Plus de gaz pour sauver le climat ? La grande offensive de greenwashing des majors pétrolières

Par Olivier Petitjean

04/06/2015

Source : http://multinationales.org

Le 26e Congrès mondial de l’industrie gazière mondiale vient de se tenir à Paris. L’occasion pour les grandes majors des hydrocarbures comme Total, Engie (GDF Suez) Chevron, ExxonMobil ou Shell de mettre en avant leur vision de la lutte contre le changement climatique et de la transition énergétique : développer le gaz, présenté comme la « moins sale » des énergies fossiles. Sauf que le gaz reste bien une énergie sale, particulièrement lorsqu’il s’agit de gaz non conventionnel, et que son développement ne peut que se faire au détriment des énergies renouvelables et d’une véritable transition énergétique.

Dans les colonnes de Libération, Coralie Schaub explique de manière très claire les « raccourcis » auxquels se livrent les majors pour présenter le gaz comme une énergie propre.

L’exemple de l’exploitation gazière de Total au Nigeria, sur le territoire du peuple Egi, suffit à montrer qu’il n’en est rien (lire notre enquête). Les problèmes sanitaires et environnementaux occasionnés par le gaz sont même potentiellement plus graves que ceux occasionnés par le pétrole, parce qu’il se diffuse plus rapidement et largement. Au Nigeria Total recourt aussi encore à la pratique controversée du torchage du gaz, source de pollution de l’air et de pluies acides (en plus de constituer un gâchis économique).

En outre, le gaz est en fait aussi polluant que le charbon lorsqu’il provient de sources non conventionnelles :

Certes, le gaz fossile « conventionnel » est moins nocif pour le climat que le charbon. Ce dernier émet « plus du double » de gaz à effet de serre, rappelle Alain Grandjean, du cabinet Carbone 4. « Le gaz est aussi préférable au fioul comme combustible dans les camions et les voitures. » Mais, précise-t-il, cela n’est valable que si celui-ci est « produit et transporté sans fuite, ce qui n’est pas le cas du gaz de schiste ». Car la fracturation hydraulique, seule technique permettant aujourd’hui d’extraire les gaz et pétroles de schiste, entraîne d’importantes fuites de méthane, qui s’ajoutent à celles qui ont lieu lors du transport, du traitement et de la distribution du gaz. Or le méthane est un gaz très réchauffant, 25 fois plus que le dioxyde de carbone (CO2). Selon des études de la National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) et de l’université de Cornell, il y a de 6 à 12% de fuites de méthane lors de la production de gaz et huiles de schiste. Or, au-delà de 3% de fuites, il est considéré que le gaz de schiste contribue autant au réchauffement climatique que le charbon…

Gaz contre charbon

L’offensive publicitaire des majors du gaz – y compris leur plaidoyer pour la fixation d’un prix du carbone – vise surtout à promouvoir leur source d’énergie aux dépens, d’une part, de la concurrence du charbon, mais aussi et surtout d’une véritable transition énergétique. Déjà, au niveau européen, sur fond de crise diplomatique avec la Russie, principal fournisseur de gaz de l’Union, on assiste à des pressions pour diriger les investissements dans le secteur de l’énergie vers les grandes infrastructures gazières plutôt que vers l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

La promotion du gaz passe donc, pour les majors, par le sacrifice apparent du charbon. C’est ainsi qu’Engie (ex GDF Suez) a fini par annoncer qu’elle ne s’engagerait pas dans un projet de nouvelle centrale au charbon de Thabametsi, en Afrique du Sud, que dénonçait depuis plusieurs mois une coalition d’ONG françaises et sud-africaines (lire le communiqué de presse des Amis de la terre). Un geste positif, mais l’entreprise énergétique possède encore les centrales électriques au charbon parmi les plus polluantes au monde (lire ici et ici) et continue à construire de nouvelles centrales au charbon géantes ailleurs, comme celle de Safi au Maroc.

Hypocrisie

Quant à l’annonce par Total, le 1er juin 2015, de son « retrait » du charbon, difficile d’y voir autre chose que du cynisme. Il s’agit en effet d’une activité très marginale au sein de Total (quelques mines en Afrique du Sud), et cela fait plus de six mois que le groupe avait déjà indiqué vouloir les céder à l’entreprise sud-africain Exxaro, dans le cadre de son plan d’économies et non pour des raisons environnementales ! L’entreprise pétrolière n’a ressorti de son chapeau cette transaction – qui doit encore être validée par le gouvernement sud-africain – qu’à des fins purement publicitaires.

La direction de Total fait valoir, en cette année de Conférence climat à Paris, que le groupe produit désormais davantage de gaz que de pétrole. Mais cela s’explique surtout par le fait que la production pétrolière de Total est en chute continue depuis dix ans, malgré des investissements sans précédents pour trouver de nouveaux gisements de pétrole. Total n’hésite pas non plus à poursuivre le développement des ressources fossiles parmi les plus polluantes et les plus émettrices de gaz à effet de serre, comme le pétrole issu des sables bitumineux. (Sur toutes ces questions, voir notre « bilan annuel » de Total.)

Olivier Petitjean

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Photo : Ken Doer CC

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Nucléaire : la politique du mensonge ?

Une enquête de Lamia Belhacène
Production : TAC Presse – Avec la participation de CANAL+

2015

Source : http://www.canalplus.fr

Affaire Le Paon, scandales du comité d’entreprise de Disney, d’EDF ou de la RATP… L’argent est une question sensible quand elle touche aux syndicats. Gestion dispendieuse ou opaque, manque de contrôles, financements complexes, les députés ont tenté d’y voir plus clair, il y a quatre ans, mais leur rapport a été enterré avant même d’être publié, une première sous la Vème république. L’argent des syndicats est une question taboue, la face cachée du dialogue social.

Ces organisations gèrent aujourd’hui un pactole annuel d’environ 4 milliards d’euros: adhésions de militants, financements publics et contributions des entreprises. En ces temps de moralisation de la vie publique, elles n’échapperont pas à plus de transparence. Le prix à payer pour éviter de nouveaux scandales, qui nuisent à leur image et à leur crédibilité, dans un pays où le taux de syndicalisation est déjà très faible (8%).

Pour SPECIAL INVESTIGATION Lamia Belhacène a enquêté sur les finances du syndicat numéro 1, la CGT. Elle a interviewé des militants et des responsables de l’organisation, dont certains témoignent pour la première fois. Elle s’est procuré des documents internes, a retrouvé trace de paiements secrets et a fait réagir Philippe Martinez, le nouveau secrétaire général de l’organisation.

Fukushima : Risques d’explosion dans les conteneurs contenant les boues radioactives stockées

By HIROMI KUMAI , Traduction Par

23/05/2015

Source : http://ajw.asahi.com

Fukushima Governor Masao Uchibori, right, is briefed on the ALPS system that removes radioactive substances from contaminated water at the Fukushima No. 1 nuclear power plant in November. (Pool)

Fukushima Governor Masao Uchibori, right, is briefed on the ALPS system that removes radioactive substances from contaminated water at the Fukushima No. 1 nuclear power plant in November. (Pool)

Les 1300 citernes en polyéthylène de 1,80m de haut sur 1,50m de diamètre où sont stockées les boues contaminées résiduelles après filtrage de l’eau (par le système ALPS) posent un risque d’EXPLOSION d’hydrogène. En effet, des gaz, dont de l’hydrogène, se forment au fond de ces citernes sous l’action des radionucléides ; le volume augmente et des fuites se produisent, au niveau des couvercles ou par des fissures. Les couvercles devaient être prévus pour laisser échapper les gaz, mais TEPCO vient de se rendre compte que ça n’était pas le cas pour toutes les citernes.


TEPCO a initialement trouvé des fuites sur 26 citernes puis sur 278, enfin sur 333, soit environ 1/4 ou un peu plus de l’ensemble des conteneurs. L’électricité statique pourrait suffire à provoquer une explosion. Ces boues résiduelles sont extrêmement radioactives.
 

 

Risk of hydrogen explosion from leaking containers at Fukushima plant

By HIROMI KUMAI/ Staff Writer

Inspections of containers holding contaminated water at the Fukushima No. 1 nuclear power plant found that at least 10 percent have leaks, which could trigger a hydrogen explosion.

Tokyo Electric Power Co., the plant’s operator, reported its findings at a meeting with a study group from the Nuclear Regulation Authority on May 22. It said no radioactive water was found to have escaped outside the concrete structures that encase the containers.

According to TEPCO, there were about 1,300 such containers at the plant as of May 20.

They store waste water from the ALPS (advanced liquid processing system) equipment that removes radioactive substances from contaminated water.

The containers, which are made of polyethylene, are 1.8 meters high and have diameters of 1.5 meters.

The first leak was discovered in a lid on April 2.

TEPCO began inspecting others to see if they had similar problems. Of the 278 it had examined by May 20, it found 26 had some sort of leak or were bleeding from their lids.

The operator said the leaks and bleeding were likely caused by hydrogen and other types of gases that resulted from the water’s exposure to high levels of radiation.

Such gases appear to have accumulated in sediment at the bottom of the containers, expanding the volume of the liquid.

An NRA official said the accumulating hydrogen poses a potential danger.

“If the concentration level is high, a spark caused by static electricity could cause a container to explode,” the official said.

Although all the lids of the containers were supposed to be fitted with pressure-release valves to allow gasses to escape, TEPCO’s survey found that one did not have the mechanism.

Further review of the delivery records for the containers showed there may be as many as 333 that are also defective, a TEPCO official said.

By HIROMI KUMAI/ Staff Writer

LES CHINOIS ÉTOUFFENT

Source : http://ddc.arte.tv

05/2015

VIDEO

EN BREF

Puissance économique de premier plan, la Chine a connu un rythme de croissance exceptionnel, que nul autre pays n’avait expérimenté auparavant. Et s’il a permis de sortir une partie de la population de la pauvreté, le développement du pays a aussi provoqué une crise écologique majeure. Le Dessous des Cartes se penche aujourd’hui sur les conséquences environnementales du développement de la Chine.

