Birmanie : fin de dictature ?

Réalisatrice : Michaelle Gagnet

2015

Source : http://boutique.arte.tv

Après avoir tout fait pour être candidate aux élections présidentielles birmanes de 2015, « The Lady » a dû renoncer devant l’impossibilité de modifier une constitution qui la prive de ce droit.

Son tort : avoir épousé un étranger – aujourd’hui décédé. Birmanie, fin de dictature ? C’est la question posée par le documentaire de Michaëlle Gagnet, qui interroge la charismatique opposante à la junte militaire birmane, prix Nobel de la paix en 1991. Depuis sa libération, Aung San Suu Kyi est critiquée par une partie de son camp qui lui reproche de ménager le régime.

Réalisatrice : Michaelle Gagnet
Producteurs : ARTE France, DOC EN STOCK
Nationalité : France

Durée : 52 min

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Guerre de l’ombre au Sahara

Documentaire de Bob Coen et Éric Nadler

2015

Source : http://info.arte.tv

 

La guerre pour contrôler les ressources du XXIe siècle a déjà commencé. Et l’Afrique, comme à l’accoutumée, est aux premières loges. Depuis des décennies, la France n’est plus la seule à avoir des vues sur le continent. Dès les années 1960, la découverte d’immenses gisements de pétrole dans le golfe de Guinée attire un nouvel acteur aux besoins inextinguibles, les États-Unis. Peu à peu, la première puissance mondiale s’implante en Afrique. Le 11 septembre 2001 marque un tournant. Pris de vitesse par la Chine sur le continent, Washington met un pied au Sahara dans le cadre officiel de sa « lutte contre le terrorisme ». En 2007, l’administration Bush renforce son instrument politico-militaire, à travers Africom, visant notamment à quadriller la région. Mais derrière ce combat se cachent d’autres batailles : la zone saharienne contient les plus grandes réserves pétrolières d’Afrique, mais aussi de l’uranium, du fer, de l’or… Parallèlement, la France renforce sa présence militaire sur le continent.

Une militarisation croissante de l’Afrique

Passionnant, ce documentaire inscrit les dernières opérations militaires dirigées par les États-Unis et la France dans ce contexte de contrôle des ressources africaines : la Libye est un producteur majeur de pétrole, le Mali abrite d’importantes quantités d’uranium, alors que le Centrafrique occupe une place stratégique dans la région. Les réalisateurs Bob Coen et Éric Nadler donnent la parole à de nombreux intervenants pour montrer comment les grandes puissances industrielles se positionnent. Cent trente ans après la conférence de Berlin, qui vit les pays occidentaux se partager le « gâteau » africain, l’histoire se répète, invariablement.

  Coproduction : ARTE France, Crescendo Films (France, 2013, 54 mn)

CONNEX :

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Irak : Le monde trouble du mercenariat militaire

Par Rupert Cornwell

21/12/2014

Source : http://www.mondialisation.ca

blackwater_academi

Ce fut l’un des nombreux incidents les plus honteux de la guerre en Irak : le 16 septembre 2007, des membres de l’entreprise privée de sécurité, du nom de Blackwater à l’époque, chargée de la protection des convois du Département d’Etat US, ouvrirent le feu sur des civils, place Nisour, à Bagdad, tuant 17 d’entre eux.

Après les abus nauséeux subis par les prisonniers à Abou Ghraib, la réputation des Etats-Unis était tombée au plus bas. Blackwater était devenu le symbole d’un pays si arrogant dans son traitement de l’Irak qu’il prétendait sauver, qu’il permettait à des contractants armés de transformer la capitale irakienne en un champ de tir.

Et, pendant un certain temps, l’arrogance s’ajouta à l’arrogance, les Etats-Unis refusant qu’un Américain soit jugé par une cour irakienne. Mais, la semaine dernière, (soit 7ans plus tard ! NDLR), justice a enfin été rendue. Quatre des membres de Blackwater ont été reconnus coupables de meurtre et d’homicide selon l’acte d’accusation du gouvernement américain. Des dizaines d’années de prison les attendent tandis que les familles des victimes de la fusillade arbitraire ont, pour utiliser le vocable à la mode, obtenu, en sorte, la « clôture » du dossier. Le procureur général fédéral n’a pas exagéré quand il a salué le verdict comme « une affirmation éclatante » du « respect de la loi, même en temps de guerre » des Etats-Unis.

Mais l’affaire pour laquelle trente témoins firent le voyage à Washington pour les 11 semaines qu’a duré le procès a soulevé autant de questions qu’elle n’en a résolu. Combien de contractors indépendants complètent les forces de combat officielles des Etats-Unis ? Quel est leur statut juridique ? Quel est leur coût et quel besoin a-t-on de ces clones de mercenaires d’aujourd’hui ?

