La police américaine a tué plus de 1100 civils en 2015

Source : http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/201512/31/01-4935724-la-police-americaine-a-tue-plus-de-1100-civils-en-2015.php

31 Dec 2015

Pour la première fois aux États-Unis, les bavures policières ont été comptabilisées de façon indépendante sur toute une année : avec plus de 1100 civils tués, cet inquiétant bilan 2015 confirme l’urgence de réformer les modes d’intervention des forces de l’ordre.

La dernière affaire plus qu’embarrassante pour les autorités s’est déroulée samedi à Chicago : appelés pour une simple dispute familiale, des agents en patrouille ont apparemment eu la gâchette facile, abattant un homme de 19 ans et sa voisine, mère de cinq enfants.

Le premier, Quintonio LeGrier, brandissait une batte de base-ball et souffrait de troubles psychiatriques et la deuxième, Bettie Jones, n’a selon ses avocats fait qu’ouvrir sa porte.

De telles fusillades sont fréquentes en Amérique et, dans la troisième ville du pays, celle-là vient jeter de l’huile sur un feu déjà bien ardent, que n’a pu éteindre le limogeage du chef de la police début décembre.

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Netizen Report : La Slovaquie déclare la surveillance de masse inconstitutionnelle

Traduit par Abdoulaye Bah
22/05/2015

Des silhouettes humaines surveillant une caméra. Image par Geralt via Pixabay, domaine public.

Notre bulletin de veille Netizen de Global Voices Advocacy donne un aperçu international des défis, victoires et tendances émergentes dans le domaine du droit d’internet et des libertés numériques dans le monde

Il y a un an, la Cour de justice de l’Union européenne invalidait une directive de l’Union sur la conservation des données, en partie pour ses atteintes à la vie privée des usagers. Bien que les affaires de surveillance de masse continuent de dominer les manchettes des journaux en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, certains pays européens ont effectivement cherché à oeuvrer pour une protection plus forte de la vie privée de l’utilisateur.

La semaine dernière, la surveillance de masse a été officiellement jugée “inconstitutionnelle” par la Cour constitutionnelle de la République slovaque, dans un procès intenté par une coalition de membres du parlement qui travaillent en collaboration avec le European Information Society Institute (Institut de la société européenne), un centre de réflexion local. La décision invalidera des éléments clés de la loi sur les communications électroniques de la Slovaquie de 2011 qui exigeait la collecte et le stockage de métadonnées de masse par les opérateurs de télécoms.

Si quelques pays européens font des pas de géants dans ce domaine, les États-Unis, eux, avancent à une vitesse d’escargot pour l’arrêt de la surveillance de masse.

Cependant, une nouvelle législation devant le Congrès américain pourrait commencer à limiter le pouvoir de l’administration américaine en ce qui concerne la surveillance de masse, mais elle pourrait aussi soulever de nouveaux défis pour les entreprises de télécommunications. Des versions révisées du PATRIOT Act [fr], une des trois lois en vertu desquelles les programmes de surveillance de masse de la NSA sont exécutés, avait un soutien initial à la Chambre des représentants et un projet de loi identique semble gagner du terrain au Sénat.

Les amendements interdiraient la collecte massive de données par le gouvernement et ne permettraient aux entreprises de télécommunications de stocker les données des utilisateurs que pour une période limitée. Les données de l’utilisateur ne seraient alors accessibles aux organismes gouvernementaux qu’avec l’approbation de la Foreign Intelligence Surveillance Court [fr], une entité qui, depuis les révélations d’Edward Snowden, a acquis une réputation de chambre d’enregistrement de quasi toutes les demandes de données reçues. Une question importante est de savoir si oui ou non les opérateurs des télécoms seront capables d’assurer une sécurité renforcée pour les données qu’ils devront stocker. Si cet arrangement pourrait mieux protéger les données des utilisateurs contre la surveillance du gouvernement, il pourrait laisser les utilisateurs plus vulnérables hors menaces de sécurité extérieures.

Commentant ces amendements, les militants de l’Electronic Frontier Foundation Rainey Reitman et Mark Jaycox écrivent : “Le projet de loi est loin d’être idéal. Mais il fait un pas pour assurer plus de confidentialité, et si elle est adoptée, ce sera la première fois depuis 1978 que la NSA voit son champ d’activités revu à la baisse par le Congrès “.

Comme pour illustrer la nécessité encore pressante de s’imposer dans les programmes de surveillance de masse, le Bureau américain du Directeur du renseignement national a indiqué qu’au cours de l’année 2014, une disposition de la Section 702  – qui permet de cibler des personnes hors des États-Unis – a été publiée. Malheureusement, cette information n’est pas aussi positive qu’il semble: la disposition concernait les comptes d’environ 92 707 personnes.

Un défenseur de la liberté des médias tué à Bagdad

Le journaliste irakien Ammar Al Shahbander a été tué dans une explosion à la voiture piégée à Bagdad par l’ISIS. Amar Al Shahbander travaillait pour défendre la liberté d’expression en Irak en tant que chef de mission pour l’Institute for War and Peace Reporting. Les internautes à travers l’Irak lui ont rendu hommage, en deuil à la veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

WhatsApp et Viber bloqués au Burundi

Au courant des manifestations entourant les prochaines élections présidentielles, le gouvernement du Burundi a bloqué WhatsApp et Viber, malgré que moins de 2 pour cent des résidents du pays aient accès à l’Internet. C’est la dernière d’une série de mesures restrictives utilisées pour étouffer la dissidence au Burundi – les lignes téléphoniques des stations de radio privées ont également coupées. Le gouvernement a adopté une loi en 2013 qui obligeait les journalistes à être accrédités et de révéler leurs sources confidentielles dans certaines circonstances.

Les Hong Kongais exigent des protections de leur vie privée plus fortes

Les groupes civiques de Hong Kong exigent plus de responsabilité dans les pratiques de surveillance. C’était à la suite d’une surveillance généralisée soupçonné d’applications de messagerie mobile et sur ​​Internet au cours de la série de manifestations Occupy Central movement. Les groupes civiques, y compris InMedia de Hong Kong ont demandé au gouvernement de veiller à ce que toutes les formes de communication interpersonnelle soient protégées en vertu de la loi sur la surveillance de Hong Kong. Ils demandent également que la loi veille à ce que la police ne surveille pas les organisateurs de la manifestation, les leaders de groupes civiques, des dissidents politiques ou pour des motifs de sécurité publique.

“Super Cannon” attaque le service de connexion de Facebook

Selon The Verge, le grand pare-feu de la Chine a été utilisé pour attaquer Facebook en réorientant les utilisateurs vers une page Web de tiers, par l’insertion d’un code, un logiciel que Citizen Lab a surnommé “le Grand Cannon “. Comme cette attaque a été effectuée par le service de télécommunications national, seuls les utilisateurs situés en Chine qui n’utilisaient pas un VPN ont été touchés. Des tactiques similaires ont déjà été utilisées pour une attaque par déni de service sur GitHub et GreatFire.org en mars.

Attention à Stingrays

Les organismes d’application de la loi des États-Unis utilisaient secrètement le logiciel Stingrays, qui leur permettait de soustraire des données de réseau à partir de téléphones mobiles, depuis plusieurs années maintenant. Grâce à une série de demandes de documents publics par divers organes de presse et de défense des droits humains, nous avons maintenant une idée de la portée et de l’ampleur de l’utilisation du logiciel Stingray par les services de police à travers le pays. La pratique a enfin été condamnée par les organismes de réglementation, selon un nouvel article du Wall Street Journal: le Ministère américain de la justice procède à un examen de cette pratique et semble orienté un changement de sa position sur où et quand les logiciels Stingrays peuvent être déployés – et comment le public pourrait connaître leurs activités.

Bloguer est une activité personnelle 

La semaine dernière, nous avons commémoré le premier anniversaire de l’arrestation [fr] des blogueurs de Zone9 par une mise à jour sur leur situation actuelle. Mais il est tout aussi important de garder leur histoire visible, en relatant leur courage, leurs gouts personnels, leurs noms et leurs voix. Entre poésie et de prose, l’auteur et poète nigérian Nwachukwu Egbunike écrit sur eux : “Nous ne pouvons pas piétiner l’humanité des autres sans dévaluer la nôtre”.

“Les blogueurs sont confrontés à un ensemble complexe et très personnel de considérations pour décider s’il ne faut pas être anonyme en ligne, ont déclaré la Directrice de Global Voices Advocacy Ellery Biddle et Nani Jansen, juriste et Directeur de Media Legal Defence Initiative [fr]. Il n’y a pas de réponse “affirmative” définitive, selon elles – pour certains, l’anonymat peut assurer la liberté de laisser parler sa conscience. Dans d’autres cas, y compris celui des blogueurs de Zone 9 en Ethiopie, les interdictions légales de cryptage introduisent de nouveaux risques lorsque des militants cherchent à protéger leur vie privée. Selon un membre de la communauté Advox, “[On doit] refléter sur l’autocensure, l’éthique, la sécurité et les limites personnelles … une chose est la sécurité technique, une autre est votre stabilité mentale et émotionnelle.” Nous voulons ouvrir la discussion à une communauté plus large. Partagez vos opinions sur l’anonymat dans la section des commentaires, par tweet, @advox ou envoyez-nous un message.

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Renata Avila, Ellery Roberts Biddle, Hae-in Lim, Bojan Perkov et Sarah Myers West ont contribué dans la rédactoin de ce billet.

LES CHINOIS ÉTOUFFENT

Source : http://ddc.arte.tv

05/2015

VIDEO

EN BREF

Puissance économique de premier plan, la Chine a connu un rythme de croissance exceptionnel, que nul autre pays n’avait expérimenté auparavant. Et s’il a permis de sortir une partie de la population de la pauvreté, le développement du pays a aussi provoqué une crise écologique majeure. Le Dessous des Cartes se penche aujourd’hui sur les conséquences environnementales du développement de la Chine.

L’évolution du PIB de la Chine

L’évolution du PIB de la Chine

Voici la courbe de progression du PIB de la Chine depuis le lancement de la réforme économique, au début des années 1980, calculé en dollars constants. En 30 ans, ce PIB a été multiplié par 20, et il est, en 2013, de près de 5 000 milliards de dollars, ce qui place désormais la Chine au deuxième rang mondial, derrière les États-Unis.
L’évolution des émissions de CO2 en Chine

L’évolution des émissions de CO2 en Chine

Voici maintenant la courbe de progression des émissions de CO2 de la Chine, en millions de tonnes, pour les mêmes dates. On voit qu’il y a une corrélation avec la courbe du PIB. Et si on compare avec l’évolution des émissions de CO2 des États-Unis, on observe que la Chine les a dépassés à partir de 2007. Elle est donc devenue la première puissance émettrice de CO2 au monde. Cela s’explique notamment par le fait que la croissance économique entraîne une demande accrue en énergie et donc une pollution de plus en plus importante. Et cette pollution dépend du type d’énergie utilisée.
La répartition des types d’énergie utilisée en Chine

La répartition des types d’énergie utilisée en Chine

Sur ce graphique, on peut voir la part des énergies utilisées en Chine : nucléaire, renouvelable (solaire et éolien), gaz naturel, hydroélectricité, pétrole et charbon. Ainsi, 77 % de l’énergie primaire utilisée en Chine vient du seul charbon, ce qui est considérable. Après les États-Unis et la Russie, la Chine dispose des troisièmes réserves de charbon au monde.
Les gisements de charbon en Chine

Les gisements de charbon en Chine

Vous voyez, en noir sur cette carte, la localisation des gisements de charbon en Chine, dont les plus grandes réserves se trouvent au Nord du pays. Les points rouges représentent les sites d’usines, aciéries et sites industriels, qui utilisent cette ressource. Une grande partie de ces usines est éloignée des principaux gisements de charbon. On estime que le pays met en service deux usines à combustion de charbon chaque mois, pour augmenter sa capacité de production, améliorer la propreté du parc existant, mais aussi pour rapprocher les usines des gisements.
Les régions touchées par le smog en 2013

Les régions touchées par le smog en 2013

Or, la combustion du charbon est très émettrice de CO2 et donc très polluante. Cette carte nous donne justement une idée des régions les plus polluées de Chine. Les zones marron indiquent les régions qui ont connu le plus de jours de smog en 2013, c’est-à-dire de nuages dus à la pollution. Elles correspondent aux régions où se trouvent de nombreuses usines utilisant le charbon mais aussi à la localisation des grandes villes. Ce type de smog peut toucher jusqu’à 17 provinces sur 28, ce qui ferait environ 600 millions de personnes, soit près de la moitié de la population de la Chine !
La pollution automobile

