Les scientifiques japonais étudient la faune et la flore des forêts contaminées.

Source : http://www.vivre-apres-fukushima.fr/les-scientifiques-japonais-etudient-la-faune-et-la-flore-des-forets-contaminees/

10 Janv 2016

Mais ils se refusent à conclure avant encore 5 ou 6 ans.

Traduction (par vivre-après-fukushima) d’un article de l’Asahi Shimbun daté du 22 Décembre 2015.

Plus de 90% des sapins proches du site de la catastrophe nucléaire de 2011 présentent des anomalies; et des spéciments de pucerons collectés dans une ville distante de plus de 30 km de la centrale détruite ont des pattes tordues ou absentes.

Mais il reste difficile de savoir si les mutations des plantes et animaux sont effectivement en relation avec la catastrophe de la centrale nucléaire Fukushima N°1.

Tout ce que les scientifiques japonais acceptent de dire c’est qu’ils essaient de comprendre les effets du césium radioactif libéré avec d’énormes quantités de matières radioactives par la triple fusion à la centrale de Fukushima, déclenchée par le tremblement de terre et le tsunami du grand Est japonais.

Ils cherchent à savoir comment le césium radioactif s’est diffusé dans les forêts et le sol des zones proches de la centrale accidentée, accompagné de signes de mutations chez les plantes et les animaux.
Comprendre comment le césium et d’autres particules radioactives se sont propagés après la catastrophe est une clef pour comprendre les conséquences du pire accident nucléaire survenu au Japon.

Ces recherches concernent fortement ce à quoi les autorités et les habitants peuvent s’attendre en cas de nouvel accident.
Elles fournissent également des informations précieuses aux évacués lorsqu’ils pèsent le choix de refaire leur vie près de la centrale détruite.

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Les cibles nucléaires des Etats-Unis durant la guerre froide déclassifiées

Source : http://fr.euronews.com/2015/12/24/les-cibles-nucleaires-des-etats-unis-durant-la-guerre-froide-declassifiees#.VnwdFkdyEws.twitter

24 Dec 2015

C’est un document datant de 1956 qui vient d‘être rendu public par la National Archives and Records Administration à la demande d’un chercheur de l’Université George Washington. Cette longue liste de 800 pages détaille les cibles potentielles de frappes nucléaires américaines en cas de guerre avec l’URSS. Et elle a de quoi donner des sueurs froides. On y trouve – énumérés sous des noms de codes – des milliers d’objectifs identifiés comme stratégiques. Parmi eux, 1 200 villes, notamment Moscou, Leningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg), Berlin-Est, Varsovie ou encore Pékin. Si ces villes étaient essentiellement retenues pour les sites militaires et industriels qu’elles abritaient, la catégorie “population” apparaît également, accréditant la volonté de frapper des zones densément peuplées pour faire un très grand nombre de victimes civiles.

En visionnant la carte ci-dessous, on peut prendre la mesure de la multiplicité des objectifs identifiés, qu’il s’agisse de zones urbaines ou de bases aériennes. Car en cas de conflit généralisé, la priorité aurait été d’anéantir au plus vite les capacités aériennes de l’URSS pour éviter que l’Union soviétique ne réplique par des frappes nucléaires massives. À l‘époque, en effet, seuls les bombardiers pouvaient acheminer l’arme atomique jusqu‘à sa cible, les missiles nucléaires intercontinentaux ou ceux lancés depuis des sous-marins étant encore inexistants.

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Fukushima, bilan d’une situation sanitaire inquiétante

Tant est grand l’irrationnel en cet affaire, et par-delà les contradictions qui dépassent l’entendement, simultanément à l’annonce des résultats du groupe de recherche INWORKS (Ionising radiation and risk of death from leukemia and lymphoma in radiation-monitored workers) selon lesquels le risque de mortalité par leucémie ou myélome multiple des travailleurs de centrales nucléaires après exposition à des faibles doses est désormais avéré[1], le gouvernement japonais, avec l’aval de l’AIEA[2], a relevé les doses acceptables pour les travailleurs du nucléaire de 100msv/an à 250 msv/an en cas d’urgence[3].

Pour rappel, cette même norme qui était à 20 msv/an avant l’explosion de la centrale de Tepco – Fukushima Dai ichi a été réhaussée à 100 msv/an après l’accident (pour les travailleurs du nucléaire) et à 20 msv/an pour la population civile.
Suite au réhaussement de la norme, lors du seul mois d’août 2015, on compte trois décès parmi les travailleurs de la centrale nucléaire de Fukushima Dai ichi, ce qui porte à 64, selon les chiffres officiels[4], le nombre de travailleurs décédés des conséquences de leur travail.

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17 DEC 2015 , SOURCE

Fukushima est un problème mondial de sécurité

Par Matsuhei Murata, ancien ambassadeur du Japon en Suisse

Le 1 Novembre 2015

Source : http://www.vivre-apres-fukushima.fr

Préface

L’absence de signification donnée à la crise de Fukushima forme un contraste frappant avec la gravité de cette crise.
Indéniablement, Fukushima est maintenant un problème mondial de sécurité.

La contamination de l’océan pacifique et de l’atmosphère par les rayonnements ionisants issus des réacteurs nucléaires détruits de Fukushima reste imparable; elle menace la côte Ouest des États Unis. Le Japon devrait faire le maximum d’efforts pour faire face à la crise de Fukushima en se retirant des jeux olympiques de Tokyo qui disséminent la fausse impression que Fukushima est sous contrôle.

La détérioration de la situation à Fukushima

Le Japon est confronté aux conséquences d’un accident encore jamais vécu par l’humanité: la destruction et la fusion simultanée de 3 réacteurs nucléaires commerciaux.
Quatre ans et demi après la catastrophe du 11.3, il est démontré qu’un acccident nucléaire grave ne peut pas être contrôlé par un seul état. Le gouvernement japonais est déterminé à redémarrer ses réacteurs et à exporter la technologie nucléaire sans avoir élucidé pleinement les causes de l’accident.

La majorité des japonais critique sévèrement cette conduite, la jugeant immorale et irresponsable. La question est posée de savoir si le Japon a l’aptitude à la gestion et les capacités nécessaires pour faire face à cette crise qui couve.

Les coeurs fondus des réacteurs des unités 1,2 et 3 restent inaccessibles à cause des niveaux de radiations mortels qu’ils émettent; elles détruisent même les robots qui sont envoyés pour les localiser et les inspecter. Leurs cuves de confinement nécessitent un constant flux d’azote de façon à maintenir de faibles concentrations en Oxygène pour prévenir des explosions d’Hydrogène.

Le territoire japonais pourrait devenir inhabitable sur une grande étendue si les barres fondues de combustible nucléaire se trouvaient exposées à l’atmosphère à travers de fissures dues à un énorme tremblement de terre ou à cause de la liquéfaction des sols du site qui provoqueraient l’effondrement et des brèches dans les piscines de combustible usé.

Le problème des travailleurs sur le site est très grave. Le nombre moyen de travailleurs chaque jour est maintenant de plus de 7.000. Mathématiquement cela nécessite plus de 2,5 millions de travailleurs chaque année. Le démantèlement des réacteurs sur le site prendra polusieurs dizaines d’années. Cela fait frémir.

Le premier redémarrage a eu lieu sans que la sécurité soit pleinement assurée et sans que des systèmes fiables d’évacuation des résidents soient établis.

L’ensemble du Japon est menacé par une dégradation de la situation des barres de combustible fondues; celles-ci continuent de diffuser largement de grandes quantités de dangereux radionucléides dans la mer et dans l’atmosphère. L’émission continue de vapeur évoque la possibilité du retour d’une situation de criticité sur le site.La nécessité d’une expertise internationale concernant la suspicion d’un retour de criticité sur le site est indéniable; cela devrait mener à une coopération internationale, indispensable pour pour faire face efficacement à l’accident.

La contamination continue de la mer sans aucune perspective de solution déshonore le Japon, ce qui fait qu’il est critiqué car il nuit à l’environnement mondial. En dépit de tout cela, on tente honteusement de cacher Fukushima.

Les jeux olympiques de Tokyo ont été décidés avec la fausse assurance que Fukushima avait été mis sous contrôle.

Le monde est menacé par la dissémination de la contamination

Récemment, un fort typhon a touché l’Est du Japon, provoquant des innondations telles qu’on n’en avait pas vues depuis 50 ans.Vous pouvez imaginer l’extraordinaire quantité de Césium, de strontium et autres isotopes à nettoyer, disséminés à des centaines de miles du site de la catastrophe et maintenant déplacés par les innondations dans des villages nouvellement contaminés.

Des quantités croissantes d’eau contaminée ont été stockées dans près de 1.000 réservoirs fabriqués à la hâte qui souvent fuient. Leur volume total dépasse largement les 600.000 tonnes et se rapproche de ses limites; il est possible qu’elles soient finalement toutes rejetées à la mer.

Les conséquences de la contamination radioactive de l’Océan Pacifique, du Japon à la côte ouest des États Unis, nécessitent une attention accrue. Certains experts estiment maintenant que la vague de radiations venant de Fukushima sera dix fois plus grande que l’addition des radiations de tous les essais nucléaires réalisés dans l’histoire. Certains rapports indiquent que des niveaux dangereux de radiations ont été relevés dans les neiges du Texas, du Colorado et du Missouri; ils annoncent que les États Unis vont devoir affronter les conséquences les plus graves de ce désastre historique et apparemment imparable.

Les jeux Olympiques de Tokyo font minimiser la crise de Fukushima.

Il est indéniable que les jeux olympiques de Tokyo constituent un sérieux obstacle pour faire face aux conséquences de désastre du 11 mars, en faisant augmenter les prix des matériaux de construction et en aggravant la forte pénurie de main d’oeuvre dans la région.

Le magazine « Monthly Japan» a publié mon article en septembre 2015. Il est intitulé «Un retrait honorable des jeux olympiques de Tokyo»; il a été publié à une place centrale. Les réactions sont notables et s’accroissent.

Dans mon récent message au premier ministre Shinzo Abe, je lui ai proposé d’annuler les jeux olympiques de Tokyo et d’annoncer em même temps la candidature du Japon pour les jeux de 2028 ou 2032. L’estimation du coût total, 3 milliards de Yens selon le gouverneur de Tokyo, a choqué le public. Près de 90 fois moins ( 34,5 milliards de Yens ) a été dépensé par le gouvernement pour faire face au problème de l’eau contaminée de Fukushima Dai ichi. Les jeux olympiques de Tokyo détournent l’attention de Fukushima et donnent au monde la fausse impression que Fukushima ne représente plus une menace. La promotion des jeux olympiques de Tokyo se fait au détriment des fonds nécessaires pour répondre à la multitude de catastrophes environnementales créées par les réacteurs détruits de Fukushima.

Les engagements initiaux des jeux olympiques de Tokyo ont maintenant tous été brisés. Le plan original de stade national a été annulé. L’emblème des jeux olympiques, suspecté de plagiat a été abandonné. Un éditorial du journal Asahi daté du 25 septembre 2015 a exprimé son étonnement devant l’irresponsabilité et l’incurie du comité d’organisation. Le CIO pourrait disqualifier Tokyo. Le Japon est maintenant obligé de choisir entre un retrait honorable et une disqualification honteuse.

L’avenir des jeux olympiques est en jeu. C’est en croyant en l’esprit des jeux olympiques, au mouvement olympique, que je plaide pour une retraite honorable; de façon que le Japon puisse consacrer le maximum d’efforts pour contrôler la crise de Fukushima.

