‭ ‬traitait de sa création et du grand nombre de ses lecteurs‭, celui-ci décrit le contenu du rapport en termes simples.

Rappelons d’abord certaines notions qui permettront de mieux comprendre l’importance de ce rapport.‭ ‬Beaucoup de lecteurs ignorent peut-être que l’augmentation des leucémies infantiles à proximité des centrales nucléaires a fait l’objet de controverses depuis plusieurs décennies.

Ce fut le cas par exemple au Royaume Uni dans les années‭ ‬1980‭ ‬et au début des années‭ ‬1990‭ ‬où le sujet donna lieu à de nombreuses émissions de télévision,‭ ‬des commissions gouvernementales,‭ ‬des comités gouvernementaux,‭ ‬une grande conférence internationale,‭ ‬des rapports gouvernementaux,‭ ‬au moins deux affaires judiciaires et probablement plus d‭’‬une centaine d‭’‬articles scientifiques.
‬Elle a été relancée en‭ ‬1990‭ ‬par la publication du fameux rapport Gardner‭ (‬Gardner et al,‭ ‬1990‭) ‬qui a constaté une augmentation très importante‭ (‬d’un facteur‭ ‬7‭) ‬des leucémies de l‭’‬enfant auprès‭ ‬de la tristement célèbre centrale nucléaire de Sellafield dans le comté de Cumbria.

La controverse semble avoir diminué au Royaume-Uni,‭ ‬mais elle est encore vive dans la plupart des autres pays européens, ‬spécialement l‭’‬Allemagne.

Le problème est que sur plus de‭ ‬60‭ ‬études épidémiologiques effectuées dans le monde entier portant sur l’incidence du cancer infantile à proximité des centrales nucléaires,‭ ‬une majorité‭ (‬> 70‭ ‬%‭) ‬fait apparaître une augmentation du nombre de leucémies.‭ ‬À ma connaissance,‭ ‬aucun autre domaine de la toxicologie‭ (‬par exemple l’amiante,‭ ‬le plomb ou le tabagisme‭) ‬n’a fait l’objet d’autant d’études,‭ ‬et jamais association n’a été aussi clairement‭ ‬établie que celle entre les centrales nucléaires et la leucémie infantile.‭
‬Pourtant de nombreux gouvernements favorables au nucléaire et l’industrie nucléaire réfutent ces conclusions et refusent d’en tirer les conséquences.‭ ‬Même attitude de leur part que pour le‭ ‬tabagisme dans les années‭ ‬60‭ ‬et l’origine humaine du réchauffement climatique aujourd’hui.

Début‭ ‬2009,‭ ‬le débat a été en partie ravivé par la célèbre étude KIKK‭ (‬Kaatsch et al,‭ ‬2008‭) ‬commandée par le gouvernement allemand‭; ‬elle a constaté une augmentation totale des cancers de‭ ‬60%‭ ‬et une augmentation de‭ ‬120%‭ ‬des leucémies chez les enfants de moins de‭ ‬5‭ ‬ans vivant à moins de‭ ‬5‭ ‬km de toutes les centrales allemandes.‭ ‬A la suite de ces résultats surprenants,‭ ‬les gouvernements de France,‭ ‬Suisse et du Royaume Uni ont en hâte mis en place des études auprès de leurs propres centrales nucléaires.‭ ‬Toutes ont trouvé que les cas de leucémie augmentent,‭ ‬mais du fait du petit nombre de cas elles n‭’‬ont pas atteint‭ ‬le niveau de la‭ «‬signification statistique‭»‬.‭ ‬Autrement dit,‭ ‬vous ne pouvez pas être certain à‭ ‬95%‭ ‬que les résultats n‭e sont pas dus au hasard.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas eu d’augmentation‭ ; ‬et il est évident que si les calculs statistiques avaient été moins stricts,‭ ‬les résultats auraient été‭ « ‬statistiquement significatifs‭ »‬.

Mais la plupart des gens se font facilement berner par les statistiques,‭ ‬y compris les scientifiques qui devraient faire preuve de plus de discernement.‭ ‬Les gouvernements qui veulent ignorer des conclusions gênantes se sont précipités sur les résultats des calculs à‭ ‬95‭ ‬%,‭ ‬sachant que‭ ‬dans ce domaine le niveau actuellement utilisé dans de nombreuses études est de‭ ‬90‭ ‬%.