La pollution automobile

L’autre facteur de la pollution de l’air, c’est l’explosion du parc automobile : depuis 2010, la Chine est le premier marché de véhicule particulier au monde. Elle immatricule une voiture toutes les 4 secondes. Il y a 75 millions de véhicules particuliers en 2015, et ce chiffre pourrait tourner autour de 230 millions en 2020. Pékin, la capitale, compte 250 000 voitures de plus chaque année, alors que ce nombre est limité par la réglementation. On estime qu’à Pékin, la circulation est responsable de 58 % des émissions de monoxyde d’azote et de 25 % des émissions de particules fines.
Les particules fines

Les particules fines

Vous voyez sur cette carte les régions (en rouge) les plus touchées par la présence de particules fines dans l’air. Les particules fines proviennent des fumées issues de la combustion du charbon et des vapeurs d’automobiles. La concentration de particules fines dans l’Est de la Chine est l’une des plus élevées au monde, justement dans les régions où il y a un grand nombre d’usines utilisant le charbon.
La mortalité respiratoire prématurée en Chine

La mortalité respiratoire prématurée en Chine

Or, les particules fines pénètrent dans les voies respiratoires. Il a été d’ailleurs constaté que les fréquents pics de pollution entraînaient une augmentation immédiate de 20 à 30 % des consultations respiratoires dans les hôpitaux. Et si on regarde une carte de la mortalité respiratoire prématurée en Chine, on constate que les régions les plus touchées se trouvent à l’Est du pays.
Les régions touchées par les pluies acides en Chine

Les régions touchées par les pluies acides en Chine

Mais il n’y a pas que la pollution atmosphérique, il y a aussi la pollution de l’eau. Vous voyez sur cette carte en rouge les régions les plus touchées par les pluies acides. Elles correspondent là encore aux régions où se trouvent de nombreuses usines et grandes villes.
La pollution de l’eau

La pollution de l’eau

Alors comment marche ce phénomène ? Relâchées dans l’atmosphère, les particules polluantes retombent sur le sol mais contaminent aussi l’atmosphère et augmentent l’acidité des pluies. Tout cela a bien sûr des conséquences sur l’eau, c’est-à-dire sur les nappes souterraines, sur la fourniture d’eau potable, sur les réseaux d’irrigation, donc l’agriculture et les écosystèmes, et enfin sur la pêche côtière ou les fermes aquacoles, entraînant une pollution de la chaîne alimentaire.
Les manifestations contre la pollution

Les manifestations contre la pollution

Or, c’est la pollution de l’eau, plus encore que celle de l’air, qui est aujourd’hui en Chine la première cause des mécontentements et des manifestations. Vous voyez sur cette carte quelques unes des nombreuses manifestations qui illustrent le mécontentement de la population à l’égard des dégradations environnementales du pays. Ce mécontentement s’exprime aussi par des dépôts de plainte aux centres locaux de protection environnementaux. Ces plaintes sont passées de 300.000 en l’an 2000, à plus de 700.000 en 2010.

Lectures

Chine brune ou Chine verte ? – Les dilemmes de l’État-parti (Broché)Benoît Vermander
Les Presses de Sciences Po2007Présentation de l’ouvrage

De par son poids économique et stratégique, les défis que doit relever la Chine sont aussi des enjeux planétaires.

Le site des Presses de Sciences Po offre un résumé, le sommaire et une interview de l’auteur de l’ouvrage.

À propos de l’auteur

Le jésuite Benoit Vermander, docteur en sciences politiques, est directeur de l’Institut Ricci de Taipei et de la revue de l’Institut : Renlai.

Les publications de Benoit Vermander sont disponibles sur Cairn, dont le récent article « Développement durable et responsabilité sociale des entreprises en Chine contemporaine » pour Hérodote.

Histoire de la pensée chinoise (Broché)Anne Cheng
Points Essais/Le Seuil01/10/2014Présentation de l’ouvrage

La réédition en format poche de l’ouvrage de référence d’Anne Cheng, titulaire de la chaire “Histoire intellectuelle de la Chine” au Collège de France, est présentée en détails sur le site de l’éditeur.

Un compte-rendu en est proposé par Jacques Ghiloni pour Lecture Revues.

À propos de l’auteure

On peut découvrir Anne Cheng lors d’un entretien avec Laure Adler en début d’été 2014 pour son émission Hors Champs.

Fayard a publié la leçon inaugurale intitulée « La Chine pense-t-elle ? » que l’auteure prononça fin 2008 au Collège de France.

Elle présente pour l’année 2014/2015 un cycle de cours intitulé « Humanisme et ritualisme en Chine ancienne et contemporaine« .

De l’Être au Vivre – Lexique euro-chinois de la penséeFrançois Jullien
Gallimard01/03/2015Présentation de l’ouvrage

François Jullien présente ainsi son ouvrage : « Dans quels termes penser quand le monde est en voie de penser dans les mêmes ? … Au lieu donc de prétendre identifier des « différences » qui caractériseraient les cultures, je cherche à y détecter des écarts qui fassent reparaître du choix et remettent en tension la pensée. C’est seulement à partir d’eux, en effet, qu’on pourra promouvoir un commun de l’intelligible qui ne soit pas fait de slogans planétarisés. … Et voici que, en dessinant une sortie de la « question de l’Être », c’est du même coup une nouvelle pensée du vivre que capte, dans ses mailles, ce filet. »

La natureYue Dai Yun et Anne Sauvagnargues
Desclée de Brouwer1999Présentation de l’ouvrage

Si, dans la civilisation chinoise, la nature précède la pensée, si la présence de la rivière, de la montagne, de la brume (paysage se nomme « montagne(s)-eau(x) ») tiennent autant de place dans le quotidien, l’Europe, elle, rêve plutôt de pierres, et cherche à contrôler et à domestiquer la nature.

Yue Dai Yun, professeur de lettres chinoises à l’université de Pékin, et Anne Sauvagnargues, philosophe, confrontent leur expérience de la nature et nous invitent à considérer autrement le monde qui nous entoure.

Le livre, encore disponible chez l’éditeur, est aussi accessible sur le site VertigO, la revue électronique des sciences de l’environnement.

Anne Sauvagnargues a publié ouvrages et articles dont la liste et les textes sont consultables sur le site Cairn.

Discovering Nature: Globalization and Environmental Culture in China and TaiwanRobert P. Weller
Cambridge University Press01/02/2006Présentation de l’ouvrage

Le livre, très documenté, décrit les transformations extraordinaires qui ont eu lieu dans les réponses chinoises et taïwanaises aux problèmes environnementaux du XXe siècle et au-delà. Il montre aussi comment la circulation mondiale des idées occidentales sur la nature a interagi avec les traditions chinoises.

Un ouvrage qu’a lu et commenté, pour le site Non-fiction, Frédéric Keck, chargé de recherches au CNRS.

À propos de l’auteur

Robert P. Weller est professeur d’anthropologie et chercheur associé de l’Institut de la culture, de la religion et des affaires mondiales à l’Université de Boston.

qióngdǐng zhī xià (Sous le dôme – enquête sur le brouillard chinois)Chai Jing
Production personnelle0/2015Présentation de l’ouvrage

Documentaire chinois sur la pollution atmosphérique des grandes agglomérations chinoises, réalisé par Chai Jing, ancienne présentatrice vedette de CCTV2, réseau télévisuel d’État.

Si Harold Thibault, correspondant du journal Le Monde, rappelait début mars que « le nouveau ministre de l’environnement, Chen Jining, un universitaire spécialiste des questions d’écologie, s’est félicité, après avoir vu le film, que Mme Chai attire l’attention de la population sur l’environnement sous l’angle de la santé publique », il n’a pas fallu longtemps aux autorités chinoises pour faire disparaître le film du web chinois comme l’explique la page du site de la Fédération internationale des journalistes.

Toujours visible par ailleurs, le documentaire en chinois a vu ses traductions s’améliorer. Il a été récemment traduit en français par Frédéric Dalléas et Jef Jaquier sur YouTube.

Le twitter chinois de Chai Jing est toujours accessible sur Weibo ainsi que son blog sur Sina.

Évasion fiscale, fraudes et manipulations : découvrez le casier judiciaire de votre banque

Par Ivan du Roy, Rachel Knaebel
16/02/2015
Source : http://www.bastamag.net

La principale cause de mortalité dans les pays en voie de développement risque de vous surprendre

Ecrit parEnsia
Traduit par Marie Andre
23/01/2015

A landfill fire in Fada-Ngourma, Gourma Province, Burkina Faso. Photo by Flickr user lepetitNicolas. CC-BY-NC-SA 2.0

Ce post de Richard Fuller est publié par Ensia.com, magazine qui met en lumière des solutions environnementales internationales en action. Nous le reprennons ici conformément à un accord de partage de contenus.

Quelle est la cause de mortalité la plus importante dans les pays à faible et moyen revenus ?

A.  malnutrition et dénutrition
B.  tuberculose, malaria et sida
C.  pollution

Si vous avez répondu “C”, c’est la bonne réponse. Les expositions à la pollution des sols, de l’eau et de l’air (domestique et ambiante) ont tué 8,4 millions de personnes dans ces pays en 2012.

Une autre statistique vaut la peine d’être mentionnée: 9 millions de personnes dans le monde sont mortes à cause de la pollution en 2012, dont 8,4 millions dans les pays les plus pauvres. Ce n’est donc pas un problème de “pays riche”. C’est un problème qui touche les pays en voie de développement.

Pour illustrer ces chiffres, les statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé font état de 56 millions de personnes mortes en 2012 — il s’agit de toutes les personnes décédées sur la planète, que ce soit des suites d’accidents de voitures, de suicides, de vieillesse, de cancer, d’erreurs médicales, par la foudre, de maladies infectieuses, en parachute, à cause des guerres, ou pour toute autre raison. Ce qui signifie que la pollution a tué près d’1 personne sur 7.

La pollution de l’air extérieur a fait 3,7 millions de morts. 4,2 millions de personnes sont mortes des suites d’exposition à des particules, en intérieur, provenant de cuisinières. Environ 1 million de personnes sont mortes en raison de sols et d’eaux contaminées par des produits chimiques. Et 840.00 sont mortes des suites d’un manque d’hygiène. Tous ces chiffres proviennent des sites et bases de données de l’Organisation Mondiale de la Santé, sauf les statistiques concernant les sols, qui sont plus récentes (et vraisemblablement sous-estimées) et sont données par l’Alliance Globale pour la Santé et la Pollution.

Cette même année 2012, 625.000 personnes sont mortes de la malaria, 1,5 million du sida et 930.000 de la tuberculose. Ceci représente un tiers des morts dues à la pollution, et pourtant ce trio de maladies terribles draine 20 milliards de $ par an provenant des dons internationaux et des états.

Lent et insidieux

Il est important de faire remarquer que la pollution tue rarement directement et rapidement. Au contraire, elle provoque des des maladies cardiaques, des infections pulmonaires, des cancers, des maladies respiratoires ou des diarrhées. La pollution agit comme un catalyseur et fait augmenter le taux de ces maladies au-dessus de la normale. Pour cette raison, l’Organisation Mondiale de la Santé considère la pollution comme un facteur de risque – une menace pour la santé de l’homme similaire l’obésité, le tabac, la malnutrition ou le manque d’exercice. Mais la pollution est la championne des facteurs de risque. Au niveau mondial, ses prognostiques mortels dépassent de beaucoup ceux des autres facteurs de risque, quel que soit le contexte.

On a du mal à imaginer ce que cela représente. Essayez cependant d’imaginer ce scénario:

Chaque matin vous vous réveillez sur le sol sale d’une case que votre famille et vous même avez nettoyé avec force à l’aide de vieux tissus récupérés sur le site voisin d’un hôtel 5 étoiles en construction. Votre mari travaille 70 heures par semaine à trier des produits chimiques dans une usine de pesticides mal gérée. Récemment il est rentré à la maison en toussant et crachant du sang. Il maigrit et est de plus en plus fatigué, et vous voulez lui conseiller d’arrêter, mais comment faire? Le peu qu’il gagne sert à nourrir la famille.