Matsuhei Murata

L’article en anglais sur le site global Ethics. (traduction «vivre après Fukushima»)

Un résumé de l’article sur Enenews en anglais


Mitsuhei Murata est né à Tokyo en 1938. Diplomate de carrière, il est entré au ministère des Affaires étrangères en 1960 après avoir été diplômé en droit de l’Université de Tokyo. Il a servi en tant que Directeur Général Adjoint du Bureau des Nations Unies au Ministère des affaires étrangères; Vice-Secrétaire Général, Commission du Commerce Équitable; ancien ambassadeur du Japon au Sénégal ainsi qu’en Suisse avant de prendre le poste de Professeur Honoraire à l’Université de la Science et de la Technologie de Tianjin (Chine) et professeur de civilisations comparées à l’Université Tokai Gakuin de Nagoya au Japon. Il est actuellement directeur exécutif de la Japan Society for Global System and Ethics, et conseiller auprès de la Peace Research Foundation, USA.

Le 8 Décembre 2015

Terres nucléaires : Une histoire du plutonium

Réalisation : Kenichi Watanabe

 

  • Origine : ARTE F
  • Pays : France
  • Année : 2015

Source : http://www.arte.tv

À travers trois lieux dominés par des sites nucléaires, Hanford aux États-Unis, La Hague en France et Rokkasho au Japon, une histoire édifiante du plutonium et de ses usages, à la croisée d’intérêts économiques et militaires.


ALTERNATIVE PLAYER

Nucléaire : la politique du mensonge ?

Une enquête de Lamia Belhacène
Production : TAC Presse – Avec la participation de CANAL+

2015

Source : http://www.canalplus.fr

Affaire Le Paon, scandales du comité d’entreprise de Disney, d’EDF ou de la RATP… L’argent est une question sensible quand elle touche aux syndicats. Gestion dispendieuse ou opaque, manque de contrôles, financements complexes, les députés ont tenté d’y voir plus clair, il y a quatre ans, mais leur rapport a été enterré avant même d’être publié, une première sous la Vème république. L’argent des syndicats est une question taboue, la face cachée du dialogue social.

Ces organisations gèrent aujourd’hui un pactole annuel d’environ 4 milliards d’euros: adhésions de militants, financements publics et contributions des entreprises. En ces temps de moralisation de la vie publique, elles n’échapperont pas à plus de transparence. Le prix à payer pour éviter de nouveaux scandales, qui nuisent à leur image et à leur crédibilité, dans un pays où le taux de syndicalisation est déjà très faible (8%).

Pour SPECIAL INVESTIGATION Lamia Belhacène a enquêté sur les finances du syndicat numéro 1, la CGT. Elle a interviewé des militants et des responsables de l’organisation, dont certains témoignent pour la première fois. Elle s’est procuré des documents internes, a retrouvé trace de paiements secrets et a fait réagir Philippe Martinez, le nouveau secrétaire général de l’organisation.

Fukushima : Risques d’explosion dans les conteneurs contenant les boues radioactives stockées

By HIROMI KUMAI , Traduction Par

23/05/2015

Source : http://ajw.asahi.com

Fukushima Governor Masao Uchibori, right, is briefed on the ALPS system that removes radioactive substances from contaminated water at the Fukushima No. 1 nuclear power plant in November. (Pool)

Fukushima Governor Masao Uchibori, right, is briefed on the ALPS system that removes radioactive substances from contaminated water at the Fukushima No. 1 nuclear power plant in November. (Pool)

Les 1300 citernes en polyéthylène de 1,80m de haut sur 1,50m de diamètre où sont stockées les boues contaminées résiduelles après filtrage de l’eau (par le système ALPS) posent un risque d’EXPLOSION d’hydrogène. En effet, des gaz, dont de l’hydrogène, se forment au fond de ces citernes sous l’action des radionucléides ; le volume augmente et des fuites se produisent, au niveau des couvercles ou par des fissures. Les couvercles devaient être prévus pour laisser échapper les gaz, mais TEPCO vient de se rendre compte que ça n’était pas le cas pour toutes les citernes.


TEPCO a initialement trouvé des fuites sur 26 citernes puis sur 278, enfin sur 333, soit environ 1/4 ou un peu plus de l’ensemble des conteneurs. L’électricité statique pourrait suffire à provoquer une explosion. Ces boues résiduelles sont extrêmement radioactives.
 

 

Risk of hydrogen explosion from leaking containers at Fukushima plant

By HIROMI KUMAI/ Staff Writer

Inspections of containers holding contaminated water at the Fukushima No. 1 nuclear power plant found that at least 10 percent have leaks, which could trigger a hydrogen explosion.

Tokyo Electric Power Co., the plant’s operator, reported its findings at a meeting with a study group from the Nuclear Regulation Authority on May 22. It said no radioactive water was found to have escaped outside the concrete structures that encase the containers.

According to TEPCO, there were about 1,300 such containers at the plant as of May 20.

They store waste water from the ALPS (advanced liquid processing system) equipment that removes radioactive substances from contaminated water.

The containers, which are made of polyethylene, are 1.8 meters high and have diameters of 1.5 meters.

The first leak was discovered in a lid on April 2.

TEPCO began inspecting others to see if they had similar problems. Of the 278 it had examined by May 20, it found 26 had some sort of leak or were bleeding from their lids.

The operator said the leaks and bleeding were likely caused by hydrogen and other types of gases that resulted from the water’s exposure to high levels of radiation.

Such gases appear to have accumulated in sediment at the bottom of the containers, expanding the volume of the liquid.

An NRA official said the accumulating hydrogen poses a potential danger.

“If the concentration level is high, a spark caused by static electricity could cause a container to explode,” the official said.

Although all the lids of the containers were supposed to be fitted with pressure-release valves to allow gasses to escape, TEPCO’s survey found that one did not have the mechanism.

Further review of the delivery records for the containers showed there may be as many as 333 that are also defective, a TEPCO official said.

By HIROMI KUMAI/ Staff Writer

Fukushima : des chiffres qui parlent et Tepco abandonne le mur congelé

Source : http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html

09/2014

Lundi 22 septembre :

• Données de la contamination des poissons dans le port devant la centrale et dans un rayon de 20 km autour de la centrale : la situation s’améliore. Aucun poisson ne dépasse les 100 Bq/kg au-delà du port, mais le maximum est à 96 Bq/kg… Dans le port, cela monte jusqu’à 32 500 Bq/kg pour les deux césium.

• Record de la contamination radioactive de l’eau contaminée :
– c’est encore dans le puits de contrôle 1-17, que la contamination bêta totale bat un nouveau record, avec 790 000 Bq/L (prélèvement du 18 septembre 2014). TEPCo ne dit toujours rien.

• Le gouvernement japonais pourrait ratifier un des traités internationaux d’assistance en cas d’accident nucléaire (Convention on Supplementary Compensation for Nuclear Damage) d’ici la fin de l’année. Ce traité n’est signé que par 5 pays dont les Etats-Unis pour le moment. Cela devrait favoriser l’implication de sociétés américaines dans les travaux de démantèlement. Certains soupçonnent aussi que le gouvernement espère aussi favoriser l’exportation de ses réacteurs nucléaires.

• Il y a 104 communes non évacuées où des travaux de décontamination doivent être effectués car l’exposition externe peut y dépasser le millisievert par an. Selon le Maïnichi, sur ces 104 communes, 74 ont prévu de décontaminer des habitations. Sur ces 74 communes, à la fin juin 2014, 40 n’avaient pas terminé. Il resterait au moins 311 700 habitations à nettoyer.
Sur ces 40 communes, 29 sont à Fukushima où les habitations à décontaminer sont plus nombreuses : il en resterait 286 002. Les 11 autres communes sont à Tochigi (4), Miyagi (4), Ibaraki (2) et Gunma (1) avec un total de 25 719 habitations.
Les travaux n’ont pas encore commencé à Yamamoto (Miyagi), avec 1 495 habitations, ni à Shinchi (Fukushima) avec 600 habitations.
Il y aurait trois communes qui ne savent toujours combien d’habitation elles doivent décontaminer.
Pour justifier leur retard, les communes mentionnent le manque de zones de stockage des déchets.
Cinq communes ont terminé leurs travaux mais signalent qu’il faudra une deuxième décontamination par endroit, car il y a encore des débits de dose trop élevés, surtout sous les toits.
41 communes sur 70 n’ont pas terminé de décontaminer les rues et routes, ainsi que leurs abords. Il y a aussi des retards importants pour les terrains agricoles et les forêts.

Mardi 23 septembre :

• TEPCo ne devrait commencer les travaux de démantèlement du réacteur n°1 avant l’hiver 2015. La compagnie a promis qu’elle veillerait à ce qu’il n’y pas de rejets atmosphériques importants, comme lors des travaux sur le réacteur n°3.
Le chapiteau qui a été construit par dessus sera retiré avant, bien entendu.

• Nouveau record de la pollution radioactive dans le puits de contrôle 1-17. La contamination bêta total atteint désormais 840 000 Bq/L (prélèvement du 22 septembre 2014). Toujours pas d’explication de la compagnie concernant cette hausse continue.

Mercredi 24 septembre :

• La contamination en tritium de l’eau d’un puits situé en amont des réacteurs où l’eau est pompée pour être rejetée dans la mer, vient de battre son propre record avec 370 Bq/L (prélèvement du 22 septembre 2014). C’est moins que la limite de rejet qui est de 1 500 Bq/L.
• Ils étaient environ 16 000 à manifester la veille à Tôkyô contre le redémarrage des réacteurs nucléaires. Le 23, premier jour de l’automne, est férié au Japon. Il a juste promis de former des spécialistes du sujet dans le tiers-monde.

Jeudi 25 septembre :

• Selon, l’Asahi, il y a encore presque 130 000 personnes déplacées à Fukushima. Et il y a, officiellement, un total de 15 281 jeunes qui doivent être scolarisés dans un autre établissement. Parmi eux, il y en a 9 767 en dehors de la province de Fukushima.
De nombreuses familles envisagent de s’installer là où elles sont maintenant et de ne pas rentrer chez elles.
En revanche, moins de jeunes partent à la fin de leurs études car le marché de l’emploi est porteur à Fukushima. Et puis, ils veulent s’engager pour reconstruire leur province.
Vendredi 26 septembre :

• Le PDG de Tôhoku Electric a annoncé que la remise aux normes de ses centrales d’Onagawa et Higashidôri allait coûter plus de 300 milliards de yens (2,2 milliards d’euros) à la compagnie. Un tiers est destiné à renforcer la résistance aux séismes et tsunamis. Elle espère un redémarrage au printemps 2016, au plus tôt.

 

Tepco abandonne le mur congelé

Par    27/09/2014  Source : http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2014/09/tepco-abandonne-le-mur-congele.html

Tepco abandonne le mur congelé et, à la place, va combler les tranchées avec du ciment

Les travaux en juillet 2014

Tepco va abandonner le précédent projet de mur congelé et en revenir simplement au béton, ils l’ont annoncé à la conférence de presse du 22 septembre 2014.
Des eaux extrêmement radioactives sont “retenues” dans les tranchées souterraines qui sont reliées aux bâtiments de la centrale.
Bien que Tepco le nie, il est possible que ces tranchées soient aussi gravement endommagées par les interminables explosions et séismes, laissant ainsi fuir le liquide de refroidissement en continu dans le sous-sol puis la mer, directement depuis les bâtiments de la centrale.
Tepco était en train d’essayer d’isoler les bâtiments de la centrale et les tranchées avec des murs d’eau congelée pour pouvoir pomper les eaux extrêmement radioactives des tranchées.
Cependant, les murs congelés n’ont jamais été terminés.
Tepco a déclaré qu’au lieu du mur d’eau congelée, ils développaient un type particulier de ciment pour en combler totalement les tranchées.
En respectant les mathématiques les plus élémentaires, s’ils les remplissent de ciment, le même volume d’eau radioactive va être repoussé hors des tranchées. Néanmoins, Tepco affirme qu’il n’y aura pas de fuite parce qu’ils vont pomper l’eau au fur et à mesure qu’ils combleront avec le ciment.
Ils vont devoir pomper un volume d’eau au moins égal à la capacité totale des tranchées puisque les tranchées et les bâtiments sont reliés. Tepco n’a pas annoncé s’ils préparaient assez d’espace de stockage pour ces eaux extrêmement radioactives.