Dans cette situation,‭ ‬il faut combiner des ensembles de données et constituer une méta étude,‭ ‬ce qui permet d’obtenir des chiffres plus élevés et donc un meilleur niveau de‭ « ‬signification statistique‭ »‬.‭

Les quatre gouvernements concernés se sont bien gardés de le faire car ils connaissaient d’avance la réponse,‭ ‬à savoir une augmentation statistiquement significative‭ ‬à proximité de presque toutes les centrales nucléaires dans les‭ ‬4‭ ‬pays.
‬Korblein et Fairlie ont donc fait le travail pour eux‭ (‬Korblein and Fairlie,‭ ‬2012‭)‬,‭ ‬et le résultat fut sans surprise: des augmentations significatives‭ furent enregistrées ‬à proximité de toutes les centrales nucléaires.

‭Voici leurs constatations:

Nombre de leucémies observées (O) et attendues (A)
dans un rayon de 5 km autour de centrales nucléaires
O A O/A IC 90% valeur de p
Allemagne 34 24,1 1,41 1,04-1,88 0,0328
Grande Bretagne 20 15,4 1,30 0,86-1,89 0,1464
Suisse 11 7,9 (a) 1,40 0,78-2,31 0,1711
France (b) 14 10,2 1,37 0,83-2,15 0,1506
TOTAL 79 57,5 1,37 1,13-1,66 0,0042

(a)Tiré des données de Spycher et al. (2011).
(b)leucémies aigues

Ce tableau révèle une augmentation statistiquement significative de‭ ‬37%‭ ‬du nombre de leucémies‭ ‬infantiles dans un rayon de‭ ‬5‭ ‬km de presque toutes les centrales nucléaires au Royaume-Uni,‭ ‬en Allemagne,‭ ‬en France et en Suisse.‭ ‬Il n‭’‬est peut-être pas étonnant que ces‭ ‬3‭ ‬derniers pays aient annoncé l‭’‬élimination progressive et l‭’‬arrêt du nucléaire.‭ ‬Seul le gouvernement du Royaume-Uni persiste dans le déni.

Donc le doute n‭’‬est plus de mise:‭ ‬il y a une association très nette entre l‭’‬augmentation du nombre de leucémies‭ ‬de l‭’‬enfant et la proximité des Centrales nucléaires.
Reste la question de la ou des cause(s‭) ‬de cette augmentation.

La plupart des gens se soucient des émissions radioactives et du rayonnement direct des centrales nucléaires‭; ‬mais lorsqu’on parle de rayonnements,‭ ‬le grand problème est d’expliquer l’énorme différence‭ (‬d’un facteur‭ ~‬10.000‭ ) ‬que l’on constate entre l’estimation officielle des doses émises par les centrales nucléaires et l’augmentation clairement constatée des risques.

Mon explication‭ ‬met en cause les rayonnements:
‭- ‬Elle repose sur la principale constatation de l‭’‬étude KIKK:‭ ‬la multiplication des cas de leucémies des nourrissons et des enfants est étroitement associée avec la proximité des cheminées des‭ ‬centrales nucléaires.
– Elle repose aussi sur l‭’‬observation du KIKK que les cancers solides en augmentation étaient pour la plupart‭ «‬embryonnaires‭»‬; c‭’‬est à dire que les bébés naissent soit avec des‭ ‬cancers solides,‭ ‬soit avec des tissus pré-cancéreux qui,‭ ‬après la naissance,‭ ‬se développent en tumeurs à part entière‭; ‬c‭’‬est ce qui se passe également avec la leucémie.

    Mon explication comporte cinq éléments principaux:

  • Premièrement:‭ ‬L‭’‬augmentation du nombre de cancers peut être due à l‭’‬exposition aux rayonnements provenant des émissions des centrales nucléaires dans l‭’‬air.
  • Deuxièmement:‭ ‬de grands pics annuels d‭’‬ émissions peuvent entraîner une augmentation des doses pour les populations‭ ‬dans un rayon de‭ ‬5‭ ‬km autour des centrales nucléaires.
  • Troisièmement:‭ ‬les cancers observés peuvent survenir in utero chez les femmes enceintes.
  • Quatrièmement:‭ ‬les doses et leurs risques pour les embryons et foetus sont peut-être plus grands que les estimations actuelles.
  • Et Cinquièmement:‭ ‬les cellules qui forment les globules sanguins dans la moëlle osseuse(cellules hématopoïétiques) peuvent être particulièrement radiosensibles.

