Nouvelles technologies : les doléances des juges antiterroristes

Source : http://www.nextinpact.com/news/97874-nouvelles-technologies-doleances-juges-antiterroristes.htm

30 Dec 2015

Après les attentats du 13 novembre, une mission de suivi de l’état d’urgence a été lancée au Sénat. À cette occasion, plusieurs juges antiterroristes ont fait état des problèmes rencontrés dans leur quotidien face aux évolutions technologiques.

Dans cet échange organisé le 9 décembre dernier, et désormais retranscrit sur le site du Sénat, Laurence Le Vert, première vice-présidente chargée de l’instruction à la section antiterroriste et atteintes à la sûreté de l’État au tribunal de grande instance de Paris, et David Bénichou, vice-président chargé de l’instruction à la section antiterroriste et atteintes à la sureté de l’État au TGI de Paris ont ainsi fait part de leur doléance.

« L’évolution des technologies pose problème, expose la magistrate. Pour les djihadistes, c’est une arme de guerre. Pour nous, c’est un risque de destruction de nos procédures ». Pourquoi ? Tout simplement parce que « la majeure partie des preuves est issue de supports divers, téléphones, tablettes, disques durs, DVD, clefs USB et cartes SD ainsi que des interceptions de flux internet et téléphoniques ». Or, le Code de procédure pénal oblige « la mise à disposition de l’intégralité du contenu du dossier à la défense des parties », le dossier d’instruction devant être « à tout moment complet, lisible et accessible. »

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À Taiwan, une victoire pour les victimes de l’électronique globalisée

Source : http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=5482

21 Dec 2015

Le 17 avril 2015, le tribunal de Taipei a rendu le premier verdict de culpabilité dans une action collective (class action) autour d’une question de santé au travail. C’est une première dans l’histoire de Taiwan au regard du nombre de plaignants (plus de 500), et sans doute même au niveau mondial compte tenu du nombre de produits toxiques en jeu et de la nature internationale de la plainte, qui concerne notamment un grand groupe américain (General Electric) et une entreprise française (Thomson puis Technicolor S.A.). Les juges ont reconnu que les maladies et décès de plusieurs centaines d’anciens employés—surtout des femmes—de l’usine électronique RCA de Taoyuan ont été causées par leurs mauvaises conditions de travail, et notamment leur exposition massive à des solvants cancérigènes. Cette affaire éclaire de manière exemplaire combien, à Taiwan comme ailleurs, il est toujours difficile pour les travailleurs d’obtenir justice dans un contexte où les archives du travail disparaissent, où les propriétaires des usines dissimulent leur identité et où règnent des conceptions étroites de la causalité.

Au début des années 1970, à l’invitation du gouvernement autoritaire de Chiang Kai-chek puis de son fils Chiang Ching-kuo, la firme américaine Radio Corporation of America (RCA) transfert une partie de sa production à Taiwan (alias République de Chine). Pour la firme qui a déjà investi au Mexique, il s’agit de réduire les coûts de production et profiter d’une main d’œuvre jeune, docile et bien formée. Quant au régime en place à Taiwan, il compte sur des transferts de technologie pour une montée en gamme industrielle. Vingt ans plus tard, le pari a payé pour les deux parties ; les usines implantées sur l’île ont rapporté les bénéfices escomptés et jeté les bases d’une industrie électronique qui aujourd’hui encore continue de faire la fortune de l’île, comme en témoignent par exemple les marques Acer ou HTC.

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Sortir de l’état d’urgence

Source : http://www.laquadrature.net/fr/Sortir%20de%20l’%C3%A9tat%20d’urgence

17 Dec 2015

Paris, le 17 décembre 2015 — Après l’appel « Nous ne céderons pas ! », une centaine d’organisation ont rendu public le texte « Sortir de l’état d’urgence » au cours d’une conférence de presse, le 17 décembre 2015.

En réaction à l’horreur des attentats, l’état d’urgence a été décrété par le gouvernement, puis aggravé et prolongé pour une durée de trois mois. Nos organisations ont immédiatement exprimé leurs craintes vis-à-vis de ce régime d’exception ; ces craintes sont aujourd’hui confirmées par l’ampleur des atteintes aux libertés constatées depuis quelques semaines. Nous assistons à un véritable détournement de l’état d’urgence qui cible également des personnes sans aucun lien avec des risques d’attentat. Ces abus doivent cesser.

La volonté de se rassembler et de manifester ensemble a prévalu après les attentats commis à Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes, en janvier 2015. Elle prévaut encore. Or, depuis le 13 novembre 2015, les interdictions visant les mobilisations sur la voie publique se multiplient. Manifester n’est plus un droit, et les rares concessions accordées par les préfectures, qui attendent souvent le dernier moment pour informer de leurs intentions, entravent dans les faits son exercice.

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Evasion fiscale : le couac du gouvernement

Les députés avaient voté un amendement permettant de lutter contre l’optimisation fiscale. Le gouvernement a exigé dans la nuit un deuxième vote pour retoquer la mesure.

C’est une grande leçon de démocratie parlementaire. Et une belle occasion manquée. C’est aussi la sempiternelle séquence qui risque d’alimenter les déçus de la politique pour qui le gouvernement se paie de mots mais se passe d’actions marquées à gauche. En cette période de disette budgétaire, la lutte contre l’évasion fiscale a pourtant bonne presse, notamment du côté du gouvernement. L’Etat veut s’attaquer à cette mécanique financière par laquelle une poignée de multinationales s’en mettent plein les poches au détriment du plus grand nombre de contribuables qui, eux, paient leurs impôts là où ils travaillent.

Vendredi 4 décembre, dans le cadre du projet de loi de finances rectificatif, les députés franchissent un pas décisif. Cette fois, la manne financière des multinationales est à portée des caisses de l’Etat. Les députés adoptent une mesure de transparence fiscale, la publication du reporting pays par pays : il sera bientôt possible de savoir si les entreprises payent leurs impôts là où elles exercent leurs activités, et non dans des paradis fiscaux où leur présence se réduit souvent à des boîtes aux lettres.

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16 DEC 2015 , SOURCE

Terres nucléaires : Une histoire du plutonium

Réalisation : Kenichi Watanabe

 

  • Origine : ARTE F
  • Pays : France
  • Année : 2015

Source : http://www.arte.tv

À travers trois lieux dominés par des sites nucléaires, Hanford aux États-Unis, La Hague en France et Rokkasho au Japon, une histoire édifiante du plutonium et de ses usages, à la croisée d’intérêts économiques et militaires.