L’évolution du PIB de la Chine

L’évolution du PIB de la Chine

Voici la courbe de progression du PIB de la Chine depuis le lancement de la réforme économique, au début des années 1980, calculé en dollars constants. En 30 ans, ce PIB a été multiplié par 20, et il est, en 2013, de près de 5 000 milliards de dollars, ce qui place désormais la Chine au deuxième rang mondial, derrière les États-Unis.
L’évolution des émissions de CO2 en Chine

L’évolution des émissions de CO2 en Chine

Voici maintenant la courbe de progression des émissions de CO2 de la Chine, en millions de tonnes, pour les mêmes dates. On voit qu’il y a une corrélation avec la courbe du PIB. Et si on compare avec l’évolution des émissions de CO2 des États-Unis, on observe que la Chine les a dépassés à partir de 2007. Elle est donc devenue la première puissance émettrice de CO2 au monde. Cela s’explique notamment par le fait que la croissance économique entraîne une demande accrue en énergie et donc une pollution de plus en plus importante. Et cette pollution dépend du type d’énergie utilisée.
La répartition des types d’énergie utilisée en Chine

La répartition des types d’énergie utilisée en Chine

Sur ce graphique, on peut voir la part des énergies utilisées en Chine : nucléaire, renouvelable (solaire et éolien), gaz naturel, hydroélectricité, pétrole et charbon. Ainsi, 77 % de l’énergie primaire utilisée en Chine vient du seul charbon, ce qui est considérable. Après les États-Unis et la Russie, la Chine dispose des troisièmes réserves de charbon au monde.
Les gisements de charbon en Chine

Les gisements de charbon en Chine

Vous voyez, en noir sur cette carte, la localisation des gisements de charbon en Chine, dont les plus grandes réserves se trouvent au Nord du pays. Les points rouges représentent les sites d’usines, aciéries et sites industriels, qui utilisent cette ressource. Une grande partie de ces usines est éloignée des principaux gisements de charbon. On estime que le pays met en service deux usines à combustion de charbon chaque mois, pour augmenter sa capacité de production, améliorer la propreté du parc existant, mais aussi pour rapprocher les usines des gisements.
Les régions touchées par le smog en 2013

Les régions touchées par le smog en 2013

Or, la combustion du charbon est très émettrice de CO2 et donc très polluante. Cette carte nous donne justement une idée des régions les plus polluées de Chine. Les zones marron indiquent les régions qui ont connu le plus de jours de smog en 2013, c’est-à-dire de nuages dus à la pollution. Elles correspondent aux régions où se trouvent de nombreuses usines utilisant le charbon mais aussi à la localisation des grandes villes. Ce type de smog peut toucher jusqu’à 17 provinces sur 28, ce qui ferait environ 600 millions de personnes, soit près de la moitié de la population de la Chine !
La pollution automobile

La pollution automobile

L’autre facteur de la pollution de l’air, c’est l’explosion du parc automobile : depuis 2010, la Chine est le premier marché de véhicule particulier au monde. Elle immatricule une voiture toutes les 4 secondes. Il y a 75 millions de véhicules particuliers en 2015, et ce chiffre pourrait tourner autour de 230 millions en 2020. Pékin, la capitale, compte 250 000 voitures de plus chaque année, alors que ce nombre est limité par la réglementation. On estime qu’à Pékin, la circulation est responsable de 58 % des émissions de monoxyde d’azote et de 25 % des émissions de particules fines.
Les particules fines

Les particules fines

Vous voyez sur cette carte les régions (en rouge) les plus touchées par la présence de particules fines dans l’air. Les particules fines proviennent des fumées issues de la combustion du charbon et des vapeurs d’automobiles. La concentration de particules fines dans l’Est de la Chine est l’une des plus élevées au monde, justement dans les régions où il y a un grand nombre d’usines utilisant le charbon.
La mortalité respiratoire prématurée en Chine

La mortalité respiratoire prématurée en Chine

Or, les particules fines pénètrent dans les voies respiratoires. Il a été d’ailleurs constaté que les fréquents pics de pollution entraînaient une augmentation immédiate de 20 à 30 % des consultations respiratoires dans les hôpitaux. Et si on regarde une carte de la mortalité respiratoire prématurée en Chine, on constate que les régions les plus touchées se trouvent à l’Est du pays.
Les régions touchées par les pluies acides en Chine

Les régions touchées par les pluies acides en Chine

Mais il n’y a pas que la pollution atmosphérique, il y a aussi la pollution de l’eau. Vous voyez sur cette carte en rouge les régions les plus touchées par les pluies acides. Elles correspondent là encore aux régions où se trouvent de nombreuses usines et grandes villes.
La pollution de l’eau

La pollution de l’eau

Alors comment marche ce phénomène ? Relâchées dans l’atmosphère, les particules polluantes retombent sur le sol mais contaminent aussi l’atmosphère et augmentent l’acidité des pluies. Tout cela a bien sûr des conséquences sur l’eau, c’est-à-dire sur les nappes souterraines, sur la fourniture d’eau potable, sur les réseaux d’irrigation, donc l’agriculture et les écosystèmes, et enfin sur la pêche côtière ou les fermes aquacoles, entraînant une pollution de la chaîne alimentaire.
Les manifestations contre la pollution

Les manifestations contre la pollution

Or, c’est la pollution de l’eau, plus encore que celle de l’air, qui est aujourd’hui en Chine la première cause des mécontentements et des manifestations. Vous voyez sur cette carte quelques unes des nombreuses manifestations qui illustrent le mécontentement de la population à l’égard des dégradations environnementales du pays. Ce mécontentement s’exprime aussi par des dépôts de plainte aux centres locaux de protection environnementaux. Ces plaintes sont passées de 300.000 en l’an 2000, à plus de 700.000 en 2010.

Lectures

Chine brune ou Chine verte ? – Les dilemmes de l’État-parti (Broché)Benoît Vermander
Les Presses de Sciences Po2007Présentation de l’ouvrage

De par son poids économique et stratégique, les défis que doit relever la Chine sont aussi des enjeux planétaires.

Le site des Presses de Sciences Po offre un résumé, le sommaire et une interview de l’auteur de l’ouvrage.

À propos de l’auteur

Le jésuite Benoit Vermander, docteur en sciences politiques, est directeur de l’Institut Ricci de Taipei et de la revue de l’Institut : Renlai.

Les publications de Benoit Vermander sont disponibles sur Cairn, dont le récent article « Développement durable et responsabilité sociale des entreprises en Chine contemporaine » pour Hérodote.

Histoire de la pensée chinoise (Broché)Anne Cheng
Points Essais/Le Seuil01/10/2014Présentation de l’ouvrage

La réédition en format poche de l’ouvrage de référence d’Anne Cheng, titulaire de la chaire “Histoire intellectuelle de la Chine” au Collège de France, est présentée en détails sur le site de l’éditeur.

Un compte-rendu en est proposé par Jacques Ghiloni pour Lecture Revues.

À propos de l’auteure

On peut découvrir Anne Cheng lors d’un entretien avec Laure Adler en début d’été 2014 pour son émission Hors Champs.

Fayard a publié la leçon inaugurale intitulée « La Chine pense-t-elle ? » que l’auteure prononça fin 2008 au Collège de France.

Elle présente pour l’année 2014/2015 un cycle de cours intitulé « Humanisme et ritualisme en Chine ancienne et contemporaine« .

De l’Être au Vivre – Lexique euro-chinois de la penséeFrançois Jullien
Gallimard01/03/2015Présentation de l’ouvrage

François Jullien présente ainsi son ouvrage : « Dans quels termes penser quand le monde est en voie de penser dans les mêmes ? … Au lieu donc de prétendre identifier des « différences » qui caractériseraient les cultures, je cherche à y détecter des écarts qui fassent reparaître du choix et remettent en tension la pensée. C’est seulement à partir d’eux, en effet, qu’on pourra promouvoir un commun de l’intelligible qui ne soit pas fait de slogans planétarisés. … Et voici que, en dessinant une sortie de la « question de l’Être », c’est du même coup une nouvelle pensée du vivre que capte, dans ses mailles, ce filet. »

La natureYue Dai Yun et Anne Sauvagnargues
Desclée de Brouwer1999Présentation de l’ouvrage

Si, dans la civilisation chinoise, la nature précède la pensée, si la présence de la rivière, de la montagne, de la brume (paysage se nomme « montagne(s)-eau(x) ») tiennent autant de place dans le quotidien, l’Europe, elle, rêve plutôt de pierres, et cherche à contrôler et à domestiquer la nature.

Yue Dai Yun, professeur de lettres chinoises à l’université de Pékin, et Anne Sauvagnargues, philosophe, confrontent leur expérience de la nature et nous invitent à considérer autrement le monde qui nous entoure.

Le livre, encore disponible chez l’éditeur, est aussi accessible sur le site VertigO, la revue électronique des sciences de l’environnement.

Anne Sauvagnargues a publié ouvrages et articles dont la liste et les textes sont consultables sur le site Cairn.

Discovering Nature: Globalization and Environmental Culture in China and TaiwanRobert P. Weller
Cambridge University Press01/02/2006Présentation de l’ouvrage

Le livre, très documenté, décrit les transformations extraordinaires qui ont eu lieu dans les réponses chinoises et taïwanaises aux problèmes environnementaux du XXe siècle et au-delà. Il montre aussi comment la circulation mondiale des idées occidentales sur la nature a interagi avec les traditions chinoises.

Un ouvrage qu’a lu et commenté, pour le site Non-fiction, Frédéric Keck, chargé de recherches au CNRS.

À propos de l’auteur

Robert P. Weller est professeur d’anthropologie et chercheur associé de l’Institut de la culture, de la religion et des affaires mondiales à l’Université de Boston.

qióngdǐng zhī xià (Sous le dôme – enquête sur le brouillard chinois)Chai Jing
Production personnelle0/2015Présentation de l’ouvrage

Documentaire chinois sur la pollution atmosphérique des grandes agglomérations chinoises, réalisé par Chai Jing, ancienne présentatrice vedette de CCTV2, réseau télévisuel d’État.

Si Harold Thibault, correspondant du journal Le Monde, rappelait début mars que « le nouveau ministre de l’environnement, Chen Jining, un universitaire spécialiste des questions d’écologie, s’est félicité, après avoir vu le film, que Mme Chai attire l’attention de la population sur l’environnement sous l’angle de la santé publique », il n’a pas fallu longtemps aux autorités chinoises pour faire disparaître le film du web chinois comme l’explique la page du site de la Fédération internationale des journalistes.

Toujours visible par ailleurs, le documentaire en chinois a vu ses traductions s’améliorer. Il a été récemment traduit en français par Frédéric Dalléas et Jef Jaquier sur YouTube.

Le twitter chinois de Chai Jing est toujours accessible sur Weibo ainsi que son blog sur Sina.

« À Fukushima, la population est dans une situation inextricable »

Par Louise Lis

11/03/2015

Source : https://lejournal.cnrs.fr

Logements provisoires pour personnes déplacées à Minamisoma, Japon.

Quatre ans après l’explosion d’une centrale nucléaire à Fukushima, le sort des populations concernées est loin d’être réglé. La chercheuse Cécile Asanuma-Brice décrypte la politique qui vise à inciter ces personnes à réintégrer les zones encore contaminées.

Résidente au Japon depuis près de quinze ans, Cécile Asanuma-Brice travaille au bureau du CNRS à Tokyo et est chercheuse associée au centre de recherche de la Maison franco-japonaise de Tokyo et au Laboratoire international associé « Protection humaine et réponse au désastre » (HPDR) créé par le CNRS et d’autres institutions françaises et japonaises, à la suite de la catastrophe de Fukushima. Le 11 mars 2011, un tremblement de terre suivi d’un tsunami avait provoqué l’explosion, le lendemain, d’une centrale nucléaire dans cette région.