Mis ensembles,‭ ‬ces cinq facteurs‭ ‬peuvent expliquer l‭’‬écart entre les doses estimées des rejets des centrales nucléaires et les risques observés par l‭’‬étude KIKK.‭ ‬Ces facteurs sont étudiés en détail dans l‭’‬article complet.

Mon article montre en effet que cet écart‭ [‬NDTR‭ ‬:entre le nombre de leucémies prévus par les calculs officiels et les constatations sur le terrain‭] ‬peut être‭ ‬expliqué.‭

L‭’‬augmentation du nombre de leucémies observées par l‭’‬étude KIKK et de nombreuses autres études peut être‭ ‬dûe à‭ ‬l‭’‬exposition de‭ l‭’‬embryon ou du foetus‭ «‬in utero‭»‬ aux‭ ‬radionucléides incorporés par la mère à partir‭ des ‬émissions radioactives des centrales nucléaires.
‬De très grands pics d‭’‬émissions par les centrales nucléaires pourraient produire un clone pré-leucémique‭; ‬et après la naissance un deuxième pic de radiations pourrait transformer quelques uns de ces clones en cellules entièrement cancéreuses.
‬Les bébés concernés naissent pré-leucémiques‭ (‬ce qui est invisible‭) ‬et les leucémies complètes ne sont diagnostiquées qu‭’‬au cours des premières années après la naissance.

A ce jour l‭’‬éditeur n‭’‬a reçu aucune lettre signalant des erreurs ou omissions dans cet article.

Ian Fairlie – le‭ ‬25‭ ‬Juillet‭ ‬2014.


L‭’‬article original en anglais
http://www.ianfairlie.org/news/childhood-leukemias-near-nuclear-power-stations-new-article/

Un autre article de Ian Fairlie sur les circonstances de la publication de son étude
http://www.ianfairlie.org/news/childhood-leukemias-near-nuclear-power-stations-482-downloads/

L‭’‬étude complète en anglais- mars 2014
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0265931X13001811‭


Ian Fairlie se présente:

Ian FairlieJe suis‭ ‬consultant indépendant sur la radioactivité dans l‭’‬environnement‭; ‬je vis à Londres au Royaume-Uni.
J‭’‬ai étudié les rayonnements et la radioactivité‭ ‬depuis l‭’‬accident de Tchernobyl en‭ ‬1986.
J‭’‬ai un diplôme‭ ‬en biologie des rayonnements de l‭’‬Hôpital de BART à Londres‭; ‬mes études de doctorat à l‭’‬Imperial College de Londres et‭ (‬brièvement‭)‬ à l‭’‬Université de Priceton aux États-Unis‭ portaient sur‬ les risques radiologiques du retraitement du combustible nucléaire.
J‭’‬ai travaillé en tant que fonctionnaire‭ ‬à la réglementation des risques radiologiques‭ ‬des centrales nucléaires.
De‭ ‬2000‭ ‬à‭ ‬2004,‭ ‬j‭’‬ai‭ ‬dirigé le secrétariat de la commission CERRIE du gouvernement britannique sur les‭ ‬risques des rayonnements internes.
Après avoir quitté la fonction publique,‭ ‬j‭’‬ai été consultant en‭ ‬matière de rayonnements auprès du Parlement européen,‭ ‬de gouvernements locaux et‭ ‬régionaux,‭ ‬d‭’‬ONG‭ ‬environnementales et de particuliers.
Mes domaines d‭’‬intérêt sont les doses de radiations et les risques dus aux rejets radioactifs des installations nucléaires.


Notes‭

(ces notes sont de «Vivre après Fukushima»)

1-‭ ‬Pics de pollution
Les calculs officiels utilisent la moyenne sur une année des émissions radioactives des centrales nucléaires en fonctionnement normal.
En réalité,‭ ‬ces émissions ne sont pas régulières‭; ‬en particulier les opérations d‭’‬entretien provoquent de gros‭ ‬pics de pollution.
Les autorités nucléaires qui font leurs calculs sur la moyenne annuelle des émissions radioactives,‭ ‬trouvent qu‭’‬elles sont trop faibles pour qu‭’‬il y ait un risque de provoquer des cancers.
C’est en contradiction avec les études sur le terrain des épidémiologistes qui constatent partout une augmentation nette du nombre de leucémies infantiles autour des centrales nucléaires.