ALTERNATIVE PLAYER

Nucléaire : la politique du mensonge ?

Une enquête de Lamia Belhacène
Production : TAC Presse – Avec la participation de CANAL+

2015

Source : http://www.canalplus.fr

Affaire Le Paon, scandales du comité d’entreprise de Disney, d’EDF ou de la RATP… L’argent est une question sensible quand elle touche aux syndicats. Gestion dispendieuse ou opaque, manque de contrôles, financements complexes, les députés ont tenté d’y voir plus clair, il y a quatre ans, mais leur rapport a été enterré avant même d’être publié, une première sous la Vème république. L’argent des syndicats est une question taboue, la face cachée du dialogue social.

Ces organisations gèrent aujourd’hui un pactole annuel d’environ 4 milliards d’euros: adhésions de militants, financements publics et contributions des entreprises. En ces temps de moralisation de la vie publique, elles n’échapperont pas à plus de transparence. Le prix à payer pour éviter de nouveaux scandales, qui nuisent à leur image et à leur crédibilité, dans un pays où le taux de syndicalisation est déjà très faible (8%).

Pour SPECIAL INVESTIGATION Lamia Belhacène a enquêté sur les finances du syndicat numéro 1, la CGT. Elle a interviewé des militants et des responsables de l’organisation, dont certains témoignent pour la première fois. Elle s’est procuré des documents internes, a retrouvé trace de paiements secrets et a fait réagir Philippe Martinez, le nouveau secrétaire général de l’organisation.

Les Nouveaux Loups De Wall Street

Réalisé par Ivan Macaux avec Ali Baddou
Produit par CHENGYU PROD, avec la participation de CANAL+

29/04/2015

Source : http://www.canalplus.fr

Depuis la crise des subprimes en 2008 et la dépression qui s’en est suivie, on pensait que les leçons avaient été tirées… Mais, pour certains, une nouvelle pratique financière pourrait avoir des effets aussi dévastateurs. Cette pratique porte un nom : le Trading Haute Fréquence (THF).

Aujourd’hui, dans l’univers de la finance, les ordinateurs ultrarapides commandent 70 % des opérations boursières aux États-Unis et déjà 40 % en Europe. Ils interviennent sur les marchés pour acheter et vendre à la vitesse de la lumière.
Ces opérations sont réalisées en microsecondes…
Les programmeurs de ces machines sont devenus « les nouveaux loups de Wall Street ».

Les traders en chair et en os ont déserté la Bourse au profit d’ordinateurs toujours plus puissants guidés par des formules mathématiques : les algorithmes.
Les règles de fonctionnement ne sont connues que par un petit monde très fermé et peu accessible. Un monde dans lequel ces traders haute fréquence n’agissent que pour un profit immédiat.
Cette révolution pourrait se révéler dramatique. Certains estiment que la Bourse est désormais truquée… Il y a quelques mois, un journaliste américain, Michael Lewis, exprimait cette thèse dans un livre retentissant, « Flash Boys ».

Des États-Unis (New York, Connecticut, New Jersey, Chicago) à la Grande-Bretagne (Londres), en passant par les Pays-Bas (Amsterdam) et la France, Ali Baddou nous emmène au cœur du système à la rencontre de ces nouveaux loups de Wall Street qui gouvernent désormais le monde de la finance. Certains parlent pour la première fois et dévoilent une partie de leur stratégie ou de leur technologie !

Bienvenue dans ce monde d’une extrême modernité où l’économie réelle s’efface au profit de la spéculation à tout prix. Bienvenue dans ce que certains surnomment le « turbo-capitalisme ».


Alternative Player 1 , 2

Loi sur le renseignement : la surveillance déjà élargie en Commission des lois

Par , Journaliste, rédacteur en chef

01/04/2015

Source : http://www.nextinpact.com

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Crédits : Francisco Javier Gil Oreja/iStock/Thinkstock
 

Les amendements au projet de loi sur le renseignement seront discutés à partir d’aujourd’hui en Commission des lois, afin de préparer les débats en séance. Déjà, le très influent député PS Jean-Jacques Urvoas a fait adopter une série de rustines qui vont faciliter le déploiement des outils de surveillance. Explications.

Le projet de loi sur le renseignement définit les sept finalités qui permettront aux services du renseignement de déployer une masse d’outils de surveillance. Ainsi, est autorisé « le recueil des renseignements relatifs aux intérêts publics suivants » :

  1. La sécurité nationale
  2. Les intérêts essentiels de la politique étrangère et l’exécution des engagements européens et internationaux de la France
  3. Les intérêts économiques et scientifiques essentiels de la France
  4. La prévention du terrorisme
  5. La prévention de la reconstitution ou du maintien de groupement dissous
  6. La prévention de la criminalité et de la délinquance organisées
  7. La prévention des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique.

Réécriture de la plupart des sept finalités

Ces expressions ont déjà été jugées très floues, notamment par les députés écologistes, qui ont déposé plusieurs correctifs visant à mieux expliquer ou contenir ces termes (notre synthèse des 129 premiers amendements). Le député Jean-Jacques Urvoas, président de la Commission des lois et membre de l’actuelle Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité, entend au contraire élargir plus amplement le périmètre. Comment ? En déposant une série d’amendements modifiant la plupart de ces tiroirs afin d’en faire de larges trappes (en gras, les modifications).

  1. L’indépendance nationale l’intégrité du territoire et la défense nationale (amendement 151)
  2. Les intérêts majeurs de la politique étrangère et la prévention de toute forme d’ingérence étrangère (152)
  3. Les intérêts économiques, industriels et scientifiques majeurs de la France (153)
  4. La prévention du terrorisme
  5. La prévention de la reconstitution ou d’actions tendant au maintien de groupements dissous (155)
  6. La prévention de la criminalité et de la délinquance organisées
  7. La prévention de la prolifération des armes de destruction massive (154).