Combien de personnes restent déplacées ? Dans quelles conditions vivent-elles ?
Cécile Asanuma-Brice :
Le gouvernement japonais fait état de 118 812 personnes déplacées1, dont 73 077 à l’intérieur du département de Fukushima et 45 735 à l’extérieur, ce qui représente une baisse puisque les mêmes statistiques officielles affichaient 160 000 personnes déplacées en 2011, quelques mois après la catastrophe. En réalité, le nombre de personnes déplacées est bien plus élevé que cela. Car le système d’enregistrement mis en place par l’Administration est extrêmement contraignant et une partie non négligeable des habitants n’a pas voulu s’y plier. J’ai personnellement interviewé plusieurs familles regroupées au sein d’associations qui ont refusé cet enregistrement, car cela aboutissait à leur faire perdre des droits, notamment quant à la gratuité de leur suivi médical.

Dans un premier temps, le gouvernement japonais a ouvert à la gratuité le parc des logements publics vacants sur l’ensemble du territoire aux personnes qui souhaitaient s’installer ailleurs. Cette mesure était positive, même si elle ne s’est pas accompagnée de politiques d’aide à l’emploi qui auraient permis une intégration durable des nouveaux migrants dans les territoires d’accueil. En outre, cette directive a pris fin en décembre 2012. Simultanément, des logements provisoires ont été construits mais en partie sur des zones contaminées selon la carte de répartition de la contamination produite par le ministère de la Recherche du gouvernement japonais.

Dans la loi, la vie dans ces logements est limitée à deux ans en raison de l’inconfort des lieux. Mais le provisoire est en train de durer. Les réfugiés qui vivent sur ces terrains vacants aux marges des villes ont à leur charge la consommation d’électricité, de gaz et d’eau, et sont également contraints d’acheter les aliments qu’ils produisaient autrefois, la plupart d’entre eux étant fermiers. Le revenu de compensation de 100 000 yens (environ 750 euros, NDLR) par mois qui leur est versé par Tepco, l’entreprise de gestion de la centrale, est insuffisant pour couvrir ces frais. Enfin, des logiques de discrimination commencent à apparaître, pointant les réfugiés comme des « assistés », ce qui est extrêmement mal considéré dans un pays qui place très haut la valeur du travail.

A Futaba, photo d'un couple

Les populations expriment-elles le souhait de rentrer chez elles ? Quel est l’état d’esprit dominant ?
C. A.-B. : Beaucoup de familles sont installées loin de leur village d’origine tandis que les pères continuent de travailler dans le département où elles vivaient. Une majorité d’entre elles sont propriétaires de leur maison ou appartement ; elles ont emprunté pour cela et il leur est par conséquent très difficile de tout abandonner sans l’application d’un droit au refuge, soit l’assurance d’une compensation financière et d’une aide à la recherche d’emploi dans la région d’accueil. Cela serait envisageable si l’on considère les sommes faramineuses consacrées à la décontamination inefficace des territoires. Ces habitants sont mis dans une situation inextricable et cela se traduit par un taux de divorce élevé, de même que celui des suicides et des dépressions nerveuses…

Néanmoins, le gouvernement entretient soigneusement l’idée d’un retour possible et tend à rouvrir progressivement les zones qui étaient interdites à l’habitation. Ainsi, la zone de réglementation spéciale qui recouvrait les neuf collectivités locales autour de la centrale a été totalement supprimée, ce qui recouvre une population de 76 420 personnes. Un peu moins de deux tiers d’entre elles – 51 360 personnes exactement – se trouvent dans la zone de « préparation à l’annulation de la directive d’évacuation » – dont le taux de contamination est en deça de 20 millisieverts (mSv) –, ce qui signifie qu’elles peuvent se déplacer librement dans cette zone durant la journée afin d’entretenir leur habitat ou d’y travailler. L’annulation de la directive a été effective en partie en 2014. Dans la zone de restriction de résidence, qui concerne 25 % des habitants (19 230 personnes), il est permis d’entrer et de sortir librement pendant la journée mais pas de travailler.

Vous dénoncez l’abus du concept de résilience, utilisé pour, dites-vous, « assigner la population à demeure ».
C. A.-B. : Pour convaincre les gens de revenir, les pouvoirs publics s’appuient sur le concept de résilience qui fait, en l’espèce, l’objet d’un abus épistémologique : des approches concernant la résilience psychologique, écologique et urbaine sont mélangées afin de suggérer l’abandon de la fuite à ceux qui obéiraient encore à leur instinct primaire d’angoisse face aux dangers ! La communication sur le risque joue un rôle important pour faire passer ce concept de résilience. Il faut faire admettre que nous vivons désormais dans « la société du risque » pour reprendre le titre d’un ouvrage d’Ulrich Beck qui a théorisé cette idée. La société du risque, selon lui, c’est une société où l’état d’exception menace d’y devenir un état normal. Dans le cas présent, les normes de protection sont bouleversées pour limiter la surface de la zone d’évacuation et permettre l’illusion d’un retour à la normal.

Ainsi, le taux de radioactivité dans l’air comme au sol excède par endroits dix à vingt fois le taux de contamination internationalement admis comme acceptable pour la population civile, soit 1 mSv/an. Dès avril 2011, les autorités ont relevé cette norme à 20 mSv/an dans la région la plus polluée, et il est actuellement question de la relever à 100 mSv/an ! Même chose dans l’alimentation, où le taux d’acceptabilité maximal de la radioactivité a varié. Cette stratégie de communication a disposé en 2014 d’un budget de plus 2 millions d’euros qui ont permis, si j’ose dire, « d’éduquer » aux risques sanitaires pour mieux rassurer, par le biais, par exemple, de l’organisation d’ateliers sur la radioactivité et le cancer destinés aux écoliers de classes primaires de la région de Fukushima, de la distribution de manuels scolaires apprenant à gérer la vie dans un environnement contaminé, ou encore de campagnes télévisuelles pour des produits frais en provenance de la zone contaminée vantant l’efficacité de la décontamination, qui n’a toujours pas été prouvée.

Fruits et légumes en provenance de la région de Fukushima et mis en vente

Cette stratégie repose sur un programme déjà appliqué à Tchernobyl.
C. A.-B. : Les acteurs impliqués dans la gestion du désastre japonais sont en partie les mêmes que ceux qui ont « géré » la crise nucléaire de Tchernobyl. C’est le cas notamment de Jacques Lochard, directeur du CEPN (Centre d’étude sur l’évaluation de la protection dans le domaine nucléaire), ainsi que du docteur Yamashita Shunichi, membre de la commission d’enquête sanitaire, l’un des premiers à avoir prôné le relèvement de la norme de sécurité à 100 mSv/an, ou encore du professeur Niwa de l’université médicale de Fukushima. Ce psychiatre argumente en faveur d’un retour des habitants en réponse aux taux de dépression et de suicide croissants liés à la douleur de l’éloignement de leur pays natal. De fait, les réfugiés sont privés de liberté de décision sur leur propre sort puisqu’on ne leur donne ni les moyens de pouvoir partir ni ceux de se réintégrer totalement. Autrement dit, on les contraint à devoir gérer leur quotidien dans un environnement contaminé. C’est justement l’objet du programme Ethos Fukushima, qui fait suite au programme Ethos Tchernobyl, l’un comme l’autre dirigés par Jacques Lochard et dans lesquels les docteurs Yamashita et Niwa jouent un rôle fondamental. Ce programme est basé sur le calcul du coût/bénéfice en matière de radioprotection et vise à apprendre aux habitants à gérer leur quotidien dans un environnement contaminé, la migration étant jugée trop coûteuse.

Ville de Tomioka, à quelques km de la centrale nucléaire.

Ce programme a également pour but de relancer l’économie dans les régions touchées par la catastrophe, en incitant à la consommation de produits alimentaires issus des zones contaminées. Des accords sont ainsi passés avec des chaînes de supermarchés présentes sur l’ensemble du territoire et qui orientent leur distribution vers la vente d’articles quasi exclusivement en provenance des territoires touchés.

Comment réagissent les populations concernées ?
C. A.-B. : Ce lavage de cerveau fonctionne en partie, même si la résistance est de taille compte tenu de l’enjeu sanitaire. Il est vrai que cette politique de communication va très loin dans la manipulation des esprits. C’est ainsi que sont organisés des ateliers qui consistent à faire redécouvrir aux enfants qui sont partis la culture du terroir de leur origine. Du personnel administratif de la préfecture de Fukushima, entre autres des psychologues, prend donc contact avec des familles sur leur lieu de refuge, leur expliquant qu’ils souhaitent organiser des rencontres entre les enfants du même âge des anciennes classes dissolues de la région afin qu’ils ne perdent pas contact. Là, ils les font cuisiner ensemble en leur expliquant, notamment, la provenance de chaque ingrédient (par exemple le terroir des grands-parents). Ainsi, on crée la nostalgie chez l’enfant que l’on culpabilise d’avoir abandonné ses amis et son pays natal. Tout cela est créé de toutes pièces mais fonctionne malheureusement. L’enfant, alors qu’il commençait enfin à recréer de nouveaux repères dans sa ville d’accueil, rentre dans sa famille en demandant la date à laquelle ils retourneront chez eux, à Fukushima… Certaines familles ne sont pas dupes et luttent pour l’organisation de réseaux d’accueil des réfugiés qui visent à les aider à mieux s’insérer et organisent des séances durant lesquelles on explique les pièges dans lesquels il ne faut pas tomber.

Notes

  • 1. Résultats de l’enquête de la préfecture de Fukushima au 30 janvier 2015.

 

Fukushima fête son 4ème anniversaire

Source : http://www.2000watts.org

11/03/2015

Aujourd’hui, une 4ème bougie a été ajoutée sur le gâteau d’anniversaire de la Centrale nucléaire de Fukushima. La tragédie débutée le 11 mars 2011 voit une légère amélioration, mais le plus gros reste à faire pour les 6’000 employés qui s’acharnent à maintenir la situation sous contrôle.

La radioactivité est toujours présente, 350m3 d’eau sont déversées quotidiennement sur les 3 réacteurs pour les maintenir entre 20 et 50 degrés. Les barres de combustible ont été retirées de la piscine no 4 et le sol va être congelé pour diminuer les fuites dans le Pacifique. Il reste les 160’000 personnes évacuées qui sont toujours logées dans des préfabriqués provisoire.

Naoto Matsumura : Le Dernier Homme de Fukushima

Il ne reste plus que des villages fantômes dans un cercle de 20 km autour de la Centrale ainsi que des montagnes d’énormes big bags remplis de terre radioactives dont personne ne veut.

Seul Naoto Matsumura vit encore à proximité. Sans aucune protection, cet homme s’occupe des chiens, des sangliers, des chats ou des vaches abandonnés à leur propre sort. Lire: Naoto Matsumura : Le Dernier Homme de Fukushima

Autours de la centrale la décontamination progresse mais elle est trop élevée pour y vivre de manière permanente pendant que le Gouvernement de Tokyo incite les habitants à retourner dans leurs villages et espère faire retomber la radioactivé à 1 millisievert/an. 1 mSv/a d’ici à quelques années.
Les 160’000 personnes évacuées sont toujours logées dans des préfabriqués provisoires et aucune solution durable est en vue.

