Les scientifiques japonais étudient la faune et la flore des forêts contaminées.

Source : http://www.vivre-apres-fukushima.fr/les-scientifiques-japonais-etudient-la-faune-et-la-flore-des-forets-contaminees/

10 Janv 2016

Mais ils se refusent à conclure avant encore 5 ou 6 ans.

Traduction (par vivre-après-fukushima) d’un article de l’Asahi Shimbun daté du 22 Décembre 2015.

Plus de 90% des sapins proches du site de la catastrophe nucléaire de 2011 présentent des anomalies; et des spéciments de pucerons collectés dans une ville distante de plus de 30 km de la centrale détruite ont des pattes tordues ou absentes.

Mais il reste difficile de savoir si les mutations des plantes et animaux sont effectivement en relation avec la catastrophe de la centrale nucléaire Fukushima N°1.

Tout ce que les scientifiques japonais acceptent de dire c’est qu’ils essaient de comprendre les effets du césium radioactif libéré avec d’énormes quantités de matières radioactives par la triple fusion à la centrale de Fukushima, déclenchée par le tremblement de terre et le tsunami du grand Est japonais.

Ils cherchent à savoir comment le césium radioactif s’est diffusé dans les forêts et le sol des zones proches de la centrale accidentée, accompagné de signes de mutations chez les plantes et les animaux.
Comprendre comment le césium et d’autres particules radioactives se sont propagés après la catastrophe est une clef pour comprendre les conséquences du pire accident nucléaire survenu au Japon.

Ces recherches concernent fortement ce à quoi les autorités et les habitants peuvent s’attendre en cas de nouvel accident.
Elles fournissent également des informations précieuses aux évacués lorsqu’ils pèsent le choix de refaire leur vie près de la centrale détruite.

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À Taiwan, une victoire pour les victimes de l’électronique globalisée

Source : http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=5482

21 Dec 2015

Le 17 avril 2015, le tribunal de Taipei a rendu le premier verdict de culpabilité dans une action collective (class action) autour d’une question de santé au travail. C’est une première dans l’histoire de Taiwan au regard du nombre de plaignants (plus de 500), et sans doute même au niveau mondial compte tenu du nombre de produits toxiques en jeu et de la nature internationale de la plainte, qui concerne notamment un grand groupe américain (General Electric) et une entreprise française (Thomson puis Technicolor S.A.). Les juges ont reconnu que les maladies et décès de plusieurs centaines d’anciens employés—surtout des femmes—de l’usine électronique RCA de Taoyuan ont été causées par leurs mauvaises conditions de travail, et notamment leur exposition massive à des solvants cancérigènes. Cette affaire éclaire de manière exemplaire combien, à Taiwan comme ailleurs, il est toujours difficile pour les travailleurs d’obtenir justice dans un contexte où les archives du travail disparaissent, où les propriétaires des usines dissimulent leur identité et où règnent des conceptions étroites de la causalité.

Au début des années 1970, à l’invitation du gouvernement autoritaire de Chiang Kai-chek puis de son fils Chiang Ching-kuo, la firme américaine Radio Corporation of America (RCA) transfert une partie de sa production à Taiwan (alias République de Chine). Pour la firme qui a déjà investi au Mexique, il s’agit de réduire les coûts de production et profiter d’une main d’œuvre jeune, docile et bien formée. Quant au régime en place à Taiwan, il compte sur des transferts de technologie pour une montée en gamme industrielle. Vingt ans plus tard, le pari a payé pour les deux parties ; les usines implantées sur l’île ont rapporté les bénéfices escomptés et jeté les bases d’une industrie électronique qui aujourd’hui encore continue de faire la fortune de l’île, comme en témoignent par exemple les marques Acer ou HTC.

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Pollutions, sécheresses, assassinats : l’inquiétant cocktail de l’industrie pétrolière en Colombie

Perenco est une discrète compagnie pétrolière française, propriété de l’une des familles les plus riches de France. Basta ! et son Observatoire des multinationales ont enquêté sur ses pratiques en Colombie, où Perenco dispose de plusieurs concessions aux côtés d’autres compagnies. L’industrie pétrolière y est accusée de contribuer à la sécheresse qui s’installe dans la savane amazonienne, et de nombreuses négligences face aux pollutions qui contaminent étangs et rivières. Face aux actions de blocages organisées par les habitants et aux centaines de plaintes déposées, les autorités locales s’illustrent par leur totale indifférence. Ceux qui osent dénoncer ces pratiques sont menacés de mort, ou même assassinés, comme l’un des leaders locaux abattus le 13 novembre dernier.

Milton Cardenas a le regard las des personnes qui ont tout tenté. Assis à une table dans le patio de la maison de ses parents, il montre sur l’écran de son ordinateur les images qui, selon lui, lui ont coûté son travail et valu des menaces de mort : « Regardez ! Les produits chimiques qu’ils jettent dans n’importe quels endroits ! Ils sont très dangereux ! De la soude caustique ! Regardez ! » Une partie de ces photos a été prise quand il travaillait pour la multinationale française Perenco. « Regardez ! Tous ces poissons morts ! Quand ils font une perforation, ils entreposent à cet endroit ce qu’ils sortent, la terre mélangée au pétrole. Quand il pleut, tout s’en va dans l’étang [1]. […] Regardez ! Cette vache morte qu’on retire de l’eau ! »

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16 DEC 2015 , SOURCE

Fukushima, bilan d’une situation sanitaire inquiétante

Tant est grand l’irrationnel en cet affaire, et par-delà les contradictions qui dépassent l’entendement, simultanément à l’annonce des résultats du groupe de recherche INWORKS (Ionising radiation and risk of death from leukemia and lymphoma in radiation-monitored workers) selon lesquels le risque de mortalité par leucémie ou myélome multiple des travailleurs de centrales nucléaires après exposition à des faibles doses est désormais avéré[1], le gouvernement japonais, avec l’aval de l’AIEA[2], a relevé les doses acceptables pour les travailleurs du nucléaire de 100msv/an à 250 msv/an en cas d’urgence[3].

Pour rappel, cette même norme qui était à 20 msv/an avant l’explosion de la centrale de Tepco – Fukushima Dai ichi a été réhaussée à 100 msv/an après l’accident (pour les travailleurs du nucléaire) et à 20 msv/an pour la population civile.
Suite au réhaussement de la norme, lors du seul mois d’août 2015, on compte trois décès parmi les travailleurs de la centrale nucléaire de Fukushima Dai ichi, ce qui porte à 64, selon les chiffres officiels[4], le nombre de travailleurs décédés des conséquences de leur travail.

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17 DEC 2015 , SOURCE

Fukushima est un problème mondial de sécurité

Par Matsuhei Murata, ancien ambassadeur du Japon en Suisse

Le 1 Novembre 2015

Source : http://www.vivre-apres-fukushima.fr

Préface

L’absence de signification donnée à la crise de Fukushima forme un contraste frappant avec la gravité de cette crise.
Indéniablement, Fukushima est maintenant un problème mondial de sécurité.

La contamination de l’océan pacifique et de l’atmosphère par les rayonnements ionisants issus des réacteurs nucléaires détruits de Fukushima reste imparable; elle menace la côte Ouest des États Unis. Le Japon devrait faire le maximum d’efforts pour faire face à la crise de Fukushima en se retirant des jeux olympiques de Tokyo qui disséminent la fausse impression que Fukushima est sous contrôle.

La détérioration de la situation à Fukushima

Le Japon est confronté aux conséquences d’un accident encore jamais vécu par l’humanité: la destruction et la fusion simultanée de 3 réacteurs nucléaires commerciaux.
Quatre ans et demi après la catastrophe du 11.3, il est démontré qu’un acccident nucléaire grave ne peut pas être contrôlé par un seul état. Le gouvernement japonais est déterminé à redémarrer ses réacteurs et à exporter la technologie nucléaire sans avoir élucidé pleinement les causes de l’accident.

La majorité des japonais critique sévèrement cette conduite, la jugeant immorale et irresponsable. La question est posée de savoir si le Japon a l’aptitude à la gestion et les capacités nécessaires pour faire face à cette crise qui couve.

Les coeurs fondus des réacteurs des unités 1,2 et 3 restent inaccessibles à cause des niveaux de radiations mortels qu’ils émettent; elles détruisent même les robots qui sont envoyés pour les localiser et les inspecter. Leurs cuves de confinement nécessitent un constant flux d’azote de façon à maintenir de faibles concentrations en Oxygène pour prévenir des explosions d’Hydrogène.

Le territoire japonais pourrait devenir inhabitable sur une grande étendue si les barres fondues de combustible nucléaire se trouvaient exposées à l’atmosphère à travers de fissures dues à un énorme tremblement de terre ou à cause de la liquéfaction des sols du site qui provoqueraient l’effondrement et des brèches dans les piscines de combustible usé.

Le problème des travailleurs sur le site est très grave. Le nombre moyen de travailleurs chaque jour est maintenant de plus de 7.000. Mathématiquement cela nécessite plus de 2,5 millions de travailleurs chaque année. Le démantèlement des réacteurs sur le site prendra polusieurs dizaines d’années. Cela fait frémir.

Le premier redémarrage a eu lieu sans que la sécurité soit pleinement assurée et sans que des systèmes fiables d’évacuation des résidents soient établis.

L’ensemble du Japon est menacé par une dégradation de la situation des barres de combustible fondues; celles-ci continuent de diffuser largement de grandes quantités de dangereux radionucléides dans la mer et dans l’atmosphère. L’émission continue de vapeur évoque la possibilité du retour d’une situation de criticité sur le site.La nécessité d’une expertise internationale concernant la suspicion d’un retour de criticité sur le site est indéniable; cela devrait mener à une coopération internationale, indispensable pour pour faire face efficacement à l’accident.

La contamination continue de la mer sans aucune perspective de solution déshonore le Japon, ce qui fait qu’il est critiqué car il nuit à l’environnement mondial. En dépit de tout cela, on tente honteusement de cacher Fukushima.

Les jeux olympiques de Tokyo ont été décidés avec la fausse assurance que Fukushima avait été mis sous contrôle.