« D’essentiels » à « majeurs » pour être moins restrictif

On remarquera ainsi qu’à plusieurs reprises les intérêts « essentiels » du projet initial deviennent de simples intérêts « majeurs », ce qui abaisse d’un cran le niveau de justification. Suivi par le gouvernement, Urvoas le reconnaît lui-même : l’expression « essentiels » lui paraît en effet « trop restrictive et n’offrant un cadre suffisant à l’action de nos services extérieurs ». Dans l’amendement 153, il ajoute aussi sans rougir qu’il « paraît indispensable d’assurer une démarche de collecte de renseignements au profit de certains secteurs vitaux pour notre pays, notamment dans le domaine économique, à l’instar de ce que pratiquent tous les services de renseignement de nos partenaires (souvent à notre détriment) ». Et pour justifier cet appétit, il s’appuie sur l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’Homme, laquelle « prévoit d’ailleurs des exemptions pour le « bien-être économique du pays », expression reprise en particulier dans la loi britannique de 1994 relative aux services de renseignement. »

Seul le dernier point vient sans nuance resserrer la fenêtre de tir des outils de surveillance. C’est la prévention de la prolifération des armes de destruction massive, « une finalité qui mérite toute l’attention des services de renseignement. En effet, eux seuls sont compétents pour détecter les réseaux criminels et les stratégies hostiles d’États cherchant à utiliser ces armes de destruction massive à l’occasion de conflits ou d’attentats terroristes ». Il faut dire que l’expression « prévention des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique » qu’elle remplace permettrait en l’état de mener à bien une surveillance sur des foyers de contestations sociales un peu trop excitées…

Un renseignement défensif mais aussi offensif

Il y a un autre point très important. Alors que le projet de loi vise « le recueil des renseignements relatifs aux intérêts publics » (phrase suivie de la liste des finalités), Urvoas lui préfère cette version : « le recueil des renseignements relatifs à la défense et à la promotion des intérêts publics » (amendement 150). Votée, cette petite rustine aura de lourdes conséquences : elle autorisera un renseignement non seulement défensif, mais également offensif afin d’assurer, pourquoi pas, la promotion des « intérêts économiques, industriels et scientifiques majeurs de la France »…

Ces amendements ont tous été adoptés aujourd’hui en Commission des lois. Seulement, une petite nuance a été apportée au fil des premiers débats

De 7 à 7,5 finalités

Ce matin, en effet, les députés ont revu quelque peu le listing des 7 finalités. Via un amendement socialiste, les députés ont réarrangé l’ordre initial. Le point 7 (violence collective) a été resserré. On ne parle plus d’atteinte à la paix publique, mais à la sécurité nationale, nuance. Cependant, ce passage a été déplacé pour s’intercaller dans le point 5 (les groupes dissous). La place libérée est elle occupée par les armes de destruction massive.

En conclusion, voilà la liste des 7,5 finalités adoptées avant le débat en séance :

  1. L’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et la défense nationale
  2. Les intérêts majeurs de la politique étrangère et la prévention de toute forme d’ingérence étrangère
  3. Les intérêts économiques industriels et scientifiques majeurs de la France
  4. La prévention du terrorisme
  5. La prévention des atteintes à la forme républicaine des institutions, des violences collectives de nature à porter atteinte à la sécurité nationale, de la reconstitution ou d’actions tendant au maintien de groupements dissous en application de l’article L. 212‑1
  6. La prévention de la criminalité et de la délinquance organisées
  7. La prévention de la prolifération des armes de destruction massive

En Bref : Archives Infos du Net (15/03/2015)

[Cote d’Ivoire] – L’ex-première dame Simone Gbagbo condamnée à 20 ans de prison (10/03/2015)
La justice ivoirienne a condamné mardi l’ancienne première dame de Côte d’Ivoire Simone Gbagbo à vingt ans de prison. Le parquet avait requis dix ans d’emprisonnement pour son rôle dans les violences post-électorales qui ont fait quelque 3000 morts en 2011.

Après plus de neuf heures de délibération, le jury a retenu toutes les charges retenues contre la « dame de fer », dont celles de constitution de bandes armées, d’atteinte à la sécurité de l’Etat, de participation à un mouvement insurrectionnel et de trouble à l’ordre public. Il a assorti sa peine de prison de dix ans de privation des droits civiques… (Lire la suite)

http://www.romandie.com/news/Lexpremiere-dame-Simone-Gbagbo-condamnee-a-20-ans-de-prison/573451.rom

 

[Suède] – La Suède met fin à sa coopération militaire avec l’Arabie saoudite au nom des droits de l’homme (10/03/2015)

La Suède a décidé de ne pas renouveler son accord de coopération militaire signé avec l’Arabie saoudite en 2005, a annoncé mardi 10 mars le premier ministre social-démocrate, Stefan Löfven. « Il sera rompu », a déclaré M. Löfven à la radio publique SR depuis Kiev, à propos de cet accord qui était controversé au sein de la majorité de gauche en raison de la question des droits de l’homme … (Lire la suite)

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/03/10/la-suede-met-fin-a-sa-cooperation-militaire-avec-l-arabie-saoudite-au-nom-des-droits-de-l-homme_4591005_3214.html

 

[Allemagne] – Piratage du Connected Drive de BMW et Mini Austin (10/03/2015)

Les voitures connectées, l’avenir des automobiles de demain ? BMW vient de demander à plusieurs millions de ses clients de mettre à jour le logiciel Connected Drive. Il était possible de déverrouiller les portes avec un simple smartphone… (Lire la suite)

http://www.zataz.com/piratage-du-connected-drive-de-bmw-et-mini-austin/

 

[Royaume-Uni] – Schiste fucking au Royaume-Uni (10/03/2015)

Alors que le gouvernement écossais a ordonné fin janvier un moratoire sur l’exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique [1], le Premier ministre britannique David Cameron semble déterminé à poursuivre sa ruée vers ce shale gas, nouvelle énergie « miracle ». La résistance s’organise, décidée à faire reculer une meute d’industriels déjà bien installés… (Lire la suite)

http://cqfd-journal.org/Schiste-fucking-au-Royaume-Uni

 

[Royaume-Uni] – Julian Assange : « Aucun citoyen européen n’est à l’abri » (07/03/2015)

Début de semaine, Julain Assange était sur l’antenne d’Europe 1, dans la matinale de Thomas Sotto. Le fondateur de Wikileaks est revenu sur les révélations de ces derniéres semaines.