Les mercenaires ont toujours existé. Les Egyptiens et les Grecs en avaient et il y eut les condottieri des cités italiennes en guerre au Moyen-Age et les Hessiens, soldats allemands qui se bâtirent aux côtés des Anglais lors de la guerre d’indépendance des Etats-Unis. Encore aujourd’hui, les Gardes Suisses, au-delà de leurs uniformes folkloriques, sont des mercenaires hautement qualifiés militairement qui protègent le Vatican.

La grosse différence est que ces mini-Pentagones de location ont pour quartiers généraux des bureaux luxueux pourvus de sites internet astucieux offrant un vaste éventail de services. Quant à Blackwater, si le nom n’existe plus, la société, elle, est toujours là. Rebaptisée tout d’abord, Xe Services, elle a pris le nom plus neutre de Academi, et travaille toujours pour la CIA et d’autres organismes de la sécurité nationale US.

Une autre différence est l’étendue de leur rayon d’action pour les Etats-Unis. Leur nombre est inconnu, leurs pertes ne figurent pas parmi les pertes militaires officielles et aucun cercueil drapé des couleurs US n’est renvoyé pour marquer leur décès.

Les contractors privés ont opéré dès la guerre du Vietnam quand ils étaient chargés de logistique et de travaux sur les bases. Aujourd’hui, les choses ont changé : Ann Hagedorn écrivait dans le Wall Street Journal qu’entre 2009 et 2011, ils formaient le gros du personnel US en Afghanistan et Irak et leurs activités ne sont qu’une part infime d’une industrie gigantesque. Ils fournissent plus de 90% des services de sécurité diplomatique et figurent pour la moitié du budget du Department of Homeland Security. Ils sont un élément central du vaste système de surveillance occulte qui s’est développé aux Etats-Unis depuis les attentats du 11 septembre. Edward Swoden n’était pas un employé de la National Security Agency NSA (Agence de Sécurité Nationale) mais de l’entreprise de sécurité Booz Allen Hamilton où il eut accès aux documents de la NSA qu’il fit connaître dans ce qui est la divulgation de renseignements la plus spectaculaire de l’histoire des Etats-Unis.

La conclusion du procès Blackwater n’aura aucune conséquence pour les contractors. L’Irak de 2003 n’a été que le creux de la vague quand les forces d’invasion US rassemblées par une administration Bush ignorante et trop optimiste se sont révélées trop faibles pour finir le travail. Les contractors furent la solution : ils sont mobilisables rapidement, aucun accord du Congrès n’est nécessaire et ils occupent une zone légale grise en termes de responsabilité.

Si vous devez vous accommoder des contractors, encore faut-il obéir aux règles. Le procès de Blackwater n’est pas terminé, ils sont derrière les barreaux mais les appels du jugement vont courir pendant des années. Un code de conduite, le Document de Montreux de 2008 sur les entreprises de sécurité privées employées en cas de conflit armé, a été signé par quelque 600 entreprises. En espérant qu’il n’y ait plus jamais de place Nisour.

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Un passé peu recommandable.

Le 16 septembre 2007, des membres de Blackwater Security Consulting, une entreprise militaire privée, (renommée depuis Academi), a tiré sur des civils irakiens, tuant 17 et blessant 20 d’entre eux place Nisour à Bagdad.

Cette tuerie enragea les Irakiens et créa des tensions dans les relations irako-américaines. Quatre employés de Blackwater ont été jugés et reconnus coupables – un de meurtre et trois d’homicide et de violations sur les armes.

Les accusés ont prétendu qu’ils étaient tombés dans une embuscade et que c’est en défense qu’ils ont tiré. Le gouvernement et les enquêteurs irakiens ont eux assurés que la tuerie n’avait pas été provoquée. La licence de Blackwater fut temporairement levée tandis que le Département d’Etat déplorait « la mort de personnes innocentes ».

Cinq investigations ont eu lieu dont une par le FBI qui trouva que, parmi les 17 personnes tuées, 14 avaient été abattues sans aucune raison.

Rupert Cornwell

Article original : The Blackwater trial: A shameful case exposes a murky worldThe Independent

Traduction et Synthèse: Xavière Jardez, france-irak-actualite.com

Photo : Blackwater, rebaptisée Xe Services, s’appelle maintenant Academi.