Le monde est menacé par la dissémination de la contamination

Récemment, un fort typhon a touché l’Est du Japon, provoquant des innondations telles qu’on n’en avait pas vues depuis 50 ans.Vous pouvez imaginer l’extraordinaire quantité de Césium, de strontium et autres isotopes à nettoyer, disséminés à des centaines de miles du site de la catastrophe et maintenant déplacés par les innondations dans des villages nouvellement contaminés.

Des quantités croissantes d’eau contaminée ont été stockées dans près de 1.000 réservoirs fabriqués à la hâte qui souvent fuient. Leur volume total dépasse largement les 600.000 tonnes et se rapproche de ses limites; il est possible qu’elles soient finalement toutes rejetées à la mer.

Les conséquences de la contamination radioactive de l’Océan Pacifique, du Japon à la côte ouest des États Unis, nécessitent une attention accrue. Certains experts estiment maintenant que la vague de radiations venant de Fukushima sera dix fois plus grande que l’addition des radiations de tous les essais nucléaires réalisés dans l’histoire. Certains rapports indiquent que des niveaux dangereux de radiations ont été relevés dans les neiges du Texas, du Colorado et du Missouri; ils annoncent que les États Unis vont devoir affronter les conséquences les plus graves de ce désastre historique et apparemment imparable.

Les jeux Olympiques de Tokyo font minimiser la crise de Fukushima.

Il est indéniable que les jeux olympiques de Tokyo constituent un sérieux obstacle pour faire face aux conséquences de désastre du 11 mars, en faisant augmenter les prix des matériaux de construction et en aggravant la forte pénurie de main d’oeuvre dans la région.

Le magazine « Monthly Japan» a publié mon article en septembre 2015. Il est intitulé «Un retrait honorable des jeux olympiques de Tokyo»; il a été publié à une place centrale. Les réactions sont notables et s’accroissent.

Dans mon récent message au premier ministre Shinzo Abe, je lui ai proposé d’annuler les jeux olympiques de Tokyo et d’annoncer em même temps la candidature du Japon pour les jeux de 2028 ou 2032. L’estimation du coût total, 3 milliards de Yens selon le gouverneur de Tokyo, a choqué le public. Près de 90 fois moins ( 34,5 milliards de Yens ) a été dépensé par le gouvernement pour faire face au problème de l’eau contaminée de Fukushima Dai ichi. Les jeux olympiques de Tokyo détournent l’attention de Fukushima et donnent au monde la fausse impression que Fukushima ne représente plus une menace. La promotion des jeux olympiques de Tokyo se fait au détriment des fonds nécessaires pour répondre à la multitude de catastrophes environnementales créées par les réacteurs détruits de Fukushima.

Les engagements initiaux des jeux olympiques de Tokyo ont maintenant tous été brisés. Le plan original de stade national a été annulé. L’emblème des jeux olympiques, suspecté de plagiat a été abandonné. Un éditorial du journal Asahi daté du 25 septembre 2015 a exprimé son étonnement devant l’irresponsabilité et l’incurie du comité d’organisation. Le CIO pourrait disqualifier Tokyo. Le Japon est maintenant obligé de choisir entre un retrait honorable et une disqualification honteuse.

L’avenir des jeux olympiques est en jeu. C’est en croyant en l’esprit des jeux olympiques, au mouvement olympique, que je plaide pour une retraite honorable; de façon que le Japon puisse consacrer le maximum d’efforts pour contrôler la crise de Fukushima.

Matsuhei Murata

L’article en anglais sur le site global Ethics. (traduction «vivre après Fukushima»)

Un résumé de l’article sur Enenews en anglais


Mitsuhei Murata est né à Tokyo en 1938. Diplomate de carrière, il est entré au ministère des Affaires étrangères en 1960 après avoir été diplômé en droit de l’Université de Tokyo. Il a servi en tant que Directeur Général Adjoint du Bureau des Nations Unies au Ministère des affaires étrangères; Vice-Secrétaire Général, Commission du Commerce Équitable; ancien ambassadeur du Japon au Sénégal ainsi qu’en Suisse avant de prendre le poste de Professeur Honoraire à l’Université de la Science et de la Technologie de Tianjin (Chine) et professeur de civilisations comparées à l’Université Tokai Gakuin de Nagoya au Japon. Il est actuellement directeur exécutif de la Japan Society for Global System and Ethics, et conseiller auprès de la Peace Research Foundation, USA.

Le 8 Décembre 2015

Terres nucléaires : Une histoire du plutonium

Réalisation : Kenichi Watanabe

 

  • Origine : ARTE F
  • Pays : France
  • Année : 2015

Source : http://www.arte.tv

À travers trois lieux dominés par des sites nucléaires, Hanford aux États-Unis, La Hague en France et Rokkasho au Japon, une histoire édifiante du plutonium et de ses usages, à la croisée d’intérêts économiques et militaires.


ALTERNATIVE PLAYER

Plus de gaz pour sauver le climat ? La grande offensive de greenwashing des majors pétrolières

Par Olivier Petitjean

04/06/2015

Source : http://multinationales.org

Le 26e Congrès mondial de l’industrie gazière mondiale vient de se tenir à Paris. L’occasion pour les grandes majors des hydrocarbures comme Total, Engie (GDF Suez) Chevron, ExxonMobil ou Shell de mettre en avant leur vision de la lutte contre le changement climatique et de la transition énergétique : développer le gaz, présenté comme la « moins sale » des énergies fossiles. Sauf que le gaz reste bien une énergie sale, particulièrement lorsqu’il s’agit de gaz non conventionnel, et que son développement ne peut que se faire au détriment des énergies renouvelables et d’une véritable transition énergétique.

Dans les colonnes de Libération, Coralie Schaub explique de manière très claire les « raccourcis » auxquels se livrent les majors pour présenter le gaz comme une énergie propre.

L’exemple de l’exploitation gazière de Total au Nigeria, sur le territoire du peuple Egi, suffit à montrer qu’il n’en est rien (lire notre enquête). Les problèmes sanitaires et environnementaux occasionnés par le gaz sont même potentiellement plus graves que ceux occasionnés par le pétrole, parce qu’il se diffuse plus rapidement et largement. Au Nigeria Total recourt aussi encore à la pratique controversée du torchage du gaz, source de pollution de l’air et de pluies acides (en plus de constituer un gâchis économique).

En outre, le gaz est en fait aussi polluant que le charbon lorsqu’il provient de sources non conventionnelles :

Certes, le gaz fossile « conventionnel » est moins nocif pour le climat que le charbon. Ce dernier émet « plus du double » de gaz à effet de serre, rappelle Alain Grandjean, du cabinet Carbone 4. « Le gaz est aussi préférable au fioul comme combustible dans les camions et les voitures. » Mais, précise-t-il, cela n’est valable que si celui-ci est « produit et transporté sans fuite, ce qui n’est pas le cas du gaz de schiste ». Car la fracturation hydraulique, seule technique permettant aujourd’hui d’extraire les gaz et pétroles de schiste, entraîne d’importantes fuites de méthane, qui s’ajoutent à celles qui ont lieu lors du transport, du traitement et de la distribution du gaz. Or le méthane est un gaz très réchauffant, 25 fois plus que le dioxyde de carbone (CO2). Selon des études de la National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) et de l’université de Cornell, il y a de 6 à 12% de fuites de méthane lors de la production de gaz et huiles de schiste. Or, au-delà de 3% de fuites, il est considéré que le gaz de schiste contribue autant au réchauffement climatique que le charbon…

Gaz contre charbon

L’offensive publicitaire des majors du gaz – y compris leur plaidoyer pour la fixation d’un prix du carbone – vise surtout à promouvoir leur source d’énergie aux dépens, d’une part, de la concurrence du charbon, mais aussi et surtout d’une véritable transition énergétique. Déjà, au niveau européen, sur fond de crise diplomatique avec la Russie, principal fournisseur de gaz de l’Union, on assiste à des pressions pour diriger les investissements dans le secteur de l’énergie vers les grandes infrastructures gazières plutôt que vers l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

La promotion du gaz passe donc, pour les majors, par le sacrifice apparent du charbon. C’est ainsi qu’Engie (ex GDF Suez) a fini par annoncer qu’elle ne s’engagerait pas dans un projet de nouvelle centrale au charbon de Thabametsi, en Afrique du Sud, que dénonçait depuis plusieurs mois une coalition d’ONG françaises et sud-africaines (lire le communiqué de presse des Amis de la terre). Un geste positif, mais l’entreprise énergétique possède encore les centrales électriques au charbon parmi les plus polluantes au monde (lire ici et ici) et continue à construire de nouvelles centrales au charbon géantes ailleurs, comme celle de Safi au Maroc.

Hypocrisie

Quant à l’annonce par Total, le 1er juin 2015, de son « retrait » du charbon, difficile d’y voir autre chose que du cynisme. Il s’agit en effet d’une activité très marginale au sein de Total (quelques mines en Afrique du Sud), et cela fait plus de six mois que le groupe avait déjà indiqué vouloir les céder à l’entreprise sud-africain Exxaro, dans le cadre de son plan d’économies et non pour des raisons environnementales ! L’entreprise pétrolière n’a ressorti de son chapeau cette transaction – qui doit encore être validée par le gouvernement sud-africain – qu’à des fins purement publicitaires.

La direction de Total fait valoir, en cette année de Conférence climat à Paris, que le groupe produit désormais davantage de gaz que de pétrole. Mais cela s’explique surtout par le fait que la production pétrolière de Total est en chute continue depuis dix ans, malgré des investissements sans précédents pour trouver de nouveaux gisements de pétrole. Total n’hésite pas non plus à poursuivre le développement des ressources fossiles parmi les plus polluantes et les plus émettrices de gaz à effet de serre, comme le pétrole issu des sables bitumineux. (Sur toutes ces questions, voir notre « bilan annuel » de Total.)

Olivier Petitjean

— 
Photo : Ken Doer CC

LES CHINOIS ÉTOUFFENT

Source : http://ddc.arte.tv

05/2015

VIDEO

EN BREF

Puissance économique de premier plan, la Chine a connu un rythme de croissance exceptionnel, que nul autre pays n’avait expérimenté auparavant. Et s’il a permis de sortir une partie de la population de la pauvreté, le développement du pays a aussi provoqué une crise écologique majeure. Le Dessous des Cartes se penche aujourd’hui sur les conséquences environnementales du développement de la Chine.