Ian Fairlie pense que l‭’‬explication est dans ces pics de pollution qui entraînent des contaminations ponctuelles importantes des populations vivant autour des centrales.

2- Statistiques
Les calculs statistiques en épidémiologie sont généralement considérés comme fiables‭ ‬,‭ ‬significatifs,‭ ‬s‭’‬ils atteignent une probabilité de‭ ‬90%‭ ‬:‭ ‬il‭ ‬y a‭ ‬90‭ ‬chances sur cent que telle cause produise tel effet.Le lobby nucléaire tente d’imposer une certitude à 95%
Pour atteindre ces précisions en épidémiologie, il faut étudier des populations suffisamment nombreuses; ne pas se limiter à celles qui vivent dans les 5 km d’une seule centrale, travailler sur plusieurs sites. D’où l’intérêt de regrouper suffisamment d’études au niveau international.

‭3- Les cancers solides: ce sont les tumeurs cancéreuses, où qu’elles soient,
en oposition aux
‭Leucémies qui sont un cancer de la moëlle osseuse et du sang.


Les références données par Ian Fairlie dans l’article traduit ci-dessus:

REFERENCES

Bithell JF, M F G Murphy, C A Stiller, E Toumpakari, T Vincent and R Wakeford. (2013) Leukaemia in young children in the vicinity of British nuclear power plants: a case–control study. Br J Cancer. advance online publication, September 12, 2013; doi:10.1038/bjc.2013.560.

Bunch KJ, T J Vincent1, R J Black, M S Pearce, R J Q McNally, P A McKinney, L Parker, A W Craft and M F G Murphy (2014) Updated investigations of cancer excesses in individuals born or resident in the vicinity of Sellafield and Dounreay. British Journal of Cancer (2014), 1–10 | doi: 10.1038/bjc.2014.357

Fairlie I (2013) A hypothesis to explain childhood cancers near nuclear power plants. Journal of Environmental Radioactivity 133 (2014) 10e17

Gardner MJ, Snee MP; Hall AJ; Powell CA; Downes S; Terrell JD (1990) Results of case-control study of leukaemia and lymphoma among young people near Sellafield nuclear plant in West Cumbria. BMJ. 1990;300:423–429.

Kaatsch P, Spix C, Schulze-Rath R, Schmiedel S, Blettner M. (2008) Leukaemia in young children living in the vicinity of German nuclear power plants. Int J Cancer; 122: 721-726.

Körblein A and Fairlie I (2012) French Geocap study confirms increased leukemia risks in young children near nuclear power plants. Int J Cancer 131: 2970–2971.

Spycher BD, Feller M, Zwahlen M, Röösli M, von der Weid NX, Hengartner H, Egger M, Kuehni CE. Childhood cancer and nuclear power plants in Switzerland: A census based cohort study. International Journal of Epidemiology (2011) doi:10.1093/ije/DYR115. http://ije.oxfordjournals.org/content/early/2011/07/11/ije.dyr115.full.pdf+html


En Bref : Archives Infos du Net (UPDATE : 31/05/2014)

En Bref : Archives Infos du Net

Les dividendes ont augmenté de 31% dans le monde depuis 2013

source : http://www.bastamag.net/Les-dividendes-ont-augmente-de-31

27/05/2014

 

Des ultrasons pour sécuriser vos transactions

source : http://www.datasecuritybreach.fr/des-ultrasons-pour-securiser-vos-transactions/

26/05/2014

Areva et le Niger signent un accord sur l’exploitation des gisements d’uranium

source : http://www.la-croix.com/Actualite/Economie-Entreprises/Economie/Areva-et-le-Niger-signent-un-accord-sur-l-exploitation-des-gisements-d-uranium-2014-05-26-1156482

26/05/2014

Kirghizstan : Min Kush, « ville fantôme » pour l’éternité ?

source : http://www.diploweb.com/Kirghizstan-Min-Kush-ville-fantome.html

22/05/2014

 

Les députés opposés à la surveillance des contenus porno sur Internet

source : http://www.nextinpact.com/news/87614-des-deputes-ump-pronent-surveillance-contenus-pornographiques.htm

22/05/2014

 

Non le numérique ne sauvera pas la démocratie!