Gaza année zéro , Malgré les promesses, le blocus continue

Par Françoise Feugas

19/12/2014

Source : http://orientxxi.info

L’offensive israélienne sur Gaza de l’été 2014 restera gravée dans les mémoires comme ayant été la plus destructrice et la plus meurtrière des opérations militaires subies jusque là par les habitants de l’étroite enclave palestinienne. Le plan de reconstruction onusien négocié avec Israël se heurte à la réalité du blocus, qui subordonne toute action à la volonté de la puissance occupante. Et pendant que le monde suit le déploiement de la stratégie diplomatique adoptée par l’Autorité palestinienne, la population de Gaza campe dans les ruines et s’apprête à subir les rigueurs de l’hiver.

Photos Anne Paq/ActiveStills

La photographe Anne Paq est l’auteure du diaporama qui se trouve à la fin de cet article. Spécialiste des droits humains, elle est membre du collectif ActiveStills et anime le blog Chroniques de Palestine et d’ailleurs.

«  Rien ne pouvait me préparer à ce que j’ai vu aujourd’hui. C’est indescriptible.  » C’est en ces termes que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon exprimait sa réaction devant l’ampleur de la dévastation de Gaza, lors de sa visite le 14 octobre 2014. Il était venu assurer aux Gazaouis le soutien quelque peu tardif de la «  communauté internationale  » et annoncer que la Conférence internationale des donateurs réunie les 4 et 5 octobre au Caire promettait 5,4 milliards de dollars d’aide à la reconstruction de leur territoire ravagé.

Ainsi se poursuit depuis des années le cycle des destructions massives et des reconstructions partielles sur l’étroite bande de terre d’environ 360 km², où survivent dans des conditions de plus en plus difficiles 1,7 million de personnes sous le blocus imposé par Israël — et auquel l’Égypte contribue de fait. Un blocus largement renforcé à partir de la prise de contrôle de Gaza par le Hamas en 2007.

Depuis la seconde Intifada en 20011 en effet, outre des dégâts matériels successifs importants, des milliers de Gazaouis — principalement des civils — sont morts ou ont été blessés du fait des opérations militaires israéliennes successives : «  Bouclier défensif  » en mars et avril 2002, «  Pluies d’été  » en juin 2006, «  Plomb durci  » (décembre 2008-janvier 2009) qui avait fait plus de 1400 victimes2 ou «  Pilier de défense  » (novembre 2012). Mais aussi, mois après mois, dans d’innombrables frappes aériennes, raids, incursions terrestres ou encore «  dégâts collatéraux  » d’assassinats ciblés.

18 000 logements détruits, plus de 100 000 sans-abris

«  Bordure protectrice  » a été la plus destructrice et la plus meurtrière de ces opérations. Entre le 8 juillet et le 26 août 2014, elle aura fait 2 192 victimes côté palestinien, dont 1 523 civils et 519 enfants, selon les chiffres du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha)3, qui dénombre également 11 293 blessés. On se souvient qu’elle a été déclenchée alors que les États-Unis eux-mêmes mettaient en évidence la responsabilité des dirigeants israéliens dans l’impasse des négociations, et que la réunification nationale palestinienne était internationalement saluée, en dépit des pressions israéliennes.

Au moment du cessez-le-feu, le 26 août, environ 110 000 personnes «  déplacées  » à l’intérieur de l’enclave étaient réfugiées dans des centres d’hébergement ou dans d’autres familles. Nombreux sont ceux qui ont tout perdu. Plus de 18 000 logements ont été détruits ou rendus inhabitables, laissant environ 108 000 personnes sans abri, qui vivent — pour combien de temps encore  ? — dans les décombres.

Plus de 200 écoles et bâtiments publics, un tiers des hôpitaux, 14 dispensaires ont été détruits ou endommagés. Des terres agricoles ont été dévastées et 350 sites industriels détruits, ainsi que des infrastructures routières. Les dommages causés aux canalisations d’eau et d’assainissement ont été immenses et en octobre, plus de la moitié des Gazaouis n’avait plus aucun accès à l’eau. La seule centrale électrique ayant été bombardée, la plus grande partie du territoire a été plongée dans le noir tandis que les hôpitaux surchargés manquaient d’électricité et de fuel pour alimenter leurs équipements.

Le coût de la reconstruction a été évalué à 6 milliards d’euros par l’Autorité palestinienne. Mais selon la déclaration officielle de la conférence internationale des donateurs, l’aide4 est en réalité destinée au «  peuple palestinien  », dont la moitié seulement pour la reconstruction de Gaza. Le plus grand flou entoure la répartition des sommes promises : une partie pourrait être consacrée à divers projets non directement liés à la reconstruction ou attribuée sous forme d’aide financière à l’Autorité palestinienne — et pourrait aller à la Cisjordanie5.