On entend parler de vous depuis des années mais qui est Julien Assange ? Justicier, illuminé, résistant, mégalo ? « Je ne sais pas ! Si vous lisez la presse, tous ces qualificatifs et bien d’autres ont été utilisés ! Tortureur de chats, agent du Mossad et j’en passe…« … (Lire la suite)

http://www.datasecuritybreach.fr/julian-assange-aucun-citoyen-europeen-nest-a-labri/

 

[France] – «Les bêtes sont encore vivantes au moment où on les tronçonne» (06/03/2015)

INTERVIEW Anne de Loisy, journaliste, est l’auteure d’une enquête sur la filière de la viande.

La journaliste Anne de Loisy avait enquêté en 2012 sur les abattoirs pour l’émission Envoyé spécial. Elle en a tiré Bon appétit ! Quand l’industrie de la viande nous mène en barquette (1), un livre très documenté paru fin février sur la filière de la barbaque, des éleveurs à nos assiettes… (Lire la suite)

http://www.liberation.fr/terre/2015/03/06/les-betes-sont-encore-vivantes-au-moment-ou-on-les-tronconne_1215730

 

[Japon] – Fukushima : Une nouvelle fuite (connue depuis 1 an) d’eau contaminée coule directement dans le Pacifique (06/03/2015)

Le 4 mars 2015, Tepco confesse qu’une autre évacuation draine des eaux extrêmement radioactives dans le Pacifique depuis le 11-3. Le déversoir est situé en-dehors du port de la centrale.
Les eaux extrêmement radioactives partent directement à la mer. Tepco le sait depuis avril dernier mais le cache depuis près d’un an… (Lire la suite)

http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2015/03/une-nouvelle-fuite-connue-depuis-1-deau.html

 

[USA] – Les États-Unis dressent leur « liste noire » des sites pirates (06/03/2015)

Les États-Unis viennent d’actualiser leur liste noire des sites Internet accusés de permettre le téléchargement illégal de milliers de films, séries, musiques, etc. Si les noms changent progressivement d’années en années, force est de constater que le nombre de cibles à abattre n’évolue guère… (Lire la suite)

http://www.nextinpact.com/news/93361-les-etats-unis-dressent-leur-liste-noire-sites-pirates.htm

 

[France] – Le gouvernement invité à étendre la redevance TV aux tablettes et ordinateurs dès 2016 (05/03/2015)

Un rapport remis hier au gouvernement préconise à nouveau une extension de la redevance TV aux nouveaux écrans (ordinateurs, tablettes, smartphones…). Poussée notamment par les ayants droit, cette réforme fait actuellement l’objet d’analyses du côté de l’administration. Elle devrait très vraisemblablement être évoquée cet automne, à l’occasion des discussions relatives au projet de loi de finances pour 2016… (Lire la suite)

http://www.nextinpact.com/news/93336-le-gouvernement-invite-a-etendre-redevance-tv-aux-tablettes-et-ordinateurs-des-2016.htm

 

[U.S.A] – Washington projette de doubler son budget médias russophones (05/03/2015)

Victoria Nuland, la secrétaire d’Etat adjointe en charge de l’Europe, est en pointe depuis plusieurs mois pour dénoncer la propagande russe diffusée à travers les médias d’Etat. La diplomate américaine n’a cessé de dénoncer les « mensonges » diffusés notamment par Russia Today, s’inquiétant notamment de ses effets jusqu’au sein d’audiences américaines. Interrogée sur la possibilité de censurer la chaîne de télévision russe, qui diffuse en anglais, elle a refusé une telle hypothèse en assurant « croire en la liberté d’expression, la liberté des médias étant un droit dans notre pays« … (Lire la suite)

http://www.guerres-influences.com/victoria-nuland-contre-propagande-budget-medias-russophone/

 

[France] – Un silence très inquiétant (04/03/2015)

Le 12 février dernier, des milliers de personnes se sont mobilisées dans toute la France à l’occasion d’une nuit solidaire pour exiger des pouvoirs publics une politique sociale qui soit enfin à la hauteur de l’intensification de la pauvreté dans notre pays. A Paris, plusieurs centaines de personnes ont prolongé la soirée et dormi dehors, par solidarité envers les 142 000 personnes sans domicile fixe, qui chaque jour doivent affronter la violence d’une société de plus en plus inégalitaire… (Lire la suite)

http://lesillon04.hautetfort.com/archive/2015/03/03/un-silence-tres-inquietant-5571157.html

Le business des faillites ? « La plupart des grands noms du capitalisme hexagonal ont bâti leur fortune de cette manière ».

Source : http://terrainsdeluttes.ouvaton.org

05/03/2015

Entretien avec Cyprien Boganda

Tapie, Pinault, Bolloré… La plupart des chefs d’entreprise érigés en modèle dans les années 1980 ont bâti leur fortune sur les mises en faillite de fleurons traditionnels de l’industrie française. Dans son livre, Le business des faillites, Cyprien Boganda revient sur l’histoire de ce business tout particulier qui est aujourd’hui peuplé d’une galaxie d’intermédiaires de toutes sortes.

Votre livre commence par revenir sur l’histoire du business des faillites en France. Quand a émergé ce marché et quels sont les premiers à se lancer dans ce business au cynisme sans faille ?

Ce business s’est développé dès la fin des années 1970. A  cette époque, la crise économique frappe la France de plein fouet et le nombre de faillites explose: plus de 20 000 en 1980 contre 10 000 dix ans plus tôt. Dans ce contexte, des hommes d’affaires en devenir décident de se lancer dans la reprise d’entreprises en difficultés. Leur stratégie est simple : racheter une société en dépôt de bilan pour une bouchée de pain, la restructurer à la hache, puis la revendre quelques années plus tard, en réalisant une plus-value au passage. Pour que l’opération soit juteuse, il faut choisir sa cible avec soin. En général, ce sont des entreprises endettées mais disposant d’actifs de valeur, ou des sociétés dont les difficultés résultent avant tout d’une mauvaise gestion. La plupart des grands noms du capitalisme hexagonal ont bâti leur fortune de cette manière : François Pinault, Bernard Arnault et Vincent Bolloré, pour les plus connus.