21/05/2014

 

Un « tsunami » nommé Modi

source : http://blog.mondediplo.net/2014-05-20-Un-tsunami-nomme-Modi

20/05/2014

 

Computrace – Le mouchard universel présent sur les PC, Mac et appareils Android

source : https://korben.info/computrace-lojack-absolute.html

20/05/2014

L’opinion selon BVA : Marine Le Pen progresse… en régressant

source : http://www.acrimed.org/article4350.html

19/05/2014

La NSA a modifié des routeurs américains avant leur vente à l’étranger

source : http://www.nextinpact.com/news/87527-la-nsa-a-modifie-routeurs-americains-avant-leur-vente-a-etranger.htm

14/05/2014

 

Canada : le marchand de sables

De Sébastien Mesquida, Gildas Corgnet et Yann Le Gléau – ARTE GEIE/What’s Up Productions – France 2013

Source : http://www.arte.tv

Photos : © What’s Up

Demandez à un Américain d’où vient son pétrole, il répondra sans hésitation : « Du Middle East » ! Mais ce sont en fait les sables bitumineux du Canada qui fournissent aux Etats-Unis la majeure partie de son pétrole brut.

Plus de deux millions de barils passent la frontière chaque jour. La manne est immense et les conséquences environnementales désastreuses : le Canada a même dû claquer la porte du protocole de Kyoto pour vendre son sable pétrolifère.

La région de l’Alberta ne vit plus que pour son sous-sol. Du pétrole suintant de marécages bruns. Fort McMurray, la petite ville qui trône sur cette montagne d’or noir, est saturée d’habitants. Les maisons arrivent par la route, en préfabriqué, pour héberger ouvriers et entrepreneurs qui se ruent sur la ville. Avec la montée des cours, le pétrole d’Alberta est devenu économiquement rentable et le Canada en regorge : 169 milliards de barils, la deuxième réserve prouvée après l’Arabie Saoudite.

Mais le coût écologique de l’extraction est si exorbitant que les opposants font bloc. La production d’un baril de brut d’Alberta est dix fois plus énergivore que celle d’un baril conventionnel. Il faut consommer huit volumes d’eau pour en extraire une de brut ! Une eau qui devient extrêmement toxique et qui doit ensuite être stockée dans d’immenses bassins de décontamination.

Le Canada a fait un choix. Le pays a quitté le protocole de Kyoto car l’extraction des sables faisait exploser son quota de gaz à effet de serre. Une honte nationale pour beaucoup de Canadiens. Plus grave, les populations indiennes qui résident dans la zone d’exploitation sont en danger. Un taux de cancer de 20 à 30% supérieur à la moyenne. Mais la pression de l’opinion et l’image écornée du pays n’y font rien, le Canada est devenu l’un des plus grands marchands de pétrole de la planète.

CONNEX :

Documentaire : Fort McMurray, la ruée vers l’or noir

Jeu – Documentaire : « Fort McMoney »

Torrent : SABLES BITUMINEUX, LE POINT TOURNANT

La Corne d’Afrique et la malédiction du pétrole

Réalisation : Alexandre Trudeau  , Jonathan Pedneault

2012

Source : http://www.arte.tv

Capture de La Corne d'Afrique et la malédiction du pétrole_Arte_2014_01_14_23_26.mp4Depuis la découverte d’hydrocarbures dans la Corne de l’Afrique, la région, déjà mise à mal par les conflits « internes » aiguisés par les appétits extérieurs, est devenue plus stratégique encore. Les pays occidentaux n’y règnent plus en maîtres. De nouvelles puissances mondiales, notamment la Chine, entrent dans le jeu, attirées par les ressources disponibles de la région. Sur le pourtour de l’océan Indien, des mouvements politiques d’opposition se réveillent, tandis que les bouleversements politiques dans le monde arabe modifient les alliances et les forces en présence. Et la « communauté internationale » vient de reconnaître son échec relatif dans la lutte contre la piraterie qui sévit sur le golfe d’Aden et l’océan Indien. Dans un contexte d’insécurité généralisé, les réalisateurs canadiens Alexandre Trudeau et Jonathan Pedneault ont interrogé politiques et experts internationaux pour comprendre comment la course aux ressources énergétiques a forgé de nouvelles règles du jeu.

Voir le Documentaire ICI ou ICI