Fukushima: 103 enfants atteints d’un cancer

Le gouvernement a « profité de l’occasion » de cette catastrophe nucléaire pour mener une campagne grandeur nature sur plus de 300’000 enfants habitant la Province dévastée.

En août 2014, 103 enfants âgés de moins de 18 ans au moment de l’accident ont développé un cancer de la thyroïde et le nombre de cancers confirmés après une intervention chirurgicale s’établit désormais à 57.  Lire Fukushima: 103 enfants atteints d’un cancer

 

L’eau: problème principal

Un travail considérable a déjà été réalisé avec d’énormes moyens techniques et financiers.  Ainsi le combustible de la piscine No4 a été entièrement enlevé, mais les 3 autres réacteurs restent une menace.

Pour cette année 2015, la gestion des eaux contaminées serait le principal défi. Quotidiennement, 350 m³ d’eau sont utilisés pour les maintenir à une température comprise entre 20 et 50 degrés.
Au contact des réacteurs, l’eau se charge en césium, strontium ou tritium. Elle s’écoule ensuite dans les sous-sols des réacteurs 1, 2, 3 et dans la nappe phréatique ainsi que dans le Pacifique.
Tepco pompe tous les jours 600 à 700 tonnes d’eau radioactive et tente d’éliminer les substances radioactives à par le tritium qui résiste. Une partie de cette eau est réintroduite dans le circuit de refroidissement et, pour le reste, elle est stockée dans plus de 1’000 réservoirs en attendant de pouvoir traiter ces 600’000 tonnes de liquide radioactif.

Plusieurs systèmes de décontamination ont dû être inventés. Les débuts chaotiques ont fait place à l’espoir et durant le milieu 2015, jusqu’à 2’000 m3 d’eau pourraient passer dans le système tous les jours. Seul le tritium passe entre les mailles du filet, mais c’est déjà ça.

Réduire la contamination du Pacifique

Evidemment que les fuites d’eau sont courantes et Tepco n’apporte pas toujours une réponse très rapide d’où le courroux du gouvernement Abe.

Pour diminuer l’impact sur l’océan Pacifique, Tepco espère geler le terrain autours de la centrale avec un mur de glace souterrain. Un liquide refroidissant canalisé dans 1’500 tuyaux pourrait être mis en service durant cette année.

L’entreprise est également en train de terminer une barrière d’étanchéité le long de l’Océan et de pomper l’eau de la nappe phréatique.

L’Agence Internationale de l’Energie Atomique suggère de rejeter dans l’océan l’eau qui est traitée. Le peu de radioactivité sera dissolu dans la masse et deviendra invisible.

 

Le meilleur pour la fin

Les opérations les plus dangereuses ont été conservées pour la fin. Il va falloir décontaminer les 3 réacteurs qui ont fondu et qui ont formé un magma de corium extrêmement radioactif. Celui-ci a perforé les réacteurs et se trouve dans le sous-sol des bâtiments tout en dégageant des émanations radioactives mortelles pour l’homme. Il faudra encore 10-15 ans avant d’y aller. Il faudra encore 30 à 40 ans pour rendre le chantier hors d’état de nuire.

La principale cause de mortalité dans les pays en voie de développement risque de vous surprendre

Ecrit parEnsia
Traduit par Marie Andre
23/01/2015

A landfill fire in Fada-Ngourma, Gourma Province, Burkina Faso. Photo by Flickr user lepetitNicolas. CC-BY-NC-SA 2.0

Ce post de Richard Fuller est publié par Ensia.com, magazine qui met en lumière des solutions environnementales internationales en action. Nous le reprennons ici conformément à un accord de partage de contenus.

Quelle est la cause de mortalité la plus importante dans les pays à faible et moyen revenus ?

A.  malnutrition et dénutrition
B.  tuberculose, malaria et sida
C.  pollution

Si vous avez répondu “C”, c’est la bonne réponse. Les expositions à la pollution des sols, de l’eau et de l’air (domestique et ambiante) ont tué 8,4 millions de personnes dans ces pays en 2012.

Une autre statistique vaut la peine d’être mentionnée: 9 millions de personnes dans le monde sont mortes à cause de la pollution en 2012, dont 8,4 millions dans les pays les plus pauvres. Ce n’est donc pas un problème de “pays riche”. C’est un problème qui touche les pays en voie de développement.

Pour illustrer ces chiffres, les statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé font état de 56 millions de personnes mortes en 2012 — il s’agit de toutes les personnes décédées sur la planète, que ce soit des suites d’accidents de voitures, de suicides, de vieillesse, de cancer, d’erreurs médicales, par la foudre, de maladies infectieuses, en parachute, à cause des guerres, ou pour toute autre raison. Ce qui signifie que la pollution a tué près d’1 personne sur 7.

La pollution de l’air extérieur a fait 3,7 millions de morts. 4,2 millions de personnes sont mortes des suites d’exposition à des particules, en intérieur, provenant de cuisinières. Environ 1 million de personnes sont mortes en raison de sols et d’eaux contaminées par des produits chimiques. Et 840.00 sont mortes des suites d’un manque d’hygiène. Tous ces chiffres proviennent des sites et bases de données de l’Organisation Mondiale de la Santé, sauf les statistiques concernant les sols, qui sont plus récentes (et vraisemblablement sous-estimées) et sont données par l’Alliance Globale pour la Santé et la Pollution.

Cette même année 2012, 625.000 personnes sont mortes de la malaria, 1,5 million du sida et 930.000 de la tuberculose. Ceci représente un tiers des morts dues à la pollution, et pourtant ce trio de maladies terribles draine 20 milliards de $ par an provenant des dons internationaux et des états.

Lent et insidieux

Il est important de faire remarquer que la pollution tue rarement directement et rapidement. Au contraire, elle provoque des des maladies cardiaques, des infections pulmonaires, des cancers, des maladies respiratoires ou des diarrhées. La pollution agit comme un catalyseur et fait augmenter le taux de ces maladies au-dessus de la normale. Pour cette raison, l’Organisation Mondiale de la Santé considère la pollution comme un facteur de risque – une menace pour la santé de l’homme similaire l’obésité, le tabac, la malnutrition ou le manque d’exercice. Mais la pollution est la championne des facteurs de risque. Au niveau mondial, ses prognostiques mortels dépassent de beaucoup ceux des autres facteurs de risque, quel que soit le contexte.

On a du mal à imaginer ce que cela représente. Essayez cependant d’imaginer ce scénario:

Chaque matin vous vous réveillez sur le sol sale d’une case que votre famille et vous même avez nettoyé avec force à l’aide de vieux tissus récupérés sur le site voisin d’un hôtel 5 étoiles en construction. Votre mari travaille 70 heures par semaine à trier des produits chimiques dans une usine de pesticides mal gérée. Récemment il est rentré à la maison en toussant et crachant du sang. Il maigrit et est de plus en plus fatigué, et vous voulez lui conseiller d’arrêter, mais comment faire? Le peu qu’il gagne sert à nourrir la famille.

Alors vous vous dirigez vers le point d’eau local avec votre seau en plastique. L’eau que vous puisez dans la mare est marron et sent les excréments, mais vous n’avez rien d’autre à boire. Vous essayez de la filtrer avec une étamine mais cela ne fait pas grand-chose. En même temps, l’usine qui se trouve à côté de votre bidonville, celle que l’administration avait fait fermer il y a peu, s’est remise en route – mais seulement la nuit. Ses cheminées crachent des colonnes d’une épaisse fumée, mais pas moyen de savoir ce qui brûle. La semaine dernière, l’aîné de vos enfants a toussé toute la nuit. Vos autres enfants sont maladifs et ont des difficultés à apprendre, même les concepts de base. Ni vos amis, ni votre famille ne peut vous aider, car, bizarrement, presque tout le monde dans le voisinage a les mêmes problèmes.

Notre économie est globale et il en va de même des polluants qu’elle génère.

Vous êtes l’un de ces pauvres empoisonnés, sans voix et sans espoir. Les lois qui pourraient exister pour combattre ces conditions de vie ne sont jamais appliquées. Vous ne pouvez pas simplement déménager pour une autre ville – il vous a fallu des années pour vous installer là où vous habitez. Et de tout façon, où iriez-vous exactement? Toutes les villes sont dans la même situation. Comme tous les défavorisés du monde, vous êtes devenu de la chair à canon dans la guerre actuelle pour la croissance.

Comment régler ce problème?

Notre économie est globale et il en va de même des polluants qu’elle génère. On peut maintenant mesurer dans d’autres pays l’air contaminé en Chine. On retrouve dans le poisson le mercure qui provient de mines d’or et de mines de charbon et on a trouvé de l’arsenic dans le riz.

Our economy is global and so are the pollutants it generates. Contaminated air from China can now be measured in other countries. Mercury from gold mining and coal plants can be found in fish, and arsenic has been found in rice.

De nombreuses industries hautement polluantes ont été transférées des pays développés vers les pays pauvres qui ont des lois environnementales moins contraignantes et une technologie moins avancée pour la gestion et le maniement des produits chimiques. Les technologies propres et la croissance verte sont possibles dans les économies émergentes et peuvent prévenir des dizaines d’années d’une prochaine contamination qui va nous atteindre tous. Les nations occidentales ont trouvé comment nettoyer la pollution et peuvent transférer leur technologie et financer les pays à faible et moyen revenu.

Inscrire prioritairement la prévention et la suppression des dégâts de la pollution ne sauvera pas seulement des vies, mais atténuera les changements climatiques et réduira les menaces contre la biodiversité. Quand on considère les priorités des programmes des principales organisations internationales, la faible importance donnée à la pollution fait peur, étant donné son impact. On peut en attribuer la raison au manque de prise de conscience ainsi qu’au fait de ne pas savoir par où commencer pour venir à bout de ces problèmes.

Il est primordial de s’assurer que la lutte contre la pollution fait partie des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, qui décrivent les modalités à venir pour un développement durable après l’expiration, cette année, des Objectifs du Millénaire pour le Développement, qui comporte des sujets comme la fin de la pauvreté grâce à une agriculture durable, la mise en place d’une éducation pour tous équitable et bien d’autres sujets. Le projet actuel ne prend pas en compte la pollution en tant que telle, bien que la pollution soit comprise dans les objectifs de santé. Le texte -sous-objectif 3.9- parle de réduire les décès et les handicaps dûs à tous les types de pollution. Il faut que cette phrase soit conservée dans le texte définitif, car les Objectifs de Développement Durable vont déterminer les efforts nationaux et internationaux des prochaines années.

L’Alliance Globale sur la Santé et la Pollution fait levier sur les ressources qui peuvent aider les pays à faible et moyen revenu à régler les problèmes prioritaires en terme de pollution. Outre l’éducation à toutes les formes de pollution, l’Alliance Globale sur la Santé et la Pollution aide les pays à:

  • identifier et évaluer les menaces des polluants toxiques, particulièrement sur les sites contaminés
  • créer un planning d’actions prioritaires pour les problèmes qui présentent un risque maximum pour la santé humaine
  • mettre en place des solutions pour sauver des vies

La technologie et les connaissances existent dans les pays riches pour répondre à cette menace sur la santé et l’économie. Des solutions peuvent être mises en place dans les pays à bas et moyen revenu pour un coût bien inférieur à ce qui est dépensé dans les pays occidentaux pour régler les séquelles des polluants toxiques provoqués par l’industrialisation.