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Tous ont bénéficié des largesses des pouvoirs publics. Les gouvernements de gauche comme de droite ont préféré confié la restructuration des canards boiteux à ces repreneurs, quitte à les subventionner. François Pinault, par exemple, a bénéficié de 250 millions de francs d’argent public en rachetant Isoroy, un gros fabricant de contreplaqué. Selon les sources de l’époque, il a supprimé un millier d’emplois (sur 4 000) avant de revendre l’entreprise pour une somme conséquente. Certains évoquent le chiffre de 950 millions de francs…

Evidemment, tous ces hommes d’affaires ont préféré gommer ces épisodes peu reluisants de leur biographie. Bernard Arnault déteste qu’on lui rappelle les origines de son empire. Il faut pourtant se souvenir que LVMH, géant du luxe tricolore, s’est construit sur les décombres d’un ancien fleuron du textile en faillite, Boussac. Après avoir la main dessus au milieu des années 1980, Arnault s’est débarrassé de toutes les marques qui ne l’intéressaient pas pour ne conserver que les plus rentables : Dior, le Bon Marché, etc.

Heureusement pour lui, les journalistes le renvoient rarement à cette période. Cette indulgence ne date pas d’hier. En regardant les grands médias de l’époque, on est frappé du pouvoir de fascination que les repreneurs exerçaient sur les journalistes. Vincent Bolloré, surnommé « le Petit prince du cash-flow » par la presse économique, était invité en héros sur tous les plateaux télés. Son emploi du temps était scruté à la loupe, depuis son jogging matinal jusqu’à ses dîners en famille… On était vraiment en plein mythe du « self made man » à la française.

Les choses ont un peu changé depuis, parce que le business du sauvetage d’entreprises s’est transformé. Dans les années 1980, il était relativement artisanal. Avec le temps, il s’est professionnalisé, jusqu’à devenir une industrie à part entière. Les Bernard Arnault de la grande époque ont été remplacés par des fonds d’investissement modernes et discrets, spécialisés dans le rachat d’entreprises en difficultés. Aux côtés de ces fonds de « retournement », des dizaines de cabinets ont vu le jour, dans différents secteurs.

Quels sont aujourd’hui les cabinets les plus actifs sur ce marché ? Quelles sont leurs méthodes ?

Les professionnels du sauvetage d’entreprises, friands de terminologies anglo-saxonnes, parlent de « restructuring » pour désigner leur marché. Le terme est plus élégant que « restructuration » mais les réalités sont les mêmes. Restructurer une entreprise, c’est retrouver le chemin de la rentabilité par tous les moyens : suppressions de postes, réorganisations de services, vente d’actifs, renégociation de dettes. Pour réaliser ces opérations parfois complexes, les directions font appel à de nombreux acteurs, qui travaillent souvent en étroite collaboration.

Les cabinets d’audit sont les experts du chiffre. Ils sont chargés d’éplucher les comptes d’une entreprise pour passer en revue les principaux « coûts » : achat de matières premières, frais de personnel, frais généraux, etc. Ils surveillent également la trésorerie de l’entreprise et bâtissent des business plan. A l’issue de leur mission, ces cost-killers peuvent préconiser à la direction des mesures radicales, sur le mode : « Il nous semble que votre masse salariale est trop élevée, il serait bon de la réduire de tant. Voici les postes sur lesquels on peut jouer »… Les missions de ce type sont coûteuses. En moyenne, elles mobilisent cinq ou six personnes et sont facturées autour de 900 euros de l’heure. Quatre géants se partagent le marché de l’audit à travers le monde : KPMG, Ernst&Young, Deloitte et PwC. La France compte aussi des acteurs de taille plus modeste mais en pleine croissance, comme Eight Advisory.

Autre famille d’acteurs, les managers de crise. Appelés au secours par les directions ou les actionnaires, ils débarquent dans l’entreprise en crise, prennent la place du dirigeant et se débrouillent pour redresser les comptes, quel qu’en soit le prix. En moyenne, la durée d’une intervention est de huit mois. Pour redresser la barre d’une entreprise, ils peuvent être amenés à prendre des décisions brutales : mise en place d’un plan social, réorganisation du temps de travail, rupture de contrat avec des fournisseurs. Un manager réputé facture au moins 1 500 euros la journée. Les cabinets les plus connus sont Valtus, NIM ou MCG Managers.

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Les restructurations comportent toujours une dimension juridique. L’avocat intervient tout d’abord pour orienter le chef d’entreprise dans le labyrinthe du droit. C’est lui qui l’aidera à choisir entre les différentes procédures collectives encadrant les entreprises en difficulté : redressement judiciaire, conciliation, etc. C’est surtout lui qui joue le rôle du scribe : il tient le stylo à chaque étape du plan de redressement, et ce type de procédures génère des kilomètres de paperasse. En cas de vente de l’entreprise en difficulté ou de renégociation de dette, il rédige les contrats. Enfin, les cabinets d’avocat conçoivent les plans de sauvegarde de l’emploi (PSE), qui peuvent compter plusieurs centaines de pages. Les honoraires atteignent, là encore, des sommes colossales (500 euros de l’heure). Pour le PSE d’une multinationale, un cabinet peut toucher jusqu’à 500 000 euros.

Vous évoquez aussi dans votre ouvrage le caractère trouble de certaines décisions prises par la justice consulaire. Est ce que vous pourriez nous dire quels sont les problèmes principaux que pose le système français de mise en faillite ?

Les tribunaux de commerce occupent une place centrale dans le business des faillites. Les repreneurs viennent y faire leur marché depuis des décennies. Au nombre de 134, ces tribunaux hérités du Moyen-Age décident du sort de plus de 50 000 entreprises tous les ans. Lorsqu’une société ne peut plus payer ses dettes, elle est placée en redressement judiciaire. A l’issue de la procédure, les juges tranchent entre trois options : la liquidation, la poursuite d’activité avec la même direction ou la cession à un repreneur. Nommés par les tribunaux de commerce, les administrateurs judiciaires assistent ou remplacent les chefs d’entreprise pendant toute la durée de la procédure.

Pendant des siècles, personne ne s’est réellement soucié du fonctionnement de la justice commerciale. Très peu coûteuse pour l’État, puisque les juges sont bénévoles et que les administrateurs sont rémunérés directement par les entreprises en dépôt de bilan, elle était par ailleurs réputée pour son efficacité et sa discrétion. La crise économique du milieu des années 1970 change la donne. Les tribunaux se retrouvent submergés par un flot continu d’entreprises en déconfiture. Si l’on cherche aujourd’hui à dresser un bilan chiffré de cette justice, ce n’est pas très brillant : 70% des entreprises placées en redressement judiciaire sont liquidées à l’issue de la procédure. En moyenne, ce sont plus de 100 000 emplois qui sont détruits chaque année.