L’évolution du PIB de la Chine

L’évolution du PIB de la Chine

Voici la courbe de progression du PIB de la Chine depuis le lancement de la réforme économique, au début des années 1980, calculé en dollars constants. En 30 ans, ce PIB a été multiplié par 20, et il est, en 2013, de près de 5 000 milliards de dollars, ce qui place désormais la Chine au deuxième rang mondial, derrière les États-Unis.
L’évolution des émissions de CO2 en Chine

L’évolution des émissions de CO2 en Chine

Voici maintenant la courbe de progression des émissions de CO2 de la Chine, en millions de tonnes, pour les mêmes dates. On voit qu’il y a une corrélation avec la courbe du PIB. Et si on compare avec l’évolution des émissions de CO2 des États-Unis, on observe que la Chine les a dépassés à partir de 2007. Elle est donc devenue la première puissance émettrice de CO2 au monde. Cela s’explique notamment par le fait que la croissance économique entraîne une demande accrue en énergie et donc une pollution de plus en plus importante. Et cette pollution dépend du type d’énergie utilisée.
La répartition des types d’énergie utilisée en Chine

La répartition des types d’énergie utilisée en Chine

Sur ce graphique, on peut voir la part des énergies utilisées en Chine : nucléaire, renouvelable (solaire et éolien), gaz naturel, hydroélectricité, pétrole et charbon. Ainsi, 77 % de l’énergie primaire utilisée en Chine vient du seul charbon, ce qui est considérable. Après les États-Unis et la Russie, la Chine dispose des troisièmes réserves de charbon au monde.
Les gisements de charbon en Chine

Les gisements de charbon en Chine

Vous voyez, en noir sur cette carte, la localisation des gisements de charbon en Chine, dont les plus grandes réserves se trouvent au Nord du pays. Les points rouges représentent les sites d’usines, aciéries et sites industriels, qui utilisent cette ressource. Une grande partie de ces usines est éloignée des principaux gisements de charbon. On estime que le pays met en service deux usines à combustion de charbon chaque mois, pour augmenter sa capacité de production, améliorer la propreté du parc existant, mais aussi pour rapprocher les usines des gisements.
Les régions touchées par le smog en 2013

Les régions touchées par le smog en 2013

Or, la combustion du charbon est très émettrice de CO2 et donc très polluante. Cette carte nous donne justement une idée des régions les plus polluées de Chine. Les zones marron indiquent les régions qui ont connu le plus de jours de smog en 2013, c’est-à-dire de nuages dus à la pollution. Elles correspondent aux régions où se trouvent de nombreuses usines utilisant le charbon mais aussi à la localisation des grandes villes. Ce type de smog peut toucher jusqu’à 17 provinces sur 28, ce qui ferait environ 600 millions de personnes, soit près de la moitié de la population de la Chine !
La pollution automobile

La pollution automobile

L’autre facteur de la pollution de l’air, c’est l’explosion du parc automobile : depuis 2010, la Chine est le premier marché de véhicule particulier au monde. Elle immatricule une voiture toutes les 4 secondes. Il y a 75 millions de véhicules particuliers en 2015, et ce chiffre pourrait tourner autour de 230 millions en 2020. Pékin, la capitale, compte 250 000 voitures de plus chaque année, alors que ce nombre est limité par la réglementation. On estime qu’à Pékin, la circulation est responsable de 58 % des émissions de monoxyde d’azote et de 25 % des émissions de particules fines.
Les particules fines

Les particules fines

Vous voyez sur cette carte les régions (en rouge) les plus touchées par la présence de particules fines dans l’air. Les particules fines proviennent des fumées issues de la combustion du charbon et des vapeurs d’automobiles. La concentration de particules fines dans l’Est de la Chine est l’une des plus élevées au monde, justement dans les régions où il y a un grand nombre d’usines utilisant le charbon.
La mortalité respiratoire prématurée en Chine

La mortalité respiratoire prématurée en Chine

Or, les particules fines pénètrent dans les voies respiratoires. Il a été d’ailleurs constaté que les fréquents pics de pollution entraînaient une augmentation immédiate de 20 à 30 % des consultations respiratoires dans les hôpitaux. Et si on regarde une carte de la mortalité respiratoire prématurée en Chine, on constate que les régions les plus touchées se trouvent à l’Est du pays.
Les régions touchées par les pluies acides en Chine

Les régions touchées par les pluies acides en Chine

Mais il n’y a pas que la pollution atmosphérique, il y a aussi la pollution de l’eau. Vous voyez sur cette carte en rouge les régions les plus touchées par les pluies acides. Elles correspondent là encore aux régions où se trouvent de nombreuses usines et grandes villes.
La pollution de l’eau

La pollution de l’eau

Alors comment marche ce phénomène ? Relâchées dans l’atmosphère, les particules polluantes retombent sur le sol mais contaminent aussi l’atmosphère et augmentent l’acidité des pluies. Tout cela a bien sûr des conséquences sur l’eau, c’est-à-dire sur les nappes souterraines, sur la fourniture d’eau potable, sur les réseaux d’irrigation, donc l’agriculture et les écosystèmes, et enfin sur la pêche côtière ou les fermes aquacoles, entraînant une pollution de la chaîne alimentaire.
Les manifestations contre la pollution

Les manifestations contre la pollution

Or, c’est la pollution de l’eau, plus encore que celle de l’air, qui est aujourd’hui en Chine la première cause des mécontentements et des manifestations. Vous voyez sur cette carte quelques unes des nombreuses manifestations qui illustrent le mécontentement de la population à l’égard des dégradations environnementales du pays. Ce mécontentement s’exprime aussi par des dépôts de plainte aux centres locaux de protection environnementaux. Ces plaintes sont passées de 300.000 en l’an 2000, à plus de 700.000 en 2010.

Lectures

Chine brune ou Chine verte ? – Les dilemmes de l’État-parti (Broché)Benoît Vermander
Les Presses de Sciences Po2007Présentation de l’ouvrage

De par son poids économique et stratégique, les défis que doit relever la Chine sont aussi des enjeux planétaires.

Le site des Presses de Sciences Po offre un résumé, le sommaire et une interview de l’auteur de l’ouvrage.

À propos de l’auteur

Le jésuite Benoit Vermander, docteur en sciences politiques, est directeur de l’Institut Ricci de Taipei et de la revue de l’Institut : Renlai.

Les publications de Benoit Vermander sont disponibles sur Cairn, dont le récent article « Développement durable et responsabilité sociale des entreprises en Chine contemporaine » pour Hérodote.

Histoire de la pensée chinoise (Broché)Anne Cheng
Points Essais/Le Seuil01/10/2014Présentation de l’ouvrage

La réédition en format poche de l’ouvrage de référence d’Anne Cheng, titulaire de la chaire “Histoire intellectuelle de la Chine” au Collège de France, est présentée en détails sur le site de l’éditeur.

Un compte-rendu en est proposé par Jacques Ghiloni pour Lecture Revues.

À propos de l’auteure

On peut découvrir Anne Cheng lors d’un entretien avec Laure Adler en début d’été 2014 pour son émission Hors Champs.

Fayard a publié la leçon inaugurale intitulée « La Chine pense-t-elle ? » que l’auteure prononça fin 2008 au Collège de France.

Elle présente pour l’année 2014/2015 un cycle de cours intitulé « Humanisme et ritualisme en Chine ancienne et contemporaine« .

De l’Être au Vivre – Lexique euro-chinois de la penséeFrançois Jullien
Gallimard01/03/2015Présentation de l’ouvrage

François Jullien présente ainsi son ouvrage : « Dans quels termes penser quand le monde est en voie de penser dans les mêmes ? … Au lieu donc de prétendre identifier des « différences » qui caractériseraient les cultures, je cherche à y détecter des écarts qui fassent reparaître du choix et remettent en tension la pensée. C’est seulement à partir d’eux, en effet, qu’on pourra promouvoir un commun de l’intelligible qui ne soit pas fait de slogans planétarisés. … Et voici que, en dessinant une sortie de la « question de l’Être », c’est du même coup une nouvelle pensée du vivre que capte, dans ses mailles, ce filet. »

La natureYue Dai Yun et Anne Sauvagnargues
Desclée de Brouwer1999Présentation de l’ouvrage

Si, dans la civilisation chinoise, la nature précède la pensée, si la présence de la rivière, de la montagne, de la brume (paysage se nomme « montagne(s)-eau(x) ») tiennent autant de place dans le quotidien, l’Europe, elle, rêve plutôt de pierres, et cherche à contrôler et à domestiquer la nature.

Yue Dai Yun, professeur de lettres chinoises à l’université de Pékin, et Anne Sauvagnargues, philosophe, confrontent leur expérience de la nature et nous invitent à considérer autrement le monde qui nous entoure.

Le livre, encore disponible chez l’éditeur, est aussi accessible sur le site VertigO, la revue électronique des sciences de l’environnement.

Anne Sauvagnargues a publié ouvrages et articles dont la liste et les textes sont consultables sur le site Cairn.

Discovering Nature: Globalization and Environmental Culture in China and TaiwanRobert P. Weller
Cambridge University Press01/02/2006Présentation de l’ouvrage

Le livre, très documenté, décrit les transformations extraordinaires qui ont eu lieu dans les réponses chinoises et taïwanaises aux problèmes environnementaux du XXe siècle et au-delà. Il montre aussi comment la circulation mondiale des idées occidentales sur la nature a interagi avec les traditions chinoises.

Un ouvrage qu’a lu et commenté, pour le site Non-fiction, Frédéric Keck, chargé de recherches au CNRS.

À propos de l’auteur

Robert P. Weller est professeur d’anthropologie et chercheur associé de l’Institut de la culture, de la religion et des affaires mondiales à l’Université de Boston.

qióngdǐng zhī xià (Sous le dôme – enquête sur le brouillard chinois)Chai Jing
Production personnelle0/2015Présentation de l’ouvrage

Documentaire chinois sur la pollution atmosphérique des grandes agglomérations chinoises, réalisé par Chai Jing, ancienne présentatrice vedette de CCTV2, réseau télévisuel d’État.