Ceci veut dire que la pollution n’est pas inévitable. Le problème peut être résolu de notre vivant.

Richard Fuller est président de Pure Earth (anciennement Blacksmith Institute) et membre fondateur de Alliance Globale sur la Santé et la Pollution. Retrouvez-le sur Twitter @BlacksmithInst.

Arctique, la conquête glaciale

Réalisé par Tania Rakhmanova

Source : http://www.arte.tv

Documentaire (France, 84 min.) (2013)

VIDEOS : 1/2 , 2/2

L’Arctique sera-t-il la dernière grande réserve d’hydrocarbures mondiale ? La région attise les convoitises territoriales des grandes compagnies et des États. Ce documentaire édifiant recense tous les dangers qui menacent le pôle Nord.

Petits arrangements bruxellois entre amis du bisphénol A

Par Stéphane Horel

25/09/2014

Source : http://www.terraeco.net

 

Petits arrangements bruxellois entre amis du bisphénol A
(Crédit photo : stéphane horel)
Exclusif – Qui veut la peau des perturbateurs endocriniens ? Certainement pas le lobby de la chimie, qui tente par tous les moyens de ralentir les travaux de la Commission européenne, chargée de régler leur sort. Plongée dans les coulisses d’un thriller belge, où les héros portent un costume-cravate et une mallette en cuir.

Bye-bye, bisphénol A. D’abord interdit dans les biberons, bientôt retiré des contenants alimentaires, le produit chimique le plus célèbre des années 2000 semble en voie de disparition. Mais quid du bisphénol A dans les lunettes ou la coque des smartphones ? Et des phtalates, des PBDE et des PFOA, ces substances dont le nom fait postillonner ? Tapis dans les objets de consommation, embusqués dans votre goûter, aspergés sur les cultures, ils sont nombreux, dans la grande famille des perturbateurs endocriniens : environ 800. Sans doute plus. Aucune loi globale, pourtant, ne les encadre. Mais en 2009, les députés européens décident de combler ce vide. Ils donnent quatre ans à la Commission européenne pour s’équiper d’une réglementation spécifique et s’entendre sur les mots : qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ? Objectif : rédiger une définition. Deadline : décembre 2013. C’est le top départ d’une longue bataille d’influence dans les couloirs de la Commission.

Portrait-robot des suspects

A Bruxelles, où les ministères s’appellent « directions générales », la DG Environnement doit établir une liste de critères scientifiques qui permettront de dresser le portrait-robot des suspects. Pour Bjorn Hansen, chef de l’unité « produits chimiques, biocides et nanomatériaux », il s’agit « d’extraire des connaissances scientifiques les éléments nécessaires à la mise au point de ces critères ». En 2010, un rapport est commandée à une équipe de l’université anglaise de Brunel, dirigée par Andreas Kortenkamp, professeur de toxicologie, une sommité dans le domaine. Publié au début de l’année 2012, le rapport Kortenkamp explore les impacts démontrés sur les animaux sauvages et les effets soupçonnés chez l’homme.Parce que les perturbateurs endocriniens interagissent avec le système hormonal, les plus vulnérables sont les fœtus humains, façonnés par le jeu des hormones lors des neuf mois de grossesse. Des variations imprévues peuvent semer la mauvaise graine d’affections qui se manifesteront à la naissance – des malformations du pénis, par exemple – ou des décennies plus tard. Infertilité, cancer du sein ou de la prostate, obésité, diabète, troubles du développement : la liste est longue, très longue. « Il existe vraiment un très large consensus sur le fait que ces produits chimiques sont dangereux et nécessitent une approche spécifique en matière de réglementation », conclut Andreas Kortenkamp. Pour Bjorn Hansen, les bases scientifiques sont donc « suffisamment solides pour pouvoir élaborer des politiques publiques ». Mais elles ont le tort de menacer des intérêts colossaux.

Un vieux goût de tabac

Très vite, une première attaque paraît dans une revue scientifique. Elle reproche au rapport Kortenkamp son manque d’exhaustivité et des faiblesses méthodologiques. Elle est en fait financée par l’American Chemistry Council, le lobby américain de la chimie. L’industrie européenne a commandité une autre critique du rapport à Exponent, un cabinet de lobbying scientifique connu pour avoir défendu l’industrie du tabac contre les mesures de santé publique. Ce choix n’est pas un hasard. Créer une pseudo-controverse et attaquer la science indépendante quand elle risque de nuire au libre commerce, David Gee reconnaît ce script de très loin. « Des mémos explicites de l’industrie du tabac dans les années 1950 disaient : “ Si nous semons le doute dans l’esprit du public et des décideurs, nous pourrons protéger notre produit, la cigarette, pendant deux ou trois décennies ” », raconte cet ancien conseiller à l’Agence européenne pour l’environnement. Boîte à outils pour empêcher, retarder ou diluer la réglementation, cette stratégie de « manufacture du doute » est aujourd’hui bien documentée. Pourtant, elle fonctionne toujours. Ou presque.

Pressions et mauvais coups

Car la DG Environnement maintient son cap. Résolue à respecter le principe de précaution inscrit dans les textes européens, elle esquive les tentatives d’influence de l’industrie et les mauvais coups joués par ses collègues dans les autres services de la Commission. Sans parler de la pression de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne, qui défendent les mêmes critères que l’industrie.Les mois passent et elle ne plie toujours pas. L’industrie fulmine. La Commission l’a habituée à plus de complaisance. De rendez-vous formels en pince-fesses sponsorisés, entre 20 000 et 30 000 lobbyistes tissent leur influence dans la « bulle bruxelloise ». Avec sa petite armée de 150 employés, le Conseil européen de l’industrie chimique (Cefic) dépense près de 6 millions d’euros par an en lobbying. « L’industrie chimique a cette chance d’avoir suffisamment de moyens pour pouvoir démarcher absolument tout le monde : leurs ennemis, leurs alliés, et les indécis. Alors que les ONG, elles, n’ont les moyens que de se focaliser sur les indécis », décrypte Martin Pigeon, chercheur et militant à Corporate Europe Observatory (CEO), une association spécialisée dans l’influence des lobbys.

Le Cefic peut aussi compter sur ses camarades des pesticides – dont le lobby s’appelle l’Association européenne pour la protection des cultures (ECPA) –, qui seront particulièrement touchés par les critères. Côté ONG, une douzaine de personnes à tout casser suivent le dossier, selon Lisette van Vliet, conseillère en politiques publiques à l’ONG Health and Environment Alliance (Heal). « On est dans un rapport de forces où les intérêts publics et l’intérêt général sont en minorité. Et donc perdent, en général », précise Martin Pigeon.

A la fin du mois de mai 2013, la proposition de la DG Environnement est prête. Elle ne contient aucun des desiderata de l’industrie. Le 7 juin à 9 h 30, une matinée de réunion commence : toutes les DG de la Commission sont invitées à commenter le texte. A l’heure du déjeuner, la réunion se clôt sur un âpre désaccord. A 14 h 04, un e-mail fait tinter l’ordinateur de Marianne Klingbeil (ce courrier est reproduit pour la première fois à la fin de cet article). Cette fonctionnaire inconnue du grand public est l’une des secrétaires générales adjointes de la Commission. Or, le secrétariat général, c’est le sommet de la hiérarchie, celui qui détermine les priorités, qui tranche, qui décide de l’agenda. De tout. Ce message électronique est écrit par Bayer, multinationale allemande du médicament, des pesticides et des produits chimiques – dont le bisphénol A. 53 600 employés en Europe. Marianne Klingbeil est allemande. Bayer a écrit en allemand : « Nous vous demandons de vous prononcer en faveur de la mise en œuvre d’une étude d’impact. »

Déluge d’e-mails

D’une étude d’impact, il n’en a pourtant jamais été question. Ce type de travail consiste à évaluer les conséquences, positives ou négatives, d’une réglementation. Sauf qu’« il est beaucoup plus facile de chiffrer les coûts d’une réglementation que de chiffrer le bénéfice que cela représente pour la société de ne pas avoir de problèmes de fertilité pendant quarante ou cinquante ans », ironise David Gee. Pour Lisette van Vliet, « si on voulait retarder ou saboter l’impact des critères, ce serait une bonne manière de s’y prendre… ». Souvent favorables à l’économie, les études d’impact prennent un an. Au bas mot.Avec un déluge d’e-mails, l’industrie se déploie sur les fronts où les interlocuteurs sont plus attentifs à ses récriminations. En particulier à la DG Santé et Consommateurs, qui porte moins bien son nom que la DG Entreprises ou la DG Agriculture. Si la chimie joue dans le registre classique du chantage économique, l’industrie des pesticides agite, elle, la menace d’un effondrement des rendements agricoles. Partout, les deux chantent le couplet de l’étude d’impact. Car bien souvent, le lobbying consiste à asséner le même discours.

Le 4 juillet, au beau milieu de cette offensive, une revue scientifique de toxicologie publie un éditorial qui attaque la DG Environnement et son approche de précaution, « sans base scientifique ». Il reflète une position proche de celle de l’industrie. En pièce jointe au texte, une lettre envoyée à Anne Glover, la conseillère scientifique principale du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Si l’article est signé par 18 scientifiques, la lettre, elle, a recueilli 56 signatures. Elle date du 17 juin. La coïncidence est trop grosse pour en être une. Anne Glover réagit au quart de tour. Elle écrit au directeur de la DG Environnement (ce courrier est reproduit pour la première fois à la fin de cet article). Réclame des explications. Insinue que le travail a été bâclé. Fait remonter l’information. La deadline de décembre 2013 n’est pas respectée.