Il est bien évident que ces mauvais résultats s’expliquent en partie par la fragilité des entreprises qui arrivent à la barre des tribunaux. Mais il faut aussi, à mon avis, s’interroger sur le fonctionnement même de cette justice, qui n’a d’équivalent nulle part ailleurs. En France, les juges siégeant dans les tribunaux de commerce sont eux même issus du monde de l’entreprise : dirigeants de sociétés (principalement), cadres d’entreprises, commerçants. En clair, ce sont des patrons qui jugent d’autres patrons ! Les risques de conflits d’intérêts sont omniprésents. Il n’est pas rare de voir des dirigeants d’entreprises liquider des concurrents. Dans d’autres cas, les juges sont directement liés aux entreprises en dépôt de bilan. Cela a été le cas récemment dans l’affaire Doux, un gros producteur de volaille breton placé en faillite en 2012. L’entreprise a été démantelée par le tribunal de commerce de Quimper, alors même qu’une solution alternative existait. Mais cette solution impliquait que Charles Doux, dirigeant et actionnaire ultra-majoritaire, accepte de passer la main. Plus d’un millier d’emplois ont été supprimés dans l’opération, soit le tiers des effectifs. Quelques semaines plus tard, un article du « Télégramme de Brest » a révélé que sept juges consulaires sur seize entretenaient des liens plus ou moins étroits avec le groupe Doux. On trouvait par exemple son directeur juridique et l’un de ses principaux commissaires aux comptes.

Pour mettre un terme à ces situations ubuesques, il faudrait limiter le pouvoir exorbitant des juges consulaires, en introduisant dans les tribunaux des magistrats professionnels totalement indépendants des entreprises. C’est ce que l’on appelle l’échevinage, pratiqué en Alsace et en Moselle depuis le XIXe siècle. Au cours des trente dernières années, plusieurs responsables politiques ont tenté de faire évoluer la justice commerciale, mais toutes les tentatives se sont heurtées au puissant lobby des juges consulaires.

On a beaucoup parlé de l’affaire Mory Ducros récemment. Est ce que cette faillite annonce une nouvelle façon de faire des affaires sur les restructurations ?

Je crois surtout que cette histoire illustre une pratique apparue il y a une dizaine d’années en France, qui consiste à sous-traiter la liquidation d’une entreprise à des repreneurs. L’épisode Mory Ducros débute fin 2009. DHL, géant de la logistique, annonce son intention de céder son activité de messagerie (transport de colis). Cela fait des années que le groupe veut se débarrasser de sa filiale, plombée par de lourdes pertes. Pour appâter les candidats au rachat, DHL promet de laisser dans les caisses de l’entreprise la somme de 200 millions d’euros. En 2010, le fonds de retournement Caravelle finit décroche le gros lot. Ducros Express voit le jour, bientôt rebaptisée Mory Ducros à la suite de la fusion avec une autre société. Trois ans plus tard, Mory est placée en faillite. Que s’est-il passé ? Pourquoi DHL a-t-il vendu son entreprise de messagerie à Caravelle, pourtant dénué de la moindre expérience dans le secteur ? Les syndicats soupçonnent en réalité DHL d’avoir sous-traité la restructuration de l’entreprise au fonds de retournement, pour éviter d’assumer le coût et les désagréments d’un plan social. Il est difficile aujourd’hui d’être affirmatif, dans la mesure où une procédure de justice est en cours. Si jamais la manipulation était avérée, elle rappellerait une autre affaire emblématique, l’affaire Samsonite. En 2005, cette usine située dans le nord de la France avait été revendue par le bagagiste américain à un duo de repreneurs peu scrupuleux, qui se sont chargés de liquider le site.

Propos recueillis par Terrains de Luttes

Puissante et incontrôlée : la troïka

Réalisation : Arpad Bondy; Harald Schumann

24/02/2015

Source : http://www.arte.tv

Pour obtenir les prêts dont ils ont besoin pour faire face à la crise, les Etats européens doivent se soumettre aux exigences de trois institutions phares qui forment la troïka : le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne (CE) et la Banque centrale européenne (BCE). Voici une enquête édifiante sur le rôle controversé de cette troïka.

Évasion fiscale, fraudes et manipulations : découvrez le casier judiciaire de votre banque

Par Ivan du Roy, Rachel Knaebel
16/02/2015
Source : http://www.bastamag.net

DOSSIER CYBER-ESPIONNAGE : la NSA et ses Amis

L’État plate-forme, vraie source de services publics innovants ou cache-misère ?

Par Sabine Blanc

09/02/2015

Source : http://www.lagazettedescommunes.com

La Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication (DISIC) déploie une stratégie d’État plate-forme. Empruntée à l’éditeur américain Tim O’Reilly, très libéral et techno-enthousiaste, cette notion recouvre un dispositif technique qui traduit une reconfiguration de la façon dont l’Etat délivre des services publics.

Jacques Marzin a l’aspect sévère des hauts fonctionnaires, mais quand il parle, un enthousiasme de jeune recrue perce sa carapace austère. À une poignée d’années de la retraite, celui qui dirige la Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication (DISIC) aurait pu gérer les affaires courantes en attendant de prendre la tangente. Il a préféré partir en beauté, du moins l’espère-t-il, pour mettre en place “l’État plate-forme”, un concept dont la philosophie puise chez les géants tant enviés du Web, les Amazon, Apple, etc.

L’État plate-forme doit permettre de capter la valeur dans l’écosystème actuel bouleversé par le numérique. La Disic en a emprunté l’idée à l’ouvrage d’Henri Verdier et Nicolas Colin, L’âge de la multitude. Le premier est le directeur d’Etalab, la mission de l’Etat en charge de l’ouverture des données publiques, et récent administrateur général des données. Il a plutôt l’oreille de Thierry Mandon, le secrétaire d’État en charge de la Simplification et de la Réforme de l’État, très porté sur le numérique.

Le second, ancien inspecteur des finances, co-auteur du fameux rapport Collin Colin sur la fiscalité des données, s’occupe désormais de The Family, un accélérateur de start-ups.

Leur ouvrage se réfère directement à un texte de Tim O’Reilly, un éditeur américain spécialisé dans l’informatique influent dans le petit monde du numérique : “Open governement, Government as a platform”.