Alors vous vous dirigez vers le point d’eau local avec votre seau en plastique. L’eau que vous puisez dans la mare est marron et sent les excréments, mais vous n’avez rien d’autre à boire. Vous essayez de la filtrer avec une étamine mais cela ne fait pas grand-chose. En même temps, l’usine qui se trouve à côté de votre bidonville, celle que l’administration avait fait fermer il y a peu, s’est remise en route – mais seulement la nuit. Ses cheminées crachent des colonnes d’une épaisse fumée, mais pas moyen de savoir ce qui brûle. La semaine dernière, l’aîné de vos enfants a toussé toute la nuit. Vos autres enfants sont maladifs et ont des difficultés à apprendre, même les concepts de base. Ni vos amis, ni votre famille ne peut vous aider, car, bizarrement, presque tout le monde dans le voisinage a les mêmes problèmes.

Notre économie est globale et il en va de même des polluants qu’elle génère.

Vous êtes l’un de ces pauvres empoisonnés, sans voix et sans espoir. Les lois qui pourraient exister pour combattre ces conditions de vie ne sont jamais appliquées. Vous ne pouvez pas simplement déménager pour une autre ville – il vous a fallu des années pour vous installer là où vous habitez. Et de tout façon, où iriez-vous exactement? Toutes les villes sont dans la même situation. Comme tous les défavorisés du monde, vous êtes devenu de la chair à canon dans la guerre actuelle pour la croissance.

Comment régler ce problème?

Notre économie est globale et il en va de même des polluants qu’elle génère. On peut maintenant mesurer dans d’autres pays l’air contaminé en Chine. On retrouve dans le poisson le mercure qui provient de mines d’or et de mines de charbon et on a trouvé de l’arsenic dans le riz.

Our economy is global and so are the pollutants it generates. Contaminated air from China can now be measured in other countries. Mercury from gold mining and coal plants can be found in fish, and arsenic has been found in rice.

De nombreuses industries hautement polluantes ont été transférées des pays développés vers les pays pauvres qui ont des lois environnementales moins contraignantes et une technologie moins avancée pour la gestion et le maniement des produits chimiques. Les technologies propres et la croissance verte sont possibles dans les économies émergentes et peuvent prévenir des dizaines d’années d’une prochaine contamination qui va nous atteindre tous. Les nations occidentales ont trouvé comment nettoyer la pollution et peuvent transférer leur technologie et financer les pays à faible et moyen revenu.

Inscrire prioritairement la prévention et la suppression des dégâts de la pollution ne sauvera pas seulement des vies, mais atténuera les changements climatiques et réduira les menaces contre la biodiversité. Quand on considère les priorités des programmes des principales organisations internationales, la faible importance donnée à la pollution fait peur, étant donné son impact. On peut en attribuer la raison au manque de prise de conscience ainsi qu’au fait de ne pas savoir par où commencer pour venir à bout de ces problèmes.

Il est primordial de s’assurer que la lutte contre la pollution fait partie des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, qui décrivent les modalités à venir pour un développement durable après l’expiration, cette année, des Objectifs du Millénaire pour le Développement, qui comporte des sujets comme la fin de la pauvreté grâce à une agriculture durable, la mise en place d’une éducation pour tous équitable et bien d’autres sujets. Le projet actuel ne prend pas en compte la pollution en tant que telle, bien que la pollution soit comprise dans les objectifs de santé. Le texte -sous-objectif 3.9- parle de réduire les décès et les handicaps dûs à tous les types de pollution. Il faut que cette phrase soit conservée dans le texte définitif, car les Objectifs de Développement Durable vont déterminer les efforts nationaux et internationaux des prochaines années.

L’Alliance Globale sur la Santé et la Pollution fait levier sur les ressources qui peuvent aider les pays à faible et moyen revenu à régler les problèmes prioritaires en terme de pollution. Outre l’éducation à toutes les formes de pollution, l’Alliance Globale sur la Santé et la Pollution aide les pays à:

  • identifier et évaluer les menaces des polluants toxiques, particulièrement sur les sites contaminés
  • créer un planning d’actions prioritaires pour les problèmes qui présentent un risque maximum pour la santé humaine
  • mettre en place des solutions pour sauver des vies

La technologie et les connaissances existent dans les pays riches pour répondre à cette menace sur la santé et l’économie. Des solutions peuvent être mises en place dans les pays à bas et moyen revenu pour un coût bien inférieur à ce qui est dépensé dans les pays occidentaux pour régler les séquelles des polluants toxiques provoqués par l’industrialisation.

Ceci veut dire que la pollution n’est pas inévitable. Le problème peut être résolu de notre vivant.

Richard Fuller est président de Pure Earth (anciennement Blacksmith Institute) et membre fondateur de Alliance Globale sur la Santé et la Pollution. Retrouvez-le sur Twitter @BlacksmithInst.

Qui torture dans le monde ?

Source : http://ddc.arte.tv

12/2014

https://dailymotion.com/video/x2akr56

La convention des Nations unies contre la torture

La convention des Nations unies contre la torture

Une convention contre la torture a été adoptée en 1984. Trente ans plus tard, en 2014, elle compte 156 États-parties sur les 193 pays membres de l’Onu, auxquels s’ajoutent deux États observateurs. Les États-parties s’engagent par leur signature à interdire la torture sur leur territoire, à inscrire le crime de torture dans leur droit pénal et ne pas renvoyer une personne vers un État dans lequel elle pourrait être torturée.
Comment définir la torture ?

Comment définir la torture ?

La torture est définie comme suit : « Tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne, aux fins d’obtenir d’elle (…) des renseignements ou des aveux, de la punir (…), de faire pression sur elle (…). Et ce par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite. »

 

Première source : l’Acat

Première source : l’Acat

Pour tenter de dresser une carte mondiale de la torture, nous avons recoupé deux sources différentes. Tout d’abord, voici la carte des 83 États et territoires (en rouge sur la carte) étudiés entre 2010 et 2014 par l’Acat-France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture). On repère des dictatures et des régimes autoritaires comme la Syrie ou l’Ouzbékistan, mais aussi des démocraties comme les États-Unis, la France ou le Japon, qui pratiquent des mauvais traitements sur des migrants, des détenus ou des minorités.
Deuxième source : Amnesty International

Deuxième source : Amnesty International

Pour Amnesty International, il y aurait dans le monde 141 États et territoires (en jaune sur la carte) sur 197 qui pratiqueraient la torture et les mauvais traitements. Cela correspond au nombre d’États et de territoires à propos desquels Amnesty a reçu des informations faisant état de torture ou de mauvais traitements commis par des agents de l’État, entre janvier 2009 et mai 2013.
Torture et mauvais traitements

Torture et mauvais traitements

Il convient de différencier le type d’actes pratiqués : en rouge, voici les 86 États et territoires qui pratiquent la torture en tant que telle, notamment l’Afrique du Sud, l’Inde, la Chine et les États-Unis (hachurés sur cette carte), et les États et territoires qui pratiquent des mauvais traitements mais pas des actes de torture (en jaune sur la carte).
La fréquence du phénomène tortionnaire

La fréquence du phénomène tortionnaire

Pour Amnesty, dans 8 % de ces 141 États et territoires, la torture est une « pratique généralisée et systématique » ; dans 16 %, la torture est une « pratique généralisée mais non systématique » ; en troisième catégorie, la « pratique fréquente », que l’on constate dans plus de la moitié des pays et territoires ; enfin, dernière catégorie, dans les 19 % restants (en jaune uni sur la carte), Amnesty répertorie des « actes isolés ».
Qu’en est-il des mauvais traitements sur le territoire européen ?

Qu’en est-il des mauvais traitements sur le territoire européen ?

Dans l’Union européenne, Amnesty répertorie dix-huit pays pratiquant les mauvais traitements (en orange sur la carte). Il y a là sans doute une corrélation à faire avec les mouvements migratoires. Voici les routes migratoires vers le territoire de l’Union européenne : en Grèce et à Chypre, les mauvais traitements visent essentiellement des migrants. C’est le cas aussi en Italie, où les mauvais traitements visent également les Roms, et à Malte, où un migrant malien est mort en détention en juin 2012.
Les bons élèves dans l’Union européenne

Les bons élèves dans l’Union européenne

Enfin, il y a les pays où Amnesty International ne recense aucun mauvais traitement, en gris sur notre carte. Ce sont des pays où tout acte de torture est considéré comme un crime dans le code pénal, puni d’une peine importante. Ce qui traduit une volonté politique constante en amont et un contrôle strict en aval.
Les États-Unis et la torture après le 11-Septembre

Les États-Unis et la torture après le 11-Septembre

En août 2014, Barack Obama reconnaissait que les États-Unis avaient pratiqué la torture après les attentats du 11-Septembre. Les États-Unis ont délocalisé les pratiques en envoyant leurs agents à l’étranger pour interroger et torturer des suspects. Vous voyez sur la carte les cinquante-quatre pays (en couleur et hachurés) dont les gouvernements auraient collaboré avec la CIA selon l’Open Society Justice Initiative. Parmi eux, on trouve l’Iran, malgré ses mauvaises relations avec les États-Unis, et dix-huit États membres de l’Union européenne.
Les pays européens ayant collaboré avec la CIA après 2001

Les pays européens ayant collaboré avec la CIA après 2001

Tous les pays hachurés sur la carte ont ouvert leurs aéroports et leurs espaces aériens pour permettre le transfert de personnes d’un pays à un autre. L’Autriche, l’Allemagne, l’Italie, la Suède et le Royaume-Uni (en orange sur la carte) ont soit aidé à l’arrestation ou au transfert de détenus, soit mené des interrogatoires pour la CIA. La Lituanie, la Roumanie, la Pologne (également en orange sur la carte) ont accueilli des prisons secrètes de la CIA : ce sont les “black sites”. Dans ces lieux de détention clandestins, contrôlés par les services secrets américains, la détention et les interrogatoires se faisaient en dehors de toute procédure judiciaire et administrative régulière.

Lectures

La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradantsNombreuses contributions
Nations unies1984La convention a été adoptée par l’assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1984 et est entrée en vigueur le 26 juin 1987. Nombre de pays l’ont ratifiée en excluant ou modifiant la portée de certaines dispositions (en droit international, cela s’appelle des “réserves”), ce qui a pour effet que les États concernés ne sont pas tenus aux mêmes obligations légales vis-à-vis de cette convention.
On peut lire ou télécharger le texte sur le site du Haut-Commissariat aux droits de l’homme.
Cette convention a fait l’objet d’un complément intitulé “Protocole facultatif”, voté par l’assemblée générale de l’Onu en 2002. Ce protocole établit un système international d’inspections des lieux de détentions, inspiré de celui mis en place en Europe dès 1987.
Les pages du site de l’Onu dédiées à la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture (les 26 juin) offrent un accès clair à l’ensemble des documents (textes et vidéos) et des campagnes.
Rapport 2013Nombreuses contributions
Amnesty International01/05/2013Ce rapport est sous-titré « Un monde de plus en plus dangereux pour les réfugiés et les migrants ». Le rapport annuel d’Amnesty International, téléchargeable sur leur site, offre sur 400 pages un large panorama des violations des droits humains perpétrées en 2012 dans 159 pays et territoires.
Plus spécifiquement, le site rappelle les principaux textes de droit international concernant l’interdiction de la torture, et présente la campagne Stop torture ! qui offre d’autres documents d’analyses comme “La torture en 2014 – Trente ans d’engagements non tenus”, “Attitudes face à la torture – Stop torture : sondage mondial”, ou encore plus récemment, l’étude menée sur le Nigéria intitulée ”Bienvenue en enfer”.
Si vous avez raté le Festival cinéma et droits humains qui eut lieu début novembre à Paris, le réseau Human Rights Film Network permet de suivre les festivals dédiés à la protection des droits humains dans le monde.
Un monde tortionnaireNombreuses contributions
Action des chrétiens pour l’abolition de la torture2014Le dernier rapport annuel de l’Acat, Un monde tortionnaire est téléchargeable sur le site dédié.
L’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) a été créée en 1974 dans le but de documenter les lieux et les cas de torture dans le monde et de mener une action juridique auprès des victimes en se constituant partie civile.
Torture made in USA (documentaire)Marie-Monique Robin
Arte Éditions01/07/2011Présentation de l’éditeur
Les représentants de l’administration Bush peuvent-ils être poursuivis pour « crimes de guerre » ? Ce documentaire d’investigation décortique la machine qui a conduit la « plus grande démocratie du monde » à utiliser massivement et systématiquement la torture en Afghanistan, en Irak et à Guantanamo.
En bonus, un livret de vingt-quatre pages élaboré en partenariat avec Amnesty International. Le DVD est en vente sur le site ARTE Boutique.À propos de la réalisatrice
Le blog Mediapart propose des entretiens avec la réalisatrice Marie-Monique Robin, des comptes-rendus de débats et forums. La réalisatrice donne d’autres développements son blog hébergé sur le site d’Arte.
The United Nations Convention Against Torture – A CommentaryManfred Nowak et Elizabeth McArthur
Oxford Commentaries on International LawLe livre, onéreux (170 £) et réservé aux spécialistes, peut être commandé sur le site de l’éditeur. Cependant, on peut lire de nombreux extraits de ces commentaires sur la version béta du site L’Atlas de la torture.
Du bon usage de la torture – Ou comment les démocraties justifient l’injustifiableMichel Terestchenko
La découverte01/12/2010Présentation de l’éditeur
Le philosophe Michel Terestchenko aborde le thème de la torture sous toutes ses dimensions. Historique d’abord, car les techniques d’”interrogatoire coercitif” sont le fruit de recherches scientifiques entreprises par l’US Army dès les années 1950. Juridique ensuite, avec les justifications élaborées par certains juristes et légalisées par le Congrès américain, notamment grâce au “Military Commissions Act of 2006” (connu sous le nom de “Torture Bill”), très commenté, qui a permis la création d’un véritable archipel de la torture à l’échelle mondiale. Philosophique et morale, enfin et surtout, avec une réfutation serrée de l’ »idéologie libérale de la torture ».
Une revue de presse est proposée sur le site de l’éditeur La Découverte. On peut lire l’article intitulé « De l’utilité de la torture ? » publié par la revue du Mauss sur le site Cairn.info.