Les liens : la vidéo de la conférence
                 les photos     

Effondrement de la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité

Par Stéphane Lhomme

26/08/2014

Source : http://www.passerelleco.info

 

Effondrement de la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité

On lit parfois ici où là que, malgré la catastrophe de Fukushima, l’industrie nucléaire repart du bon pied et se développe sur la planète. Cette allégations ne résistent pas à la consultation des données les plus officielles, comme par exemple la parution annuelle de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). : Key World Energy Statistics.

Le rapport le plus récent disponible est celui de 2013. Il est à noter que les chiffres sont ceux de 2011 car l’AIE met deux ans pour recueillir toutes les données précises, pays par pays. Or, c’est en mars 2011 qu’a débuté la catastrophe de Fukushima : depuis, les 54 réacteurs du Japon sont arrêtés, puis l’Allemagne a fermé 8 réacteurs, les USA 5 réacteurs [1], etc.

Aujourd’hui, la part du nucléaire est encore plus basse que ce que l’on peut voir dans ce document mais, d’ores et déjà, en page n°24, on constate que le nucléaire ne produisait en 2011 plus que 11,7% de l’électricité mondiale, les renouvelables étant déjà à plus de 20% (15,8% + 4,5%).

Depuis, la part du nucléaire est passée sous les 10% car la production nucléaire mondiale a chuté et, dans le même temps, toutes les autres énergie ont progressé : les renouvelables bien sûr, mais aussi le trio pétrole-gaz-charbon.

On peut certes le déplorer (pour ce trio) mais c’est l’implacable réalité : si toutes les autres énergies progressent sauf le nucléaire, c’est tout simplement parce que ce dernier est TROP CHER, contrairement à ce que les autorités françaises (politiques et industrielles) prétendent. Les multinationales de l’énergie n’ont que faire des risques sanitaires et environnementaux : si elles se détournent du nucléaire, c’est uniquement pour des raisons de business, et leur verdict est sans pitié pour l’atome.

Au fil des parutions des statistique annuelles, on constate de plus que la part du nucléaire dans l’électricité mondiale décline continuellement depuis 2001, bien avant Fukushima, et que cette part est passée de 17% en 2001 à 9% à ce jour. C’est donc un véritable effondrement, qui va implacablement se poursuivre au fil des fermetures de vieux réacteurs (plus de la moitié des 400 réacteurs sur Terre a dépassé 30 ans).

Il y a certes 72 réacteurs en construction dans le monde mais une bonne quinzaine sont en chantier depuis 20, 25, 30 ou même 40 ans comme à Watts Bar (USA). Pour les autres, sachant qu’il faut en moyenne 15 ans pour mettre un réacteur en service, on peut donc tabler sur 4 mises en service par an… ce qui ne compensera même pas les fermetures.

Cette chute est si prononcée que le lobby nucléaire mondial, la World Nuclear Association (WNA) a préféré censurer ses propres documents en faisant disparaître la courbe de la part du nucléaire dans l’électricité mondiale :

Notons enfin que le nucléaire représente moins de 10% l’électricité… qui représente elle-même moins de 18% de la consommation mondiale d’énergie, comme on peut le voir sur Key World Energy Statistics en page n°28. Le reste est majoritairement de la combustion de pétrole, gaz, charbon, biomasse, etc. Ce qui fait que, au final, le nucléaire couvre moins de 2% de la consommation mondiale d’énergie.

En résumé, le nucléaire impose des risques gigantesques, des problèmes dramatiques et insolubles (déchets radioactifs en particulier), des crises géopolitiques de plus en plus inquiétantes, et tout ça en échange d’une contribution dérisoire et déclinante à l’énergie mondiale. En clair : autant s’en passer au plus vite et se concentrer sur les vraies options d’avenir : économies d’énergie et énergies renouvelables.

L’Observatoire du nucléaire rétablit les données censurées par la World nuclear association

1) Diagramme « Nuclear electricity production and share of totale electricity production » (avec les chiffres de 2010, c’est à dire avant la prise en compte des conséquences de Fukushima) Mise à jour ordinaire de la WNA début 2011, avec les chiffres 2010

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2) Diagramme « Nuclear electricity production »… sans « Share of totale electricity production »- Mise à jour auto-censurée par la WNA, 20 juin 2013 Mise à jour de la WNA de juin 2013

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3) Diagramme « Nuclear electricity production and share of totale electricity production »- Mise à jour 2013 (avec les chiffres 2012) effectuée par l’Observatoire du nucléaire en réintégrant la courbe censurée par la WNA Mise à jour 2013, avec les chiffres 2012, par l’Observatoire du nucléaire.

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Notes

[1] Quatre réacteurs américains définitivement fermés en 2013 :

  • Crystal River 1 de Duke Energy,
  • San Onofre 1 et 2 de la Southern California Edison
  • Kewaunee 1 de Dominion malgré une autorisation de prolongation à 60 ans (2033). Le réacteur de Vermont Yankee sera pour sa part définitivement fermé fin 2014 malgré une autorisation de prolongation à 60 ans (2032).

Fukushima , quelles nouvelles du Japon ?

Source : http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html

(Infos du 05/09 au 12/09/2014)

dossier-fukushima

Centrales nucléaires au Japon

—  Une part significative du parc nucléaire japonais ne redémarrera jamais. Parmi ceux qui ne redémarreront pas, il y a les 10 réacteurs de Fukushima, dont 4 sont accidentés et deux arrêtés définitivement à daï-ichi. Les 4 autres, à daï-ni, n’obtiendront jamais l’accord des autorités locales.
Il y a aussi deux réacteurs de Tsuruga (Fukui) qui sont sur une faille active. L’exploitant tergiverse encore, mais il n’a pas le choix (cf 4 septembre).
Kansaï Electric envisagerait d’abandonner définitivement deux réacteurs de sa centrale de Mihama (Fukui) qui ont plus de 40 ans, mais de demander le redémarrage des réacteurs 3 et 4 de celle de Takahama (Fukui). Avant la catastrophe nucléaire, KEPCo voulait aller jusqu’à 50 ans pour sa centrale de Mihama. Les autorités locales étaient d’accord. Mais depuis, le coût de remise aux normes est devenu trop élevé et il y a une faille qui menace. Ces deux réacteurs ont une puissance cumulée de 840 MW, ce qui est faible par rapport aux autres plus récents. La décision sera prise avant la fin de l’année.
Kyûshû Electric pourrait aussi arrêter définitivement le réacteur n°1 de sa centrale de Genkaï, qui a 38 ans.
Le parc initial avait 54 réacteurs, moins 6 arrêtés définitivement, il en reste donc officiellement 48.
Le 15 septembre prochain, cela fera exactement un an que tout le parc est à l’arrêt. Le gouvernement tablerait sur l’arrêt définitif du quart du parc restant, considéré comme trop vieux ou nécessitant des investissements trop élevé. Il espère ainsi obtenir l’aval de la population pour redémarrer le reste. En effet, 12 réacteurs devraient dépasser les quarante ans dans les 5 ans à venir. Afin de faciliter leur arrêt définitif, les autorités veulent revoir les conditions financières.
Mais le gouvernement est encore bien optimiste ! Une demande d’autorisation de redémarrage n’a été déposée que pour 20 réacteurs et certains dossiers ne sont pas instruits par la NRA, qui doit d’abord statuer sur les failles sismiques. Il y a aussi la demande pour le réacteur de Tôkaï-mura qui ne devrait pas passer car il est trop vieux. Bref, le Japon ne devrait pas pouvoir redémarrer plus du quart de son parc à moyen terme. Reuters est en phase en estimant que les deux tiers du parc japonais pourraient ne pas redémarrer.
Les exploitants ont jusqu’à juillet 2015 pour décider s’ils sollicitent une demande de redémarrage ou un arrêt définitif. Ils vont devoir abattre leurs cartes bientôt.

 

Records de la contamination radioactive de l’eau :
–    il s’agit de données sur le strontium, qui est long à mesurer. Les prélèvements datent donc de mai 2014. Dans les puits de contrôle 1-14, 1-17 et 1-6, il y avait, respectivement, 2 200, 5 600 et 690 000 Bq/L. Pour l’eau de mer, il y a aussi de nombreux records compris entre 250 et 1 400 Bq/L (prélèvements des 12 et 15 mai 2014).
A titre de comparaison, TEPCo ne s’autorise pas à rejeter en mer une eau qui aurait plus de 5 Bq/l en bêta total. Et le strontium est un émetteur bêta.

 

Le témoignage de l’ancien directeur de la centrale de Fukushima daï-ichi devant la commission d’enquête mise en place par le gouvernement est maintenant en ligne, en japonais.
L’Asahi en avait publié des extraits en anglais et avait conclu que 90% des personnes présentes avaient désobéi aux ordres du directeur et avaient fui à Fukushima daï-ni dans la matinée du 15 mars 2011. Cette interprétation a fait débat. Le directeur a bien dit que les personnes étaient allées à daï-ni alors qu’il leur avait demandé de rester à proximité. Mais plus tard, il reconnaissait que c’était peut-être la meilleure option. D’autres témoignages de personnes présentes ont mis en avant la grande confusion qui régnait à ce moment là. Le quotidien vient de revenir sur son interprétation du témoignage, mais insiste sur son rôle qui a conduit à la publication du témoignage, qui était secret.
Le Yomiuri, journal conservateur qui s’est fait le porte-parole du village nucléaire, a publié d’autres extraits en anglais : un, deux et trois.
Dans la liste des 19 transcriptions mises en ligne, figurent notamment les déclarations de l’ex-Premier ministre Naoto Kan, de l’ancien ministre de l’Industrie Banri Kaieda, du porte-parole du gouvernement à l’époque, Yukio Edano.

 

Le gouvernement va lever l’ordre d’évacuer une partie de Kawauchi, à l’Est, qui est à moins de 20 km de la centrale de Fukushima daï-ichi, à partir du 1er octobre prochain. Il s’agit de la partie la moins contaminée. C’est la deuxième zone à moins de 20 km où cet ordre est levé.

Au Japon, fausse audace économique, vrai nationalisme

Par Katsumata Makoto

01/2014

Source : http://www.monde-diplomatique.fr

Shinzō Abe, 63e Premier ministre du Japon, En fonction depuis le 26 décembre 2012 ( CC0 1.0 Universal Public Domain Dedication)

Quand il a annoncé ce que l’on a appelé les « abenomics », en faisant marcher la planche à billets pour relancer une économie vacillante, le premier ministre japonais Abe Shinzo a été salué de toute part. Enfin, un dirigeant osait défier la doxa de l’austérité ! Mais la question de la destination des fonds déversés, qui avait été négligée, refait surface. Les dépenses militaires, par exemple, vont augmenter de 5 % au cours de la prochaine année. Quant à la croissance…

Juillet 2013. Après la victoire écrasante du Parti libéral-démocrate (PLD) aux élections sénatoriales, le premier ministre japonais Abe Shinzo dispose de la majorité absolue dans les deux Chambres. Alors que le pays a connu des années de déflation — depuis la crise de 1997 —, puis le désastre du séisme et de l’accident historique de la centrale nucléaire de Fukushima, en mars 2011, le gouvernement Abe a, dès son arrivée au pouvoir, le 28 décembre 2012, mis l’accent sur sa volonté de redressement économique. C’est ce que les médias ont appelé les « abenomics », en référence aux « reaganomics » qui avaient marqué la première période du néolibéralisme américain sous la présidence de Ronald Reagan, dans les années 1980.