Dans l’ouvrage de Verdier et Colin, cette thématique est l’objet de la partie “Vers un Etat plate-forme ?” du dernier chapitre “La politique du nouveau monde industriel”.

Capter la valeur de la “multitude”

Leur thèse est que la puissance – et donc la richesse, dans tous les sens du terme – d’un acteur tient à sa capacité à capter la valeur de la “multitude”, autrement dit les internautes, via une interface ouverte – la fameuse plate-forme – qui leur permet techniquement d’y contribuer, dans un deal en théorie gagnant-gagnant.

Parmi les exemples cités :

  • l’iPhone d’Apple qui tire une grande partie de son succès des applications développées par des acteurs externes, qui peuvent les soumettre à la plate-forme iOS.
  • Wikipedia, l’encyclopédie à la richesse sans précédent car il est très facile d’y déposer son savoir, etc.

L’API, pour Application Programming Interface, en est le concept-clé : il s’agit de fournir aux acteurs extérieurs un moyen documenté d’utiliser les services d’une application. Ces services permettent de lire et de modifier les données de l’application et suivent généralement des normes qui permettent de développer facilement ces interconnections.

Appliqué à un Etat, qu’est-ce que cela donne ? “Que se passerait-il si, au lieu de la voir comme un distributeur de canettes, nous imaginions l’administration comme le manager d’une place de marché ?”, résume Tim O’Reilly, repris par Colin et Verdier. A elle de s’organiser pour devenir un bazar “dynamique”, en référence au célèbre texte de l’Américain libertarien Eric S. Raymond, père du logiciel open source, “La cathédrale et le bazar”.

Les deux auteurs n’ignorent pas la spécificité de l’administration “qui exerce la plupart de ses missions en situation de monopole. Il est impossible pour les citoyens d’échapper à tout contact avec l’administration.”

S’il sera “difficile, pour l’administration, d’atteindre le niveau d’excellence des services proposés par l’économie numérique”, estiment-ils, “cet objectif est pour elle un devoir.” Et la meilleure façon selon eux d’y parvenir est donc de se penser comme une plate-forme suscitant la créativité des innovateurs.

Colin et Verdier rêvent tout haut dans leur livre :

Nous verrons alors s’inventer sous nos yeux des services publics sans administration, auto-organisés par des communautés de citoyens prenant leur part de leur opération par leurs contributions et leurs interactions.

abeille

“Fournisseurs de service contextualisés”

Voilà pour la vision, l’utopie, portée politiquement par Henri Verdier et Thierry Mandon. Au discret Jacques Marzin et celui qu’il présente comme le futur CTO (Chief Technology Officer) de l’Etat, Guillaume Blot, d’en assurer la mise en œuvre technique, selon une répartition des rôles naturellement trouvée.

Ils ont donc engagé la mise en place de cette “architecture ouverte” grâce à laquelle des « fournisseurs de service contextualisés », acteurs de l’écosystème, peuvent appeler des données des systèmes d’informations des acteurs publics via des API. Ces “fournisseurs de service contextualisés” utiliseront ces services de premier niveau pour, en fonction des utilisations pressenties, produire des services de second niveau à destination du public : entreprises, collectivités territoriales et grand public.

La suite est encore un peu floue : “Nous sommes dans une proposition d’architecture très high level (sic) et nous descendrons progressivement sur l’opérationnel, indique Jacques Marzin. Il y aura plusieurs fournisseurs d’API contextualisées, certains sont déjà connus, on ne sait pas comment on va les fédérer, dans le cadre de quelle démarche industrielle. Il y aura une partie État, une partie collectivités territoriales, autour notamment des grandes structures mutualisées existantes, dans le privé, mais on s’interdit d’avoir une idée a priori d’affectation.”

Ces fournisseurs de services contextualisés constitueront une sorte de tampon de sécurité, à deux titres : “leur but est d’éviter que les administrations centrales ou les autres grands pourvoyeurs de données gèrent la relation avec les milliers de fournisseurs potentiels de services publics numériques, notamment dans les écosystèmes avec les collectivités territoriales ou d’autres prestataires privés, détaille Guillaume Blot. L’aspect confidentialité motive aussi cette option : “Les fournisseurs de services contextualisés donneront uniquement les informations que le fournisseur de service a le droit de savoir.”

API de modernité

La tâche des prochains mois consiste donc à habiller d’API les SI de l’État, une enveloppe de modernité pour les adapter aux canons actuels de l’écosystème numérique.

Une autre tâche consiste à “allumer” l’écosystème : une API n’a de valeur que si l’on s’en empare. “Pour montrer que cela peut marcher, le SGMAP a imaginé ex nihilo des fournisseurs de services contextualisés pour des premières expériences en mode start-up comme Marchés publics simplifiés. Derrière se cache en fait la fabrication ‘d’API entreprise’. Ces places de marché, pour aller vérifier la situation fiscale, sociale ou juridique de l’entreprise ne demanderont pas en direct à la DGFIP, à l’ACOSS ou à Infogreffe mais passeront par ‘API entreprise’”, poursuit Guillaume Blot.

Interrogé sur le délai de mise en branle de cet écosystème, Guillaume Blot répond : “C’est une échéance à plusieurs années”, aussitôt coupé par Jacques Marzin :

Je ne partage pas ton point de vue, il faut trouver la pépite qui suscite un tel retour positif des citoyens et des entreprises que tout le monde est embarqué dedans. Va-t-on faire quelque chose autour de la rentrée scolaire  2016-2017 ? Nous cherchons avec les collectivités territoriales ce genre de sujet qui dépasse nos marronniers habituels, ACTES, COMEDEC, HELIOS (1)…, dont se moquent éperdument le citoyen et l’entreprise.

Agenda néo-libéral

Cette stratégie s’inscrit bien sûr dans une contexte budgétaire restreint. À l’heure où l’Etat s’interroge sur ses missions régaliennes, l’État plate-forme sera-t-il une façon douce de réduire la voilure sur les services publics, en en déléguant d’emblée une partie de la création de la version numérique à des acteurs extérieurs, et en n’assurant que le strict minimum au niveau de l’État ?

Le texte originel de Tim O’Reilly s’inscrit en effet dans une vision de l’État très libérale. L’auteur déplore que “l’action collective signifie maintenant plainte collective.” Il invite les citoyens à se prendre en main (“Everyone has something to offer), en donnant en exemple des Hawaïens qui ont réparé eux-mêmes une route car la puissance publique tardait à dégager les fonds pour le faire, menaçant leur moyen de subsistance.