Netizen Report : La croisade de Rafael Correa contre les médias critiques

Par Netizen Report Team  Traduit par Pauline Ratzé

12/10/2014

Source : http://fr.globalvoicesonline.org

Rafael Correa at a 2013 parade in Guayaquil, Ecuador. Photo by Cancilleria Ecuador via Flickr (CC BY-SA 2.0)

Mahsa Alimardani, Juan Arellano, Ellery Roberts Biddle, Lisa Ferguson, Bojan Perkov, Sonia Roubini et Sarah Myers West ont collaboré à l’élaboration de ce rapport.

[Sauf mention contraire, tous les liens de ce billet renvoient vers des pages web en anglais.]

Le Netizen Report de Global Voices Advocacy présente un résumé des défis à relever, des victoires et des tendances émergentes en matière de libertés numériques dans le monde. L’édition de cette semaine s’intéresse tout d’abord à l’Équateur où une vidéo intitulée Lo que Correa no quiere que veas! [« Ce que Correa ne veut pas que vous voyiez », en se référant au président Rafael Correa] a été supprimée de YouTube le 29 septembre. La vidéo présente des extraits d’un discours dans lequel le président évoque les forces de l’ordre sur des images de violences policières contre des participants à une manifestation [ES] organisée à Quito, la capitale, le 18 septembre. YouTube a retiré la vidéo à la demande du bureau du secrétaire d’État à la communication qui dénonçait une violation du droit d’auteur. Également supprimée de Facebook, la vidéo a été remise en ligne sur YouTube le 2 octobre.

L’incident met en lumière une autre facette des politiques et des pratiques toujours plus restrictives du gouvernement équatorien dans l’ensemble du secteur médiatique. Rafael Correa, récemment décrit par le Comité pour la protection des journalistes comme le « critique en chef des médias », a promulgué des lois relatives à la communication de grande portée aux conséquences désastreuses à tous les niveaux pour les médias et leurs collaborateurs. Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle règlementation en 2013, de nombreux médias traditionnels et en ligne ont dû fermer. Dans une affaire très médiatisée, le dessinateur Xavier Bonilla avait reçu l’ordre de supprimer une vignette où apparaissaient des membres du gouvernement et de la redessiner sous un angle plus flatteur.

Frank La Rue, rapporteur spécial des Nations Unies pour la liberté d’expression, a décrit la loi comme « visant clairement à limiter la liberté des journalistes de publier des informations sur des événements d’actualité, des politiques publiques ou des membres du gouvernement ».

Des hackers pro-Pékin attaquent des sites d’informations indépendants
Des médias indépendants et des sites d’organisation citoyenne de Hong Kong, tels que Passion Times, Post852, HKDash et inmediahk.net ont fait face à des cyberattaques massives qui les ont mis hors ligne pour des périodes variables au cours des dix derniers jours. Des craintes d’une panne totale du réseau existent encore, bien qu’il semble que ce ne soit que des rumeurs pour le moment.

En réponse au battage médiatique concernant FireChat, une application prenant Bluetooth en charge qui permet aux utilisateurs de communiquer dans des salons de discussions publics, Global Voices a travaillé avec des experts de inmediahk.net, de Citizen Lab et du Tibet Action Institute pour souligner les failles de sécurité de l’application et élaboré une liste de conseils afin que les utilisateurs puissent mieux sécuriser leurs communications lors des manifestations.

Un logiciel espion prétenduement destiné à « la coordination d’Occupy Central » circule à Hong Kong parmi les manifestants qui utilisent l’application de messagerie WhatsApp. Lorsqu’un lien introduit dans un message WhatsApp est activé, l’application révèle la géolocalisation de l’utilisateur, son carnet d’adresses et ses courriers électroniques, entre autres.

Nouvelle arrestation d’un défenseur des droits de l’homme au Bahreïn
Nabeel Rajab, leader en matière de défense des droits de l’homme au Bahreïn, a été arrêté pour « insultes à une institution publique » après avoir envoyé un tweet insinuant que l’appareil sécuritaire du Bahreïn servait d’« incubateur » pour des combattants du Daech (EI).

Deux nombreux Bahreïniens qui ont rejoint les terroristes et EI proviennent d’institutions de sécurité qui étaient leur premier incubateur idéologique.

Nabeel Rajab avait été libéré de prison en mai 2014 après avoir purgé une peine de deux ans pour avoir participé à des manifestations contre les violentes répressions contre les soulèvements au Bahreïn. Il est toujours en garde à vue lorsque nous rédigeons ce rapport. Le mardi 7 octobre, une campagne sur Twitter demandant sa libération a été organisée autour du mot-clic #FreeNabeel.

Les yeux toujours plus vigilants du gouvernement égyptien
Le gouvernement égyptien essaye de développer un système de surveillance de masse pour contrôler les activités des tous les internautes dans le pays. Le ministre de l’Intérieur a lancé un appel d’offres limité pour fournir et exécuter un logiciel de contrôle d’Internet, y compris des conversations privées et des messages envoyés via des applications mobiles telles que Viber et WhatsApp.

Colombie : projet de création d’un guichet pour les données des citoyens ?
Le ministre colombien des technologies de l’information et de la communication, Diego Molano, essaye de faire adopter une initiative stratégique qui permettra au gouvernement de créer pour chaque citoyen un « portfolio numérique » regroupant toutes les données personnelles que possède l’État, allant des numéros d’identification nationale et de passeport aux informations fiscales et aux données sanitaires, liées à une adresse électronique unique fournie par le gouvernement.

Même si cette politique vise à améliorer la communication entre les services administratifs et à réduire l’utilisation du papier, elle soulève des préoccupations concernant la vulnérabilité des citoyens face à une plus grande surveillance du gouvernement ou à un piratage malveillant.

Cyberactivisme : campagne #FreeSaeed pour le développeur de logiciel libre iranien emprisonné
Reconnu coupable de menaces contre les idéaux islamiques de la nation et contre la sécurité nationale, Saeed Malekpour, Iranien développeur web et d’outils de contournement, a passé six ans derrière les barreaux pour avoir créé un logiciel libre que des internautes ont utilisé pour mettre en ligne des images pornographiques. À l’occasion de l’anniversaire de son arrestation, des activistes et des blogueurs ont organisé un tweetathon autour du mot-clic #freeSaeed.

Un nouvel outil aide les parents à espionner leurs enfants aux États-Unis
La police étasunienne distribue un logiciel espion aux parents qui souhaitent contrôler ce que leurs enfants font en ligne. Des chercheurs de l’Electronic Frontier Foundation ont découvert que ce logiciel, ComputerCOP, inclut un enregistreur de frappe et permet de chercher des fichiers et des vidéos dans un ordinateur. Ils ont aussi remarqué que le programme envoie certaines données au moyen d’une connexion chiffrée à un serveur appartenant à la compagnie qui le développe.

Ironiquement, il y a quelques jours, les autorités fédérales ont mis en examen, pour surveillance illégale, le créateur d’un logiciel espion similaire destiné aux personnes souhaitant espionner leur conjoint.

La Commission européenne devra enquêter sur l’espionnage public au Royaume-Uni
Emily O’Reilly, médiatrice européenne, a demandé à la Commission européenne de publier une série de documents relatifs à la surveillance de masse sur Internet menée par l’agence de renseignement du Royaume-Uni, GCHQ, faisant valoir que les citoyens de l’Union européenne ont le droit d’être informés sur de telles discussions. La Commission avait refusé à un journaliste allemand d’accéder aux documents, qui comprennent des lettres échangées entre le gouvernement britannique et la Commission ainsi que des courriers de citoyens demandant à la Commission d’ouvrir une enquête.

Nouvelles études

NSA, il est temps de faire le (premier) point

Par

30/07/2014

Source : http://reflets.info

1984 c'est maintenant

Les programmes de surveillance ne sont pas une nouveauté… En 1988, le journaliste Duncan Campbel révélait l’existence d’un programme de renseignement, Echelon, dans un article pour The New Statesman qui s’intitulait « Somebody’s listening« . En 1996, c’était le journaliste néo-zélandais Nicky Hager qui publiait « Secret power » sur l’implication de son pays dans le programme. En 1999, suite à une demande du Parlement Européen, Duncan Campbell rend un rapport intitulé « Interception capabilities 2000 » pour le STOA (Science and Technology Options Assessment du Parlement Européen — traduction française disponible sous le titre « surveillance éléctronique planétaire » aux éditions Allia).

Le projet Echelon désignait un système mondial d’interception SIGINT via les satellites, et regroupant les États-Unis (NSA), le Royaume-Uni (GCHQ), le Canada (CSTC), l’Australie (DSD) et la Nouvelle-Zélande (GCSB) dans le cadre du traité UKUSA.

Pour ne pas rester à la traîne, la France a rapidement mis en route un projet similaire, surnommé « frenchelon« .

Plus près de nous, en 2013, Edward Snowden, (ex-)analyste de la CIA et de la NSA décide d’alerter l’ensemble de la planète sur les nouvelles capacités d’écoute et d’interception des États-unis et de ses alliés. Mais vous connaissez cette histoire…

Fin 2013, ne trouvant aucune base de données des différents programmes, La Quadrature du Net commence, grâce à quelques bénévoles, le site nsa-observer.net qui regroupe l’ensemble des programmes de la NSA et du GCHQ provenant des fuites de Snowden.

premier tour d’horizon

Même si l’immense majorité des programmes est sous l’égide de la NSA (National Security Agency) et donc des États-unis, certains programmes viennent d’autres pays (en particulier du Royaume-uni via le GCHQ). La NSA classe ses pays partenaires en 3 grandes familles :

  • Five Eyes (FVEY / AUSCANNZUKUS)
    • États-unis (indicatif pays : USA – agence : NSA),
    • Royaumes-unis (indicatif pays : GBR – agence : GCHQ),
    • Nouvelle-Zélande (indicatif pays : NZL – agence : GCSB),
    • Canada (indicatif pays : CAN – agence : CSEC),
    • Australie (indicatif pays : AUS – agence : ASD).
  • Nine Eyes : comprend Five Eyes avec en plus : le Danemark, la France, les Pays-bas et la Norvége.
  • Fourteen Eyes (SSEUR – Sigint Senior EURope) : comprentd les Nine Eyes avec en plus l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, l’Espagne et la Suède.

La collecte de données

Les services récupèrent tout ce qu’ils peuvent, c’est à dire dans le désordre :

Tout ce que vous faites avec un navigateur (sans oublier sa version, la langue, les plugins installés…), les flux voix (VoIP, GSM, téléphone fixe…), fax, emails, chats (MSN-like, Jabber…), vidéos (que ce soit en provenance de youtube, de skype,…), photos, fichiers (en transferts, stockés, …), DNI (Digital Network Intelligence), DNR, empreintes des réseaux wifi (cf. VICTORY DANCE en dessous), activités sur les réseaux sociaux, détails des comptes google/yahoo/outlook…), et l’on en passe.