Si Harold Thibault, correspondant du journal Le Monde, rappelait début mars que « le nouveau ministre de l’environnement, Chen Jining, un universitaire spécialiste des questions d’écologie, s’est félicité, après avoir vu le film, que Mme Chai attire l’attention de la population sur l’environnement sous l’angle de la santé publique », il n’a pas fallu longtemps aux autorités chinoises pour faire disparaître le film du web chinois comme l’explique la page du site de la Fédération internationale des journalistes.

Toujours visible par ailleurs, le documentaire en chinois a vu ses traductions s’améliorer. Il a été récemment traduit en français par Frédéric Dalléas et Jef Jaquier sur YouTube.

Le twitter chinois de Chai Jing est toujours accessible sur Weibo ainsi que son blog sur Sina.

Téléphone Mobile : Les Faces Sombres

Source : http://ddc.arte.tv

03/2015

VIDEO

Taux de pénétration de la téléphonie mobile

Taux de pénétration de la téléphonie mobile

Voici une carte qui montre le taux de pénétration de la téléphonie mobile dans le monde par régions, en nombre d’abonnements pour 100 habitants en 2013. Il existe d’importantes disparités en termes d’accès à la téléphonie mobile : l’Afrique subsaharienne est loin derrière, alors que le nombre d’abonnements dans les pays de la communauté des États Indépendants excède le nombre d’habitants.
Histoire du téléphone portable

Histoire du téléphone portable

Le 3 avril 1973, Martin Cooper, ingénieur chez Motorola, passe le premier appel téléphonique depuis un portable. Dix ans plus tard, Motorola lance sur le marché le DynaTAC, premier téléphone mobile en série. En 1993, en France, est lancé le Bi-Bop, le mobile de France Télécom. Et dans le monde à la même époque, on compte alors 0,6 abonnements pour 100 habitants.
Histoire du téléphone portable

Histoire du téléphone portable

En novembre 2007, Apple lance son premier Iphone, un téléphone qui combine les fonctions d’un téléphone mobile et d’un assistant numérique personnel. En 2013, les smartphones se vendent mieux que les téléphones basiques. On compte 93 abonnements pour 100 habitants, et il s’est vendu environ 860 millions de téléphones basiques et 940 millions de smartphones cette année là.
Les éléments chimiques dans nos téléphones portables

Les éléments chimiques dans nos téléphones portables

Vous voyez ici les éléments chimiques qui composent les différentes parties de nos téléphones portables : coque, écran, parties électroniques et batterie. En tout, ce sont au total 60 éléments chimiques différents et plus de 500 pièces qui composent nos téléphones mobiles.
Matières premières critiques selon l’Union Européenne

Matières premières critiques selon l’Union Européenne

Parmi les éléments chimiques qui composent nos téléphones portables, certains ont été placés sur la liste des matières premières critiques par l’Union Européenne. Pourquoi ? Parce qu’il existe un risque de pénurie et ce pour deux raisons. D’abord parce que ces ressources sont non-renouvelables, donc épuisables. Par exemple, l’antimoine, présent dans l’électronique des téléphones, est menacé d’épuisement aux alentours de 2020. Cette estimation tient compte des conditions d’extraction et des réserves connues en 2009. Et deuxième raison : il y a en fait peu de pays producteurs.
Matières premières critiques selon l’Union Européenne

Matières premières critiques selon l’Union Européenne

Les éléments chimiques présents sur la liste des matières premières critiques de l’Union Européenne sont aussi concentrés dans quelques pays. C’est par exemple le cas de l’antimoine (Sb), de l’indium (In) et du magnésium (Mg) qui sont produits à 87 %, 58 % et 86 % en Chine.
L’exemple du tantale

L’exemple du tantale

Le tantale (Ta) est utile pour la fabrication des condensateurs. Ils permettent de stocker l’énergie et donc de conserver les données quand le téléphone est déchargé. Cette carte nous montre les principales mines dans le monde en 2011. Près de la moitié de la production mondiale vient de la République Démocratique Congo, et du Rwanda.
Groupes armés et mines en République Démocratique du Congo

Groupes armés et mines en République Démocratique du Congo

Vous voyez sur cette carte les mines de coltan et de cassitérite, dans lesquelles on trouve le tantale. Certaines de ces mines sont contrôlées ou régulièrement attaquées et pillées par divers groupes rebelles. Citons par exemple les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda, la Nduma Defence for Congo, et les Raia Mutomboki.
Le tantale, une ressource non-renouvelable

Le tantale, une ressource non-renouvelable

Il existe un risque de rupture d’approvisionnement du tantale, qui n’est évidemment pas une ressource renouvelable. Les réserves mondiales de tantale actuellement connues correspondent à 153 000 tonnes. Et si l’on prend en compte la demande actuelle, il n’y aura plus de tantale d’ici 75 ans. Or, le dynamisme de la téléphonie mobile fait que la demande en tantale devrait s’accroitre dans les années à venir, au rythme de 5,3 % par an. Alors certes, la quantité de tantale par condensateur est faible, mais en 2011 on a tout de même fabriqué 9 milliards 300 millions de condensateurs rien que pour les téléphones.
Le puzzle mondial de la fabrication des téléphones portables

Le puzzle mondial de la fabrication des téléphones portables

Prenons l’exemple de l’Iphone 3G d’Apple, qui n’est plus fabriqué aujourd’hui, mais dont les diverses étapes de production permettent de bien comprendre la complexité de l’assemblage mondial : les écrans étaient fabriqués au Japon, l’appareil photo et le GPS en Allemagne, les processeurs en Corée du Sud, le système mémoire, l’antenne à courte portée et le circuit audio aux États-Unis et enfin, le tout était assemblé en Chine.

Lectures

TIC 2013, les nouveaux temps réels – Société, entreprises, individus, comment les TIC changent notre rapport au tempsYannick Lejeune, Stefana Broadbent, Dominique Reynié, Frédéric Bardeau
FYP Éditions01/10/2012Présentation de l’éditeur

Que devient la notion de temps pour l’individu pris dans ce flux continu d’information ? Fruit d’une vingtaine de spécialistes des nouvelles technologies, de réputation mondiale, cet ouvrage apporte un éclairage essentiel sur la transformation de la notion de temps auquel nous sommes tous confrontés, tant sur le plan professionnel que personnel.

L’ouvrage est une véritable avant-garde de la pensée et des usages à venir qui donne au lecteur des clés et des savoirs pour que les formidables capacités d’innovation puissent l’être au service de tous.

À propos des auteurs

Yannick Lejeune est directeur internet du groupe IONIS et diplômé de l’EPITA et d’un master de recherche en sciences de gestion de l’IAE de Paris.

Stefana Broadbent est Docteure en sciences cognitives, elle enseigne l’anthropologie numérique à l’University College de Londres.

Dominique Reynié est Directeur général de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) et professeur des universités à l’Institut d’Etudes Politiques (IEP).

Frédéric Bardeau est cofondateur de Limite, une agence spécialisée en communication responsable qui accompagne principalement des ONG et des entreprises dans leur politique de Responsabilité sociale de l’entreprise (RSE).

Frédéric Bardeau et Nicolas Danet ont mené chez FYP un ouvrage intitulé Lire, écrire, compter, coder (06/2014) qui traite de la nécessité d’apprendre le code informatique, pour toutes les générations, tant pour la vie professionnelle que citoyenne, et explique comment y parvenir, quel que soit l’âge et la motivation.

TIC, technologies émergentes et Web 2.0 – Quels impacts en éducation ?Sous la direction de Thierry Karsenti et Simon Collin
Presses de l’Université du Québec01/05/2013Présentation de l’éditeur

L’ouvrage, en 15 textes, dégage les tendances actuelles et à venir en ce qui a trait aux usages des TIC, les technologies de l’information et de la communication, et de leurs incidences sur l’enseignement, l’apprentissage et le développement de compétences, de même qu’aux innovations technologiques tels le Web 2.0, l’apprentissage mobile et les réseaux sociaux. La méthodologie de recherche en éducation en regard des TIC est également abordée.

Ces textes sont le fruit du colloque « TIC, technologies émergentes et Web 2.0 : quels impacts en éducation ? », organisé par le Groupe de recherche sur l’intégration pédagogique des TIC en 2011 dans le cadre du congrès de l’Association Francophone pour le Savoir (ACFAS).

Le site des Presses de l’Université du Québec propose une présentation étendue du livre.

À propos des auteurs

Thierry Karsenti et Simon Collin sont présentés sur le site des Presses de l’Université du Québec.

Enseignement, informatique, TIC et société – L’industrie informatique dans la société de l’informationJacques Vétois
L’harmattan – Collection Terminal01/01/2014Présentation de l’éditeur

Dans ce double numéro 113-114 de la revue Terminal, il sera question de l’informatique à l’école et de ses enjeux à l’aube du XXIe siècle. La revue Terminal dresse aussi un premier bilan de l’enseignement de l’informatique chez les jeunes. Un dossier sera également consacré à l’actualité de l’industrie informatique à travers notamement un article sur les éditeurs de l’Open Source face au Cloud computing. Le livre est aussi téléchargeable sur le site de L’Harmattan.

À propos de l’auteur

Jacques Vétois a dirigé aussi chez le même éditeur un numéro sur les libertés à l’épreuve de l’informatique.

Mythologie du portableLaurence Allard
Le Cavalier Bleu01/01/2010Présentation de l’éditeur

À la fois produit de masse et support de personnalisation, l’usage du téléphone portable invite à dépasser les discours sur la fracture numérique. Jusqu’à inverser les rapports Nord/Sud dans ce domaine. Car l’avenir de la mythologie du téléphone portable se trouve en Afrique ou en Inde, à Gaza ou en Iran, bref, dans les pays du sud, nouveaux inventeurs de la culture mobile de demain.

À propos de l’auteure

Laurence Allard est sémiologue, maître de conférences en sciences de la communication à l’université de Lille-III. Elle s’intéresse particulièrement aux relations entre culture, politique et technique (p2p, web expressif, remixes, technologies mobiles…) en mobilisant les apports des gender, cultural et post colonial studies.