Le pouvoir prétendait sortir de la déflation par trois types de mesures : augmenter les liquidités, autrement dit faire tourner la planche à billets, avec comme objectif d’atteindre un taux d’inflation de 2 % d’ici deux ans (on est loin des peurs irraisonnées de l’Europe face au moindre frémissement de l’inflation) ; relancer les investissements publics ; mettre en œuvre une stratégie de croissance fondée sur les exportations, les privatisations et la dérégulation du marché du travail. Un an plus tard, où en est-on ?

Rompre avec l’orthodoxie ne suffit pas

Le déversement peu orthodoxe de liquidités à partir de janvier 2013, imposé à la Banque du Japon, a d’abord dopé l’économie boursière — d’autant plus vite que les cotations avaient commencé à monter au cours des mois précédant les élections sénatoriales. Sur la demande répétée des grands exportateurs, le cours du yen a baissé, notamment par rapport au dollar et à l’euro. Les ventes à l’étranger en ont été stimulées (+ 16 % d’octobre 2012 à octobre 2013), mais beaucoup moins qu’attendu (+ 4 % seulement en volume), en raison notamment de la faible croissance économique dans les pays clients et des importantes délocalisations opérées au cours des dernières décennies. Seuls les profits des exportateurs s’en trouvent renforcés.

En revanche, la baisse de la monnaie japonaise a fait flamber le prix des importations. Jamais, selon les données du ministère des finances (1), le déficit commercial n’avait été aussi important depuis 1979 : plus de 9 milliards d’euros en novembre 2013 (1 293 milliards de yens), contre un excédent supérieur à 11 milliards d’euros en 2007.

Tabou budgétaire au cours des années précédentes, tant l’Etat est endetté — 224 % du produit intérieur brut (PIB) en 2013 —, la stimulation des travaux publics a été saluée par les entreprises locales, qui souffrent du ralentissement de leur activité. L’idée d’une relance par les dépenses publiques — alors même que partout ailleurs, et en particulier en Europe, la doxa commande de les réduire — a tout pour séduire les partisans du volontarisme politique et les économistes hostiles à l’austérité, tel Joseph Stiglitz : « Les “abenomics” représentent le bon chemin pour redresser l’économie nippone. L’Europe et les Etats-Unis doivent s’en inspirer (2). » Pourtant, ce retour partiel au keynésianisme n’a pas eu l’effet escompté. Le taux de croissance annuel du PIB, qui atteignait 4,3 % entre janvier et mars 2013, est tombé à 1,9 % au cours du troisième trimestre (juillet à octobre). Le taux d’investissement productif des entreprises, qui ont accéléré les délocalisations ces dernières années, reste faible (3). Le bilan est si peu probant que M. Abe a annoncé début octobre un nouveau paquet de financements d’un montant total de 40 milliards d’euros.

Mais il ne suffit pas, pour relancer la machine, de rompre avec l’orthodoxie ambiante et de déverser de l’argent sur les entreprises. Sur le plan social, le bilan des « abenomics » est clairement négatif. Le nombre de ménages touchant l’aide sociale bat un record historique, avec un million six cent mille foyers concernés en août 2013 (4).

Derrière un taux de chômage parmi les plus bas de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l’ordre de 4 %, se cache une dégradation de l’emploi silencieuse, mais profonde, avec le renforcement de la précarité et l’intensification du travail. 35 % des emplois sont désormais précarisés (travail à temps partiel, intérim, etc.), et le revenu réel des salariés est en régression : — 1,3 % entre octobre 2012 et octobre 2013, selon le ministère de la santé, du travail et de la sécurité sociale.

Il faut dire que le taux de syndicalisation a chuté (18 %, contre 24 % au début des années 1990). Pour l’essentiel, ce sont les associations, et non les syndicats, qui prennent en charge les revendications des travailleurs précarisés. Depuis 2012, elles publient la liste noire des entreprises qui imposent à leurs salariés des conditions de travail inhumaines. Décerné chaque année, le prix de la « compagnie noire » (burakku kigyou) a été attribué en 2013 à un grand groupe de restauration, Watami, dont le fondateur et ancien président, M. Watanabe Miki, vient d’être élu sénateur sur la liste de la majorité. Son fameux commandement adressé aux employés, « Travaille trois cent soixante-cinq jours par an et vingt-quatre heures par jour, jusqu’à ta mort », a enrichi la liste des dictons du néolibéralisme japonais, dont le plus ancien est « Compte sur tes propres forces »  jijo doryoku »).

Arguant de sa décision de réduire l’impôt sur les sociétés, M. Abe a publiquement exhorté le patronat à augmenter les salaires pour donner un coup de pouce à la consommation. Dans les faits, il se révèle l’applicateur zélé de la stratégie mondiale de la baisse du « coût du travail ». Non seulement il maintient ses cadeaux fiscaux, mais il augmente la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), qui pèse sur les ménages et passera de 5 à 8 % à partir du 1er avril pour alléger le déficit de l’assurance sociale. M. Abe aurait pu choisir de relever le taux de cotisation des entreprises, le plus bas du monde : un peu plus de 5 % du PIB, contre 11 % en moyenne pour les pays de l’Union européenne, par exemple (5).

Dans le même temps, le pouvoir mène une offensive commerciale, très médiatisée au Japon, pour exporter des centrales nucléaires, des produits alimentaires de luxe et des équipements militaires de haute technologie. La vente de ces derniers à l’étranger était jusqu’ici strictement limitée par trois principes plus ou moins respectés depuis 1967 : ne pas vendre d’armes aux pays en conflit ; ne pas en vendre à ceux qui risquent d’entrer en guerre ; ne pas promouvoir l’exportation d’équipements militaires.

Vouloir vendre des centrales nucléaires peut paraître incongru. Bien que le premier ministre ait déclaré, le 7 septembre 2013, devant le comité des Jeux olympiques, que la centrale de Fukushima était sous contrôle et que tout serait réglé avant les Jeux de Tokyo, en 2020, l’évacuation de l’eau contaminée n’est toujours pas maîtrisée, ce qui suscite la colère des habitants, des paysans, des maraîchers et des pêcheurs de la région.

Quant aux exportations agricoles, la politique agressive prônée par le gouvernement est considérée comme une tactique pour détourner l’attention des détracteurs de l’accord de partenariat transpacifique (Trans-Pacific Partnership, TPP), en cours de négociation. Beaucoup redoutent que ce texte ne sonne le glas de l’agriculture familiale et des normes de sécurité alimentaire, plus strictes au Japon qu’aux Etats-Unis (6).

La tournure prise par cette nouvelle politique économique inquiète d’autant plus que, dans l’histoire du Japon, la réponse au malaise social a globalement toujours consisté en une restriction des libertés. Lors de la crise économique des années 1920-1930, face à la montée des revendications démocratiques des paysans et des travailleurs urbains, la solution adoptée a finalement été celle de la militarisation et de la répression, favorisant l’essor d’un nationalisme expansionniste.

Militarisation accélérée

Une ère de croissance forte et distributive a été inaugurée après-guerre, ce qui a permis de satisfaire la majorité de la population. Le mythe de la classe moyenne ascendante s’est définitivement effondré avec les deux « décennies perdues » (ainsi que l’on appelle la période ouverte par la crise de 1997), tandis que la sphère sociale revendicative se réduit de plus en plus. En temps de crise, le nationalisme et les politiques identitaires constituent des instruments efficaces pour contourner les exigences sociales : enrichis et appauvris travaillent ensemble pour leur patrie, tous unis contre les pays voisins.

La recrudescence des incidents territoriaux avec la Chine sur les îles Senkaku (Diaoyu en chinois) en mer de Chine orientale (lire « Nouvelle bataille du Pacifique autour d’un archipel ») et avec la Corée du Sud — l’autre discorde territoriale très médiatisée — sur les îlots Takeshima (Dokdo en coréen) donne au gouvernement Abe une occasion rêvée de mobilisation nationaliste. Ce n’est pas un hasard si le projet publié en 2012 par le PLD pour la révision de la Constitution communément appelée « Constitution de la paix » supprime la référence au « principe universel de l’humanité » dans le préambule, et s’il intègre des formules comme : « L’Etat [est] fondé sur la patrie et la famille, le respect de l’harmonie. » Le constitutionnaliste Higuchi Yoichi se dit inquiet pour l’avenir de la démocratie japonaise : « Un Etat privilégiant de plus en plus exclusivement le droit du sang [aujourd’hui, le système se conjugue avec le droit du sol sous certaines conditions] risque de devenir xénophobe. »

Pour M. Abe, cette révision vise à « sortir du régime d’après-guerre » et à mettre en cause l’ordre international issu des conférences de Yalta et de Potsdam (1945), qui ont sanctionné les puissances fascisantes. Mais le premier ministre ne cherche pas à prendre ses distances avec les Etats-Unis au nom de la souveraineté nationale : il insiste au contraire sur le renforcement de l’alliance militaire et justifie la présence d’importantes bases américaines, comme celle d’Okinawa.

Longtemps, la dénonciation de cette subordination militaire, politique et économique a été le monopole du Parti communiste japonais (PCJ), qui parlait du pays comme d’une « “colonie” des Etats-Unis ». Désormais, la critique provient essentiellement des libéraux et d’anciens fonctionnaires qui n’ont jamais été dans le sillage du PCJ. Coauteur d’un ouvrage récent intitulé Interminable « Occupation » (7), Magosaki Ukeru, ancien diplomate et ex-professeur à l’Ecole de la défense nationale, préconise une autonomie relative vis-à-vis des Etats-Unis et une révision du traité militaire, ainsi que la création d’une communauté de l’Asie de l’Est.

Ce positionnement d’une partie des libéraux contraste avec la ligne politique du gouvernement Abe, tant sur l’accord de défense que sur le TPP, auquel le parti au pouvoir s’était opposé sous les gouvernements précédents. Ils estiment que cet accord de libre-échange ne ferait que favoriser les entreprises américaines, qui pourraient amener le gouvernement japonais, en cas de litige, à être jugé et condamné selon les normes juridiques américaines. Une disposition on ne peut plus symbolique de renoncement à la souveraineté nationale.

Mais c’est sur le sujet de la politique de défense que les contempteurs de la dépendance s’inquiètent le plus. Loin d’apporter plus d’autonomie, l’ambitieuse révision de la Constitution définie par M. Abe permettrait la participation à des opérations de défense collective avec l’armée américaine, ce qui est actuellement interdit.

Cette volonté de changements constitutionnels et d’accroissement des exportations de matériel militaire éclaire d’un jour particulier les « abenomics », qui, comme l’a écrit la Süddeutsche Zeitung (22 juillet 2013), ne sont qu’un moyen pour M. Abe de hisser le Japon au rang de grande puissance militaire.

Le Japon et la Chine rivalisent donc de nationalisme, avec une militarisation croissante des deux côtés. Cela s’accompagne, de la part de la droite japonaise, de provocations sur l’histoire moderne de l’Asie de l’Est : des hommes d’Etat se rendent au très controversé sanctuaire Yasukuni, où sont honorés les soldats morts pour l’empereur, y compris les plus grands criminels de guerre (8) ; ils nient la prostitution forcée de femmes asiatiques organisée par l’armée impériale pendant la seconde guerre mondiale.

Pour éviter que la tension régionale ne culmine en confrontation armée, il faudrait réviser fortement les « abenomics ». La priorité devrait être de désamorcer le malaise social et de favoriser une augmentation sensible des salaires, ainsi que le renforcement de la législation des droits des travailleurs pour corriger les graves inégalités. M. Abe devrait en outre stopper définitivement le programme d’énergie nucléaire : son échec cuisant est confirmé chaque jour par les fuites sans fin d’eau radioactive à Fukushima. Une contamination qui pourrait susciter un contentieux majeur avec les pays riverains de l’océan Pacifique.