Pour faire simple, tout ce que vous faites laisse forcément des traces quelque part. Et c’est ce qu’ils cherchent, collectent, et parfois stockent. Voici donc la première partie de ce tour d’horizon concernant quelques programmes de la NSA et du GCHQ.

UPSTREAM / TEMPORA / RAMPART-(x)

Aussi connu sous le nom de « ROOM641A« , le programme UPSTREAM a commencé en 2003, a été révélé en 2006 et consiste à la collecte via des « écoutes » sur les câbles de fibres optiques (de manière très simplifiée). Le projet UPSTREAM concerne la collecte sur l’ensemble des fibres optiques trans-océaniques, qui permettent l’acheminement des communications internationales, comme Internet, les appels, les SMS…

UPSTREAM englobe beaucoup de sous-programmes qui correspondent à des régions du monde. Ils collectent différentes données (DNI, DNR, métadonnées, contenu, voix, fax…). Pour plus de détails sur UPSTREAM et ses sous-programmes, le blog electrospaces est une très bonne source d’information.

TEMPORA est l’équivalent d’UPSTREAM pour le Royaume-uni, et RAMPART l’équivalent en coopération via certains pays Européens.

PRISM

PRISM est un accès direct aux serveurs de certaines sociétés américaines : Microsoft (+Skype), Yahoo, Google (+Youtube), Facebook, PalTalk, AOL, Apple…

Ce programme permet de faire des requêtes concernant des personnes ou des groupes précis concernant les emails, les chats/vidéos, les photos, les données stockées (coucou le cloud), de la VoiP, etc. Il suffit de lister les différents services de ses entreprises pour avoir une idée de qu’ils peuvent avoir. PRISM est donc utilisé pour « cibler » quelqu’un en particulier.

MUSCULAR

Ce programme a fait beaucoup parler de lui quand il a été rendu public, et pour cause : il permet l’interception des données entre les datacenters de Google (et de Yahoo) ce qui permet, entre autre, d’éviter les connexion HTTPS clients/serveurs. Google a chiffré ses communications inter-datacenters depuis.

VICTORY DANCE

Coopération entre la CIA et la NSA au Yémen. Ils ont listé les empreintes wifi de presque toutes les grandes villes Yéménites via des drones (si vous ne voyez pas à quoi ça peut servir, cf. XKEYSCORE).

Souvenez-vous de ce que les Google Cars ont fait pendant un bon moment dans le reste du monde et ce que cela a pu devenir depuis…

MYSTIC

MYSTIC est un ensemble de programmes qui collecte des données (le plus souvent provenant des téléphones et/ou des GSM) dans certains pays. On peut ainsi noter ACIDWASH (qui a collecté entre 30 et 40 millions de métadonnées par jour en Afghanistan), DUSKPALLET (qui vise les GSM au Kenya), EVENINGWEASEL (wifi mexicain) et SOMALGET.

SOMALGET permet de « monitorer » les systèmes de télécommunications d’un pays (via des entreprises américaines implantées localement le plus souvent). Ce programme a visé les Bahamas (sans doute pour servir de test avant de passer à plus gros) puis l’Afghanistan où il a collecté et stocké TOUS les appels téléphoniques, aussi bien localement que vers l’international.

Mais que fait-on des données après ?

Voici justement quelques exemples.

ANTICRISIS GIRL

Via des programmes comme UPSTREAM / TEMPORA / RAMPART qui permettent de faire de la collecte passive, il est possible de collecter les adresses IP des personnes se connectant à un site, par exemple au site wikileaks.org ou celles des auteurs de recherches Google ayant permis l’accès au site.

nsaobserver-programsXKEYSCORE

XKEYSCORE consiste en un ensemble d’interfaces et de bases de données qui permettent de sélectionner certaines données collectées via différents moyens (et il y en a beaucoup).

Voici quelques exemples des possibilités de ce programme :

  • trouve-moi tous les allemands (langue du navigateur) qui sont en Afghanistan (géolocalisation de l’IP) et qui ont été sur Youporn et sur Facebook dans les dernières 24h.
  • marque comme « extrémiste » toutes les personnes (connexion IP) allant sur le site du projet Tor ou sur celui du projet Tails. Même chose si la source télécharge Tor.

Ne vous leurrez pas, ce dernier exemple est bel et bien réel, je vous laisse voir par vous même :

OPTIC NERVE (GCHQ)

En 2008, ce programme a collecté une photo toutes les 5 secondes provenant de chaque flux vidéos des chat Yahoo (soit environ 1.8 millions d’utilisateurs sur une période de 6 mois). Les documents indiquent qu’il y a un avertissement pour les opérateurs car l’on y trouve entre 8 et 12% de « nudité » (à prendre au sens large).

Pour information, en 2008 déjà, le GCHQ indiquait faire des tests pour de la reconnaissance faciale automatique, ainsi que pour la XBOX360. Nous sommes maintenant en 2014, parions que c’est aussi le cas pour Skype) ainsi que pour Snapchat. N’oubliez pas que la X BOX ONE a une caméra et un micro allumés 24/7, avec de la reconnaissance faciale/vocale par défaut).

Mais ce n’est pas tout, la NSA espionne aussi certains sites pornos.

Et oui ! Et il parait que c’est pour la lutte contre le terrorisme (comme le reste quoi…). Par exemple, pour pouvoir faire pression sur un intégriste musulman parce qu’il a été « vu » en train de regarder du porno.

Une cible ? Que peut-on faire ?

QUANTUM (à lire en écoutant Attack !)

Une fois identifiée, une « cible » devient potentiellement autre chose qu’une simple « cible d’écoutes ». Elle peut devenir une cible d’attaques personnalisées qui feront de ses outils informatiques de véritables passoires.

Pour rediriger une cible vers un serveur FOXACID, la NSA réalise un Man-in-the-Middle (ou Man-on-the-Side) sur une connexion vers des serveurs de sociétés US (Google (Gmail), Yahoo, Linkedin..) grâce à l’emplacement de noeuds (TAO nodes) à des endroits clés sur le réseau (comprendre : « sur les dorsales de certains FAI »). La NSA utilise donc ses noeuds pour permettre des redirections à la volée vers les serveurs FOXACID, qui lanceront eux-mêmes différents types d’attaques selon la cible et les besoins.

Il existe beaucoup de sous-programmes pour QUANTUM, chacun visant quelque chose en particulier, comme QUANTUMBOT pour IRC, QUANTUMINSERT (implantation de malware – utilisé dans le hack de Belgacom), QUANTUMCOOKIE (force les cookies dans le navigateur ciblé), QUANTUMSPIM (messagerie instantanée, comme MSN ou XMPP)…

HUNT SYSADMINS (à lire en écoutant « a bullet in your head« )

ATTENTION : pour faciliter la lecture, la partie technique a été "coupée", 
merci de suivre les liens pour approfondir ! C'est TRÈS intéressant !

Lalecture des posts sur un forum interne d’un opérateur de la NSA qui s’intitule « hunt sysadmins » est édifiante… Cet opérateur raconte que le meilleur moyen d’avoir accès à des informations est de « passer » par les administrateurs systèmes qui ont accès aux serveurs ou au routeurs (possibilité de mettre la main sur la topologie des réseaux, trouver des configurations, obtenir des accès, des emails…).

Il explique ainsi comment la NSA collecte PASSIVEMENT toutes les transmissions via le protocole telnet (programme DISCOROUTE). Oui, telnet le protocole développé en 1968 (dans la RFC 15, c’est dire que c’est vieux !), absolument non sécurisé (aucun chiffrement), et qui est apparemment encore pas mal utilisé pour administrer des routeurs à distance.

Dude! Map all the networks!!!
    (l'opérateur de la NSA en question)

Il explique alors comment identifier un administrateur système, trouver son webmail et/ou son compte Facebook (oui, oui) et de là, utiliser la famille QUANTUM pour réaliser une attaque et avoir un accès à sa machine ET/OU au(x) routeur(s).

Et là, comme tout le monde, tu te dis « Moi j’utilise SSH \o/ »

Sauf qu’il explique AUSSI comment identifier une personne ayant accès à un serveur en SSH.

En clair : on peut deviner qui a vraiment accès à un serveur selon la taille des paquets qui passent et le temps de connexion.

Une fois la source (via l’IP) identifiée, vous pouvez voir (par exemple avec XKEYSCORE) les connexions à des webmails, Facebook (ou n’importe quoi qui peut l’identifier), et là, PAN ! Tu peux le QUANTUM-ifier \o/

Et il termine gentiment sur le pourquoi et comment prendre la main sur un routeur (fort instructif aussi).

ATTENTION : encore une fois, TOUT le document est disponible en ligne, et sa  lecture est obligatoire si vous êtes sysadmins.

INTERDICTION

C’est tout simplement la possibilité pour la NSA d’intercepter un colis (comme l’ordinateur que vous venez de commander en ligne), d’installer ce qu’ils veulent dessus (comme un firmware persistant dans le BIOS, un composant permettant à un appareil de la famille d’ANGRYNEIGHBOR (qui porte toujours aussi bien son nom) de fonctionner…).

Il suffit de jeter un coup d’oeil au catalogue pour avoir une idée de ce qu’ils peuvent faire.

Et pour finir…

« le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. » (Albert Einstein)

Après ce tour d’horizon rapide (il y a plus de 400 programmes sur nsa-observer.net), tout le monde aura compris que cette voie est dangereuse. Il est impossible de prévoir qui décidera de son utilisation demain, ni même aujourd’hui.

Nous ne pouvons pas faire confiance aux gouvernements et encore moins aux entreprises pour assurer notre sécurité et notre vie privée.

Nous pouvons, par contre, nous appuyer sur la société civile (comme l’EFF (eff.org) ou La Quadrature du Net, les lanceurs d’alerte (comme Chelsea Manning ou Edward Snowden) et sur des outils qui ne nous trahiront pas, comme les logiciels libres.

La cryptographie fonctionne ! Et c’est une des nouvelles importantes de ces révélations. Il existe des tutoriaux partout sur le net pour se mettre à chiffrer ses communications. C’est le cas d’OTR pour Jabber (messagerie instantanée), SSL/TLS pour à peu près tout (mails, chat,…), GPG (qui demande un niveau technique un peu supérieur), Tor…  Il est également recommandé de venir à des cryptoparty / café vie privée pour apprendre à s’en servir.

Pour autant une confiance aveugle dans ces outils, surtout pris séparément, n’est pas recommandée. A chaque parade développée par la communauté des internautes, les services de renseignement comme la NSA ou les sociétés privées spécialisées dans la surveillance de masse, développent des contre-parades en quasi temps réel. C’est sans doute à celui qui sera le plus inventif. Gageons que l’intelligence collective du réseau gagnera à la fin…

Les mille milliards de dollars qui manquent chaque année pour financer le développement

Par Virginie de Romanet

23/09/2014

Source : http://cadtm.org

Pays suspectés de pratique fiscale douteuse

L’ONG américaine ONE dont l’axe de travail est la lutte contre l’extrême pauvreté vient de publier Le casse du siècle : un scandale à mille milliards de dollars. Le rapport estime à au moins 1000 milliards de dollars les sommes perdues chaque année par les pays en développement (PED) et pointe 4 grands facteurs qui sont « des accords opaques liés à l’exploitation de ressources naturelles, l’utilisation de sociétés écrans, le blanchiment d’argent et la fraude fiscale ».

En fait, il pourrait s’agir de bien plus de 1000 milliards de dollars car le rapport estime que les pertes subies par les PED se chiffrent entre 972 et 2020 milliards de dollars, on passe donc carrément de plus du simple au double. Une note de bas de page explique la méthodologie de calcul qui se base sur des estimations fournies par le FMI et la Banque des règlements internationaux. Il s’agit en particulier pour cette dernière institution de son rapport de décembre 2013 qui a permis à ONE de calculer « le nombre total de dépôts enregistrés dans les juridictions de paradis fiscaux off-shore » dont le rapport mentionne qu’ils sont au nombre de 50 selon la liste du Governement Accountability Office (GAO) des Etats-Unis |1|.

L’accroche en gras de la page de garde indique que « les pays les plus pauvres du monde sont privés chaque année d’au moins mille milliards de dollars par des criminels qui profitent de l’opacité du système pour dérober des capitaux par le biais du blanchiment d’argent, de la fraude fiscale et du détournement de fonds », l’utilisation du présent laissant entendre qu’il s’agit d’un fait avéré.