Le b.a.-ba du lobbying, dit-on, c’est de s’adresser à la bonne personne, au bon moment et avec le bon message. « J’ignore si elle a été orchestrée par l’industrie, dit Axel Singhofen, conseiller santé et environnement pour le Groupe des Verts / Alliance Libre au Parlement européen, mais cette initiative est si inhabituelle qu’on ne peut que s’interroger sur la crédibilité de ces scientifiques. »

Festival de conflits d’intérêt

Personne ou presque, dans ce curieux bataillon, ne travaille sur les perturbateurs endocriniens. Sur les 18 éditorialistes, 17 sont liés à l’industrie par des contrats de consultant ou de financement de recherches. Chimie, pesticides, biotechnologies, cosmétiques : à l’exception, remarquable, d’une poignée de vétérans de l’industrie du tabac, des secteurs touchés par la future réglementation. Du côté des signataires de la lettre à Anne Glover, ce sont 33 des 56 scientifiques qui ont des liens avec l’industrie. Un joli festival de conflits d’intérêts révélé par une enquête du site Internet d’information américain Environmental Health News.« A ce que je sache, l’ECPA n’a rien à voir avec cet éditorial », jure Jean-Charles Bocquet, directeur général du lobby européen des pesticides. Téléguidée ou pas, l’opération « éditorial + lettre » pèse d’un poids certain dans la balance. Et fournit même une excuse en or à la Commission. Car sa numéro 2, la secrétaire générale Catherine Day, a déjà tranché en faveur d’une étude d’impact, d’après une note interne datée du 2 juillet (cette note est reproduite pour la première fois à la fin de cet article). Restait à légitimer auprès du Parlement ce revirement brutal. Ce sera chose faite au mois de mars 2014. Alors que le processus est ensablé depuis plus de neuf mois, les services de la Commission se servent du « vif débat » qui a « pris de l’ampleur l’été dernier au sein de la communauté scientifique » pour justifier le retard. Générations futures, merci de bien vouloir patienter. —


La Suède met la commission sous pression

Le 17 juin 2014, la Commission européenne a fini par publier sa « feuille de route » sur les perturbateurs endocriniens. Au programme : lancement d’une consultation publique, puis étude d’impact. Quelques jours auparavant, la France avait fait pression pour que la question soit inscrite à l’agenda. Elle a pu bénéficier du soutien du Danemark, de l’Autriche, de la Belgique et de la Pologne, mais aussi et surtout de la Suède. Très remonté sur la question, le pays a initié des poursuites contre la Commission pour son retard et son inaction. —


DOCUMENTS EXCLUSIFS

2013.06.20 Note Anne Glover to Karl Falkenberg by Terra_eco

2013.06.20 Note Anne Glover to Karl Falkenberg

https://www.scribd.com/embeds/240967528/content?start_page=1&view_mode=scroll&show_recommendations=true

Note de Anne Glover, conseillère scientifique principale du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à Karl Falkenberg, directeur de la DG Environnement.

Traduction des passages surlignés

« Sujet : Perturbateurs endocriniens »

« – Quelles données scientifiques ont été utilisées – ou pas – dans le processus en cours de réglementation des perturbateurs endocriniens ?

– Comment ces données ont-elles été obtenues et évaluées ?

– Est-il exact que l’avis reçu de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a été ignoré, et si c’est le cas, pourquoi ? »

« – L’impact de la réglementation à venir a-t-il été évalué et quel en a été le résultat ? »

« Je vous demande de bien vouloir impliquer la conseillère scientifique principale à un stade précoce dans des dossiers scientifiques d’une nature aussi sensible et controversée. »

« En copie Johannes LAITENBERGER – chef de cabinet du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Kurt VANDENBERGHE – chef de cabinet du commissaire pour l’Environnement, Janez Potocnik. John BELL – chef de cabinet de la commissaire pour la Recherche, l’Innovation et la Science, Máire Geoghegan-Quinn. Catherine DAY – Secrétaire générale de la Commission. Paola TESTORI- COGGI – Directrice de la Direction générale Santé et Consommateurs (DG SANCO) Daniel CALLEJA CRESPO – Directeur de la Direction générale Entreprise (DG Entreprise) Dominique RISTORI – Directeur de la Direction générale Centre commun de recherche (DG JRC)

Bayer by Terra_eco

Bayer

https://www.scribd.com/embeds/240837970/content?start_page=1&view_mode=scroll&show_recommendations=true

Mail de Bayer à Marianne Klingbeil, une des secrétaires générales adjointes de la Commission européenne, en charge des études d’impact

Traduction des passages surlignés

« Objet : Nécessité d’une étude d’impact – Proposition de la Commission sur les perturbateurs endocriniens »

« Une application de la proposition de la DG ENV[ironnement] dans sa forme actuelle aurait un impact énorme sur l’ensemble des firmes de l’industrie chimique basées dans l’UE et nuirait de façon significative à la compétitivité des entreprises. »

« Nous vous demandons de vous prononcer en faveur de la mise en œuvre d’une étude d’impact. »

Catherine Day by Terra_eco

Catherine Day

https://www.scribd.com/embeds/240871365/content?start_page=1&view_mode=scroll&show_recommendations=true

Note de Catherine Day, secrétaire générale de la Commission européenne, à Karl Falkenberg, directeur de la Direction générale Environnement et Paola Testori-Coggi, directrice de la Direction générale Santé et Consommateurs

Traduction des passages surlignés

« Sujet : Perturbateurs endocriniens – Prochaines étapes »« L’élaboration de ces critères est sensible en raison de la divergence de vues au sein de la communauté des parties prenantes et des impacts potentiels sur certains secteurs de l’industrie chimique et le commerce international. En conséquence, il est important que la Commission puisse démontrer qu’elle a suivi un processus solide […] »

« Les deux propositions devraient être soutenues par une étude d’impact incluant une consultation publique sur les différentes options pour les critères et leur impact dans le contexte des règlements biocides et protection des plantes. Nous suggérons que vous considériez, comme d’autres DG l’ont fait, de réaliser une étude d’impact conjointe et unique pour couvrir toutes les propositions. »

Sources de cet article

L’urgence de ralentir

Documentaire de Philippe Borrel

2014

Source : http://www.arte.tv

 

Aux quatre coins de la planète des citoyens refusent de se soumettre aux diktats de l’urgence et de l’immédiateté, pour redonner sens au temps. En Europe, aux États-Unis, en Amérique Latine ou encore en Inde, Philippe Borrel est allé à la découverte d’initiatives, individuelles et collectives, qui proposent des alternatives basées sur d’autres paradigmes.

Fukushima : des chiffres qui parlent et Tepco abandonne le mur congelé

Source : http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html

09/2014

Lundi 22 septembre :

• Données de la contamination des poissons dans le port devant la centrale et dans un rayon de 20 km autour de la centrale : la situation s’améliore. Aucun poisson ne dépasse les 100 Bq/kg au-delà du port, mais le maximum est à 96 Bq/kg… Dans le port, cela monte jusqu’à 32 500 Bq/kg pour les deux césium.

• Record de la contamination radioactive de l’eau contaminée :
– c’est encore dans le puits de contrôle 1-17, que la contamination bêta totale bat un nouveau record, avec 790 000 Bq/L (prélèvement du 18 septembre 2014). TEPCo ne dit toujours rien.

• Le gouvernement japonais pourrait ratifier un des traités internationaux d’assistance en cas d’accident nucléaire (Convention on Supplementary Compensation for Nuclear Damage) d’ici la fin de l’année. Ce traité n’est signé que par 5 pays dont les Etats-Unis pour le moment. Cela devrait favoriser l’implication de sociétés américaines dans les travaux de démantèlement. Certains soupçonnent aussi que le gouvernement espère aussi favoriser l’exportation de ses réacteurs nucléaires.

• Il y a 104 communes non évacuées où des travaux de décontamination doivent être effectués car l’exposition externe peut y dépasser le millisievert par an. Selon le Maïnichi, sur ces 104 communes, 74 ont prévu de décontaminer des habitations. Sur ces 74 communes, à la fin juin 2014, 40 n’avaient pas terminé. Il resterait au moins 311 700 habitations à nettoyer.
Sur ces 40 communes, 29 sont à Fukushima où les habitations à décontaminer sont plus nombreuses : il en resterait 286 002. Les 11 autres communes sont à Tochigi (4), Miyagi (4), Ibaraki (2) et Gunma (1) avec un total de 25 719 habitations.
Les travaux n’ont pas encore commencé à Yamamoto (Miyagi), avec 1 495 habitations, ni à Shinchi (Fukushima) avec 600 habitations.
Il y aurait trois communes qui ne savent toujours combien d’habitation elles doivent décontaminer.
Pour justifier leur retard, les communes mentionnent le manque de zones de stockage des déchets.
Cinq communes ont terminé leurs travaux mais signalent qu’il faudra une deuxième décontamination par endroit, car il y a encore des débits de dose trop élevés, surtout sous les toits.
41 communes sur 70 n’ont pas terminé de décontaminer les rues et routes, ainsi que leurs abords. Il y a aussi des retards importants pour les terrains agricoles et les forêts.

Mardi 23 septembre :

• TEPCo ne devrait commencer les travaux de démantèlement du réacteur n°1 avant l’hiver 2015. La compagnie a promis qu’elle veillerait à ce qu’il n’y pas de rejets atmosphériques importants, comme lors des travaux sur le réacteur n°3.
Le chapiteau qui a été construit par dessus sera retiré avant, bien entendu.

• Nouveau record de la pollution radioactive dans le puits de contrôle 1-17. La contamination bêta total atteint désormais 840 000 Bq/L (prélèvement du 22 septembre 2014). Toujours pas d’explication de la compagnie concernant cette hausse continue.

Mercredi 24 septembre :

• La contamination en tritium de l’eau d’un puits situé en amont des réacteurs où l’eau est pompée pour être rejetée dans la mer, vient de battre son propre record avec 370 Bq/L (prélèvement du 22 septembre 2014). C’est moins que la limite de rejet qui est de 1 500 Bq/L.
• Ils étaient environ 16 000 à manifester la veille à Tôkyô contre le redémarrage des réacteurs nucléaires. Le 23, premier jour de l’automne, est férié au Japon. Il a juste promis de former des spécialistes du sujet dans le tiers-monde.

Jeudi 25 septembre :

• Selon, l’Asahi, il y a encore presque 130 000 personnes déplacées à Fukushima. Et il y a, officiellement, un total de 15 281 jeunes qui doivent être scolarisés dans un autre établissement. Parmi eux, il y en a 9 767 en dehors de la province de Fukushima.
De nombreuses familles envisagent de s’installer là où elles sont maintenant et de ne pas rentrer chez elles.
En revanche, moins de jeunes partent à la fin de leurs études car le marché de l’emploi est porteur à Fukushima. Et puis, ils veulent s’engager pour reconstruire leur province.
Vendredi 26 septembre :

• Le PDG de Tôhoku Electric a annoncé que la remise aux normes de ses centrales d’Onagawa et Higashidôri allait coûter plus de 300 milliards de yens (2,2 milliards d’euros) à la compagnie. Un tiers est destiné à renforcer la résistance aux séismes et tsunamis. Elle espère un redémarrage au printemps 2016, au plus tôt.

 

Tepco abandonne le mur congelé

Par    27/09/2014  Source : http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2014/09/tepco-abandonne-le-mur-congele.html

Tepco abandonne le mur congelé et, à la place, va combler les tranchées avec du ciment

Les travaux en juillet 2014

Tepco va abandonner le précédent projet de mur congelé et en revenir simplement au béton, ils l’ont annoncé à la conférence de presse du 22 septembre 2014.
Des eaux extrêmement radioactives sont “retenues” dans les tranchées souterraines qui sont reliées aux bâtiments de la centrale.
Bien que Tepco le nie, il est possible que ces tranchées soient aussi gravement endommagées par les interminables explosions et séismes, laissant ainsi fuir le liquide de refroidissement en continu dans le sous-sol puis la mer, directement depuis les bâtiments de la centrale.
Tepco était en train d’essayer d’isoler les bâtiments de la centrale et les tranchées avec des murs d’eau congelée pour pouvoir pomper les eaux extrêmement radioactives des tranchées.
Cependant, les murs congelés n’ont jamais été terminés.
Tepco a déclaré qu’au lieu du mur d’eau congelée, ils développaient un type particulier de ciment pour en combler totalement les tranchées.
En respectant les mathématiques les plus élémentaires, s’ils les remplissent de ciment, le même volume d’eau radioactive va être repoussé hors des tranchées. Néanmoins, Tepco affirme qu’il n’y aura pas de fuite parce qu’ils vont pomper l’eau au fur et à mesure qu’ils combleront avec le ciment.
Ils vont devoir pomper un volume d’eau au moins égal à la capacité totale des tranchées puisque les tranchées et les bâtiments sont reliés. Tepco n’a pas annoncé s’ils préparaient assez d’espace de stockage pour ces eaux extrêmement radioactives.