Plus fondamentalement, au lieu de faire croire à une reprise de la croissance productiviste en s’appuyant sur de grandes entreprises qui cumulent tous les privilèges, mieux vaudrait prendre en compte la mutation structurelle de la société, ainsi que le souligne Kosuke Motani. Cet économiste insiste sur la diminution continue de la population active, qui devrait passer à 44,2 millions de personnes en 2035 alors qu’elle était de 81,2 millions en 1995, et sur la faible propension à la consommation de la classe aisée (9). Ce que souligne également à sa manière un autre économiste, Tachibanaki Toshiaki, spécialiste de l’analyse des disparités sociales. Les « abenomics », qui cherchent à créer de la richesse à tout prix, enracinent les inégalités dans une logique systémique où « les gagnants prennent tout ». Ce qui, selon lui, ne peut même pas fonctionner, compte tenu du vieillissement de la population et de l’évolution des valeurs des Japonais, qui tendent de plus en plus à rechercher le « bonheur » plutôt que la consommation (10).

Katsumata Makoto

Economiste, professeur à l’université Meiji Gakuin (Tokyo), président du Centre d’études internationales pour la paix.

(1) NHK News Web, 20 novembre 2013.

(2) Entretien à Asahi Shimbun, Tokyo, 15 juin 2013 (en japonais).

(3) « Japan growth slows on weakness overseas », The Wall Street Journal Online, 13 novembre 2013.

(4) « Nouveau record du nombre de ménages recevant l’aide sociale », Nihon Keizai Shimbun, 13 novembre 2013 (en japonais).

(5) Itoh Shuhei, « Le grand tournant de la sécurité sociale », Sekai, Tokyo, novembre 2013 (en japonais).

(6) Lire Lori Wallach, « Le traité transatlantique, un typhon qui menace les Européens », Le Monde diplomatique, novembre 2013.

(7) Magosaki Ukeru et Akira Kimura, Interminable « Occupation », Houritsu Bunkasya, Kyoto, 2013 (en japonais).

(8) Lire Tetsuya Takahashi, « Le sanctuaire Yasukuni ou la mémoire sélective du Japon », Le Monde diplomatique, mars 2007.

(9) Tokyo Shimbun, 17 novembre 2013.

(10) Tachibanaki Toshiaki, « Faut-il ignorer la société inégalitaire ? », Sekai, août 2013 (en japonais).

 

 

 

Leucémies des enfants : leur augmentation autour des centrales nucléaires est confirmée

Source : http://www.vivre-apres-fukushima.fr

07/09/2014

Il s’agit des centrales nucléaires en fonctionnement normal.

Ian Fairlie, un biologiste anglais a rassemblé les résultats de plusieurs études internationales. Il nous fait ici un résumé de son étude.

(Traduction par «vivre après fukushima» avec l’aimable autorisation de l’auteur.)

Leucémies des enfants à proximité des centrales nucléaires:

Un article de Ian Fairlie publié le‭ ‬25‭ ‬Juillet‭ ‬2014.

En Mars‭ ‬2014,‭ ‬mon rapport sur l‭’‬augmentation des taux de leucémies infantiles à proximité des centrales nucléaires a été publié dans le‭ «‬Journal of Environmental Radioactivity‭»‬ (JENR‭)‬.‭ ‬Un précédent‭ ‬article‭ ‬traitait de sa création et du grand nombre de ses lecteurs‭, celui-ci décrit le contenu du rapport en termes simples.

Rappelons d’abord certaines notions qui permettront de mieux comprendre l’importance de ce rapport.‭ ‬Beaucoup de lecteurs ignorent peut-être que l’augmentation des leucémies infantiles à proximité des centrales nucléaires a fait l’objet de controverses depuis plusieurs décennies.

Ce fut le cas par exemple au Royaume Uni dans les années‭ ‬1980‭ ‬et au début des années‭ ‬1990‭ ‬où le sujet donna lieu à de nombreuses émissions de télévision,‭ ‬des commissions gouvernementales,‭ ‬des comités gouvernementaux,‭ ‬une grande conférence internationale,‭ ‬des rapports gouvernementaux,‭ ‬au moins deux affaires judiciaires et probablement plus d‭’‬une centaine d‭’‬articles scientifiques.
‬Elle a été relancée en‭ ‬1990‭ ‬par la publication du fameux rapport Gardner‭ (‬Gardner et al,‭ ‬1990‭) ‬qui a constaté une augmentation très importante‭ (‬d’un facteur‭ ‬7‭) ‬des leucémies de l‭’‬enfant auprès‭ ‬de la tristement célèbre centrale nucléaire de Sellafield dans le comté de Cumbria.

La controverse semble avoir diminué au Royaume-Uni,‭ ‬mais elle est encore vive dans la plupart des autres pays européens, ‬spécialement l‭’‬Allemagne.

Le problème est que sur plus de‭ ‬60‭ ‬études épidémiologiques effectuées dans le monde entier portant sur l’incidence du cancer infantile à proximité des centrales nucléaires,‭ ‬une majorité‭ (‬> 70‭ ‬%‭) ‬fait apparaître une augmentation du nombre de leucémies.‭ ‬À ma connaissance,‭ ‬aucun autre domaine de la toxicologie‭ (‬par exemple l’amiante,‭ ‬le plomb ou le tabagisme‭) ‬n’a fait l’objet d’autant d’études,‭ ‬et jamais association n’a été aussi clairement‭ ‬établie que celle entre les centrales nucléaires et la leucémie infantile.‭
‬Pourtant de nombreux gouvernements favorables au nucléaire et l’industrie nucléaire réfutent ces conclusions et refusent d’en tirer les conséquences.‭ ‬Même attitude de leur part que pour le‭ ‬tabagisme dans les années‭ ‬60‭ ‬et l’origine humaine du réchauffement climatique aujourd’hui.

Début‭ ‬2009,‭ ‬le débat a été en partie ravivé par la célèbre étude KIKK‭ (‬Kaatsch et al,‭ ‬2008‭) ‬commandée par le gouvernement allemand‭; ‬elle a constaté une augmentation totale des cancers de‭ ‬60%‭ ‬et une augmentation de‭ ‬120%‭ ‬des leucémies chez les enfants de moins de‭ ‬5‭ ‬ans vivant à moins de‭ ‬5‭ ‬km de toutes les centrales allemandes.‭ ‬A la suite de ces résultats surprenants,‭ ‬les gouvernements de France,‭ ‬Suisse et du Royaume Uni ont en hâte mis en place des études auprès de leurs propres centrales nucléaires.‭ ‬Toutes ont trouvé que les cas de leucémie augmentent,‭ ‬mais du fait du petit nombre de cas elles n‭’‬ont pas atteint‭ ‬le niveau de la‭ «‬signification statistique‭»‬.‭ ‬Autrement dit,‭ ‬vous ne pouvez pas être certain à‭ ‬95%‭ ‬que les résultats n‭e sont pas dus au hasard.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas eu d’augmentation‭ ; ‬et il est évident que si les calculs statistiques avaient été moins stricts,‭ ‬les résultats auraient été‭ « ‬statistiquement significatifs‭ »‬.

Mais la plupart des gens se font facilement berner par les statistiques,‭ ‬y compris les scientifiques qui devraient faire preuve de plus de discernement.‭ ‬Les gouvernements qui veulent ignorer des conclusions gênantes se sont précipités sur les résultats des calculs à‭ ‬95‭ ‬%,‭ ‬sachant que‭ ‬dans ce domaine le niveau actuellement utilisé dans de nombreuses études est de‭ ‬90‭ ‬%.

Dans cette situation,‭ ‬il faut combiner des ensembles de données et constituer une méta étude,‭ ‬ce qui permet d’obtenir des chiffres plus élevés et donc un meilleur niveau de‭ « ‬signification statistique‭ »‬.‭

Les quatre gouvernements concernés se sont bien gardés de le faire car ils connaissaient d’avance la réponse,‭ ‬à savoir une augmentation statistiquement significative‭ ‬à proximité de presque toutes les centrales nucléaires dans les‭ ‬4‭ ‬pays.
‬Korblein et Fairlie ont donc fait le travail pour eux‭ (‬Korblein and Fairlie,‭ ‬2012‭)‬,‭ ‬et le résultat fut sans surprise: des augmentations significatives‭ furent enregistrées ‬à proximité de toutes les centrales nucléaires.

‭Voici leurs constatations:

Nombre de leucémies observées (O) et attendues (A)
dans un rayon de 5 km autour de centrales nucléaires
O A O/A IC 90% valeur de p
Allemagne 34 24,1 1,41 1,04-1,88 0,0328
Grande Bretagne 20 15,4 1,30 0,86-1,89 0,1464
Suisse 11 7,9 (a) 1,40 0,78-2,31 0,1711
France (b) 14 10,2 1,37 0,83-2,15 0,1506
TOTAL 79 57,5 1,37 1,13-1,66 0,0042

(a)Tiré des données de Spycher et al. (2011).
(b)leucémies aigues

Ce tableau révèle une augmentation statistiquement significative de‭ ‬37%‭ ‬du nombre de leucémies‭ ‬infantiles dans un rayon de‭ ‬5‭ ‬km de presque toutes les centrales nucléaires au Royaume-Uni,‭ ‬en Allemagne,‭ ‬en France et en Suisse.‭ ‬Il n‭’‬est peut-être pas étonnant que ces‭ ‬3‭ ‬derniers pays aient annoncé l‭’‬élimination progressive et l‭’‬arrêt du nucléaire.‭ ‬Seul le gouvernement du Royaume-Uni persiste dans le déni.

Donc le doute n‭’‬est plus de mise:‭ ‬il y a une association très nette entre l‭’‬augmentation du nombre de leucémies‭ ‬de l‭’‬enfant et la proximité des Centrales nucléaires.
Reste la question de la ou des cause(s‭) ‬de cette augmentation.

La plupart des gens se soucient des émissions radioactives et du rayonnement direct des centrales nucléaires‭; ‬mais lorsqu’on parle de rayonnements,‭ ‬le grand problème est d’expliquer l’énorme différence‭ (‬d’un facteur‭ ~‬10.000‭ ) ‬que l’on constate entre l’estimation officielle des doses émises par les centrales nucléaires et l’augmentation clairement constatée des risques.

Mon explication‭ ‬met en cause les rayonnements:
‭- ‬Elle repose sur la principale constatation de l‭’‬étude KIKK:‭ ‬la multiplication des cas de leucémies des nourrissons et des enfants est étroitement associée avec la proximité des cheminées des‭ ‬centrales nucléaires.
– Elle repose aussi sur l‭’‬observation du KIKK que les cancers solides en augmentation étaient pour la plupart‭ «‬embryonnaires‭»‬; c‭’‬est à dire que les bébés naissent soit avec des‭ ‬cancers solides,‭ ‬soit avec des tissus pré-cancéreux qui,‭ ‬après la naissance,‭ ‬se développent en tumeurs à part entière‭; ‬c‭’‬est ce qui se passe également avec la leucémie.

    Mon explication comporte cinq éléments principaux:

  • Premièrement:‭ ‬L‭’‬augmentation du nombre de cancers peut être due à l‭’‬exposition aux rayonnements provenant des émissions des centrales nucléaires dans l‭’‬air.
  • Deuxièmement:‭ ‬de grands pics annuels d‭’‬ émissions peuvent entraîner une augmentation des doses pour les populations‭ ‬dans un rayon de‭ ‬5‭ ‬km autour des centrales nucléaires.
  • Troisièmement:‭ ‬les cancers observés peuvent survenir in utero chez les femmes enceintes.
  • Quatrièmement:‭ ‬les doses et leurs risques pour les embryons et foetus sont peut-être plus grands que les estimations actuelles.
  • Et Cinquièmement:‭ ‬les cellules qui forment les globules sanguins dans la moëlle osseuse(cellules hématopoïétiques) peuvent être particulièrement radiosensibles.