Avec Laurent Creton et Roger Odin, Laurence Allard a récemment publié Téléphonie mobile et création (Armand Colin, 02/2014) qu’analyse le site Lectures revues. Le thème a fait l’objet d’un colloque ouvert par les mêmes auteurs.

Portables : attention dangerNicolas Lefebvre avec la préface de Pierre Le Ruz
L’Archipel01/01/2010Présentation de l’ouvrage

Le Sénat, suite au rapport du 04 novembre 2009, s’est prononcé pour l’interdiction des mobiles dans les écoles maternelles et primaires. Depuis la condamnation des trois opérateurs historiques au nom du principe de précaution, la polémique sur les risques de la téléphonie mobile a pris une ampleur considérable.

Note de l’éditeur

Après un an d’investigation au contact de scientifiques internationaux réputés, de victimes, de représentants des institutions sanitaires et des industriels, Nicolas Lefebvre dépeint une réalité complexe et des conflits d’intérêt multiples. Il apparaît que le lobbying industriel, l’indépendance contestée des experts et la désinformation ont engendré la suspicion autant des usagers que des investisseurs et des assureurs.

À la fois guide pratique grand public et outil de travail à l’usage des professionnels, cet ouvrage complété d’annexes et de documents constitue un dossier de référence.

À propos de l’auteur

Nicolas Lefebvre collabore à la presse économique (Défis, Le Nouvel Entrepreneur, Rebondir) depuis 2001. Ses reportages l’ont conduit à s’intéresser aux lobbies industriels et à leur influence dans l’élaboration de l’expertise sanitaire et de la réglementation. Docteur en psychologie, le Dr Pierre le Ruz est président du Criirem (Centre de recherche et d’informations indépendantes sur les rayonnements magnétiques).

Portables et antennes : mauvaises ondesRichard Forget
Le Sang de la Terre01/02/2010Présentation de l’éditeur

Des centaines d’études ont mis en évidence les risques importants pour la santé des utilisateurs de téléphone portable et celle des riverains d’antennes-relais. Dès 2000, les premiers cas de cancer sont apparus notamment chez des enfants. Chercheurs et médecins ont alerté l’opinion et demandé l’application du principe de précaution mais les pouvoirs publics traînent des pieds. Le développement inconsidéré du téléphone portable sera-t-il un scandale comme l’a été l’utilisation de l’amiante ? Une technologie qui se développe sans tenir compte des dangers. Des intérêts économiques ignorant la santé des usagers. Des vrais rapports scientifiques qui restent confidentiels. Les témoignages inquiétants des utilisateurs. Le combat des associations qui gagnent leurs procès.

À propos de l’auteur

Avocat au Barreau de Paris, Richard Forget défend avec succès Robin des toits l’une des principales associations anti-téléphone mobile, et des citoyens se plaignant de la présence d’antennes-relais sur des édifices à proximité de leur domicile.

Blood in the mobileRéalisation : Frank Piasecki Poulsen. Production : Koncern TV- og, Filmproduktion, Film Chili (Danemark) et Gebrueder Beetz
Filmakers Library2014Présentation du documentaire

Qu’y a-t-il de commun entre un téléphone portable et la guerre civile au Congo ? Le sang. Celui qui vient de la lutte pour le contrôle du coltan, un minerai extrait dans la région du Kivu, indispensable à la fabrication de nos chers mobiles.

Stephen Applebaum pour The Guardian, en fait le commentaire.

Ce documentaire, qui fut diffusé en août 2013, fait l’objet d’un dossier sur le site d’Arte. Il est possible de commander le documentaire sur le site Blood in the mobile, de le voir en streaming et en français sur le site Culture Unplugged, en attendant, sa version DVD, sur Kongo News.

Fukushima fête son 4ème anniversaire

Source : http://www.2000watts.org

11/03/2015

Aujourd’hui, une 4ème bougie a été ajoutée sur le gâteau d’anniversaire de la Centrale nucléaire de Fukushima. La tragédie débutée le 11 mars 2011 voit une légère amélioration, mais le plus gros reste à faire pour les 6’000 employés qui s’acharnent à maintenir la situation sous contrôle.

La radioactivité est toujours présente, 350m3 d’eau sont déversées quotidiennement sur les 3 réacteurs pour les maintenir entre 20 et 50 degrés. Les barres de combustible ont été retirées de la piscine no 4 et le sol va être congelé pour diminuer les fuites dans le Pacifique. Il reste les 160’000 personnes évacuées qui sont toujours logées dans des préfabriqués provisoire.

Naoto Matsumura : Le Dernier Homme de Fukushima

Il ne reste plus que des villages fantômes dans un cercle de 20 km autour de la Centrale ainsi que des montagnes d’énormes big bags remplis de terre radioactives dont personne ne veut.

Seul Naoto Matsumura vit encore à proximité. Sans aucune protection, cet homme s’occupe des chiens, des sangliers, des chats ou des vaches abandonnés à leur propre sort. Lire: Naoto Matsumura : Le Dernier Homme de Fukushima

Autours de la centrale la décontamination progresse mais elle est trop élevée pour y vivre de manière permanente pendant que le Gouvernement de Tokyo incite les habitants à retourner dans leurs villages et espère faire retomber la radioactivé à 1 millisievert/an. 1 mSv/a d’ici à quelques années.
Les 160’000 personnes évacuées sont toujours logées dans des préfabriqués provisoires et aucune solution durable est en vue.

Fukushima: 103 enfants atteints d’un cancer

Le gouvernement a « profité de l’occasion » de cette catastrophe nucléaire pour mener une campagne grandeur nature sur plus de 300’000 enfants habitant la Province dévastée.

En août 2014, 103 enfants âgés de moins de 18 ans au moment de l’accident ont développé un cancer de la thyroïde et le nombre de cancers confirmés après une intervention chirurgicale s’établit désormais à 57.  Lire Fukushima: 103 enfants atteints d’un cancer

 

L’eau: problème principal

Un travail considérable a déjà été réalisé avec d’énormes moyens techniques et financiers.  Ainsi le combustible de la piscine No4 a été entièrement enlevé, mais les 3 autres réacteurs restent une menace.

Pour cette année 2015, la gestion des eaux contaminées serait le principal défi. Quotidiennement, 350 m³ d’eau sont utilisés pour les maintenir à une température comprise entre 20 et 50 degrés.
Au contact des réacteurs, l’eau se charge en césium, strontium ou tritium. Elle s’écoule ensuite dans les sous-sols des réacteurs 1, 2, 3 et dans la nappe phréatique ainsi que dans le Pacifique.
Tepco pompe tous les jours 600 à 700 tonnes d’eau radioactive et tente d’éliminer les substances radioactives à par le tritium qui résiste. Une partie de cette eau est réintroduite dans le circuit de refroidissement et, pour le reste, elle est stockée dans plus de 1’000 réservoirs en attendant de pouvoir traiter ces 600’000 tonnes de liquide radioactif.

Plusieurs systèmes de décontamination ont dû être inventés. Les débuts chaotiques ont fait place à l’espoir et durant le milieu 2015, jusqu’à 2’000 m3 d’eau pourraient passer dans le système tous les jours. Seul le tritium passe entre les mailles du filet, mais c’est déjà ça.

Réduire la contamination du Pacifique

Evidemment que les fuites d’eau sont courantes et Tepco n’apporte pas toujours une réponse très rapide d’où le courroux du gouvernement Abe.

Pour diminuer l’impact sur l’océan Pacifique, Tepco espère geler le terrain autours de la centrale avec un mur de glace souterrain. Un liquide refroidissant canalisé dans 1’500 tuyaux pourrait être mis en service durant cette année.

L’entreprise est également en train de terminer une barrière d’étanchéité le long de l’Océan et de pomper l’eau de la nappe phréatique.

L’Agence Internationale de l’Energie Atomique suggère de rejeter dans l’océan l’eau qui est traitée. Le peu de radioactivité sera dissolu dans la masse et deviendra invisible.

 

Le meilleur pour la fin

Les opérations les plus dangereuses ont été conservées pour la fin. Il va falloir décontaminer les 3 réacteurs qui ont fondu et qui ont formé un magma de corium extrêmement radioactif. Celui-ci a perforé les réacteurs et se trouve dans le sous-sol des bâtiments tout en dégageant des émanations radioactives mortelles pour l’homme. Il faudra encore 10-15 ans avant d’y aller. Il faudra encore 30 à 40 ans pour rendre le chantier hors d’état de nuire.

La principale cause de mortalité dans les pays en voie de développement risque de vous surprendre

Ecrit parEnsia
Traduit par Marie Andre
23/01/2015

A landfill fire in Fada-Ngourma, Gourma Province, Burkina Faso. Photo by Flickr user lepetitNicolas. CC-BY-NC-SA 2.0

Ce post de Richard Fuller est publié par Ensia.com, magazine qui met en lumière des solutions environnementales internationales en action. Nous le reprennons ici conformément à un accord de partage de contenus.

Quelle est la cause de mortalité la plus importante dans les pays à faible et moyen revenus ?

A.  malnutrition et dénutrition
B.  tuberculose, malaria et sida
C.  pollution

Si vous avez répondu “C”, c’est la bonne réponse. Les expositions à la pollution des sols, de l’eau et de l’air (domestique et ambiante) ont tué 8,4 millions de personnes dans ces pays en 2012.

Une autre statistique vaut la peine d’être mentionnée: 9 millions de personnes dans le monde sont mortes à cause de la pollution en 2012, dont 8,4 millions dans les pays les plus pauvres. Ce n’est donc pas un problème de “pays riche”. C’est un problème qui touche les pays en voie de développement.

Pour illustrer ces chiffres, les statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé font état de 56 millions de personnes mortes en 2012 — il s’agit de toutes les personnes décédées sur la planète, que ce soit des suites d’accidents de voitures, de suicides, de vieillesse, de cancer, d’erreurs médicales, par la foudre, de maladies infectieuses, en parachute, à cause des guerres, ou pour toute autre raison. Ce qui signifie que la pollution a tué près d’1 personne sur 7.