Les liens : la vidéo de la conférence
                 les photos     

Effondrement de la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité

Par Stéphane Lhomme

26/08/2014

Source : http://www.passerelleco.info

 

Effondrement de la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité

On lit parfois ici où là que, malgré la catastrophe de Fukushima, l’industrie nucléaire repart du bon pied et se développe sur la planète. Cette allégations ne résistent pas à la consultation des données les plus officielles, comme par exemple la parution annuelle de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). : Key World Energy Statistics.

Le rapport le plus récent disponible est celui de 2013. Il est à noter que les chiffres sont ceux de 2011 car l’AIE met deux ans pour recueillir toutes les données précises, pays par pays. Or, c’est en mars 2011 qu’a débuté la catastrophe de Fukushima : depuis, les 54 réacteurs du Japon sont arrêtés, puis l’Allemagne a fermé 8 réacteurs, les USA 5 réacteurs [1], etc.

Aujourd’hui, la part du nucléaire est encore plus basse que ce que l’on peut voir dans ce document mais, d’ores et déjà, en page n°24, on constate que le nucléaire ne produisait en 2011 plus que 11,7% de l’électricité mondiale, les renouvelables étant déjà à plus de 20% (15,8% + 4,5%).

Depuis, la part du nucléaire est passée sous les 10% car la production nucléaire mondiale a chuté et, dans le même temps, toutes les autres énergie ont progressé : les renouvelables bien sûr, mais aussi le trio pétrole-gaz-charbon.

On peut certes le déplorer (pour ce trio) mais c’est l’implacable réalité : si toutes les autres énergies progressent sauf le nucléaire, c’est tout simplement parce que ce dernier est TROP CHER, contrairement à ce que les autorités françaises (politiques et industrielles) prétendent. Les multinationales de l’énergie n’ont que faire des risques sanitaires et environnementaux : si elles se détournent du nucléaire, c’est uniquement pour des raisons de business, et leur verdict est sans pitié pour l’atome.

Au fil des parutions des statistique annuelles, on constate de plus que la part du nucléaire dans l’électricité mondiale décline continuellement depuis 2001, bien avant Fukushima, et que cette part est passée de 17% en 2001 à 9% à ce jour. C’est donc un véritable effondrement, qui va implacablement se poursuivre au fil des fermetures de vieux réacteurs (plus de la moitié des 400 réacteurs sur Terre a dépassé 30 ans).

Il y a certes 72 réacteurs en construction dans le monde mais une bonne quinzaine sont en chantier depuis 20, 25, 30 ou même 40 ans comme à Watts Bar (USA). Pour les autres, sachant qu’il faut en moyenne 15 ans pour mettre un réacteur en service, on peut donc tabler sur 4 mises en service par an… ce qui ne compensera même pas les fermetures.

Cette chute est si prononcée que le lobby nucléaire mondial, la World Nuclear Association (WNA) a préféré censurer ses propres documents en faisant disparaître la courbe de la part du nucléaire dans l’électricité mondiale :

Notons enfin que le nucléaire représente moins de 10% l’électricité… qui représente elle-même moins de 18% de la consommation mondiale d’énergie, comme on peut le voir sur Key World Energy Statistics en page n°28. Le reste est majoritairement de la combustion de pétrole, gaz, charbon, biomasse, etc. Ce qui fait que, au final, le nucléaire couvre moins de 2% de la consommation mondiale d’énergie.

En résumé, le nucléaire impose des risques gigantesques, des problèmes dramatiques et insolubles (déchets radioactifs en particulier), des crises géopolitiques de plus en plus inquiétantes, et tout ça en échange d’une contribution dérisoire et déclinante à l’énergie mondiale. En clair : autant s’en passer au plus vite et se concentrer sur les vraies options d’avenir : économies d’énergie et énergies renouvelables.

L’Observatoire du nucléaire rétablit les données censurées par la World nuclear association

1) Diagramme « Nuclear electricity production and share of totale electricity production » (avec les chiffres de 2010, c’est à dire avant la prise en compte des conséquences de Fukushima) Mise à jour ordinaire de la WNA début 2011, avec les chiffres 2010

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2) Diagramme « Nuclear electricity production »… sans « Share of totale electricity production »- Mise à jour auto-censurée par la WNA, 20 juin 2013 Mise à jour de la WNA de juin 2013

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3) Diagramme « Nuclear electricity production and share of totale electricity production »- Mise à jour 2013 (avec les chiffres 2012) effectuée par l’Observatoire du nucléaire en réintégrant la courbe censurée par la WNA Mise à jour 2013, avec les chiffres 2012, par l’Observatoire du nucléaire.

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Notes

[1] Quatre réacteurs américains définitivement fermés en 2013 :

  • Crystal River 1 de Duke Energy,
  • San Onofre 1 et 2 de la Southern California Edison
  • Kewaunee 1 de Dominion malgré une autorisation de prolongation à 60 ans (2033). Le réacteur de Vermont Yankee sera pour sa part définitivement fermé fin 2014 malgré une autorisation de prolongation à 60 ans (2032).

OGM , état des lieux // OGM , déja dans l’U.E

Source : http://ddc.arte.tv/nos-cartes/les-ogm-etat-des-lieux-1-2

Source : http://ddc.arte.tv/nos-cartes/les-ogm-deja-dans-l-ue-2-2

09/2014

 

VIDEO : OGM , état des lieux       VIDEO : OGM , déja dans l’U.E

Depuis la naissance de l’agriculture, l’Homme cherche à modifier son environnement. Aujourd’hui, trente ans après la création de la première plante génétiquement modifiée, le débat sur les OGM reste ouvert et controversé. Le Dessous des Cartes consacre deux numéros à cette question et tente de comprendre les enjeux du débat.

Dans ce second numéro consacré aux OGM, le Dessous des Cartes se penche sur le cas spécifique de l’Union européenne, et de sa relation complexe et paradoxale avec les plantes génétiquement modifiées.

Les principales terres cultivées dans le monde

Voici une carte montrant où se trouvent les principales terres cultivées dans le monde. Aujourd’hui, les OGM ou plantes génétiquement modifiées représentent, 20 ans après leur première commercialisation, 11 % des surfaces cultivées dans le monde.

La transgénèse

Chez tous les êtres vivants – plante, bactérie ou tout autre organisme – l’information génétique est contenue dans les gènes, qui sont inscrits dans l’ADN. La transgénèse est une méthode permettant d’introduire, dans une cellule vivante, un gène qui provient d’un autre organisme, et que la plante ne possède pas elle-même dans son patrimoine génétique. Ce gène étranger est alors transmissible à la descendance.

Quel est le but des OGM ?

Cette introduction a pour but de donner à la plante un caractère qu’elle ne possède pas naturellement. Par exemple, celui de pouvoir tolérer certains herbicides, résister aux insectes, améliorer les rendements, résister à la sécheresse ou à la salinisation d’un sol. Plusieurs de ces caractéristiques peuvent même être associées.

Évolution de la surface mondiale des cultures OGM

 

La surface mondiale des cultures génétiquement modifiées a été multipliée par 100 ces 17 dernières années, ce qui est rapide. Ces données viennent de l’ISAAA (Service international pour l’acquisition d’applications biotechnologiques), un organisme de promotion des plantes génétiquement modifiées dans les pays du Sud, dont les calculs s’appuient sur les estimations de ventes des semenciers.

Les 27 pays qui cultivent des OGM

Au total, les OGM sont cultivés dans les 27 pays qui figurent sur cette carte. Et 10 de ces 27 pays (en rouge sur la carte) représentent, à eux seuls, 98 % de la superficie mondiale des cultures transgéniques. La carte fait donc clairement apparaître que la géographie des OGM est dominée par le continent américain, le sous-continent indien et la Chine.

Le Brésil, un leader mondial sur le marché des OGM

Le Brésil abrite 23 % de la superficie mondiale des OGM. On y trouve du soja, du maïs et du coton transgénique. Aujourd’hui, le pays émerge comme un leader mondial sur le marché des OGM. En 2013, il a planté, pour la première fois à grande échelle, un nouveau soja transgénique de la compagnie Monsanto, l’INTACTA RR2 PRO. Cette plante génétiquement modifiée a un fort potentiel de rendement, une tolérance à l’herbicide et offre une protection contre les principaux insectes ravageurs du soja.

L’exemple du Burkina Faso

 

Le Burkina Faso fait partie des pays les moins avancés, essentiellement agricole, où le coton constitue la principale source de devises. Le secteur cotonnier est très structuré dans le pays, et ce sont les sociétés cotonnières qui, à partir de 2008, y ont introduit des semences transgéniques. Aujourd’hui, 500 000 hectares de coton génétiquement modifié seraient cultivés dans le pays, toujours selon l’ISAAA.

Le marché des OGM

Le marché mondial est tenu par très peu de firmes agrochimiques. Il y a donc une très forte concentration. On trouve d’abord l’américain Monsanto, également leader pour la production d’un désherbant commercialisé sous le nom de Roundup. On peut citer aussi Pioneer Hi-Bred, qui est une filiale de DuPont de Nemours aux États-Unis ; le suisse Syngenta et les allemands BASF et Bayer Crop Science, en Europe.

La question des brevets

Pour créer une semence génétiquement modifiée, il faut plusieurs années de recherche. Donc pour protéger leurs innovations, ces multinationales font breveter les gènes qu’elles ont décodés ou modifiés. Le vivant peut désormais être breveté, appartenir à une personne ou à une entreprise, tout comme les inventions industrielles. Aujourd’hui, dans le monde, à l’exception de la Chine où la recherche est publique, la totalité des OGM commercialisés sont détenus par des firmes privées. Et Monsanto détient 90% de ces brevets.

La menace sur la biodiversité

Au Bangladesh, la culture d’une aubergine transgénique a été autorisée pour la première fois en janvier 2014. L’aubergine est une plante à pollinisation libre et croisée, c’est-à-dire que le pollen de la fleur d’aubergine, contenu dans ses étamines, l’organe mâle, est transporté par un insecte pollinisateur, par exemple une mouche ou une abeille, vers le stigmate, l’organe femelle, d’une autre fleur. Donc, le risque de contamination transgénique par la dissémination des cultures OGM existe plus encore pour l’aubergine que pour d’autres plantes, ce qui met en danger sa biodiversité.