État de siège perpétuel

En attendant, c’est l’acheminement même des matériaux, au premier rang desquels l’indispensable ciment, qui est soumis à de fortes contraintes. Tout doit en effet passer par le territoire israélien, et la récente création, par le gouvernement d’Abdel Fattah Al-Sissi, d’une zone tampon entre les deux parties de la ville de Rafah vient conclure la dénégation égyptienne au motif que Rafah «  n’est pas adapté à la circulation d’un flux important de marchandises  »6. Le nouveau pouvoir égyptien a ainsi détruit 1 600 tunnels, coupant toutes les voies d’approvisionnement. L’ampleur de la dévastation et des besoins et la rareté des marchandises faisaient déjà redouter aux habitants de Gaza une envolée des prix  ; le durcissement du blocus côté égyptien alourdit encore les factures. Aujourd’hui, les étals n’exposent plus que des produits israéliens, au prix initial plus élevé que les produits égyptiens, et auxquels ont été ajoutées de fortes taxes.

Israël a de fait toute latitude pour juger de l’opportunité de refuser l’entrée de marchandises par ses terminaux, en particulier celui de Kerem Shalom, sous couvert de s’assurer que l’effort de reconstruction n’est pas utilisé pour «  réarmer le Hamas  ». Pour Tel-Aviv, des armes ou des munitions peuvent être cachées dans chaque sac de ciment  ; au-delà, tout matériau de construction à usage «  duel  », utilisable aussi bien pour construire des maisons que des caches d’armes, est suspecté à priori.

L’échec du plan Serry

Selon le mécanisme provisoire négocié avec Israël et proposé par Robert Serry, le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Proche-Orient (UNSCO), les agences onusiennes doivent superviser l’utilisation des matériaux entrants pour garantir qu’ils ne seront pas détournés à des fins militaires. Elles sont supposées collecter et mettre à disposition d’Israël des informations sur les familles palestiniennes à prendre en charge en priorité, Israël pouvant exercer à cet égard un droit de veto (notamment pour soupçon d’appartenance au Hamas). Cet «  arrangement  » a fait que seulement deux livraisons de matériaux avaient eu lieu fin novembre. À ce rythme, il faudra des années avant que le chantier de Gaza ne s’achève, en admettant qu’il n’y ait pas entre temps de nouvelle offensive israélienne.

L’échec du mécanisme est patent, Serry lui-même l’a reconnu indirectement, dans une déclaration en date du 21 novembre. Les Palestiniens, choqués, jugent en fait que cela ne sert en définitive qu’à conférer une légitimité internationale au blocus et à permettre à Israël d’engranger des profits supplémentaires. Voulant répondre à leur colère, le coordinateur a promis que l’ONU veillerait à éviter «  l’utilisation abusive de renseignements personnels sur ceux qui souhaitent accéder au mécanisme  » et réaffirmé sa confiance dans la possibilité de lever les obstacles, pour peu qu’il soit mis en œuvre «  de bonne foi  ».

Mercredi 17 décembre, la Jordanie a soumis au Conseil de sécurité de l’ONU la résolution pour la reconnaissance d’un État palestinien. Mais le véto américain est probable. La «  nouvelle phase  » de l’offensive diplomatique évoquée par Riyad Mansour, l’ambassadeur palestinien à l’ONU, sera alors la demande d’adhésion à la Cour pénale internationale (CPI), afin d’y mettre Israël en accusation pour crimes de guerre à Gaza. Verra-t-on un jour prochain la fin de l’impunité dont bénéficie la politique israélienne  ? La question, posée après l’offensive israélienne de l’hiver 2008-2009 par le rapport du juge Goldstone à la demande de l’ONU, est demeurée jusqu’ici sans réponse.

Il y a le temps diplomatique et l’urgence de la situation. Dans la «  prison à ciel ouvert  » où la population campe dans les ruines, le désespoir va croissant tandis que la température hivernale baisse.

4Le Qatar a promis 1 milliard de dollars, les États-Unis une «  aide immédiate  » de 212 millions sur un total de 400 millions de dollars en un an, et l’Union européenne 550 millions de dollars. La cinquantaine d’autres pays et organisations internationales ont promis approximativement 5,4 milliards de dollars.

5Ricard Gonzalez, «  The lie behind the Gaza Reconstruction Conference  », Daily News Egypt, 15 octobre 2014.

6Kevin Connolly, «  Gaza reconstruction facing obstacles despite aid  », BBC News Middle East, 16 octobre 2014.

 

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