La pollution de l’air extérieur a fait 3,7 millions de morts. 4,2 millions de personnes sont mortes des suites d’exposition à des particules, en intérieur, provenant de cuisinières. Environ 1 million de personnes sont mortes en raison de sols et d’eaux contaminées par des produits chimiques. Et 840.00 sont mortes des suites d’un manque d’hygiène. Tous ces chiffres proviennent des sites et bases de données de l’Organisation Mondiale de la Santé, sauf les statistiques concernant les sols, qui sont plus récentes (et vraisemblablement sous-estimées) et sont données par l’Alliance Globale pour la Santé et la Pollution.

Cette même année 2012, 625.000 personnes sont mortes de la malaria, 1,5 million du sida et 930.000 de la tuberculose. Ceci représente un tiers des morts dues à la pollution, et pourtant ce trio de maladies terribles draine 20 milliards de $ par an provenant des dons internationaux et des états.

Lent et insidieux

Il est important de faire remarquer que la pollution tue rarement directement et rapidement. Au contraire, elle provoque des des maladies cardiaques, des infections pulmonaires, des cancers, des maladies respiratoires ou des diarrhées. La pollution agit comme un catalyseur et fait augmenter le taux de ces maladies au-dessus de la normale. Pour cette raison, l’Organisation Mondiale de la Santé considère la pollution comme un facteur de risque – une menace pour la santé de l’homme similaire l’obésité, le tabac, la malnutrition ou le manque d’exercice. Mais la pollution est la championne des facteurs de risque. Au niveau mondial, ses prognostiques mortels dépassent de beaucoup ceux des autres facteurs de risque, quel que soit le contexte.

On a du mal à imaginer ce que cela représente. Essayez cependant d’imaginer ce scénario:

Chaque matin vous vous réveillez sur le sol sale d’une case que votre famille et vous même avez nettoyé avec force à l’aide de vieux tissus récupérés sur le site voisin d’un hôtel 5 étoiles en construction. Votre mari travaille 70 heures par semaine à trier des produits chimiques dans une usine de pesticides mal gérée. Récemment il est rentré à la maison en toussant et crachant du sang. Il maigrit et est de plus en plus fatigué, et vous voulez lui conseiller d’arrêter, mais comment faire? Le peu qu’il gagne sert à nourrir la famille.

Alors vous vous dirigez vers le point d’eau local avec votre seau en plastique. L’eau que vous puisez dans la mare est marron et sent les excréments, mais vous n’avez rien d’autre à boire. Vous essayez de la filtrer avec une étamine mais cela ne fait pas grand-chose. En même temps, l’usine qui se trouve à côté de votre bidonville, celle que l’administration avait fait fermer il y a peu, s’est remise en route – mais seulement la nuit. Ses cheminées crachent des colonnes d’une épaisse fumée, mais pas moyen de savoir ce qui brûle. La semaine dernière, l’aîné de vos enfants a toussé toute la nuit. Vos autres enfants sont maladifs et ont des difficultés à apprendre, même les concepts de base. Ni vos amis, ni votre famille ne peut vous aider, car, bizarrement, presque tout le monde dans le voisinage a les mêmes problèmes.

Notre économie est globale et il en va de même des polluants qu’elle génère.

Vous êtes l’un de ces pauvres empoisonnés, sans voix et sans espoir. Les lois qui pourraient exister pour combattre ces conditions de vie ne sont jamais appliquées. Vous ne pouvez pas simplement déménager pour une autre ville – il vous a fallu des années pour vous installer là où vous habitez. Et de tout façon, où iriez-vous exactement? Toutes les villes sont dans la même situation. Comme tous les défavorisés du monde, vous êtes devenu de la chair à canon dans la guerre actuelle pour la croissance.

Comment régler ce problème?

Notre économie est globale et il en va de même des polluants qu’elle génère. On peut maintenant mesurer dans d’autres pays l’air contaminé en Chine. On retrouve dans le poisson le mercure qui provient de mines d’or et de mines de charbon et on a trouvé de l’arsenic dans le riz.

Our economy is global and so are the pollutants it generates. Contaminated air from China can now be measured in other countries. Mercury from gold mining and coal plants can be found in fish, and arsenic has been found in rice.

De nombreuses industries hautement polluantes ont été transférées des pays développés vers les pays pauvres qui ont des lois environnementales moins contraignantes et une technologie moins avancée pour la gestion et le maniement des produits chimiques. Les technologies propres et la croissance verte sont possibles dans les économies émergentes et peuvent prévenir des dizaines d’années d’une prochaine contamination qui va nous atteindre tous. Les nations occidentales ont trouvé comment nettoyer la pollution et peuvent transférer leur technologie et financer les pays à faible et moyen revenu.

Inscrire prioritairement la prévention et la suppression des dégâts de la pollution ne sauvera pas seulement des vies, mais atténuera les changements climatiques et réduira les menaces contre la biodiversité. Quand on considère les priorités des programmes des principales organisations internationales, la faible importance donnée à la pollution fait peur, étant donné son impact. On peut en attribuer la raison au manque de prise de conscience ainsi qu’au fait de ne pas savoir par où commencer pour venir à bout de ces problèmes.

Il est primordial de s’assurer que la lutte contre la pollution fait partie des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, qui décrivent les modalités à venir pour un développement durable après l’expiration, cette année, des Objectifs du Millénaire pour le Développement, qui comporte des sujets comme la fin de la pauvreté grâce à une agriculture durable, la mise en place d’une éducation pour tous équitable et bien d’autres sujets. Le projet actuel ne prend pas en compte la pollution en tant que telle, bien que la pollution soit comprise dans les objectifs de santé. Le texte -sous-objectif 3.9- parle de réduire les décès et les handicaps dûs à tous les types de pollution. Il faut que cette phrase soit conservée dans le texte définitif, car les Objectifs de Développement Durable vont déterminer les efforts nationaux et internationaux des prochaines années.

L’Alliance Globale sur la Santé et la Pollution fait levier sur les ressources qui peuvent aider les pays à faible et moyen revenu à régler les problèmes prioritaires en terme de pollution. Outre l’éducation à toutes les formes de pollution, l’Alliance Globale sur la Santé et la Pollution aide les pays à:

  • identifier et évaluer les menaces des polluants toxiques, particulièrement sur les sites contaminés
  • créer un planning d’actions prioritaires pour les problèmes qui présentent un risque maximum pour la santé humaine
  • mettre en place des solutions pour sauver des vies

La technologie et les connaissances existent dans les pays riches pour répondre à cette menace sur la santé et l’économie. Des solutions peuvent être mises en place dans les pays à bas et moyen revenu pour un coût bien inférieur à ce qui est dépensé dans les pays occidentaux pour régler les séquelles des polluants toxiques provoqués par l’industrialisation.

Ceci veut dire que la pollution n’est pas inévitable. Le problème peut être résolu de notre vivant.

Richard Fuller est président de Pure Earth (anciennement Blacksmith Institute) et membre fondateur de Alliance Globale sur la Santé et la Pollution. Retrouvez-le sur Twitter @BlacksmithInst.

Arctique, la conquête glaciale

Réalisé par Tania Rakhmanova

Source : http://www.arte.tv

Documentaire (France, 84 min.) (2013)

VIDEOS : 1/2 , 2/2

L’Arctique sera-t-il la dernière grande réserve d’hydrocarbures mondiale ? La région attise les convoitises territoriales des grandes compagnies et des États. Ce documentaire édifiant recense tous les dangers qui menacent le pôle Nord.

L’Or Noir de l’Amérique

Réalisé par Pierre-Emmanuel LUNEAU-DAURIGNAC (52’)

Source : http://www.lcp.fr

En 2009, la découverte d’un gigantesque gisement de pétrole de schiste dans le Dakota du Nord sonne comme une bonne nouvelle pour l’Amérique en crise. Plus de 16 000 puits pompent aujourd’hui le sol du Dakota du Nord. Les Etats-Unis devraient devenir le premier producteur de pétrole d’ici à 2020, devant la Russie et l’Arabie Saoudite, remettant ainsi en cause une bonne partie de l’équilibre géostratégique de la planète. Mais alors que l’argent et le pétrole coulent à flots, d’autres voix se font entendre : celles des fermiers de la région dont le bétail dépérit à vue d’œil, celles des habitants des petites villes dont l’eau potable s’irise soudain. Le réalisateur est parti enquêter sur ce nouveau Far West et ses acteurs, avec en toile de fond les enjeux économiques gigantesques des hydrocarbures de schiste, mais aussi les enjeux de santé publique…

 VIDEO : https://dailymotion.com/video/k6ilYWutIEMTM09qBaf

Nanotechnologies : ces redoutables particules toxiques qui envahissent notre quotidien

Par Sophie Chapelle

17/12/2014

Source : http://www.bastamag.net

Invisibles à l’œil nu, les nanoparticules envahissent le quotidien, depuis nos vêtements jusqu’à nos assiettes, sans aucun étiquetage ni traçabilité. Malgré les nombreuses études attestant de la toxicité de certaines de ces particules, les gouvernements refusent d’appliquer le principe de précaution et investissent des milliards d’euros en recherche et développement dans les nanotechnologies. Comment repérer et se protéger de ces nouvelles molécules high-tech ? Entretien avec le journaliste Roger Lenglet, qui décrypte dans son ouvrage Nanotoxiques les dessous de cette menace pour la santé publique.

Basta ! : Les nanomatériaux sont entrés en catimini dans nos vies, dans les objets du quotidien ou de consommation courante. Pourquoi dites-vous qu’il s’agit d’une « bombe sanitaire » ?

Roger Lenglet [1] : Ces particules de dimension nanométrique posent des problèmes toxicologiques. Leur taille minuscule permet à une grande partie d’entre elles de traverser l’organisme, de se loger dans les cellules et de pénétrer dans les noyaux cellulaires contenant l’ADN. Elles peuvent avoir des effets mutagènes, cytotoxiques, cancérigènes… Certaines sont même neurotoxiques : elles traversent la barrière encéphalique qui protège le cerveau et s’attaquent aux neurones, contribuant au développement de pathologies neurologiques comme la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson. Notre organisme n’est pas fait pour résister à ces nouvelles particules aux propriétés stupéfiantes.