La part des OGM dans l’agriculture mondiale

Le planisphère que vous voyez nous montre les surfaces cultivées dans le monde. Aujourd’hui, sans que l’on ne le sache toujours clairement : 24 % des hectares de colza, 32 % des hectares de maïs, 70 % des hectares de coton et 79 % des hectares de soja sont plantés avec des semences génétiquement modifiées.

La diffusion des OGM dans l’Union européenne

Dans l’Union européenne, en 2013, les surfaces céréalières s’élevaient au total à 57 millions d’hectares. Et les surfaces plantées avec du maïs génétiquement modifié atteignaient environ 150 000 hectares, soit 0,26 % de la superficie céréalière totale de l’Union européenne. Ce maïs aux gènes modifiés, le MON 810, de la compagnie américaine Monsanto, a le grand avantage d’être résistant aux chenilles de pyrale, un des principaux ravageurs du maïs sur pied.

Des OGM concentrés dans la péninsule Ibérique

En 2013, l’Espagne représente à elle seule 92 % du total des superficies plantées de maïs génétiquement modifié dans l’Union européenne. Les champs se trouvent notamment dans la communauté autonome de l’Aragon. Derrière l’Espagne, il y a le Portugal, qui représente 5,5 % du total. Entre 2012 et 2013, les surfaces en Espagne ont augmenté, tandis que celles au Portugal ont baissé. 

Qui cultive des OGM dans l’UE ?

On trouve également des OGM en République tchèque, avec 1,72 % du total des superficies plantées de maïs génétiquement modifié dans l’Union européenne, en Roumanie, avec 0,6 % du total, en Slovaquie, en quantité insignifiante. À l’inverse, plusieurs pays ont interdit la culture du maïs MON 810 sur leur territoire : la Grèce, la Bulgarie, l’Italie, l’Autriche, la Hongrie, la Pologne, le Luxembourg mais aussi la France et l’Allemagne

Le cas français

La France, en 2008 et 2012, a imposé deux interdictions sur la culture du maïs MON 810 sur le sol français. Mais les deux arrêtés ministériels ont été ensuite annulés par le Conseil d’État, parce que le maïs MON 810 est autorisé par Bruxelles. Au printemps 2014, c’est l’Assemblée nationale et le Sénat qui ont voté une troisième mesure d’interdiction.

Un projet de nouveau règlement

La législation européenne date de 2001, mais elle est difficile à appliquer. Donc, depuis 2010, la Commission défend un projet de nouveau règlement : si une plante génétiquement modifiée n’est pas autorisée à la culture par l’Union européenne, ce sera “non” pour l’ensemble des États membres. Mais si une plante génétiquement modifiée est autorisée à la culture, cela ne devient pas mécaniquement “oui” pour tout le monde. Chaque État conserve sa liberté d’interdire, pour des raisons liées à l’environnement et à la santé, comme c’est le cas aujourd’hui, mais également pour des motifs socio-économiques ou éthiques. Le 12 juin 2014, le Conseil européen des ministres de l’environnement a donné son feu vert pour ce nouveau règlement.

Le maïs TC 1507

Il est question d’introduire un autre maïs transgénique sur le territoire européen. Il s’agit du maïs TC 1507, du semencier américain Pioneer Hi-Bred, qui a été génétiquement modifié pour lutter contre la pyrale du maïs (comme le maïs MON 810), mais aussi pour résister aux traitements d’herbicides à base de phosphinothricine. Dans le monde, il est déjà cultivé dans plusieurs pays. Et dans l’Union européenne, il est déjà autorisé à l’importation pour l’alimentation animale et pour l’alimentation humaine, mais pas pour la culture dans les champs.

Le vote du Conseil des ministres à propos du maïs TC 1507

Le 11 février 2014, lors du Conseil des ministres européens, à Bruxelles, 19 pays se sont opposés à la culture du maïs génétiquement modifié TC 1507 sur le territoire de l’Union, 5 pays se sont dits favorables, et 4 pays se sont abstenus, dont d’ailleurs l’Allemagne, car c’est la procédure suivie par Berlin lorsque les avis sont divergents au sein de la coalition gouvernementale à Berlin. Il y a donc une majorité simple de pays contre. Mais le cumul de leurs voix au sein du Conseil des ministres européens ne représente que 210 voix sur 352, donc la majorité qualifiée n’est pas atteinte, puisqu’elle est à 260 voix sur 352.

Les importations dans l’UE

Il y a un paradoxe, car si les OGM sont peu cultivés en Europe, ils sont pourtant autorisés à l’importation, à la mise sur le marché dans l’Union européenne. Cela concerne principalement du soja génétiquement modifié, dont la quasi-totalité provient d’Amérique du Sud, c’est-à-dire du Brésil, de l’Argentine, et du Paraguay. L’Union importerait chaque année près de 40 millions de tonnes de soja génétiquement modifié.

Des OGM destinés à l’alimentation animale

Au total, aujourd’hui, plus d’une cinquantaine de variétés de plantes génétiquement modifiées sont autorisées à l’importation. Elles sont principalement destinées à l’alimentation animale. Par exemple, 80 % du soja importé dans l’Union serait transformé en nourriture d’élevage. Le reste allant aux biocarburants, aux huiles, et à des additifs alimentaires. De fait, les États membres ne sont pas autonomes en protéines végétales pour nourrir leur bétail : l’Union européenne à 28 membres compte 88 millions de bovins.

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Rejets en mer de l’eau souterraine pour désengorger le site de Fukushima

Par kap/jlh/glr  TEPCO – TOKYO ELECTRIC POWER
TOSHIBA
©AFP

21/05/2014

Source : http://www.romandie.com/news/479767.rom

Tokyo – La compagnie gérante de la centrale accidentée de Fukushima a commencé mercredi à déverser en mer des centaines de mètres cubes d’eau souterraine pompée en amont des réacteurs, une opération qui met en colère les organisations écologistes.

Nous avons débuté le déversement (…) à 10H25 (01H25 GMT), a indiqué Tokyo Electric Power (Tepco) dans un courriel.

Une patrouille a fait une première ronde à 10H30, et aucune fuite n’a été constatée, a affirmé la compagnie qui prévoit de rejeter ce jour 560 mètres cubes d’eau dans l’océan Pacifique au bord duquel se trouve le site atomique.

C’est une étape importante pour la gestion du l’eau à la centrale Fukushima Daiichi, problème qui est notre plus grosse priorité actuelle, a déclaré le PDG de Tepco, Naomi Hirose, cité dans un communiqué, saluant les accords obtenus des autorités et des pêcheurs pour procéder à ces rejets.

Tepco avait commencé début avril à pomper de l’eau souterraine avec douze pompes, avant qu’elle ne soit contaminée sous les bâtiments du site mis en péril par le tsunami du 11 mars 2011.

Cette eau est provisoirement stockée dans un réservoir afin d’être analysée et de vérifier qu’elle n’est pas radioactive.

Elle ne sera rejetée dans l’océan que si elle est saine, promet Tepco qui a fixé des critères limites pour les césium 134 et 137, les radionucléides émettant des rayons bêta comme le strontium 90 et le tritium. Au-delà de ces plafonds, les opérations seront stoppées. Les contrôles sont aussi effectués par une tierce partie.

Quelque 400 tonnes d’eau souterraine entrent chaque jour dans les bâtiments du site atomique, augmentant ainsi la quantité d’eau contaminée au contact des équipements, eau qu’il faut ensuite stocker, puis assainir, une tâche d’autant plus insurmontable que s’y ajoutent les eaux de refroidissement des réacteurs qui fuient.

– l’océan, seul débouché possible –

La décision de rejeter l’eau souterraine en mer est basée sur le scénario +pas d’autre choix+ et non sur une solution de long terme pour les habitants de Fukushima et du Japon, a commenté une responsable de l’organisation Greenpeace au Japon, Kazue Susuki, qui souligne que de l’eau radioactive s’écoule en mer depuis l’accident de mars 2011.

Les pêcheurs de Fukushima ont certes donné leur assentiment pour ces opérations, mais il ont mis un an avant de dire oui à leur corps défendant.

Et Greenpeace de demander que Tepco améliore significativement la façon dont est rendu public le niveau de radioactivité de l’eau rejetée, jugeant que les tierces parties doivent pouvoir contrôler de façon indépendante non seulement au point de déversement, mais également tout au long du processus.

Même si Tepco présente cette déviation comme un élément crucial de sa stratégie d’assainissement du site, le problème majeur des volumes effarants d’eau radioactive accumulée à la centrale Fukushima Daiichi sera loin d’être réglé. Et pour cause, le système de traitement de l’eau, ALPS, est tout sauf fiable: il n’en finit pas de tomber en panne.

Il est de nouveau entièrement stoppé depuis mardi matin, après l’arrêt de la troisième ligne de traitement, a indiqué Tepco.

Le dispositif, qui sert à éliminer une soixantaine de radionucléides (laissant au moins le tritium), est constitué de trois lignes parallèles de décontamination. Une seule fonctionnait mardi, mais elle a finalement été arrêtée en début de matinée en raison de la dégradation de ses performances.

Actuellement, plus de 350.000 mètres cubes d’eau très contaminée patientent dans des centaines de réservoirs à la fiabilité douteuse.

Dans de telles conditions, il est bien possible qu’ALPS (pourtant censé traiter 750 mètres cubes par jour) ne puisse jamais fonctionner correctement, s’inquiète un travailleur de la centrale sous le surnom Happy.

Un deuxième dispositif de décontamination financé par le gouvernement doit être progressivement installé à partir du mois prochain, équipement dont tous espèrent qu’il donnera de meilleurs résultats. En attendant, Tepco prévoit une capacité de stockage de 800.000 tonnes d’eau sur le site, un risque énorme en cas de nouvelles catastrophe.

kap/jlh/glr
TEPCO – TOKYO ELECTRIC POWER
TOSHIBA

(©AFP / 21 mai 2014 05h45)

 

Encore 641 tonnes d’eau directement à la mer (2ème déversement)

Par

29/05/2014

Source : http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2014/05/encore-641-tonnes-deau-directement-la.html

 Le 27 mai 2014, Tepco a encore déversé en mer des eaux radioactives issues de la dérivation. Le volume en a été de 641 tonnes.
Tepco affirme que la radioactivité était inférieure à la limite de sécurité mais ils avaient relevé des concentrations excessives en tritium dans l’un des forages de la dérivation.
L’arnaque est qu’ils la mélangent avec les eaux des autres forages.
La concentration en Tritium en question était de 1 700 000 (1,7 millions de) Bq/m³. La limite de sécurité est fixée à 1 500 000 (un million et demi de) Bq/m³. Lorsque Tepco avait arrêté de pomper depuis ce forage, 8 heures s’étaient déjà écoulées depuis l’arrêt du déversement de ces eaux dans le Pacifique.

Les liens vers les rapports Tepco :  http://www.tepco.co.jp/cc/press/2014/1236708_5851.html
http://www.tepco.co.jp/cc/press/2014/1236713_5851.html
http://www.tepco.co.jp/cc/press/2014/1236733_5851.html