Des chiffres solidement documentés

La méthodologie de l’étude nous annonce que ce chiffre se base sur 3 estimations convergentes. La première, celle du groupe de recherche et de plaidoyer du Global Financial Integrity sur l’ampleur des flux financiers illicites qui estime qu’en 2011, 947 milliards de dollars de capitaux ont été perdus par les pays en développement sous la forme de flux financiers illicites. Cette estimation subdivise ces montants en 3 grandes catégories. La plus importante en volume est représentée par la falsification des tarifs commerciaux et la fraude fiscale à hauteur de 60 à 65 % du total. Viennent ensuite les activités criminelles, le trafic d’êtres humains, la vente illégale d’armes, la contrebande, etc. Les recettes de la corruption et de détournement par des fonctionnaires représentent elles environ 5 % de tous les flux financiers illicites à l’échelle mondiale. La seconde estimation provient de l’Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) qui évalue l’ampleur du blanchiment d’argent à l’échelle mondiale entre 2,1 et 4 % du PIB mondial. Chiffre qui se rapproche de l’estimation du FMI qui prend une fourchette plus large s’échelonnant entre 2 et 5 % du PIB mondial et dont le rapport « Perspectives de l’économie mondiale 2014 » avance une estimation chiffrée entre 1910 et 3640 milliards de dollars.
La part relative aux pays en développement est estimée à partir des statistiques du FMI concernant la part du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat relative aux pays en développement y compris les pays dits émergents. Cette part représentant 50,8 % de l’économie mondiale ce qui donne lieu à une estimation se montant à la moitié des chiffres cités donc 972 milliards comme estimation basse et 1853 milliards comme estimation haute. Enfin, le troisième chiffrage provient d’un cumul de plusieurs estimations concernant les pertes de recettes pour les pays en développement à partir des coûts globaux cumulés du blanchiment d’argent estimé à la fourchette mentionnée d’entre 1910 et 3640 milliards de dollars et de la corruption entre 600 et 1710 milliards de dollars avec une estimation prudente d’un tiers concernant les pays en développement. Ce qui donnerait selon l’estimation la plus prudente 1010 milliards et 2020 milliards pour les pays en développement.

De tels chiffres représentent une source considérable de moyens pour répondre aux défis de la nécessaire amélioration des conditions de vie pour l’immense majorité des populations du Sud et pour une partie non négligeable des populations du Nord. Ceci sans compter les autres sources de financement représentées par l’arrêt du paiement des dettes illégitimes et ou déjà remboursées par le jeu des intérêts, un impôt exceptionnel sur la fortune, des mesures de justice fiscale incluant la fin des cadeaux fiscaux aux riches et aux grandes entreprises entre autres mesures d’importance.

Une taxation au lieu d’une véritable restitution des sommes dérobées

Là où le bât blesse terriblement est le fait qu’alors que le rapport parle clairement de flux financiers illicites et de pertes pour les pays, il ne parle que de taxer ces montants au lieu de leur confiscation pure et simple au profit des populations du pays d’origine des flux. De 1000 à 2000 milliards de dollars on se retrouve dans leur perspective avec des montants qui ne représentent plus qu’entre 38,4 et 64,1 milliards de dollars, des montants clairement très faibles totalement en porte à faux avec un titre qui n’est guère plus qu’une accroche. En effet, on ne peut guère parler de manière cohérente d’un « casse à mille milliards » de dollars mettant en avant le fait que « les pays les plus pauvres sont privés d’au moins mille milliards de dollars chaque année à cause de personnes qui profitent de l’opacité du système pour détourner des capitaux via le blanchiment d’argent, la fraude fiscale et le détournement de fonds » si ce n’est pas pour préconiser le retour intégral de ces montants dans les pays qui en ont été spoliés.

Le poids des paradis fiscaux : de 5800 à 20 000 milliards de dollars

Par ailleurs, ces mille milliards de dollars sont un flux qui peut être en grande partie mis en rapport avec l’estimation du stock d’actifs détenus dans la paradis fiscaux. Si Gabriel Zucman l’estime dans son ouvrage à 5800 milliards d’euros ce qui selon lui fait perdre aux États 130 milliards d’euros de recettes par an |2|, il se base pour calculer ce chiffre sur des données qui ne prennent en compte que le secret bancaire sans intégrer les autres modes d’évasion fiscale. Sur base des données contenues dans l’édition 2013 du Global Wealth Databook du Crédit Suisse, ONE a obtenu un total de 20 500 milliards de dollars d’actifs non déclarés détenus offshore dont 3200 milliards issus des pays en développement.

Sur ce montant de 20 500 milliards de dollars, il n’est pas clair si les avoirs des résidents de ces territoires sont inclus dans cette estimation ou non car il est bien évident qu’ils doivent être identifiés pour être déduits.
Le rapport identifie 4 axes d’action pour que les montants mentionnés puissent être taxés (et non récupérés dans leur entièreté, ce qui est la grande faiblesse du rapport). Il donne néanmoins des estimations intéressantes et bien corroborées ainsi que des pistes d’action.

Quelles actions à mener ?

La première action préconisée vise à lever le voile sur les sociétés écrans. En effet, le secret bancaire ne couvre qu’une partie des avoirs détournés. Le rapport considère que « ces ’sociétés fantômes’ sont des outils cruciaux pour les blanchisseurs d’argent » et donne le chiffre de 70 % des plus grandes affaires de corruption entre 1980 et 2010 impliquaient des sociétés écrans |3|. Dans un article dans le New York Times, l’ancien Secrétaire Général des Nations Unies Kofi Annan a exhorté à « lever le voile du secret derrière lequel trop d’entreprises se cachent. Chaque juridiction fiscale devrait être tenue de divulguer publiquement la structure de propriété effective complète des sociétés enregistrées |4| ». Cette déclaration de bon sens contraste singulièrement avec son attitude en tant que Secrétaire Général de l’ONU lorsqu’il a ouvert tout grand la porte aux multinationales en instaurant en 2000 un partenariat stratégique de l’ONU avec celles-ci, partenariat connu sous le nom de Global Compact. Selon l’ONG Global Financial Integrity, les pays africains (hors Sud Soudan) ont perdu en 2011 76,9 milliards de dollars à cause des flux illicites.

La seconde action concerne particulièrement le domaine des ressources naturelles, secteur clé puisque le tiers du milliard de personnes les plus pauvres vit dans pays riches en ressources naturelles. Cette action met en avant l’obligation pour les multinationales de publier ce qu’elles paient au titre de l’exploitation de ces ressources. Le rapport met en avant l’émergence en cours d’une norme sur les ressources naturelles que les gouvernements de l’Union Européenne, des Etats-Unis, du Canada et de la Norvège se seraient engagées à appliquer |5| et préconise l’adoption par les pays du G20 d’un système de comptabilité standardisé et obligatoire ainsi que le rehaussement des normes mondiales de transparence en matière de ressources naturelles. Il s’agirait d’arriver à une norme commune obligatoire pour les pays possédant d’importantes ressources naturelles et les pays d’origine des multinationales exploitant ces ressources. Dans ce dernier cas, elles auraient l’obligation de rendre publiques leurs principales informations financières dans les pays où elles sont actives.

La troisième action concerne les mesures à prendre pour lutter contre la fraude fiscale en particulier contre la manipulation des prix de transfert par les multinationales qui déclarer leurs bénéfices par le biais de filiales dans des pays où ils sont faiblement taxés et leurs coûts dans ceux qui permettent les déductions les plus importantes. Le rapport signale que dans les pays développés, les recettes fiscales représentent en moyenne 34,1 % du PIB alors que dans les pays à faibles revenus, elles n’en représentent qu’en moyenne 13 %. Il faut cependant aller au delà de ce chiffre brut et se poser la question de la progressivité car avec les cadeaux fiscaux aux plus favorisés et aux grandes entreprises, la fiscalité est de moins en moins progressive. Une augmentation de recettes fiscales doit s’accompagner d’une meilleure répartition dans leur origine, faisant contribuer davantage ceux qui possèdent et gagnent davantage plutôt que de favoriser la TVA qui frappe le plus durement les plus pauvres qui doivent consacrer la totalité de leurs faibles revenus à la consommation.

La quatrième et dernière action préconisée consiste en la publication des données gouvernementales. Il s’agit de mettre en place des données ouvertes, informations gratuites accessibles à tous « qui doivent être précises, complètes et fournies en temps opportun ». Le rapport donne un exemple concret des bienfaits du contrôle citoyen de l’argent public portant sur l’éducation primaire en Ouganda où les écoles primaires ne recevaient que 13 % des fonds qui leur étaient alloués, 87 % étant donc détournés. Il en explique le processus : « la diffusion d’informations sur les transferts de fonds dans les écoles et les bureaux de district est devenue obligatoire et les comités scolaires ont reçu une formation sur la façon d’utiliser ces données pour demander aux autorités de rendre des comptes sur la perception et l’utilisation des fonds. Quatre ans plus tard, les écoles recevaient plus de 90 % des fonds qui leur étaient alloués – un changement spectaculaire rendu possible grâce à la transparence et à d’autres réformes ». Si il s’agit d’un enjeu fondamental pour la démocratie, on peut être fortement critique des mesures préconisées pour y parvenir par le biais d’une Charte adoptée par les pays du G8 ou même du G20. Si on reste sur une base volontaire et qu’il n’est pas prévu de sanctions en cas de non respect, il y a fort à parier que les informations les plus sensibles ne seront pas publiées ou ne le seront qu’après coup.

En conclusion ce rapport contient beaucoup de chiffres bien documentés et corroborés d’où son intérêt. Cependant, la vision politique – ou plus exactement apolitique – véhiculée est tout à fait contestable et regrettable. Alors que l’ONG intitule son étude « le scandale à mille milliards de dollars » et souligne que « les pays les plus pauvres sont privés d’au moins mille milliards de dollars chaque année », elle se limite à proposer la taxation de ces montants pour un produit compris entre 38,4 et 64,1 milliards de dollars par an.
On ne fait évidemment pas la même chose avec ces montants qu’avec mille milliards de dollars par an. Or, si cet argent est volé aux pays en développement, il est normal qu’il revienne aux populations de ces pays conformément aux pays d’origine des fonds. Par ailleurs, comme ONE ne se focalise que sur l’extrême pauvreté (et encore pas son éradication mais seulement sa diminution), on ne reste que dans la perspective des Objectifs du Millénaire pour le Développement, dans un contexte d’augmentation de la croissance mondiale sans nullement questionner la répartition des richesses, le rôle clé des institutions financières internationales dans ce modèle y compris pour les pertes mentionnées dans ce rapport, l’exploitation et le modèle capitaliste productiviste.


Le site de ONE.

Le rapport en pdf (à lire en ligne ou à télécharger)

Notes

|1| Sur ces 50 juridictions, 21 sont liées à l’Union Européenne et 10 au Royaume-Uni.

|2| Voir Pascal Franchet « Point de vue partisan sur le livre de Gabriel Zucman, résumé et critiques : La richesse cachée des Nations, enquête sur les paradis fiscaux » http://cadtm.org/Point-de-vue-parti…

|3| Initiative pour le recouvrement des avoirs volés, « Les Marionnettistes : comment dissimuler les avoirs juridiques derrière des structures juridiques et que faire pour l’empêcher »

|4| Kofi Annan, « Stop the plunder of Africa », New-York Times 9 mail 2013.

|5| http://www.rtbf.be/info/economie/de…

Effondrement de la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité

Par Stéphane Lhomme

26/08/2014

Source : http://www.passerelleco.info

 

Effondrement de la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité

On lit parfois ici où là que, malgré la catastrophe de Fukushima, l’industrie nucléaire repart du bon pied et se développe sur la planète. Cette allégations ne résistent pas à la consultation des données les plus officielles, comme par exemple la parution annuelle de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). : Key World Energy Statistics.

Le rapport le plus récent disponible est celui de 2013. Il est à noter que les chiffres sont ceux de 2011 car l’AIE met deux ans pour recueillir toutes les données précises, pays par pays. Or, c’est en mars 2011 qu’a débuté la catastrophe de Fukushima : depuis, les 54 réacteurs du Japon sont arrêtés, puis l’Allemagne a fermé 8 réacteurs, les USA 5 réacteurs [1], etc.