Certaines d’entre elles, les nanotubes de carbone, qui comptent parmi les plus utilisées (dans les textiles, le BTP), entraînent chez les animaux, en laboratoire, le même type de pathologies que l’amiante – des cancers broncho-pulmonaires et des cancers de la plèvre. Et la réaction des nanos au contact de notre organisme est beaucoup plus grande que les particules classiques. Pour couronner le tout, leur toxicité change avec le temps, selon les milieux qu’elles traversent, ce qui ne permet même pas de se rassurer sur les types de nanos qui pourraient actuellement être jugés acceptables.

De quelles manières ces particules envahissent-elles le quotidien ?

Tous les secteurs industriels en utilisent aujourd’hui : agroalimentaire, cosmétiques, textiles, produits d’entretien, médicaments, pesticides, métallurgie, plasturgie, informatique, construction… En 2013, la France a été le premier pays à mettre en place une obligation de déclaration de production et d’importation de nanos. Mais cette déclaration exclut un certain nombre de nanos parmi les plus diffusées. Et beaucoup d’industriels se disent incapables d’identifier si leurs matières premières contiennent ou non des nanos.

Cette opacité et l’absence d’étiquetage des produits conduit à une absence de traçabilité redoutable. L’exposition de la population aux nanos est très supérieure à celle de l’amiante [2], et il est encore plus difficile de les identifier. Depuis 2008, en France, des centaines de milliers de tonnes de chaque grand type de nanos sont mises sur le marché annuellement. Et cela n’a fait qu’empirer. Avec une traçabilité proche de zéro !

Est-il possible de repérer les aliments qui contiennent des nanos dans les magasins ?

Non, pas de façon certaine, car dans les grandes surfaces, de nombreux produits contiennent des nanos sans qu’on puisse les distinguer. Mais il est possible de réduire le risque d’en manger. Par exemple en privilégiant les circuits courts, les produits bio. Car les nanos concernent avant tout les produits industrialisés : les industriels cherchent à donner à leurs aliments des saveurs et des textures nouvelles, des blancheurs plus accentuées, des effets plus colorés… Les nanotechnologies permettent d’accroître toutes sortes de propriétés, comme la fluidité des yaourts ou les anti-agglomérants dans les poudres de chocolat, de sucre ou de lait, dans les sels de table… Il faut se méfier des conservateurs alimentaires qui contiennent souvent des nanos, ainsi que des emballages. Quand vous achetez par exemple un steak ou un poulet en grande surface, il y a souvent une lingette blanche un peu cotonneuse entre la barquette et la viande. Celle-ci est imbibée de nano-argent pour éviter à la viande de devenir grisâtre et pour lui conserver une apparence de fraîcheur.

Plus on s’éloigne des produits industriels, moins on a de nanos. Mais quelques produits contenant des nanos sont déjà inclus depuis longtemps dans les circuits bio. C’est le cas notamment d’un « médicament », l’argent colloïdal, qui n’est rien d’autre que du nano-argent, généralement vendu en solution liquide. Comme c’est un bactéricide puissant, les gens sont épatés par ses effets cicatrisants quand ils en mettent sur une plaie. Certains pensent se faire du bien en buvant ces solutions. Mais la flore bactérienne est nécessaire pour notre santé, il ne faut surtout pas la détruire ! Les consommateurs doivent être plus vigilants.

Vous montrez aussi dans votre ouvrage le poids des lobbies industriels qui veulent limiter le plus possible la définition des nanoparticules…

Plus la définition sera restrictive ou tronquée, plus l’encadrement réglementaire et législatif sera limité. Et plus de nanos échapperont à tout contrôle. Au niveau européen, selon les secteurs et les rapports de force, la définition n’est pas la même. Aujourd’hui, de façon générale, ces lobbies ont réussi à obtenir que les nanos soient définies comme « toute particule de 1 à 100 nanomètres produite intentionnellement » [3]. C’est scandaleux, car la dimension nano va de 1 à 999 nanomètres. Les lobbies dans les commissions ont donc réussi à exclure 90 % des nanos, alors que certaines particules très toxiques mesurent plus de 100 nanomètres !

Mais personne ne vient contester cette définition, sauf quelques associations. Des commissions ont par ailleurs décidé de ne considérer que les nanomatériaux contenant au moins 50 % de nanoparticules. Autrement dit, les produits doivent être au moins composés pour moitié de nanos pour entrer dans le champ réglementaire. Comme s’il n’y avait pas de problème en dessous de ce seuil ! Cela est totalement absurde d’un point de vue toxicologique. Les lobbies manipulent complètement le débat pour exclure du contrôle un maximum de nanos.

Où en est-on dans la bataille de l’étiquetage ?

Sur les cosmétiques, l’obligation d’étiquetage est officielle depuis 2013. Dans les faits, il suffit d’aller dans les magasins pour constater que ce n’est pas du tout respecté. Dans l’alimentation, il devrait y avoir un étiquetage depuis des années. La promesse a été faite de le rendre obligatoire ce mois-ci, en décembre 2014. J’ai bien peur que le lobby agroalimentaire parvienne encore à repousser l’échéance. Toute la question est de savoir ce qu’il y aura sur cet étiquetage. Les politiques, français et européens, avancent que les protagonistes ne sont pas tombés d’accord et qu’ils ne peuvent donc pas légiférer. Les industriels continuent de gagner du temps. Le lobby agro-alimentaire demande même que les nanos mises sur le marché depuis plus de dix ans ne soient pas inclues dans l’étiquetage obligatoire, au prétexte de « ne pas inquiéter inutilement les personnes qui en ont consommés »

L’enjeu sur l’étiquetage est d’exiger que soit également indiquée la toxicité des nanos. Que le consommateur sache si le produit risque de réduire la fertilité, d’entraîner des cancers, des mutations génétiques… Comme sur les paquets de tabac et les pesticides. Sans cette indication-là, les gens s’en fichent. Le danger doit être annoncé.

Comment réagissez-vous à l’annonce de la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, de demander à l’Union européenne le 17 décembre une stratégie d’étiquetage des produits de consommation courante contenant des nanomatériaux ?

Le gouvernement français, depuis l’arrivée massive des nanos sur le marché, se positionne avant tout en soutien des nanos. Les budgets publics accordés en témoignent : plus d’un milliard d’euros par an de soutien aux producteurs, rien qu’en France… Alors même que la recherche sur la toxicité des nanos représente à peine 1 à 2 % du budget, et que les connaissances toxicologiques acquises ne sont même pas prises en compte !

Malgré la multiplication des rapports alarmants sur les dangers des nanos, rien ne se passe en matière de prévention, et les gouvernements continuent de subventionner massivement les nanos. Comment expliquez-vous ce décalage ?

Chaque gouvernement prend prétexte de la crainte d’être dépassé par les pays concurrents. Le même argument que sur le nucléaire à une époque, ou sur les pesticides dont on voulait nous persuader qu’ils rendaient notre agriculture plus performante ! Tous les pays sont aujourd’hui lancés dans la course aux nanotechnologies, présentées comme un progrès scientifique incontournable. L’enjeu financier est dément. L’important retour sur investissement des nanos sur les marchés est doublé d’un effet d’aubaine lié aux généreuses subventions publiques. Tout cela en pleine période de restriction budgétaire…

In fine ce sont les plus grandes multinationales qui bénéficient de cet argent public, par le jeu de leurs filiales et des laboratoires de recherche avec lesquelles elles travaillent. Mc Donalds, Danone, Kellog’s, Nestlé, Mars, pour ne citer que les groupes les plus connus, profitent de cette course folle dans laquelle les États et les collectivités locales sont devenus eux-mêmes investisseurs. Les lobbies industriels obtiennent ce qu’ils veulent en faisant croire que ce sont les nanotechnologies qui vont assurer notre compétitivité internationale et les emplois de demain.

Les décideurs politiques décident très vite avec très peu de recul sur les dossiers. Leur ignorance en santé publique leur fait négliger toute prévention. Lorsque vous leur parlez d’épidémiologie ou de toxicologie, ils sont largués. Le principe de précaution, mis à part chez certains élus écologistes, n’est absolument pas intégré dans leur culture. Ils sont sous l’effet permanent de lobbyistes et de think tanks qui leur font croire que si l’on applique le principe de précaution, l’économie française sera paralysée… Les décideurs politiques croient que les craintes sanitaires relèvent du domaine de l’irrationnel et des émotions populaires. Le niveau de culture en santé publique de la plupart d’entre eux est nul et ils ne voient donc dans la prévention qu’une source de dépenses inutiles.

La course aux nanos recèle un aspect moins connu : les enjeux militaires… Avec quelles visées ?

Je le décris précisément dans mon ouvrage : tous les pays riches – États-Unis, Japon, Chine, Europe, y compris la France… – sont impliqués dans la course aux nano-armements. Outre l’exemple de la nano-libellule, dont l’armée française veut équiper les fantassins pour pister les ennemis, les nanotechnologies permettent de perfectionner les armes, d’accroitre leur légèreté, leur robustesse, leur puissance de destruction, etc. L’armée renforce aussi les alliages des avions, des tanks, les vêtements des soldats.

Les armes chimiques désormais interdites par un traité international sont en passe d’être remplacées par les diffuseurs de nanotoxiques. C’est de la chimie sauf qu’ils ont changé le mot… C’est d’une hypocrisie totale ! D’autant que ces armes, tels que les brouillards nano-chimiques, sont infiniment plus redoutables que les armes chimiques « conventionnelles ». Elles sont déjà expérimentées en laboratoire mais il est très difficile de savoir si l’on en est au stade de la production massive. L’opacité est complète sur les stocks. Les spécialistes militaires que j’ai interrogés sont eux-mêmes très inquiets, notamment sur les usages que des terroristes pourront en faire. Les nanos mettent à la portée de n’importe quel groupe des armes redoutables avec des possibilités de contamination inouïes. Le contenu d’une cuillère à café peut suffire à empoisonner des millions de gens d’un coup.

Que retirez-vous de cette enquête ?

Au début, de la sidération. Puis la certitude que nous devons tous agir pour stopper cette folie. Nous allons laisser à nos enfants ce que l’on peut imaginer de pire. Je n’ai jamais vu un tel abandon devant des produits aussi documentés sur le plan toxicologique. Ce que l’on connaissait dans les années 90 en toxicologie des nanoparticules non produites intentionnellement – les nanoparticules de diesel ou des fumées industrielles par exemple – aurait dû entrainer l’interdiction de la mise sur le marché de nanos non testées. On ne l’a pas fait. Les producteurs affirment que si la substance classique équivalente (non nano) est autorisée, il n’y a pas de raison de refaire des tests. Or, la dimension nano change tout. Nous sommes revenus à la préhistoire de la prévention. Jamais on aurait pu imaginer un tel retour en arrière.