Mis ensembles,‭ ‬ces cinq facteurs‭ ‬peuvent expliquer l‭’‬écart entre les doses estimées des rejets des centrales nucléaires et les risques observés par l‭’‬étude KIKK.‭ ‬Ces facteurs sont étudiés en détail dans l‭’‬article complet.

Mon article montre en effet que cet écart‭ [‬NDTR‭ ‬:entre le nombre de leucémies prévus par les calculs officiels et les constatations sur le terrain‭] ‬peut être‭ ‬expliqué.‭

L‭’‬augmentation du nombre de leucémies observées par l‭’‬étude KIKK et de nombreuses autres études peut être‭ ‬dûe à‭ ‬l‭’‬exposition de‭ l‭’‬embryon ou du foetus‭ «‬in utero‭»‬ aux‭ ‬radionucléides incorporés par la mère à partir‭ des ‬émissions radioactives des centrales nucléaires.
‬De très grands pics d‭’‬émissions par les centrales nucléaires pourraient produire un clone pré-leucémique‭; ‬et après la naissance un deuxième pic de radiations pourrait transformer quelques uns de ces clones en cellules entièrement cancéreuses.
‬Les bébés concernés naissent pré-leucémiques‭ (‬ce qui est invisible‭) ‬et les leucémies complètes ne sont diagnostiquées qu‭’‬au cours des premières années après la naissance.

A ce jour l‭’‬éditeur n‭’‬a reçu aucune lettre signalant des erreurs ou omissions dans cet article.

Ian Fairlie – le‭ ‬25‭ ‬Juillet‭ ‬2014.


L‭’‬article original en anglais
http://www.ianfairlie.org/news/childhood-leukemias-near-nuclear-power-stations-new-article/

Un autre article de Ian Fairlie sur les circonstances de la publication de son étude
http://www.ianfairlie.org/news/childhood-leukemias-near-nuclear-power-stations-482-downloads/

L‭’‬étude complète en anglais- mars 2014
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0265931X13001811‭


Ian Fairlie se présente:

Ian FairlieJe suis‭ ‬consultant indépendant sur la radioactivité dans l‭’‬environnement‭; ‬je vis à Londres au Royaume-Uni.
J‭’‬ai étudié les rayonnements et la radioactivité‭ ‬depuis l‭’‬accident de Tchernobyl en‭ ‬1986.
J‭’‬ai un diplôme‭ ‬en biologie des rayonnements de l‭’‬Hôpital de BART à Londres‭; ‬mes études de doctorat à l‭’‬Imperial College de Londres et‭ (‬brièvement‭)‬ à l‭’‬Université de Priceton aux États-Unis‭ portaient sur‬ les risques radiologiques du retraitement du combustible nucléaire.
J‭’‬ai travaillé en tant que fonctionnaire‭ ‬à la réglementation des risques radiologiques‭ ‬des centrales nucléaires.
De‭ ‬2000‭ ‬à‭ ‬2004,‭ ‬j‭’‬ai‭ ‬dirigé le secrétariat de la commission CERRIE du gouvernement britannique sur les‭ ‬risques des rayonnements internes.
Après avoir quitté la fonction publique,‭ ‬j‭’‬ai été consultant en‭ ‬matière de rayonnements auprès du Parlement européen,‭ ‬de gouvernements locaux et‭ ‬régionaux,‭ ‬d‭’‬ONG‭ ‬environnementales et de particuliers.
Mes domaines d‭’‬intérêt sont les doses de radiations et les risques dus aux rejets radioactifs des installations nucléaires.


Notes‭

(ces notes sont de «Vivre après Fukushima»)

1-‭ ‬Pics de pollution
Les calculs officiels utilisent la moyenne sur une année des émissions radioactives des centrales nucléaires en fonctionnement normal.
En réalité,‭ ‬ces émissions ne sont pas régulières‭; ‬en particulier les opérations d‭’‬entretien provoquent de gros‭ ‬pics de pollution.
Les autorités nucléaires qui font leurs calculs sur la moyenne annuelle des émissions radioactives,‭ ‬trouvent qu‭’‬elles sont trop faibles pour qu‭’‬il y ait un risque de provoquer des cancers.
C’est en contradiction avec les études sur le terrain des épidémiologistes qui constatent partout une augmentation nette du nombre de leucémies infantiles autour des centrales nucléaires.

Ian Fairlie pense que l‭’‬explication est dans ces pics de pollution qui entraînent des contaminations ponctuelles importantes des populations vivant autour des centrales.

2- Statistiques
Les calculs statistiques en épidémiologie sont généralement considérés comme fiables‭ ‬,‭ ‬significatifs,‭ ‬s‭’‬ils atteignent une probabilité de‭ ‬90%‭ ‬:‭ ‬il‭ ‬y a‭ ‬90‭ ‬chances sur cent que telle cause produise tel effet.Le lobby nucléaire tente d’imposer une certitude à 95%
Pour atteindre ces précisions en épidémiologie, il faut étudier des populations suffisamment nombreuses; ne pas se limiter à celles qui vivent dans les 5 km d’une seule centrale, travailler sur plusieurs sites. D’où l’intérêt de regrouper suffisamment d’études au niveau international.

‭3- Les cancers solides: ce sont les tumeurs cancéreuses, où qu’elles soient,
en oposition aux
‭Leucémies qui sont un cancer de la moëlle osseuse et du sang.


Les références données par Ian Fairlie dans l’article traduit ci-dessus:

REFERENCES

Bithell JF, M F G Murphy, C A Stiller, E Toumpakari, T Vincent and R Wakeford. (2013) Leukaemia in young children in the vicinity of British nuclear power plants: a case–control study. Br J Cancer. advance online publication, September 12, 2013; doi:10.1038/bjc.2013.560.

Bunch KJ, T J Vincent1, R J Black, M S Pearce, R J Q McNally, P A McKinney, L Parker, A W Craft and M F G Murphy (2014) Updated investigations of cancer excesses in individuals born or resident in the vicinity of Sellafield and Dounreay. British Journal of Cancer (2014), 1–10 | doi: 10.1038/bjc.2014.357

Fairlie I (2013) A hypothesis to explain childhood cancers near nuclear power plants. Journal of Environmental Radioactivity 133 (2014) 10e17

Gardner MJ, Snee MP; Hall AJ; Powell CA; Downes S; Terrell JD (1990) Results of case-control study of leukaemia and lymphoma among young people near Sellafield nuclear plant in West Cumbria. BMJ. 1990;300:423–429.

Kaatsch P, Spix C, Schulze-Rath R, Schmiedel S, Blettner M. (2008) Leukaemia in young children living in the vicinity of German nuclear power plants. Int J Cancer; 122: 721-726.

Körblein A and Fairlie I (2012) French Geocap study confirms increased leukemia risks in young children near nuclear power plants. Int J Cancer 131: 2970–2971.

Spycher BD, Feller M, Zwahlen M, Röösli M, von der Weid NX, Hengartner H, Egger M, Kuehni CE. Childhood cancer and nuclear power plants in Switzerland: A census based cohort study. International Journal of Epidemiology (2011) doi:10.1093/ije/DYR115. http://ije.oxfordjournals.org/content/early/2011/07/11/ije.dyr115.full.pdf+html


Update (04/08/2014) Dossier Fukushima : mort , contamination et désinformations

Par

26/06/2014

Source : http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2014/06/tepco-admet-une-eventualite-de.html

Tepco admet une « Éventualité » de contamination en profondeur

Tepco admet « l’éventualité » que la contamination soit descendue dans les couches profondes du sol

 Tepco admet finalement la « possibilité » que la contamination soit descendue dans les couches profondes du sol. Tepco l’a annoncé au cours de la conférence de presse extraordinaire du 24 juin 2014. Le Fukushima Diary signale cette possibilité depuis des mois (cf. La radioactivité augmente toujours, voir l’article précédent)

Tepco affirmait que les eaux extrêmement radioactives étaient descendues jusqu’à 15 m en sous-sol mais qu’elles avaient été arrêtées par la couche imperméable juste en dessous.
Or, dans un échantillon du 10 juin 2014, on relevait à nouveau entre 120 et 140 000 Bq/m³ de tritium à 25 m de profondeur en sous-sol.

Tepco est toujours « en investigation » pour en trouver la cause et ils affirment que la construction du mur congelé a pu accidentellement répandre la radioactivité.

Il y a peu de solutions pour empêcher la diffusion des eaux extrêmement radioactives si elles pénètrent dans les couches profondes. Elles peuvent alors voyager en sous-sol sous l’océan et ressurgir en mer bien au large de la centrale de Fukushima.
Lien vers le rapport Tepco

Pendant ce temps, on a découvert de la contamination au sol, en césium, d’une école
Il s’agit de l’école primaire de Konan dans la commune de Fujisawa, dans Kanagawa. La distance à la centrale nucléaire de Fukushima est d’environ 300 km…

 

 

09/07/2014

Source : http://www.vivre-apres-fukushima.fr/du-cesium-134137-a-ete-trouve-dans-le-corps-de-20-habitants-de-kashiwa-dont-11-ont-moins-de-6-ans/

Du césium 134/137 a été trouvé dans le corps de 20 habitants de Kashiwa dont 11 ont moins de 6 ans

Le 3 juillet 2014, la municipalité de Kashiwa, préfecture de Chiba, a annoncé qu’ils avaient trouvé du césium 134/137 dans le corps de 20 habitants.

Carte kashiwa
Kashiwa est à 200km de la centrale accidentée, à 30 km du centre ville de Tokyo.

Pour les habitants de moins de 18 ans et les femmes enceintes, la municipalité de Kashiwa participe partiellement au coût des examens par le compteur corps entier. Cet examen donne une estimation de l’exposition interne aux polluants radioactifs.
Les examens se sont déroulés entre le 1er novembre 2012 et le 30 juin 2014.


Du Césium 134 a été trouvé chez 1 des 369 examinés; il s’agit d’un enfant entre 1 et 6 ans. (4,55 Bq/kg)
Du Césium 137 a été trouvé chez 20 des 369 examinés; 11 avaient entre 1 et 6 ans.
Le record relevé a été de 16,11 Bq/kg.

La municipalité de Kashiwa déclare que la radioactivité totale que ces 20 personnes vont en recevoir sur le reste de leur vie restera en-dessous de 0,1 mSv.
La radioactivité minimale détectable par cet examen n’a pas été communiquée.

J’ai repris ci dessus un post du Fukushima-Diary
Les originaux en japonais:
http://www.city.kashiwa.lg.jp/soshiki/061500/p014001.html
http://www7a.biglobe.ne.jp/~kiyokomiyata/touzai/diary1209html.html


Notes:

On est en grande banlieue de Tokyo.

– La teneur normale du corps humain en Césium est de ZÉRO.
La radioactivité décelée ici est celle du Césium fixé dans le corps; son origine est essentiellement l’alimentation.
On sait que le gouvernement japonais autorise et favorise la commercialisation d’aliments contaminés par le Césium jusqu’à 100 Bq/kg (50 pour les enfants).
L’Europe autorise l’importation d’aliments contaminés avec les mêmes limites.

    – Le chiffre de radioactivité qu’annonce la municipalité : 0,1 mSv sur le restant de leur vie est un calcul théorique qui suppose :

  • Que le césium se dilue de façon homogène dans le corps.
  • Que le niveau de contamination actuel du sujet va rester stable.

Or, en fait
– le césium se concentre dans les muscles dont le coeur
– le Césium circule: une partie va être éliminée (ce qui explique les bienfaits des séjours en zone non contaminée)
Il sera remplacé par de nouveaux atomes de Césium si l’alimentation reste contaminée.

A cette contamination interne par l’alimentation s’ajoute l’irradiation externe due au Césium (et autres contaminants)déposé dans l’environnement. Le gouvernement japonais veut que les gens retournent habiter dans des zones qui les irradient jusqu’à 20mSv/an; femmees enceintes et enfants inclus.