Aujourd’hui, la part du nucléaire est encore plus basse que ce que l’on peut voir dans ce document mais, d’ores et déjà, en page n°24, on constate que le nucléaire ne produisait en 2011 plus que 11,7% de l’électricité mondiale, les renouvelables étant déjà à plus de 20% (15,8% + 4,5%).

Depuis, la part du nucléaire est passée sous les 10% car la production nucléaire mondiale a chuté et, dans le même temps, toutes les autres énergie ont progressé : les renouvelables bien sûr, mais aussi le trio pétrole-gaz-charbon.

On peut certes le déplorer (pour ce trio) mais c’est l’implacable réalité : si toutes les autres énergies progressent sauf le nucléaire, c’est tout simplement parce que ce dernier est TROP CHER, contrairement à ce que les autorités françaises (politiques et industrielles) prétendent. Les multinationales de l’énergie n’ont que faire des risques sanitaires et environnementaux : si elles se détournent du nucléaire, c’est uniquement pour des raisons de business, et leur verdict est sans pitié pour l’atome.

Au fil des parutions des statistique annuelles, on constate de plus que la part du nucléaire dans l’électricité mondiale décline continuellement depuis 2001, bien avant Fukushima, et que cette part est passée de 17% en 2001 à 9% à ce jour. C’est donc un véritable effondrement, qui va implacablement se poursuivre au fil des fermetures de vieux réacteurs (plus de la moitié des 400 réacteurs sur Terre a dépassé 30 ans).

Il y a certes 72 réacteurs en construction dans le monde mais une bonne quinzaine sont en chantier depuis 20, 25, 30 ou même 40 ans comme à Watts Bar (USA). Pour les autres, sachant qu’il faut en moyenne 15 ans pour mettre un réacteur en service, on peut donc tabler sur 4 mises en service par an… ce qui ne compensera même pas les fermetures.

Cette chute est si prononcée que le lobby nucléaire mondial, la World Nuclear Association (WNA) a préféré censurer ses propres documents en faisant disparaître la courbe de la part du nucléaire dans l’électricité mondiale :

Notons enfin que le nucléaire représente moins de 10% l’électricité… qui représente elle-même moins de 18% de la consommation mondiale d’énergie, comme on peut le voir sur Key World Energy Statistics en page n°28. Le reste est majoritairement de la combustion de pétrole, gaz, charbon, biomasse, etc. Ce qui fait que, au final, le nucléaire couvre moins de 2% de la consommation mondiale d’énergie.

En résumé, le nucléaire impose des risques gigantesques, des problèmes dramatiques et insolubles (déchets radioactifs en particulier), des crises géopolitiques de plus en plus inquiétantes, et tout ça en échange d’une contribution dérisoire et déclinante à l’énergie mondiale. En clair : autant s’en passer au plus vite et se concentrer sur les vraies options d’avenir : économies d’énergie et énergies renouvelables.

L’Observatoire du nucléaire rétablit les données censurées par la World nuclear association

1) Diagramme « Nuclear electricity production and share of totale electricity production » (avec les chiffres de 2010, c’est à dire avant la prise en compte des conséquences de Fukushima) Mise à jour ordinaire de la WNA début 2011, avec les chiffres 2010

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2) Diagramme « Nuclear electricity production »… sans « Share of totale electricity production »- Mise à jour auto-censurée par la WNA, 20 juin 2013 Mise à jour de la WNA de juin 2013

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3) Diagramme « Nuclear electricity production and share of totale electricity production »- Mise à jour 2013 (avec les chiffres 2012) effectuée par l’Observatoire du nucléaire en réintégrant la courbe censurée par la WNA Mise à jour 2013, avec les chiffres 2012, par l’Observatoire du nucléaire.

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Notes

[1] Quatre réacteurs américains définitivement fermés en 2013 :

  • Crystal River 1 de Duke Energy,
  • San Onofre 1 et 2 de la Southern California Edison
  • Kewaunee 1 de Dominion malgré une autorisation de prolongation à 60 ans (2033). Le réacteur de Vermont Yankee sera pour sa part définitivement fermé fin 2014 malgré une autorisation de prolongation à 60 ans (2032).

La dépense militaire revient à la guerre froide

Par Manlio Dinucci Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

15/04/2014

Source : http://www.mondialisation.ca

Login : https://ilmanifesto.it

English : Military spending back to the Cold War

Dépenses militaires

Tandis que la stratégie USA/OTAN, avec la crise ukrainienne, provoque un affrontement Ouest-Est qui ramène l’Europe à une situation, par certains aspects, analogue à celle de la guerre froide, les données publiées hier par le Sipri confirment que la dépense militaire mondiale (calculée net d’inflation pour la comparaison dans le temps) est revenue aux niveaux de la guerre froide : après avoir chuté entre 1991 et 1998, elle est remontée à un niveau supérieur à celui de la dernière période de l’affrontement Ouest-Est. Les données, concernant 2013, montrent qu’on dépense dans le monde, dans un objectif militaire, 3,3 millions de dollars par minute, 198 millions de dollars par heure, quasiment 4,8 milliards de dollars par jour. Ce qui équivaut à 1747 milliards de dollars en une année.

La dépense militaire mondiale est en réalité encore plus élevée que celle calculée par le Sipri quand il fait la somme des budgets de la défense des différents pays : il s’y ajoute en fait diverses dépenses de caractère militaire, incluses dans d’autres chapitres des budgets d’Etats. Aux Etats-Unis, la dépense pour les armes nucléaires (23 milliards de dollars annuels) est inscrite non pas au Département de la défense,  mais à celui du Département de l’Energie ; celle des militaires à la retraite (environ 170 milliards annuels), à celui du Département des retraités ; les dépenses pour les aides militaires et économiques à des alliés stratégiquement importants (environ 50 milliards annuels) sont inscrites aux budgets du Département d’Etat et de quelques autres. Dans le budget fédéral 97 milliards annuels sont alloués pour un « fonds unifié de la Défense, du Département d’Etat et de l’Usaid » destiné aux opérations ultramarines (Overseas contingency operations). 40 autres milliards annuels sont dépensés pour la « sécurité  de la patrie ». Et il y a enfin la dépense secrète des services secrets, dont l’unique chiffre « non-classifié » (1,6 milliards annuels) n’est que la pointe de l’iceberg. En ajoutant ceux-ci et les autres postes de dépense au budget officiel du Pentagone (640 milliards en 2013), la dépense militaire étasunienne grimpe à quasiment 1000 milliards de dollars annuels. Ce qui signifie qu’environ un dollar sur quatre, dans le budget fédéral, est dépensé dans un objectif militaire.

Si l’on ne s’en tenait même qu’au chiffre de 640 milliards de dollars fourni par le Sipri, les Etats-Unis restent nettement en tête dans le classement des 15 pays ayant la plus grosse dépense militaire du monde. Suivent à distance, comme en 2012, la Chine et la Russie avec une dépense estimée respectivement à 188 et 88 milliards de dollars en 2013. L’ordre change par contre notablement dans la partie restante du classement. L’Arabie Saoudite passe, par rapport à 2012, du septième au quatrième rang. Suivent la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne (qui avance du neuvième au septième rang), le Japon, l’Inde, la Corée du Sud, l’Italie (avec une dépense estimée à 32,7 milliards de dollars en 2013), le Brésil, l’Australie, la Turquie, les Emirats Arabes Unis. Ces 15 pays totalisent 80% de la dépense militaire mondiale.

Les données du Sipri mettent en évidence de fortes augmentations dans les budgets militaires de divers autres pays, surtout ceux où les Etats-Unis exercent leur influence. En Europe orientale, le budget militaire de l’Ukraine a grossi de 16% par rapport à 2012. En Afrique, le Ghana a augmenté en une année son budget de 129%, l’Angola de 36%, le Congo (Rép. dém.) de 34%. Au Moyen-Orient, les budgets militaires en Irak et au Bahreïn ont augmenté d’environ 27%. En Asie, celui de l’Afghanistan a grossi de 77% par rapport à 2012, celui des Philippines de 17%. En Amérique du Sud, les budgets militaires du Paraguay et du Honduras ont augmenté en une année respectivement de 33% et 22%.

La dépense militaire alimente une nouvelle course aux armements qui, conduite par les plus grandes puissances occidentales, a un effet de traction à l’échelle mondiale. Il ne s’agit pas que des F-35, sur lesquels se concentre aujourd’hui l’attention des médias, mais de plusieurs autres systèmes d’arme tout aussi coûteux mais peu connus. Il y a six mois a été lancé aux Etats-Unis le super porte-avions Gerald Ford (premier d’une série), le navire de guerre le plus coûteux jamais construit : 14 milliards de dollars. Grâce à de nouvelles catapultes, ses 75 avions (dont le coût doit être ajouté à celui du navire) pourront effectuer 25% d’attaques de plus que ceux actuellement embarqués sur les actuels porte-avions Nimitz. Et le 4 juillet prochain sera lancé en Angleterre le super porte-avions HMS Queen Elizabeth de 65 000t. ( le triple de l’actuelle classe Invincible), auquel fera suite une unité jumelle, pour une dépense de 12 milliards de dollars, plus celle des avions embarqués : les F-35, qui pourront être amenés du hangar sur le pont d’envol en 60 secondes. Ces porte-avions, annonce la Royal Navy, pourront ainsi « depuis la mer projeter la puissance aérienne à tout moment et dans tous les endroits du monde où ce sera nécessaire ».

L’empire frappe encore.

Manlio Dinucci

 

Edition de mardi 15 avril 2014 de il manifesto

Apostille de la traductrice :

Le lecteur curieux rapportera les chiffres de la dépense 2013 de chacun des 15 premiers pays du classement établi par le Sipri (même sans les corrections indiquées par l’auteur) à leur nombre d’habitants ; pour comparer par exemple la dépense militaire par tête entre la Chine (1, 347 milliards d’habitants environ) et l’Arabie Saoudite (presque 30 millions), ou le Bahreïn (1,231 millions officiels, après les massacres des manifestations de leur « printemps » 2011).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_population

La logique voudrait qu’on compare ensuite la dépense militaire par habitant aux dépenses annoncées pour l’éducation, la santé, bref tous les postes entrant dans ce qu’on appelle l’indice de développement humain. Y compris celui des « dictatures » comme Cuba et la Syrie, malgré les embargos qui y sévissent, par les soins du premier de la classe, depuis respectivement une cinquantaine et plus d’une dizaine d’années.

« Ces gens-là sont morts, ce ne sont plus des migrants »

Par Jean-Marc Manach

31/03/2014

Source : http://www.monde-diplomatique.fr

English : « These people are dead, they are no longer migrants »

Le 3 octobre 2013, un chalutier transportant cinq cent réfugiés venant pour majorité de l’Erythrée et de la Somalie tombait en panne à deux kilomètres de l’île italienne de Lampedusa. Espérant alerter les secours, un passager mit le feu à une couverture. Le bateau s’embrasa, certains passagers sautèrent dans l’eau, d’autres se ruèrent sur l’un des côtés du navire, qui se retourna. Cette tragédie, qui fit plus de trois cent soixante morts, fut largement relayée dans les médias. Jamais on n’avait autant parlé des risques pris – et des drame vécus – par tous ces réfugiés qui cherchent à gagner l’Europe au péril de leur vie.

Une équipe de journalistes européens révèle aujourd’hui que plus de vingt-trois mille hommes, femmes et enfants sont « morts aux frontières » de l’Europe, depuis l’an 2000, soit plus de 50 % de plus que les estimations dont on disposait jusqu’alors.

Pendant des mois, ils ont cherché à vérifier (« fact-checker ») les deux bases de données de référence en la matière : celle d’United, qui fédère plus de cinq cent cinquante organisations non gouvernementales (ONG) européennes, et Fortress Europe, créée par un journaliste italien, Gabriele del Grande.

La première, qui n’a pas été mise à jour depuis octobre 2012, répertoriait dix-sept mille trois cent six victimes depuis 1993 – dont quinze mille cent soixante-dix-huit depuis l’an 2000. La seconde dénombre dix-neuf mille cent quarante-quatre morts et disparus depuis 1988 – dont treize mille six cent quatre-vingt-trois depuis l’an 2000. Nous n’avons pu analyser que les données postérieures à l’an 2000, mais en fusionnant leurs deux bases de données, et après avoir éliminé les doublons, vérifié les données, nous avons découvert que nos bases de données cumulées, « The Migrants Files » comportait vingt-trois mille deux cent cinquante-huit morts et disparus documentés, soit 53% de plus que celle d’United, et 70% de plus que celle de del Grande… sachant que ces bases de données ne répertorient que les morts et disparus documentés, et que nombreux sont ceux qui disparaissent, en mer et dans le désert notamment, sans laisser de traces.