Tim O’Reilly souscrit à la philosophie de l’open gov (et sa sous branche open data) qui, sous ses aspects consensuels – qui est contre la transparence et la participation citoyenne ? – a pu se traduire par un agenda néo-libéral d’où le public ne ressort par plus efficace pour moins de dépenses, mais simplement diminué par report sur le privé.

Parier en partie sur un écosystème privé pour développer des services non pas publics mais au public, c’est prendre le risque de fracture, entre ceux qui susciteront l’attention de “la multitude” et les autres. Sauf à ce que l’Etat ne conserve que ceux des services publics qui n’intéressent pas cette multitude, laissant les autres (les plus rentables, ou rentabilisables) aux acteurs privés.

La puissance publique française retiendra-t-elle uniquement les aspects positifs de cette vision ? Colin et Verdier sont confiants : « Ces forces de l’économie de la contribution sont plus faciles à mobiliser lorsqu’on travaille au service de l’intérêt général”, sans étayer l’assertion. Ils soulignent aussi que la fourniture “des services publics s’appuie déjà sur de nombreux intermédiaires privés”, mais sans évoquer les cas où c’est un échec : rail, autoroutes, prisons

Si la Disic indique rester maître de tous les services d’ordre régalien, encore faut-il que la notion de service régalien reste immuable.

“Pourquoi dire systématiquement que l’on va être autonome en interne ?”

Aujourd’hui, le choix, clairement assumé, est de concentrer l’action de l’Etat sur la création des API. Interrogé sur l’absence de recrutement de designer d’application, Jacques Marzin répond, un peu agacé :

Si on avait les postes et le flux de recrutement permettant de le faire, on n’hésiterait pas, mais ce n’est pas le cas. Les gens qui savent designer des app Android et iOS, je ne peux pas en recruter. Pourquoi dire systématiquement que l’on va être autonome en interne sur cette partie ? Je préférerais avoir des gens capables de produire de l’API à très haut niveau plutôt que de l’interface de très haut niveau, car on ne sous-traitera certainement pas la sécurité des données du citoyen à l’intérieur des blockhaus numériques de l’administration. Beaucoup d’organisations de haut niveau comme les nôtres ont tendance à ne pas importer les très bons créatifs, car ils ne sont pas intéressés par le statut de fonctionnaires.

De toute façon, selon lui, ce choix est justifié : “Prenons France connect (un système d’authentification unique pour les citoyens et les administrations, en cours de développement, NDLR). Les 36600 communes en France s’appuient sur des logiciels marchands. Elles vont demander à leurs fournisseurs d’ajouter le bouton France Connect dans leur solution logicielle, ce qui est plus simple pour nous. Quand ces entreprises le déploieront – c’est leur choix car c’est leur business -, cela donnera accès aux API et leur permettra donc de proposer des services aux collectivités.”

Service public centré sur l’usager

Moins lyrique que ses inspirateurs, Jacques Marzin y voit plutôt une façon de passer d’un service public centré sur l’administration à un service public centré sur l’usager : “cette architecture vise à rendre le design des services publics possibles quels que soient les choix effectués. Aujourd’hui, les choix sont calés sur l’organisation administrative. On ne peut pas la modifier, car les SI sont calés dessus. Avec une architecture de plate-forme, on se fiche de savoir d’où viennent les données, c’est service public as a platform (2) : éducation as a platform par exemple, mélangeant l’Education nationale, les grandes écoles de commerce, et le privé subventionné ou non, pourquoi pas. L’administration restera complexe, son organisation n’est pas immuable, il faut qu’elle soit évolutive sans casser le service rendu, et il faut masquer cette complexité au citoyen qui n’en a rien à faire.”

L’âge de la multitude ou âge de la prédation ?

Paru en 2012, L’âge de la multitude avait reçu un bon accueil critique, à l’exception d’une critique au cordeau de Dominique Boullier, publié sur InternetActu sous le titre éloquent de “l’âge de la prédation”. Virulent, ce compte-rendu soulevait néanmoins plusieurs points pertinents : la fascination pour l’innovation comme fin en soi, sans considération de ses coûts sociaux, moraux ; la mise sur un pied d’égalité d’organisations qui n’ont, politiquement ou socialement pas du tout le même projet : quel point commun entre un Facebook et un Wikipedia ?

Epuisé, l’ouvrage va être réédité.

Guerre de l’ombre au Sahara

Documentaire de Bob Coen et Éric Nadler

2015

Source : http://info.arte.tv

 

La guerre pour contrôler les ressources du XXIe siècle a déjà commencé. Et l’Afrique, comme à l’accoutumée, est aux premières loges. Depuis des décennies, la France n’est plus la seule à avoir des vues sur le continent. Dès les années 1960, la découverte d’immenses gisements de pétrole dans le golfe de Guinée attire un nouvel acteur aux besoins inextinguibles, les États-Unis. Peu à peu, la première puissance mondiale s’implante en Afrique. Le 11 septembre 2001 marque un tournant. Pris de vitesse par la Chine sur le continent, Washington met un pied au Sahara dans le cadre officiel de sa « lutte contre le terrorisme ». En 2007, l’administration Bush renforce son instrument politico-militaire, à travers Africom, visant notamment à quadriller la région. Mais derrière ce combat se cachent d’autres batailles : la zone saharienne contient les plus grandes réserves pétrolières d’Afrique, mais aussi de l’uranium, du fer, de l’or… Parallèlement, la France renforce sa présence militaire sur le continent.

Une militarisation croissante de l’Afrique

Passionnant, ce documentaire inscrit les dernières opérations militaires dirigées par les États-Unis et la France dans ce contexte de contrôle des ressources africaines : la Libye est un producteur majeur de pétrole, le Mali abrite d’importantes quantités d’uranium, alors que le Centrafrique occupe une place stratégique dans la région. Les réalisateurs Bob Coen et Éric Nadler donnent la parole à de nombreux intervenants pour montrer comment les grandes puissances industrielles se positionnent. Cent trente ans après la conférence de Berlin, qui vit les pays occidentaux se partager le « gâteau » africain, l’histoire se répète, invariablement.

  Coproduction : ARTE France, Crescendo Films (France, 2013, 54 mn)

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