Le dr Bandajevski a déterminé à Tchernobyl que la présence de césium 137 dans le corps détermine des altérations de l’électro-cardiogramme à partir de 10 Bq/kg. La fréquence et la gravité des troubles cardiaques sont fonction de la concentration du Césium dans le corps.
Voir la publication du dr Bandajevski «Césium 137 et coeur».

On sait maintenant que même les faibles doses peuvent être nocives, à partir du premier Becquerel. Les enfants, nés et à naître sont les plus sensibles à la pollution radioactive. Des mouvements citoyens demandent au gouvernement de ne pas obliger les enfants à vivre en territoire radioactif et de leur fournir une alimentation saine.

Voir l’article concernant les faibles doses
la version imprimable de l’article

 

 

24/07/2014

Source http://www.vivre-apres-fukushima.fr/un-message-du-dr-mita-a-ses-confreres-medecins-de-koidarapourquoi-ai-je-quitte-tokyo/

Un message du Dr MITA à ses confrères médecins de Kodaira
Pourquoi ai-je quitté Tokyo ?

Il invite ses confrères à se préoccuper de la protection contre les radiations.

Dr Mita Le Docteur Shigeru MITA qui a récemment déménagé pour Okayama-ville (préfecture d’ Okayama) pour y ouvrir une nouvelle clinique, a écrit un court essai dans un bulletin de l’association des médecins de Kodaira (métropole de Tokyo).
Bien que cette essai ne s’adresse pas au grand public, il a été cité dans un magazine hebdomadaire par e-mail par le journaliste Kota Kinoshita, qui a organisé des actions pour inciter les gens à quitter les zones touchées par les radiations (y compris Tokyo) depuis le 11 mars 2011.
A de nombreuses reprises, lors de conférences et de réunions publiques, le Dr Mita et Mr Kinoshita ont signalé le danger des radiations et ont appelé à une action immédiate de radioprotection.


Pourquoi ai-je quitté Tokyo ?

Dr Shigeru MITA (Clinique Mita)
A mes confrères médecins,

J’ai fermé en Mars 2014 la clinique qui a servi la communauté de Kodaira depuis plus de 50 ans, depuis la génération de mon père; et j’ai ouvert une nouvelle clinique MITA à Okayama le 21 avril.

J’ai été membre du conseil d’administration de l’association médicale de Kodaira depuis 1990, lorsque j’ai commencé à pratiquer la médecine dans la clinique de mon père. Pendant les dix dernières années j’ai travaillé à préparer une réponse urgente en cas de catastrophe dans la ville.

A Tokyo, la première mission est de se préparer à gérer un tremblement de terre.

Dans le cas d’un tremblement de terre dans le Sud Est, hautement prévisible, il est raisonable d’envisager un scénario de fusion du coeur dans la centrale nucléaire de Hamaoka (préfecture de Shzuoka), suivie d’une contamination radioactive de Tokyo.

J’étais préoccupé par la possibilité d’une contamination de Tokyo; j’avais demandé plusieurs fois à l’association médicale, au conseil municipal et au département local de santé publique de stocker de l’iode médical. A chaque fois ma demande a été rejetée, la raison invoquée était qu’on ne prévoyait pas la survenue d’un tel événement à Tokyo. Il n’y avait donc aucun plan pour se préparer à cet éventualité.

Au cours de l’après-midi du 11 mars 2011, Tokyo a subi de lentes mais grandes secousses du tremblement de terre. J’ai pensé «C’est ce qu’on appelle des mouvements sismiques de longue période. Le tremblement de terre de la mer du Sud et sa conséquence, l’accident de la centrale nucléaire d’Hamaoka, sont finalement arrivés». En fait l’origine du tremblement de terre était dans le Tohoku. La température des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima Dai Ichi s’est élevée, elle a causé de massives explosions suivies de fusions des coeurs et de perforation des cuves.

Il est certain que le Japon de l’Est et la métropole de Tokyo ont été contaminés.

La contamination du sol se mesure en Bq/kg.
Dans les 23 districts de la métropole de Tokyo, la contamination de la partie orientale est de 1000-4000 Bq/kg et celle de la partie occidentale est de 300-1000 Bq/kg (Césium 137 seul).
La contamination de Kiev, capitale de l’Ukraine est de 500 Bq/kg (Cs 137 seul).
En moyenne, après l’accident de Tchernobyl, l’Allemagne de l’Ouest était à 90 Bq/kg, l’Italie à 100, et la France à 30 Bq/kg.
De nombreux problèmes de santé on été signalés en Allemagne et en Italie.
A Shinjuku, site de la mairie de Tokyo, on mesurait 0,5 à 1,5 Bq/kg avant 2011, Actuellement, Kodaira est contaminée à 200-300 Bq/kg.

Je vous recommande à tous de regarder le programme de la NHK «ETV spécial: l’accident nucléaire de Tchernobyl: rapport sur un pays contaminé»; il est disponible sur internet. Je pense qu’il est important de savoir ce qu’ont vu et perçu ceux qui ont visité le Belarus et l’Ukraine et entendu les récits des habitants; et d’écouter ceux qui ont servi dans les opérations de secours à Tchernobyl il y a plus de 20 ans.

Leur expérience montre que que Tokyo ne devrait plus être habitée et que ceux qui insistent pour vivre à Tokyo doivent faire des pauses régulières dans des régions plus sûres.

Des problèmes tels que la dépopulation et le déclin de l’état continuent de peser actuellement sur la vie des 2° et 3° génération d’Ukrainiens et de Biélorusses; je crains que ce ne soit l’avenir de l’Est du Japon.

Depuis décembre 2011, j’ai réalisé des échographies thyroïdiennes, des tests fonctionnels de la thyroïde, des analyses sanguines générales et biochimiques chez environ 2.000 personnes. La plupart étaient des familles de la métropole de Tokyo préoccupées par les conséquences des radiations.

J’ai observé que les globules blancs, spécialement les neutrophiles, diminuaient chez les enfants de moins de 10 ans. Il y a des cas de diminution significative du nombre de neutrophiles chez des enfants nés après le tremblement de terre (<1000). Dans les deux cas la situation tend à s’améliorer en allant vivre dans l’Ouest du Japon (neutrophiles 0→4.500).
Les patients signalent des saignements de nez, une perte des cheveux, un manque d’énergie, des ecchymoses sous cutanées, des hémorragies urinaires visibles, des inflammations de peau, de la toux et d’autres symptomes divers non spécifiques.

Kodaira, dans l’Ouest de Tokyo est l’une des zones les moins contaminées du Kanto; cependant même dans cette zone nous avons commencé à constater des changements dans le sang des enfants vers le milieu de l’année 2013.

La contamination s’accroit à Tokyo, aggravée par la concentration urbaine des radiations, ou parce que les systèmes d’assainissement urbain, tels que le système des eaux usées, la collecte et l’incinération des ordures concentrent les radiations, car les déchets contaminés sont rassemblés et compressés. Les mesures effectuées par des groupes de citoyens ont montré que le niveau des rayonnements s’est fortement accru ces deux dernières années dans le lit des rivières Kawabori à Higashiyamato et Higashimurayama à Tokyo.

Parmi mes préoccupations, j’ai inclus des symptomes rapportés par des patients en général, tels que un asthme ou une sinusite persistants. Les patients montrent une amélioration notable lorsqu’ils quittent la région.

J’observe aussi de nombreux cas de «Polymyalgie Rhumatismale» caractérisés par des plaintes telles que «difficulté à se retourner», «incapacité à s’habiller et se déshabiller», «incapacité à se lever» chez mes patients d’âge moyen ou plus âgés. Seraient-ce les mêmes symptomes que ceux du rhumatisme musculaire notés à Tchernobyl ?

On peut également noter des modifications des symptômes de maladies contagieuses comme la grippe, le syndrome pied-main-bouche et le zona.

De nombreux patients signalent ressentir des symptômes non familliers ou percevoir des changements inhabituels dans leur corps. Peut-être se sentent-ils à l’aise pour m’en parler, sachant que la clinique a affiché, immédiatement après l’accident, une information sur les symptômes possibles liés aux radiations.
Beaucoup de jeunes couples avec de jeunes enfants et des femmes inquiètes au sujet de leurs petits-enfants viennent à la clinique et s’engagent résolument dans la discussion; aucun patient ne rejette mes opinions critiques sur les conséquences des radiations.

Depuis le 11 mars, chaque habitant de l’Est du Japon, y compris Tokyo, est une victime et chacun est concerné.

Nous avons découvert que nos connaissances dans la discipline de radiologie sont complètement inutiles dans le cas d’un désastre nucléaire. Le mot-clef est ici «irradiation interne de bas niveau au long cours». C’est très différent d’une irradiation médicale ou d’une simple exposition externe aux radiations.
Je ne veux pas m’impliquer dans les questions politiques; cependant je dois déclarer que les politiques de l’OMS, de l’AIEA ou du gouvernement japonais ne sont pas fiables. Elles sont simplement trop éloignées des dures réalités auxquelles les gens de Tchernobyl sont confrontées aujourd’hui.

Les patients de l’Est du Japon que je vois ici à Okayama ont confirmé les opinions que j’avais depuis longtemps, depuis que j’étais établi à Tokyo. Les gens souffrent vraiment de cette absence totale de soutien. Depuis le 11.3 les mères ont cherché désespérément l’information pour protéger leurs enfants. Elles ont cherché l’information au milieu de leur environnement hostile de Tokyo où elles ne peuvent plus faire confiance ni aux bureaux du gouvernement ni aux écoles de leurs enfants.
Les médecins de famille sont prêts à écouter à propos d’autres symptomes, mais à la plus petite mention des radiations leur visage s’empourpre et ils ignorent les questions des mères.
Les mères ne pourraient même pas en parler à leurs amis tant l’atmosphère est devenue de plus en plus étouffante à Tokyo.

Je crois qu’il est de notre devoir de médecins d’informer et d’augmenter la sensibilisation des japonais. C’est notre rôle d’experts dépositaires de connaissances sur le santé que le grand public ne possède pas. Trois années se sont rapidement écoulées depuis le désastre. Ni enseignements ni livres médicaux n’ont été réalisés au sujet des maladies dues aux rayons.

Néanmoins, si le pouvoir de sauver nos concitoyens et les générations futures existe quelque part, il ne se trouve pas au sein du gouvernement, ni d’aucune société académique, mais dans les mains de chaque médecin clinicien.

Les habitants de Tokyo ne sont malheureusement pas en situation de s’apitoyer sur le sort des régions du Tohoku affectées car ils sont eux mêmes victimes. Le temps presse. J’ai pris un temps d’avance et j’ai évacué vers l’ Ouest.

Mes confrères médecins, je vous attends ici.

Et aux gens du Japon de l’Est qui hésitez encore, tous mes efforts visent à faciliter et rendre possible votre évacuation, votre réinstallation, ou un temps de récupération dans l’Ouest du Japon.

Dr Shigeru MITA


En Novembre 2013, le WNSCR (World Net for Save the Children from Radiation/Réseau mondial pour sauver les enfants des radiations) a traduit un essai que le Dr MITA avait écrit pour les parents préoccupés par les radiations lire l’article en anglais icien français ici.
un autre article concernant le Dr Mita ici
Malgré l’intérêt manifesté par de nombreux parents au Japon, il y a vraiment peu de médecins sérieusement préoccupés par les problèmes de radiations; et ceux qui en parlent en public sont encore plus rares.
Le WNSCR pense que les opinions du Dr MITA sont d’un grand intérêt pour le grand public, en particulier pour ceux qui sont intéressés par les conséquences des radiations sur la population générale. Nous avons eu l’autorisation de traduire ce nouvel essai du Dr MITA par l’intermédiaire de Mr Kinoshita.