En 2011, une carte interactive réalisée par OWNI révélait que la majeure partie d’entre eux mourraient noyés, mais que des centaines de réfugiés étaient également morts de faim ou de soif, de froid, d’hypothermie, étouffés dans les camions qui les transportaient, en sautant sur un champ de mines ou préférant se suicider que d’être reconduits à la frontière.

Notre enquête révèle aujourd’hui que, sur les vingt-trois mille morts et disparus documentés depuis l’an 2000, près de six mille cinq cents l’ont été au large de Lampedusa, plus de deux mille deux cents aux Îles Canaries, et plus de mille cinq cents dans le détroit de Gibraltar.

En visite à Lampedusa, suite à la tragédie d’octobre dernier, José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, déclarait que « l’Union européenne ne peut pas accepter que des milliers de personnes meurent à ses frontières ». En décembre 2013, l’UE lançait officiellement son nouveau système de surveillance des frontières extérieures de l’Europe (Eurosur), conçu en 2008 pour « réduire le nombre d’immigrants illégaux qui entrent dans l’UE sans être découverts, réduire le nombre de décès d’immigrants illégaux en sauvant davantage de vies en mer (et) renforcer la sécurité intérieure dans l’ensemble de l’UE, en contribuant à prévenir la criminalité transfrontalière ».

Or, notre enquête révèle également qu’aucun des pays membres, aucune instance européenne, pas plus que l’ONU, ne s’est jusqu’ici doté d’un outil destiné à mesurer l’ampleur de la tragédie. Frontex, l’agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des Etats membres de l’Union européenne, ne collecte de son côté de statistiques que sur les seuls réfugiés interceptés et reconduits à la frontière, jamais sur ceux qui ont perdu la vie. Interrogé sur cette myopie, un des membres de l’agence a reconnu, sous couvert d’anonymat, que « le travail de Frontex, c’est la lutte contre l’immigration illégale, pas le sauvetage en mer, et ces gens-là sont morts, ce ne sont plus des migrants », avant de reconnaître que ses collègues et lui ne voient pas bien, en l’état, comment Eurosur, tel qu’il a été développé depuis, pourrait sauver des vies.

« The Migrants Files » est un projet porté par les agences de datajournalisme Journalism++ SAS, Journalism++ Stockholm et Dataninja, les médias Neue Zürcher Zeitung, El Confidencial, Sydsvenskan et Radiobubble, ainsi que les journalistes indépendants Jacopo Ottaviani et Jean-Marc Manach. Il a été soutenu par une bourse de JournalismFund.eu. Seize étudiants du laboratoire de journalisme de données de l’université de Bologne ont contribué à ce projet en vérifiant la validité d’un échantillon d’évènements, sous la supervision du professeur Carlo Gubitosa.

Le parlement Européen a voté le rapport Romana JORDAN révisant la directive européenne sur la sûreté nucléaire.

Par

19/03/2014

Source : http://hillion-fukushima.blogspot.fr

English : The European Parliament voted on Romana JORDAN report revising the EU Directive on nuclear safety.

Cet article ne parle pas directement de Fukushima, mais des conséquences pour l’Europe et la France en particulier.

Mardi matin, la Commission Industrie, Recherche et Énergie (ITRE) du Parlement européen a voté le rapport Romana JORDAN révisant la directive européenne sur la sûreté nucléaire. 

 L’histoire d’une catastrophe annoncée

Alors qu’en mars 2013, les eurodéputés avaient insisté sur les stress tests (une bonne chose) le rapport voté hier, mais une croix, purement et simplement sur les contraintes qui étaient liés aux résultats de ces tests.
Pour reprendre les commentaires de Michèle Rivasi (eurodéputée EELV)  :
« Face au danger potentiel que représente l’industrie nucléaire, les parlementaires doivent exiger le maximum de garanties pour empêcher le pire d’arriver. Malheureusement, encore une fois, la complaisance a été de mise et les autorités de sûreté nucléaire (ASN) n’auront pas les compétences nécessaires pour empêcher les opérateurs de prendre des risques insensés« .
 « Sur ce texte, comme sur l’ensemble des textes touchant au nucléaire, le Parlement européen ne bénéficie pas de la codécision, il n’est que consulté: nous avions demandé un changement de base juridique remettant en cause le Traité Euratom, nous avons perdu. Et alors que la Commission nous proposait un texte peu contraignant, la rapporteure a encore réussi à l’affaiblir. La Commission proposait que l’ASN soit clairement séparée de toute entité s’occupant de la promotion ou utilisation de l’énergie nucléaire ou de la production d’électricité, finalement la séparation ne sera que juridique« .
 « La commission ITRE s’assoit par ailleurs sur la résolution du Parlement européen de mars 2013 sur les stress tests. Le Parlement reconnaissait les besoins d’amélioration de sûreté à la lumière des stress tests effectués, pourtant ceux-ci ne seront pas forcément suivis d’effets car il faudra désormais prouver que les investissements réalisés ont un impact mesurable sur la sûreté au regard des sommes investies. Aussi, si la revue par les pairs constate des défaillances, les mesures de sûreté n’auront pas à être mises en œuvre immédiatement. Et puisque la Commission ITRE a refusé que les ASN soient dotées d’un véritable pouvoir de sanction, elles ne seront pas capables de contraindre les opérateurs efficacement« .
« On pourrait se réjouir de l’inclusion d’une référence à la Convention d’Aarhus sur la participation du public au processus décisionnel, mais les amendements que nous avions déposé pour favoriser la participation du public ont été rejetés. Plus que contradictoire. Pire, la proposition d’inclure des experts indépendants de la société civile dans les revues par les pairs a été rejetée. Ce vote représente finalement très bien l’image que tout un chacun a du nucléaire: un milieu fermé, hermétique à tout contrôle extérieur et à tout droit de regard des citoyens« .
C’est moi qui surligne les passages. 
Je rappelle que le simple exemple du non remplacement des disjoncteurs, comme expliqué sur mon blog le 16 février, trouve un drôle d’écho dans ce vote du parlement européen.
EN SAVOIR + :

Netizen Report : Des journalistes ukrainiens plongent à la recherche des documents de Ianoukovytch

Par Netizen Report Team  Traduit par Pauline Ratzé

Source : http://fr.globalvoicesonline.org

11/03/2014

English : Netizen Report: Journalists Dive for Yanukovych Documents, Literally

Yanukovych documents float in reservoir. Photo by @aronets via Twitter.

Ellery Roberts Biddle, Mohamed ElGohary, Lisa Ferguson, Solana Larsen, Hae-in Lim, Sarah Myers, Bojan Perkov et Sonia Roubini ont participé à l’élaboration de ce rapport.

[Les liens de cet article renvoient vers des pages en anglais.]
Le Netizen Report de Global Voices Advocacy présente un résumé des défis à relever, des victoires et des tendances émergentes en matière de libertés numériques dans le monde. Cette édition s’intéresse tout d’abord à l’Ukraine où un groupe de journalistes a déployé de nombreux efforts après que Viktor Ianoukovytch a quitté sa propriété en dehors de Kiev, afin de documenter la situation et de préserver les preuves de corruption de son gouvernement. Le groupe a mis en sûreté des dizaines de milliers de documents découverts sur place (dont beaucoup avaient été jetés dans un réservoir proche) qu’il publie désormais en ligne. Parmi ces documents se trouvent des reçus pour de millions de dollars en liquide, une liste noire d’employés des médias locaux et des plans concernant une répression militaire contre les manifestants.

Liberté d’expression : Google débouté dans l’affaire de la vidéo « L’innocence des musulmans »

Une cour d’appel fédérale des États-Unis a ordonné à Google de retirer de YouTube « L’innocence des musulmans », un film islamophobe ayant déclenché une polémique. Une des actrices avait déposé plainte contre Google et demandé le retrait de la vidéo au titre de son droit d’auteur. Selon l’Electronic Frontier Foundation, la décision est problématique car elle fait primer le droit d’auteur sur la liberté d’expression. Cette décision de justice a également eu des conséquences positives : elle a donné un souffle nouveau aux efforts déployés par l’ONG pakistanaise de défense des libertés numériques Bytes for All qui fait pression sur les autorités pakistanaises pour qu’elles mettent fin à l’interdiction de YouTube dans le pays. En effet, cette vidéo aurait donné lieu à la décision de bloquer l’intégralité du site.

Des activistes mexicains ont confirmé que les autorités, en collaboration avec l’ambassade des États-Unis à Mexico et avec la rapide assistance du fournisseur de noms de domaine GoDaddy.com, avaient censuré 1DMX.org, une plateforme d’information où les internautes peuvent laisser des commentaires et engager des discussions, utilisée notamment lors des troubles sociaux début décembre 2013.

L’agence chargée de surveiller Internet en Russie a fermé 13 pages web du site VKontakte qui présentaient un lien avec les manifestations en Ukraine en avançant que ces pages concernaient des « activités terroristes » et la « participation à des actions de masses non autorisées »

Des journalistes et des groupes de défense des droits de l’homme critiquent une proposition de loi au Timor oriental qui violerait la liberté d’expression. Cette proposition, introduite au Parlement il y a deux semaines, supposerait la création d’un conseil de la presse qui superviserait le travail des reporters et limiterait la définition de « journaliste » à ceux travaillant pour les médias institutionnels.

En Espagne, un avant-projet de loi modifiant la réglementation relative à la propriété intellectuelle souhaite introduire une « taxe Google » pour les agrégateurs qui restreindrait l’utilisation de « fragments insignifiants » de contenu en ligne sans l’autorisation des ayants droits. La nouvelle loi conférerait aux auteurs un droit « inaliénable » à des compensations même pour des travaux publiés sous licence Creative Commons.

Violences : un bracelet électronique pour le blogueur russe le plus controversé

Un juge russe a assigné à résidence Alexey Navalny, figure de l’opposition et blogueur, en lui interdisant d’utiliser Internet ou le téléphone pour deux mois. Alexey Navalny, qui a utilisé les réseaux sociaux pour coordonner des manifestations contre le Kremlin, était accusé d’avoir enfreint les termes d’une interdiction de voyage après avoir participé à une manifestation pacifiste contre le premier ministre Vladimir Poutine.

Au Vietnam, le blogueur Truong Duy Nhat a été condamné à une peine de prison pour avoir publié en ligne des critiques contre le gouvernement dirigé par le parti communiste.

Surveillance : procès relatif au travail de Cisco avec le gouvernement chinois classé

Une cour fédérale de district des États-Unis a classé l’affaire présentée par Du Daobin, un écrivain et défenseur des droits de l’homme de nationalité chinoise, contre le fabricant d’équipement de réseau Cisco pour avoir délibérément aidé le gouvernement chinois à déployer le Grand pare-feu de Chine, un système de surveillance et de censure en ligne. La cour a décrété que la participation de Cisco à ce système était une « question politique » qui n’était pas de sa juridiction. En outre, la cour a prononcé qu’il ne lui appartenait pas de juger si le gouvernement chinois était coupable de violations des droits de l’homme.

Selon The Guardian, des employés de l’agence de surveillance britannique GCHQ, aidés par la NSA, ont intercepté des chats par webcam de plus de 1,8 million d’utilisateurs de Yahoo du monde entier dans le cadre d’un programme appelé Optic Nerve. Entre 2008 et 2010, le programme était utilisé pour collecter en masse des images capturées par des webcams, stockées ensuite dans les bases de données du GCHQ. Un rapport du New York Times indique qu’un document interne de l’agence démontre qu’Optic Nerve était toujours actif en 2012.

Activisme et internautes

#KholoBC, une vidéo de rap dénonçant la censure d’Internet au Pakistan, est devenue virale sur les réseaux sociaux pakistanais. La vidéo fait explicitement référence au blocage de YouTube qui dure depuis déjà longtemps.

Le 25 février, aux Philippines, des citoyens ont manifesté contre la nouvelle loi sur la cybercriminalité.

Lors de l’audience du 19 février, la Cour suprême des Philippines a confirmé la constitutionnalité de la loi qui définit la diffamation en ligne et la sanctionne.

Les développeurs open source et les défenseurs des libertés numériques au Venezuela ont lancé une pétition insistant sur l’importance de la neutralité d’Internet et de la liberté d’expression en ligne dans leur pays. Visitez le site et signez la pétition.
Publications et études

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