La politique d’évaluation est paralysée face aux nouvelles particules qui continuent d’arriver chaque semaine sur le marché. On voit à quel point les lobbyistes industriels sont capables de neutraliser l’action politique. Ils continuent à dire qu’il n’y a aucune certitude que ce qui se passe en laboratoire se passera dans la réalité. Or, la réalité est plus redoutable : il y a une accumulation d’expositions, de synergies entre les produits, d’effets des petites doses à moyen et long terme. Les gouvernements n’ont tiré aucune leçon des scandales sanitaires précédents, ils n’ont fait qu’apprendre à mieux fuir leur responsabilité au nom de la mondialisation et de la performance.

Comment agir pour que la santé publique ne soit plus une variable d’ajustement ?

Ce qui a été possible pour d’autres substances l’est aussi pour les nanos. Il serait stupide de partir perdant. Parmi les armes à notre disposition, il y a le choix de ce que nous consommons. Si une petite partie seulement des consommateurs refuse des produits contenant des nanos, vous verrez tous les industriels reculer. Il suffit de 5 à 10 % de consommateurs qui évitent des produits pour réduire assez la marge sur laquelle les grands groupes réalisent leurs profits. Au point de rendre les nanos moins rentables que d’autres investissements. Le pouvoir du consommateur est énorme.

Et puisqu’il s’agit d’une compétition internationale, il faut une convention internationale. Nous l’avons obtenue sur le mercure en 2013 grâce à la mobilisation des ONG : environ 150 pays ont signé la convention de Minamata interdisant tous les usages du mercure d’ici 2020. Ce rapport de force sur une substance aussi utilisée était inimaginable il y a quelques années. On peut obtenir une convention sur les nanos et interdire les plus dangereuses. Il faut agir vite. Comme l’a dit récemment le directeur de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), « dans dix ans il sera trop tard ». Réveillons-nous ! Plus je prends conscience de l’énormité du problème, plus je vois la nécessité de refuser ces nanos en bloc. C’est ce que préconise d’ailleurs l’association Pièces et Main d’œuvre, qui rappelle que les nanos sont un marché imposé par des géants économiques au mépris de la démocratie et du vivant.

Propos recueillis par Sophie Chapelle
@Sophie_Chapelle sur twitter

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Roger Lenglet, Nanotoxiques, Éditions Actes Sud, 2014. Pour le commander dans la librairie la plus proche de chez vous, rendez-vous sur lalibrairie.com


Photo de une : laboratoire stérile du Centre pour les nanotechnologies à Londres / CC UCL Mathematical and Physical Sciences

Photo de spirales de nanofibres de dioxyde de titane : CC / Kunal Mukherjee

Photo d’un drone papillon. Source

Notes

[1Roger Lenglet, philosophe et journaliste d’investigation, est l’auteur de nombreux livres d’enquête sur la santé, l’environnement, la corruption et le lobbying. Il est notamment auteur avec Marie Grosman de Menaces sur nos neurones. Alzheimer, Parkinson… et ceux qui en profitent (lire notre entretien). Il est membre de la Société française d’histoire de la médecine.

[2L’amiante était surtout placée dans des matériaux de construction et de protection anti-incendie, certains textiles, des joints de fours, les freins des véhicules et des systèmes de chauffage.

[3La production intentionnelle relève de l’ingénierie industrielle.

Fukushima : des chiffres qui parlent et Tepco abandonne le mur congelé

Source : http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html

09/2014

Lundi 22 septembre :

• Données de la contamination des poissons dans le port devant la centrale et dans un rayon de 20 km autour de la centrale : la situation s’améliore. Aucun poisson ne dépasse les 100 Bq/kg au-delà du port, mais le maximum est à 96 Bq/kg… Dans le port, cela monte jusqu’à 32 500 Bq/kg pour les deux césium.

• Record de la contamination radioactive de l’eau contaminée :
– c’est encore dans le puits de contrôle 1-17, que la contamination bêta totale bat un nouveau record, avec 790 000 Bq/L (prélèvement du 18 septembre 2014). TEPCo ne dit toujours rien.

• Le gouvernement japonais pourrait ratifier un des traités internationaux d’assistance en cas d’accident nucléaire (Convention on Supplementary Compensation for Nuclear Damage) d’ici la fin de l’année. Ce traité n’est signé que par 5 pays dont les Etats-Unis pour le moment. Cela devrait favoriser l’implication de sociétés américaines dans les travaux de démantèlement. Certains soupçonnent aussi que le gouvernement espère aussi favoriser l’exportation de ses réacteurs nucléaires.

• Il y a 104 communes non évacuées où des travaux de décontamination doivent être effectués car l’exposition externe peut y dépasser le millisievert par an. Selon le Maïnichi, sur ces 104 communes, 74 ont prévu de décontaminer des habitations. Sur ces 74 communes, à la fin juin 2014, 40 n’avaient pas terminé. Il resterait au moins 311 700 habitations à nettoyer.
Sur ces 40 communes, 29 sont à Fukushima où les habitations à décontaminer sont plus nombreuses : il en resterait 286 002. Les 11 autres communes sont à Tochigi (4), Miyagi (4), Ibaraki (2) et Gunma (1) avec un total de 25 719 habitations.
Les travaux n’ont pas encore commencé à Yamamoto (Miyagi), avec 1 495 habitations, ni à Shinchi (Fukushima) avec 600 habitations.
Il y aurait trois communes qui ne savent toujours combien d’habitation elles doivent décontaminer.
Pour justifier leur retard, les communes mentionnent le manque de zones de stockage des déchets.
Cinq communes ont terminé leurs travaux mais signalent qu’il faudra une deuxième décontamination par endroit, car il y a encore des débits de dose trop élevés, surtout sous les toits.
41 communes sur 70 n’ont pas terminé de décontaminer les rues et routes, ainsi que leurs abords. Il y a aussi des retards importants pour les terrains agricoles et les forêts.

Mardi 23 septembre :

• TEPCo ne devrait commencer les travaux de démantèlement du réacteur n°1 avant l’hiver 2015. La compagnie a promis qu’elle veillerait à ce qu’il n’y pas de rejets atmosphériques importants, comme lors des travaux sur le réacteur n°3.
Le chapiteau qui a été construit par dessus sera retiré avant, bien entendu.

• Nouveau record de la pollution radioactive dans le puits de contrôle 1-17. La contamination bêta total atteint désormais 840 000 Bq/L (prélèvement du 22 septembre 2014). Toujours pas d’explication de la compagnie concernant cette hausse continue.

Mercredi 24 septembre :

• La contamination en tritium de l’eau d’un puits situé en amont des réacteurs où l’eau est pompée pour être rejetée dans la mer, vient de battre son propre record avec 370 Bq/L (prélèvement du 22 septembre 2014). C’est moins que la limite de rejet qui est de 1 500 Bq/L.
• Ils étaient environ 16 000 à manifester la veille à Tôkyô contre le redémarrage des réacteurs nucléaires. Le 23, premier jour de l’automne, est férié au Japon. Il a juste promis de former des spécialistes du sujet dans le tiers-monde.

Jeudi 25 septembre :

• Selon, l’Asahi, il y a encore presque 130 000 personnes déplacées à Fukushima. Et il y a, officiellement, un total de 15 281 jeunes qui doivent être scolarisés dans un autre établissement. Parmi eux, il y en a 9 767 en dehors de la province de Fukushima.
De nombreuses familles envisagent de s’installer là où elles sont maintenant et de ne pas rentrer chez elles.
En revanche, moins de jeunes partent à la fin de leurs études car le marché de l’emploi est porteur à Fukushima. Et puis, ils veulent s’engager pour reconstruire leur province.
Vendredi 26 septembre :

• Le PDG de Tôhoku Electric a annoncé que la remise aux normes de ses centrales d’Onagawa et Higashidôri allait coûter plus de 300 milliards de yens (2,2 milliards d’euros) à la compagnie. Un tiers est destiné à renforcer la résistance aux séismes et tsunamis. Elle espère un redémarrage au printemps 2016, au plus tôt.

 

Tepco abandonne le mur congelé

Par    27/09/2014  Source : http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2014/09/tepco-abandonne-le-mur-congele.html

Tepco abandonne le mur congelé et, à la place, va combler les tranchées avec du ciment

Les travaux en juillet 2014

Tepco va abandonner le précédent projet de mur congelé et en revenir simplement au béton, ils l’ont annoncé à la conférence de presse du 22 septembre 2014.
Des eaux extrêmement radioactives sont “retenues” dans les tranchées souterraines qui sont reliées aux bâtiments de la centrale.
Bien que Tepco le nie, il est possible que ces tranchées soient aussi gravement endommagées par les interminables explosions et séismes, laissant ainsi fuir le liquide de refroidissement en continu dans le sous-sol puis la mer, directement depuis les bâtiments de la centrale.
Tepco était en train d’essayer d’isoler les bâtiments de la centrale et les tranchées avec des murs d’eau congelée pour pouvoir pomper les eaux extrêmement radioactives des tranchées.
Cependant, les murs congelés n’ont jamais été terminés.
Tepco a déclaré qu’au lieu du mur d’eau congelée, ils développaient un type particulier de ciment pour en combler totalement les tranchées.
En respectant les mathématiques les plus élémentaires, s’ils les remplissent de ciment, le même volume d’eau radioactive va être repoussé hors des tranchées. Néanmoins, Tepco affirme qu’il n’y aura pas de fuite parce qu’ils vont pomper l’eau au fur et à mesure qu’ils combleront avec le ciment.
Ils vont devoir pomper un volume d’eau au moins égal à la capacité totale des tranchées puisque les tranchées et les bâtiments sont reliés. Tepco n’a pas annoncé s’ils préparaient assez d’espace de stockage pour ces eaux extrêmement radioactives.

Les liens : la vidéo de la conférence
                 les photos