Traduit du Japonais vers l’anglais par l’équipe du WNSCR
Le texte anglais du WNSCR
Traduit de l’anglais vers le français par « vivre-apres-fukushima.fr»

NOTE: Le copyright de cette lettre appartient au Dr Shigeru MITA.
Si vous souhaitez insérer le texte anglais ou le traduire dans une autre langue, veuillez contacter KINOSHITA Kouta, le représentant du Dr. Mita au Japon, à l’adresse:
nagaikenji20070927@yahoo.co.jp
(Indiquez votre nom et votre URL dans le mail de contact).
Notez que les textes traduits peuvent être utilisés par le Dr. Mita et Mr. Kinoshita.
Le Website de KINOSHITA kouta : http://blog.goo.ne.jp/nagaikenji20070927

Le 24 Juillet 2014- mis à jour le 02 Août

 

 

Par

25/07/2014

Source : http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2014/07/quand-on-vous-dit-que-lon-se-moque-de.html

Quand on vous dit que l’on se moque de vous, vous ne me croyez pas

Encore un GAG japonais.

 Le très « sérieux » Ministère des Affaires Foncières récompense un fleuve de Fukushima en tant que fleuve le plus propre du Japon

Dans la commune de Fukushima, le fleuve Arakawa a reçu le prix du cours d’eau le plus propre du Japon de la part du Ministère des Affaires Foncières, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme.
Le ministère des Affaires Foncières, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme l’a annoncé le 22 juillet 2014. Le fleuve Arakawa est élu depuis 4 ans le plus propre sur 163 des  cours d’eau japonais.
Sa radioactivité n’a pas été prise en compte, uniquement sa DBO (demande biologique en oxygène) entre janvier et décembre2013. Le communiqué ne fait aucune allusion à la radioactivité.
Lien vers la page des analyses prisent en compte

Quand on sait que tout autour de Fukushima, des stockages sauvages de terre contaminée, dont les sacs commencent à se dégrader, sont exposés à la pluie, il y a vraiment à se demander s’ils nous prennent pour des demeurés.

Un japonais a publié cette photo pour couper court à une réalité invraisemblable de la préfecture de Fukushima le 17 juin 2014.
“La JR Joban line court entre les sacs de sol radioactifs raclés par la décontamination. Ce serait même trop invraisemblable pour un film de science-fiction.”
Cette voie de chemin de fer vient de la “gare de Nippori” de Taito dans Tokyo.

 

 

Par

01/08/2014

Source : http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2014/08/mieux-vaut-tard-que-jamais-dit-le.html

Mieux vaut tard que jamais dit le proverbe, mais en matière de nucléaire c’est un scandale de plus

Révélations : Dans un dépêche du 24 juillet de l’AFP, Tepco annonce que le 19 août 2013, des rejets massifs de césium ont eu lieu sur le chantier de l’unité 3.

TEPCO a récemment annoncé que ces travaux auraient conduit à un rejet de 280 milliards de becquerels de césium (Cs) 134/137 par heure le 19 août 2013, contre 10 millions de becquerels par heure habituellement, et ce durant quatre heures. Cette annonce fait suite à une interpellation de TEPCO par le Ministère de l’Industrie japonais afin d’identifier l’origine de la contamination des rizières de la région de Minamisoma, située à un peu plus de 20 kilomètres de la centrale.

Lien vers le rapport IRSN

L’IRSN minimise l’impact (comme d’habitude) mais publie toutefois l’information et c’est important.

 

Le parlement Européen a voté le rapport Romana JORDAN révisant la directive européenne sur la sûreté nucléaire.

Par

19/03/2014

Source : http://hillion-fukushima.blogspot.fr

English : The European Parliament voted on Romana JORDAN report revising the EU Directive on nuclear safety.

Cet article ne parle pas directement de Fukushima, mais des conséquences pour l’Europe et la France en particulier.

Mardi matin, la Commission Industrie, Recherche et Énergie (ITRE) du Parlement européen a voté le rapport Romana JORDAN révisant la directive européenne sur la sûreté nucléaire. 

 L’histoire d’une catastrophe annoncée

Alors qu’en mars 2013, les eurodéputés avaient insisté sur les stress tests (une bonne chose) le rapport voté hier, mais une croix, purement et simplement sur les contraintes qui étaient liés aux résultats de ces tests.
Pour reprendre les commentaires de Michèle Rivasi (eurodéputée EELV)  :
« Face au danger potentiel que représente l’industrie nucléaire, les parlementaires doivent exiger le maximum de garanties pour empêcher le pire d’arriver. Malheureusement, encore une fois, la complaisance a été de mise et les autorités de sûreté nucléaire (ASN) n’auront pas les compétences nécessaires pour empêcher les opérateurs de prendre des risques insensés« .
 « Sur ce texte, comme sur l’ensemble des textes touchant au nucléaire, le Parlement européen ne bénéficie pas de la codécision, il n’est que consulté: nous avions demandé un changement de base juridique remettant en cause le Traité Euratom, nous avons perdu. Et alors que la Commission nous proposait un texte peu contraignant, la rapporteure a encore réussi à l’affaiblir. La Commission proposait que l’ASN soit clairement séparée de toute entité s’occupant de la promotion ou utilisation de l’énergie nucléaire ou de la production d’électricité, finalement la séparation ne sera que juridique« .
 « La commission ITRE s’assoit par ailleurs sur la résolution du Parlement européen de mars 2013 sur les stress tests. Le Parlement reconnaissait les besoins d’amélioration de sûreté à la lumière des stress tests effectués, pourtant ceux-ci ne seront pas forcément suivis d’effets car il faudra désormais prouver que les investissements réalisés ont un impact mesurable sur la sûreté au regard des sommes investies. Aussi, si la revue par les pairs constate des défaillances, les mesures de sûreté n’auront pas à être mises en œuvre immédiatement. Et puisque la Commission ITRE a refusé que les ASN soient dotées d’un véritable pouvoir de sanction, elles ne seront pas capables de contraindre les opérateurs efficacement« .
« On pourrait se réjouir de l’inclusion d’une référence à la Convention d’Aarhus sur la participation du public au processus décisionnel, mais les amendements que nous avions déposé pour favoriser la participation du public ont été rejetés. Plus que contradictoire. Pire, la proposition d’inclure des experts indépendants de la société civile dans les revues par les pairs a été rejetée. Ce vote représente finalement très bien l’image que tout un chacun a du nucléaire: un milieu fermé, hermétique à tout contrôle extérieur et à tout droit de regard des citoyens« .
C’est moi qui surligne les passages. 
Je rappelle que le simple exemple du non remplacement des disjoncteurs, comme expliqué sur mon blog le 16 février, trouve un drôle d’écho dans ce vote du parlement européen.
EN SAVOIR + :

Censure des décès des travailleurs de Fukushima par TEPCO et le gouvernement Japonais

Par Mme ‪#‎Mako‬ ‪#‎Oshidori‬

21/03/2014

Source : https://www.facebook.com

English : Death of Fukushima Workers Covered-Up by TEPCO and Government

—– Traduction —–
IRRADIÉS : ‪#‎TEPCO‬ et le gouvernement japonais censurent les morts des travailleurs de ‪#‎Fukushima‬

NSNBC : La mort de nombreux travailleurs de Fukushima consécutivement à leur exposition à la radioactivité est censurée par TEPCO, l’opérateur de la centrale de Fukushima Daiichi, et par le gouvernement japonais, a déclaré une journaliste japonaise qui a enquêté sur les décès non déclarés, ajoutant avoir découvert une note de TEPCO donnant instruction aux responsables de « couper court à ses questions de manière appropriée » et que la police la suit de façon intimidante.

Ces inquiétantes révélations ont été faites pendant une conférence internationale sur les « effets des catastrophes nucléaires sur l’environnement naturel et la santé humaine » à proximité de la capitale financière allemande de Francfort. Selon Energy News, cette conférence du 6 Mars 2014 a été co-organisée par la section allemande de l’ « International Physicians for Prevention of Nuclear War » (= médecins internationaux pour la prévention contre la guerre nucléaire, IPPNW) et l’Eglise protestante de Hesse Nassau.

Mme ‪#‎Mako‬ ‪#‎Oshidori‬, journaliste japonaise indépendante, y était présente ainsi qu’à la conférence de presse qui s’en est suivie (enregistrée sur vidéo). Mme Mako a rapporté avoir découvert une note de TEPCO par laquelle l’opérateur de Fukushima Daiichi ordonne aux responsables de «couper court à (aux questions de) Mako-chan, de manière appropriée ». Mme Mako Oshidori a fait trois ans d’études à la Faculté de médecine de l’Université des Sciences de la Vie de Tottori.

Mme Mako a révélé que TEPCO et le gouvernement censurent la mort des travailleurs Fukushima et que des agents ont commencé à la suivre partout après qu’elle ait commencé à enquêter sur cette ‪#‎censure‬. Mme Mako a déclaré en particulier:

– « J’en avais entendu parler par des chercheurs de mes amis ainsi que par des fonctionnaires du gouvernement. Je vais vous montrer une photo que j’ai prise à l’insu d’un agent pour que vous voyiez à quel type de surveillance je fais allusion. Quand je parle à quelqu’un, un agent de police publique du gouvernement central s’approche très près, essayant d’écouter ma conversation … »

– « Je voudrais parler de mon interview avec un infirmier qui travaillait à (la centrale nucléaire de) Fukushima Daiichi après l’accident … Il était infirmier à Fukushima Daiichi en 2012. Il a arrêté de travailler pour TEPCO en 2013 et c’est à ce moment-là que je l’ai interviewé … »

– « Jusqu’à maintenant plusieurs travailleurs de la centrale sont morts mais seuls les décès de ceux morts pendant leur travail sont rendus publics. Aucun de ceux morts brutalement alors qu’ils n’étaient pas au travail, le week-end ou la nuit par exemple, n’est rapporté … »

– « En plus de ça ils ne sont pas comptabilisés dans le nombre de décès des travailleurs. Par exemple, il y a des travailleurs qui finissent leur contrat de travail après avoir été fortement irradiés, genre 50, 60 ou 70 milli-sieverts, ils finissent par en mourir un mois plus tard mais aucun d’eux n’est ni signalé, ni pris en compte au bilan des morts. C’est ça la réalité pour les travailleurs des centrales nucléaires. »

Les révélations choquantes de Mme Mako Oshidori au cours de cette conférence de presse de IPPNW corroborent des rapports antérieurs sur le mépris criminel de TEPCO envers la sécurité et les vies humaines.

En Octobre 2013, M. Michel Chossudovsky, directeur du « Centre for Research on Globalisation » basé au Canada, avait signalé que la coordination à plusieurs milliards de dollars de l’opération de décontamination de Fukushima repose sur le crime organisé japonais, les ‪#‎Yakusas‬, activement impliqués dans le recrutement de personnel «spécialisé» dans les tâches dangereuses.

Selon de nombreux autres rapports, un des plus importants pré-requis particuliers pour obtenir un emploi à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est d’être au chômage, pauvre et dans une situation ne laissant pas d’autre choix que d’accepter un emploi sous-payé et à haut risque.

Fin 2013, le parlement japonais a adopté une nouvelle loi visant à pénaliser la publication non autorisée d’informations sur la centrale nucléaire dévastée avec des peines allant jusqu’à dix ans d’emprisonnement. Le témoignage de Mako Oshidori sur sa surveillance d’intimidation ajoute à cette loi une perspective alarmante pour la liberté de la presse et la sécurité des journalistes japonais.

Ch / L – nsnbc 21/03/2014
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Source : http://nsnbc.me/2014/03/21/exposed-death-of-fukushima-workers-covered-up-by-tepco-and-government/

IRRADIÉS : TEPCO et le gouvernement japonais censurent les morts des travailleurs de Fukushima (En)
nsnbc.me
The death of many Fukushima workers who die from radiation exposure is covered-up by Fukushima Daiichi power plant operator TEPCO and the Japanese government